Titre : Tu ne peux pas t'échapper

Disclaimer : Jeff Davis

Rating : T

Genre : Mystère/Angoisse/Romance

Note : JE N'AI JAMAIS VU UN SEUL EPISODE DE TEEN WOLF EN ENTIER, j'ai arrêté après la moitié du premier épisode, donc tout ce que je sais, je l'ai appris via les autres fanfictions ou les sites comme wikipédia ou assimilés. Je tiens également à préciser que je ne suis pas médecin et que même si j'ai fait des recherches sur les troubles/médicaments/maladies des personnages -et que j'ai modifié certains éléments en adéquation avec ce que j'ai tiré de mes recherches (cf : taille de Stiles, par exemple)- il se peut, et c'est même très probable que des erreurs se soient glissées dans le texte ou que des incohérences surgissent, je compte donc sur votre clémence.

Chapitre 2

Il reprit difficilement connaissance, la tête lourde, les paupières comme soudées entre elles, un goût âcre sur le palais. Il mit un moment avant de pouvoir récupérer suffisamment le contrôle de son corps pour ouvrir les yeux. Il tourna la tête sur le côté, mais n'aperçut pas la luminosité des chiffres de son réveil dans l'obscurité. Un bref sentiment de panique se faufila dans son esprit et lui comprima la cage thoracique, avant qu'il parvienne tant bien que mal à l'endiguer. Il tenta de se lever, mais alors qu'il était assis sur le bord de son lit, il se rendit compte qu'il était entouré de vide. Ses pieds touchaient le sol, mais il lui suffisait d'étendre un peu les jambes pour qu'il soit stoppé par un instinct primaire qui lui ordonnait de reculer. Le vide s'étendait à ses pieds. Il tenta tant bien que mal de se résonner, après tout, il était dans sa chambre, il savait parfaitement que le sol ne s'arrêtait pas, mais il n'arrivait pas à commander à son corps de se lever. Sa propre enveloppe charnelle refusait de lui obéir, et ce fait, combiné au néant l'entourant instilla dans ses veines une peur panique. Il ne sentait plus sous ses doigts la douceur un peu rugueuse de ses draps, il ne percevait qu'une dureté inhabituelle sous ses mains. Ses doigts s'agrippaient au rebord, tant et si bien que les phalanges, même s'il ne pouvait les voir, étaient si livides qu'elles en paraissaient verdâtres. Sa mâchoire était crispée au point de lui faire mal, mais tout ce qui lui importait était la fraicheur sur sa peau couverte de sueur froide, qui le glaçait d'effroi, et le vide autour de lui. Où était-il ? Où était-il ! La panique était telle qu'il sentit sa vessie se contracter spasmodiquement, et, dans un dernier sursaut de dignité humaine, il fit tout ce qu'il put pour éviter de s'uriner dessus, malgré la terreur qui l'habitait. Sa gorge se serrait de plus en plus, le faisant suffoquer, et son souffle de plus en plus maigre et erratique lui raclait la bouche et la poitrine. Il se mit à geindre comme une bête blessée, l'angoisse dévorante prenant le pas sur tout le reste. Ses plaintes n'obtenaient aucun écho, malgré qu'il y versât la totalité de ses maigres ressources. Tout son corps tremblait, ses pensées se brouillaient plus encore qu'elles ne l'étaient déjà, ses dents grinçaient, et ses gémissements déchirants s'échappaient de sa gorge comme autant de râles d'agonie.

Son cœur s'arrêta de battre lorsqu'un hurlement de loup retentit juste à côté de la maison. Il ouvrit brusquement les yeux, prenant une brutale inspiration. Il était sur la deuxième marche des escaliers en partant du bas, les mains et les pieds crispés sur le bois froid. Ses membres étaient tellement tendus qu'ils semblaient pris de spasmes. Son corps entier était trempé d'une sueur glaciale qui le rendait poisseux, et ses joues étaient collantes des larmes dont il ne s'était pas aperçu qu'elles coulaient. Sa respiration sifflait entre ses dents, passant dans sa gorge comme des lames de rasoir. Un nouveau hurlement de loup, long et angoissant se fit entendre juste à côté de la maison, électrisant Stiles, qui se leva d'un coup malgré ses membres faibles et tremblotants. Sans plus réfléchir, il remonta les escaliers quatre à quatre, et se précipita dans la première pièce, qui se trouva heureusement être la salle de bains, et non la chambre de son père. Il ferma à clefs derrière lui, et se recroquevilla dans le coin le plus éloigné de la porte, se ramassant sur lui-même comme s'il voulait disparaître. Un troisième hurlement s'éleva dans l'obscurité, plus puissant que les deux premiers. Stiles resta longtemps prostré dans son coin après que le cri se fut éteint. Il trouva enfin le courage de se lever et d'allumer la lumière quand il fut certain que la bête était partie. La lumière lui agressa la rétine, et il dut fermer les yeux quelques instants, paumes sur les paupières pour s'habituer. Il soulagea sa vessie et se débarrassa de ses vêtements humides et froids, qu'il étendit sur le rebord de la baignoire afin qu'ils sèchent un minimum avant de rejoindre le panier à linge sale. Il croisa fortuitement son reflet dans la glace, et ne put qu'être horrifié. Ses traits étaient exsangues, de larges poches alourdissaient son regard hagard, et ses yeux démesurément ouverts paraissaient avoir vu le Démon. Ses traits tendus au possible sur ses os anguleux frissonnaient sans répit. Sa peau luisait faiblement, poisseuse de sueur froide. Il détourna le regard avant qu'il passe sur le reste de son corps. Rapidement, il prit une décision. Il enleva les vêtements du rebord de la douche, régla le jet le plus brûlant qu'il put supporter, et se jeta dessous. Il se replia sur lui-même et resta amorphe sous le jet jusqu'à ce que celui-ci libère une eau moins chaude. Il se savonna machinalement et éteignit le jet, avant de s'enrouler dans une grande serviette. Il se réfugia dans sa chambre, et alluma la lumière. Il se s'enroula avec la couette, et se pelotonna sur le tapis au pied du lit, coincé entre son lit et sa table de chevet, ne laissant dépasser de la couette et de la serviette que son nez et ses yeux. Il se sentit un peu plus à l'abri. Même lui n'aurait su dire de quoi. Un rapide regard à son réveil lui apprit qu'il était quatre heures trente-huit du matin. Il n'osa se rendormir, ni penser à son expérience, de peur de la revivre. Il resta prostré à même le sol jusqu'aux alentours de six heures moins le quart. Alors, il trouva la force de se lever. Il s'habilla le plus vite possible, enfilant un caleçon et un treillis, avant de passer un tee-shirt bleu. Malgré le temps plutôt clément, il enfila son sweat le plus chaud, un vêtement épais, gris foncé, avec une grande capuche, et une poche ventrale pour les mains. Pas de fermeture éclair. Il mit ses chaussettes les plus épaisses et descendit dans la cuisine avec les chaussons qu'il ne mettait habituellement jamais, les mains enfoncées dans ses poches, la capuche rabattue sur la tête le plus possible. Il prépara des pancakes pour le petit-déjeuner, qu'il agrémenta d'une bonne dose de sirop d'érable pour une partie, et de miel liquide pour la seconde. Il fit couler le café pour son père et se prépara un thé au lait et au miel. Stiles aimait le miel. Il adorait ça. Il prépara ensuite les traditionnels œufs au bacon et dressa la table. Apparemment, son père était sur une grosse enquête, donc il se lèverait tôt. Et, effectivement, le shérif ne tarda pas à débarquer dans la cuisine. S'il fut étonné par le petit-déjeuner on ne peut plus sucré de Stiles, qui, au plus grand dégoût de son père, rajouta du miel sur son œuf et ses deux tranches de bacon, il ne dit rien. Etrangement, cependant, il nota rapidement que son fils était resté inhabituellement silencieux pendant la plus grande partie du repas. Alors que John s'apprêtait à sortir de la cuisine, son fils l'interpela :

« Dis papa… tu as entendu… je sais pas, une plainte ou… quelque chose dans le genre, cette nuit ?

-Euh, non, pourquoi ?

-Pour rien, pour rien, je me demandais juste…

-Non, j'ai juste cru avoir entendu un instant des hurlements de loup, mais ça devait être mon imagination, ça fait des décennies que les loups ont disparu de la forêt de Beacon Hill.

-Mmm… »

Le shérif jeta un rapide coup d'œil à son fils, avant de se dire que c'était l'adolescence, qu'il avait sûrement seulement eut peur qu'il ne l'ait entendu se satisfaire. Il ne pouvait imaginer à quel point il était loin de la vérité. Il sortit de la cuisine finir de se préparer, laissant Stiles seul face au plan de travail. Alors son père entendait un loup, mais pas son fils ? Un sentiment de cruelle injustice enserra ses tripes de ses serres acérées. Il refoula ses larmes, et prépara le repas de son père, comme à son habitude. Il fit cette fois revenir des blancs de poulet, et fit une petite salade de haricots verts au maïs, avec des carottes râpées et un peu de vinaigrette à la figue maison. Il déposa la salade et le poulet chacun d'un côté de la boîte en plastique, et sépara les deux par une tranche de pain. Il fit, comme tous les matins, un thermos de café, et rajouta au tout une serviette en papier, des couverts et une crème dessert à la vanille. Son père arriva en courant alors qu'il terminait juste de déposer le tout sur la table. Il prit son repas, et lança un vague 'au revoir' à son fils avant de sortir de la maison au pas de course. Avisant l'heure, Stiles s'aperçut qu'il avait largement le temps de faire la vaisselle, de plier le linge qu'il avait étendu la veille, de le ranger dans son armoire et celle de son père, et même de lancer une nouvelle machine : comme aujourd'hui il finissait assez tôt, le linge ne stagnerait pas trop dans la machine. Il vit qu'il lui restait encore une vingtaine de minutes pour se préparer, et il en profita pour se brosser les dents énergiquement, faire son sac, et mettre un peu d'ordre dans sa chambre. Il ferait le grand ménage le soir ou le week-end. Il partit ensuite, en avance, une fois n'est pas coutume, et roula tranquillement jusqu'au lycée. Il déposa dans son casier les cours dont il n'aurait pas besoin, avant de se diriger vers sa salle et d'attendre Scott. Malheureusement, ce-dernier n'arriva que juste avant le début du cours, et passa son temps à discuter avec Allison, qui partageait presque tous leurs cours du jour. Stiles se rembrunit un peu plus à chaque heure, mis à l'écart plus ou moins consciemment par Scott. A midi, il ne tint pas dix minutes dans l'ambiance de la table. Il se leva soudainement, marmonnant une vague excuse que lui-même ne comprit pas, et sortit du self. Il n'avait pas faim. Il restait près d'une heure et demie avant la reprise des cours. Il se dirigea vers le fond des terrains de Lacrosse, là où une portion de forêt commençait à empiéter sur les barrières de l'établissement. Il enjamba lesdites barrières, et se retrouva à l'orée du bois ceignant Beacon Hill dans presque son intégralité. La ville pouvait se targuer d'avoir le bois le plus important de la région. Nombre d'entrepreneurs avaient tenté d'acquérir des parcelles, mais la forêt n'appartenait pas à la commune mais à une des plus vieilles familles de la ville, qui refusait que quiconque touche la forêt, à tel point que cette dernière s'était retrouvée, par on ne savait quel habile stratagème, classée protégée. La chasse y était proscrite, et les pique-niques comme la randonnée peu encouragés. Cependant, la plupart des gens qui s'y aventuraient restaient exclusivement à la lisière et s'enfonçaient rarement plus avant. Les bois étaient en effet très touffus, la visibilité en était réduite au strict minimum, et la progression était très ralentie par la végétation plus que luxuriante. Il y avait bien deux ou trois routes qui la traversaient, mais l'une d'entre elles était condamnée, une autre était impraticable seulement quatre à cinq mois par an. La dernière était peu utilisée, et permettait de joindre la nationale qui passait à l'est de la forêt sans emprunter la route principale qui faisait faire un détour par le nord mais était plus agréable et simple à appréhender. De plus, c'était de cette voie que partaient tous les autres axes secondaires, qui reliaient Beacon Hill au reste du monde.

Stiles s'avança un peu sous les frondaisons de manière à être masqué aux yeux de toute personne venant du lycée, sans pour autant trop s'enfoncer dans les sous-bois. Il resta dans les portions relativement éclairées. Il laissa glisser son sac de ses épaules et le rejoignit lourdement au sol, s'affalant sur le tapis de mousse, d'humus et de feuilles mortes. Il leva les yeux vers les morceaux de ciel qui se disputaient la place avec les branches et les feuilles des arbres environnants. Il avait envie de pleurer. Il savait que c'était une réaction puérile, et qu'il n'avait aucune raison de pleurer. Après tout, ce n'était pas parce que Scott passait un peu de temps avec ce qui lui semblait être la future madame McCall qu'il devait se retrouver à pleurnicher comme un enfant. Le rêve de la nuit lui revint en mémoire. Il avait paniqué parce qu'il avait cru qu'il avait ouvert les yeux alors que non. Pathétique ! Il rit d'un rire grêle, et eut l'impression d'avaler un citron. Dire que c'était un loup qui l'avait réveillé ! Un sanglot sec passa la barrière de sa gorge en tremblotant, et il se mordit la main presque jusqu'au sang. Il se laissa tomber sur le flanc, et se recroquevilla en chien de fusil, essayant d'empêcher les autres hoquets de s'échapper, comprimant comme il le pouvait son buste agité de tremblement. La fatigue tant physique qu'émotionnelle finit par avoir raison de lui. Il s'endormit, frissonnant légèrement de froid.