Et la suite messieurs dames !
(Je suis redoutablement efficace en ce moment, héhé. Hâte de lire vos avis, bien sûr =)

Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter appartiennent à JK Rowling !

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La jeune fille ouvrit la bouche, la referma, se retourna et rentra illico dans la cabine de douche pour se cacher derrière le rideau. Le dos contre le carrelage froid, elle hochait machinalement la tête en essayant de reprendre ses esprits. Que faisait Charlie Weasley dans la salle de bain ? Qu'avait-il bu exactement ? Qu'avait-il vu exactement ? Quel était son degré de conscience ? Et surtout, surtout, pourquoi n'avait-elle pas crié ? Quoique, la réponse à cette question-là était aussi simple que honteuse : manifestement, quoi qu'il puisse lui arriver, sa priorité était de garder les Weasley endormi pour ne pas avoir à le croiser le matin. Ce qui, si on considérait la présence d'un d'entre eux dans la salle de bain, était raté pour aujourd'hui.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
La voix de Charlie lui parvint depuis l'autre côté du rideau de douche.
- Je me lave, c'est ce qu'on fait dans une salle de bain. Et, à en juger l'odeur, je suppose que c'est également ce que tu es venu faire.
Le visage de Charlie se colora sous l'insulte.
- Tu n'es pas obligé d'être désagréable, marmonna-t-il exactement de la même manière que Ron.
- Tu es entré dans la salle de bain pendant que je me lavais, et tu n'as pas eu la présence d'esprit de ressortir ! Excuse-moi si je suis légèrement agressive !
- Ne t'en fais pas pour ça, c'est pas grave, répondit le roux d'une voix douce. A ta place, moi aussi je serais énervé. Je comprends. En fait, c'est même moi qui te présente mes excuses.
Est ce qu'elle avait bien entendu ? Manifestement, il n'était pas doué pour repérer le sarcasme. Ou il avait définitivement trop bu.
- Tu en as pour longtemps ? J'aimerais me décrasser un peu avant d'aller me coucher. Je ne veux pas te presser, hein.
- Non, j'ai presque fini.
Cette conversation était surréaliste.
- Ah, super. Est-ce que je peux emprunter le dentifrice en attendant ? Je l'emporte dans la cuisine.
- Charlie. Emporte tout ce que tu veux mais sors. S'il te plait.
- Ça marche, super, merci !

Hermione attendit quelques instants avant de ressortir de la douche. Maintenant, elle avait froid. Elle se frictionna en maudissant Charlie Weasley, s'habilla en se morigénant, sa remarque sur l'odeur de l'alcool était complètement déplacée. Une gamine de 18 ans qui fait la morale à un type de 26 dont le petit frère vient de mourir. Mais qu'est ce qui lui avait pris ? Elle se promit de s'excuser proprement dès qu'elle descendrait.
Cependant, Charlie n'était déjà plus dans la cuisine lorsqu'elle y entra. Il lui avait simplement laissé le dentifrice, rangé soigneusement le long de l'évier.

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La matinée se déroula semblable à toutes les autres. Les travaux n'avanceraient pas à proprement parler, la première tâche consistait à trier les débris et à la rassembler en tas, pièce après pièce. C'était long, c'était fastidieux, bref, c'était chiant. Heureusement, ils étaient nombreux, le professeur Flitwick avait bon espoir qu'ils commencent les réparations à proprement parler dès la semaine prochaine. Il projetait de séparer ses effectifs en équipes selon leurs capacités. Il faudrait évidement lancer un nombre conséquent de Reparo, mais certaines taches demanderaient plus de précision. Chaque pierre devait être réenchantée afin d'assurer la protection du château, avant d'être remise en place. La totalité des armures devait être huilée, et de nombreuses pièces de métal étaient cabossées. On les entendait gémir dans d'affreux crissements suraigus. Certains tableaux devaient être restaurés également. La liste des dommages s'allongeait au fur et à mesure des jours, comme s'ils n'avaient toujours pas fini de prendre la mesure des dégâts.
Plusieurs familles avaient planté leurs tentes dans le parc dévasté, les autres dormaient dans les dortoirs qui n'avaient pas été endommagés.
Le Professeur Chourave avait constitué sa propre équipe pour s'occuper des plantes, qui ne pouvaient attendre sans mourir sur place. Quant à Hagrid, il semblait avoir mis en place une cellule d'aide psychologique et matérielle de crise, pour gérer le stress post traumatique des créatures de Poudlard. Hermione lui en était reconnaissante. A noter, personne n'avait eu d'idée semblable pour gérer le stress post-traumatique des humains - il y avait certains points sur lesquels les sorciers semblaient singulièrement en retard, face aux moldus.

Hermione retrouva Harry dans la Grande Salle, vers midi. Il était déjà attablé en compagnie de Luna, Dean et Ernie Macmillan. La conversation allait bon train, chacun donnant son pronostique quant au temps que prendraient les réparations et partageant ses souhaits quant à l'équipe dans laquelle ils aimeraient être affectés la semaine suivante. Hermione leur raconta sa mésaventure de la douche, ce qui les fit beaucoup rire.
- Quand même, tu as été vache avec lui, non ? hasarda Ernie.
- C'est vrai, surtout que c'est vraiment dur pour les Weasley en ce moment... ajouta Harry. Dean ne le laissa pas continuer :
- Dit le type qui n'a pas vu sa copine depuis 6 jours...
Un ange passa. Harry n'avait rien à répondre, et le reproche, malgré le ton amical de Dean, avait une saveur particulière dans sa bouche. Ce fut Luna qui brisa le silence :
- La famille de Ron a une singulière manière de vivre leur deuil. Ils restent agglutinés entre eux dans l'obscurité comme une colonie de doxys.
Hermione hocha la tête et se promit de présenter de vraies excuses à Charlie le soir même

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Elle rentra au Terrier après l'heure du souper. Elle approchait de la porte d'entrée lorsqu'elle entendit la voix tonitruante de Georges :
- Tu vas pas remettre ça, Maman ! On sait qu'il est mort, c'est pas la peine d'y faire allusion toutes les 3 minutes !
La voix suppliante de Molly pris le relais :
- Mais Georges trésor, que veux-tu que je fasse ? Comme si nous étions au complet et que tout allait bien ? Je ne veux pas qu'il y ait de tabou dans cette famille. Pense à ta petite sœur...
- Ne me mêle pas à ça maman, s'il te plait.
Arthur, dis quelque chose...

Hermione resta devant la porte sans savoir que faire. Elle recula d'un pas, indécise. Si elle entrait, ils se calmeraient probablement. D'un autre côté, la perspective de raconter sa journée devant une tablée de têtes d'enterrement Weasley ne la ravissait pas. Toute à ses pensées, la jeune fille n'avait pas remarqué la présence de Charlie, assis sur le banc de pierre, sous la fenêtre.
- Tu devrais reculer davantage. Dans approximativement une minute, Georges sortira en trombe et ira chercher son balai dans la remise. Ron le suivra, uniquement pour échapper à Maman, qui déversera le reste de son discours à Ginny. Laquelle lancera une sortie bien acide avant de remonter dans sa chambre. Bill et Fleur et Papa et Maman se regarderont comme des hypogriffes puis Fleur se lèvera pour débarrasser la table et Maman fondra en larmes.
- Je... Tu...
Hermione rougit, gênée autant par son discours que par le fait qu'il l'ait surprise écoutant en portes. Il haussa les épaules :
- Recule, je te dis.
Elle obtempéra à temps, évitant de justesse une rencontre inopportune entre son nez et la porte que Georges venait d'ouvrir violemment. Les minutes suivantes se déroulèrent exactement selon les prévisions de Charlie. La sorcière regarda la scène avec effarement, ne sachant que faire. Un long silence remplaçait désormais les cris. De nouveau, la voix de Charlie s'éleva :
- Allez viens, on va faire un tour. Tu n'as pas à subir ça.

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Et voilà pour aujourd'hui !
Pour l'instant, cette fic s'écrit toute seule, c'est un vrai plaisir. Peut-être aussi parce que je me suis fixé comme objectif de ne faire que des chapitres d'environ mille mots, il y a moins de pression comme ça =)
Que pensez-vous des différentes réactions de Charlie ?
Hâte de lire vos avis, merci encore à celles et ceux qui m'ont donné le leur sur les chapitres précédents ! Ça fait chaud au cœur de savoir pour qui j'écris =)
Je pars en vacances une semaine, vous aurez la suite à partir du 24.
Love