Disclaimer : Tout appartient à Jk. Rowling, mais je pense qu'un jour elle sera d'accord pour me laisser ses personnages :c . Amy appartient à Ellana-san , Sisi j'vous jure.
Nda : C'est un réel plaisir d'écrire pour moi, et je suis heureuse de pouvoir partager mes histoires avec vous c:
Petite note à vous chers lecteurs je vous demanderai cordialement de ne pas taper l'auteure (aka moi)
Onomil se recula doucement de son siège les paumes en l'air en direction des lecteurs enragés
–pas taper-
Vous comprendrez certainement cette note à la fin du chapitre, mais ça fait huit pages word quand même c'est déjà loooooooong… On m'a demandé par message quel serait mon rythme de publication et je pense que ce sera une fois par mois. Maaaais comme j'écris au fur et à mesure j'espère faire un peu plus que ça. Voila voilaaaa bonne lecture !
The Greenhouse
Don't judge people, you never know what kind of battle they are fighting ~ Anonymous
Depuis plusieurs jours il faisait une chaleur étouffante à Poudlard. Les deux filles se prélassaient dans l'herbe non loin du château en s'entrainant pour leur devoir de sortilège. Amethyste avait toujours été une jeune fille studieuse, ce qui n'était absolument pas le cas de Lou. L'une travaillait tandis que l'autre baillait aux corneilles en lorgnant la cabane du gardien des clefs de Poudlard.
Le gros bonhomme tentait vainement de cacher un genre de serpent énorme recouvert de petites plumes bleues reflétant la lumière du soleil et qui était visiblement en train de s'enrouler autour de son bras. Rubeus Hagrid était un ermite. Quelques fois il leur souriait en leur offrant un verre de jus de citrouille dans sa cabane. À cette heure-ci, n'importe quelle distraction pourrait faire l'affaire pour le pauvre petit cerveau malmené de Lou.
« Regarde, Hagrid a ramené une nouvelle bête » s'exclama joyeusement Lou
« Ne vous dirait-il pas jeune demoiselle d'aller rendre visite à notre cher ami ? » renchérit-elle théâtralement en contemplant la cabane du géant.
Pour la sortir de sa rêverie, Amethyste prit en main la pile de manuscrits qu'elle avait amenée pour étudier et l'aplatit violemment sur la tête de Lou.
« On doit maîtriser ce sortilège avant jeudi, Flitwick ne sera pas particulièrement clément avec nous alors ou tu as des capacités incroyables qui m'ont été jusqu'ici cachées et tu as finis par devenir meilleure que moi en sortilège, ou tu as durement travaillé ces derniers jours pour me surpasser. Comme tu peux l'imaginer, je doute qu'une seule de ces deux hypothèses soit correcte alors remet le nez dans tes parchemins car je n'aurais aucun scrupule à lancer un recurvite dans ta jolie petite bouche si je te vois bailler une seule fois de plus » déclara Amethyste en retournant son parchemin avec plus de force que nécessaire
Lou s'allongea sur le dos et fixa le ciel. Certes, elle n'avait aucune envie d'avoir le gout d'un produit ménager dans la bouche pendant une semaine mais ce n'était pas pour autant qu'elle allait se mettre à travailler. A l'orphelinat les nourrices avaient parlé d'un dieu miséricordieux avec les âmes en peine. En regardant Amethyste faire dix fois le même geste avec sa baguette en lui lançant des regards haineux, elle doutait fortement de sa présence aussi lointaine soit-elle. Un rien l'occuperait, mais il fallait qu'Amy la surveille en cette belle après-midi pour l'obliger à s'adonner à la tâche la plus disgracieuse crée par l'Homme : les devoirs.
« Tu sais il doit y avoir de l'ombre et une douce brise près de notre saule, on pourrait peut-être s'assoir là-bas toute les deux et regarder les vagues onduler le long des rochers … »
Lou se redressa et vint s'assoir à quelques centimètres de sa petite amie un air espiègle sur le visage.
« … je pourrais contempler tes yeux jades en te comptant à quel point je t'… »
Le silencio la frappa de plein fouet. Lou cligna des yeux plusieurs fois et prit un air indigné. Elle ouvrit la bouche pour crier mais aucun son n'en sortit. Elle porta ses mains à celle-ci puis se leva en pestant. D'un côté, heureusement que son amie n'entendait pas les horreur qu'elle débitait. Qu'aucun son ne sorte de sa bouche était étrangement très frustrant, cela l'empêchait d'exprimer son énervement.
Elle avait rêvé d'une journée romantique sous le soleil doré et avait accepté avec joie l'invitation d'Amy pour aller dans le parc et voilà qu'elle se retrouvait piégée comme une première année à potasser. Si quiconque avait un jour douté de la place d'Amethyste dans l'humble maison de Salazar Serpentard plus aucun doute ne pouvait être possible. Elle était une manipulatrice hors pair quand elle le désirait.
Elle jeta un regard désintéressé autour d'elle en ignorant soigneusement son amie qui pétillait de joie après la réussite de son sort, quand ses yeux vinrent finalement à la rencontre du demi-géant Hagrid. Après un apprécié finite incantatem de la part d'Amy qui lui rendit l'usage de sa rhétorique, elle se dirigea vers la cabane du garde-chasse d'un pas mesuré. Une distraction était tout ce qu'elle désirait, était-ce trop demander ?
Le gardien des clefs de Poudlard vivait dans son propre monde, peut-être se sentait-il seul et oublié lui aussi ? Elle ne s'était jamais posé la question. Quand il l'a vit, il se racla la gorge et lui sourit.
« Ah Lou, belle journée pour une prom'nade dans le parc humpf ? »
« Si seulement… Amethyste ne pense qu'à travailler, elle en devient épuisante. Tout à l'heure je vous ai vu passer avec une créature étrange, c'était quoi au juste ? »
Une tension s'installa, Hagrid n'était pas certain de pouvoir lui faire pleinement confiance. Pour dissiper le malaise, Lou prit la parole et s'expliqua.
« Ne vous en faites pas Hagrid peu importe ce que c'est je ne vous dénoncerai pas. J'ai grandis dans un monde où les adultes ne croient plus en la magie. Les animaux que vous gardez sont toujours de merveilleuses découvertes et c'est pour moi une chance inestimable que de les entre-apercevoir. Les créatures magiques ont quelque chose que les humains n'ont pas, un charme indéfectible qui nous pousse à les contempler avec admiration, qui nous pousse à les aimer, j'imagine… » ajouta Lou les yeux perdus dans le vague
Un air attendrit prit place sur le visage du bon gros géant et il l'invita à entrer dans sa cabane.
L'ambiance était rassurante, une légère odeur d'herbe coupée flottait dans l'air. Toutes sortes d'animaux siégeaient sur les divers meubles de la bâtisse d'Hagrid.
« C'est un serpent ? Où est-ce que vous l'avez trouvé ? »
« Un centaure l'a trouvé à la lisière sud de la forêt interdite, il était blessé alors il m'a demandé si je pouvais m'occuper de lui. En fait, il a les ailes coupées mais il arrivera bien à vivre sans, c'est une brave bête » répondit Hagrid en contemplant son nouveau pensionnaire.
Des coups hésitants furent frappés à la grosse porte en bois. Hagrid sortit de son admiration pour aller ouvrir. Amethyste se tenait devant la porte, les joues rosies de timidité.
« Bonjour Hagrid, j'ai vu Lou Rosenwald venir à votre rencontre et je me demandais si elle était toujours avec vous… »
Amethyste jeta un regard gêné à ses pieds. Hagrid était beaucoup trop grand pour qu'on puisse soutenir son regard avec insistance ce qui lui donnait l'impression d'être une enfant.
« Ah Bien-sûr elle est là, entre, ne fais pas attention au désordre je ne m'attendais pas à une visite » bredouilla le demi-géant en vacant à ses occupations
Hagrid se détourna de l'embrasure de la porte pour laisser place à la jeune fille qui fut soudainement prise d'une timidité excessive.
Amy entra et sourit de manière contrite à Lou. Amethyste était une née moldue ce qui était entre autre un secret que les amies gardaient férocement mais elle était pourvue d'une situation sociale qui se rapprochait bien plus de celle des sangs purs.
Ses parents étaient des honnêtes gens qui avaient hérité d'une petite fortune à la mort de ses grands-parents. Sa mère Emily Jones avait eu un poste de cadre dans une firme internationale de lingerie féminine qui lui rapportait pas mal. Son père lui, occupait depuis plusieurs années la place de chef d'entreprise chez Thomson-CSF dans l'électroménager. Il n'était plus qu'à un an de la retraite.
Bien que la jeune fille eut un statut social plus qu'appréciable dans le monde moldu, elle serait lynchée et réprouvée par la société magique si les sorciers venaient à apprendre qu'elle était issue d'une famille où la magie n'était pas coutume. Bien heureusement, les deux amies avaient toujours veillé à ne jamais révéler cette information aux autres étudiants. Lou avait été élevée dans un orphelinat moldu mais venait avant tout d'une famille de sang pur. C'est donc avec un goût amer qu'elles avaient découvert que la pureté du sang primait sur absolument tout. Même sur l'intellect.
Lou regardait son amie arborant un rictus moqueur. Elle avait l'habitude de voir des taudis, elle n'accordait que peu d'importance à ce genre de chose. Si son amie prenait garde aux richesses superficielles, Lou n'y accordait absolument aucune importance. L'homme était un peu bourru et maladroit, il lui aurait été impossible d'avoir une conversation poussée en politique mais cela ne faisait pas de lui un mauvais bougre. Le fait qu'il alloue plus de considération aux animaux plutôt qu'aux humains dans sa vie en était la preuve concrète. Il vouait sa vie au bonheur mais pas celui des humains, qui pourrait lui en vouloir ?
En ressentant une atmosphère un peu pesante, le demi-géant leur proposa une tasse de thé et des cookies jugés par l'opinion publique comme beaucoup trop proches de la texture des briques que celle d'un véritable gâteau. Voyant que son idée n'enchantait guère les demoiselles, il se rappela d'une chose qu'il avait jusqu'ici occulté.
« Tu sais, tu ressembles beaucoup à ta mère »
Les yeux de Lou s'arrondirent et elle dévisagea une fois de plus le géant.
« Vous avez connu ma mère ? » dit-elle en avalant difficilement sa salive
« Bien-sûr que je l'ai connu, une femme remarquable ! Plus jeune, Elaine était une jeune fille pleine de vie. Il était difficile de suivre le court de ses pensées, elle passait d'une chose à une autre en un rien de temps. Au cours de sa septième année, elle m'a aidé à construire une serre pour toutes les créatures que je soignais et que je ne pouvais plus garder dans ma cabane »
« Et elle existe toujours cette serre ? Est-ce qu'on.. Est-ce que vous pensez qu'on pourrait la voir ? »
Hagrid toucha sa barbe à plusieurs reprises, c'était un toc qu'il avait souvent quand il sombrait dans la réflexion.
« Ma foi, je ne pense pas que ça pose un problème. Vous voulez y aller maintenant ? »
Lou implora Amethyste du regard quand celle-ci accepta d'un imperceptible hochement de tête. Les trois compères partirent donc vers la serre. Ils marchaient depuis une dizaine de minutes quand ils arrivèrent juste devant la forêt interdite. Les deux filles suivirent Hagrid, confiantes sur les intentions du demi-géant. Après quelques minutes interminables à esquiver ronces, branches et insectes qui jonchaient le sol, ils firent face à un gros cube en bois qui n'avait rien d'attrayant. Dans les faits, le lieu était plutôt glauque. C'était une petite bicoque construite sur une pente, elle avait été fabriquée à partir d'un bois sombre qui avait moisi par endroits. Hagrid leur avait souri en leur demandant de garder les yeux fermés puis avait poussé la porte délabrée. Il les guida vers l'intérieur sans que l'idée de tricher ne leur traverse l'esprit. Les jeunes filles firent quelque pas, se tenant étroitement l'une contre l'autre. Une douce lumière essayait de percer leurs paupières mais elles ne faillirent pas à leur promesse. La porte se ferma derrière elles en un grincement.
« C'est bon, vous pouvez ouvrir vos yeux » chantonna Hagrid en mettant de l'eau dans un grand bac, tout en massant son dos.
Elles ouvrirent grand leurs yeux et furent un instant aveuglées par la lumière de la pièce. Quand leur vision s'adapta, Lou eut un hoquet de surprise. Elles étaient dans une serre, une vraie serre !
Une vingtaine de mètres séparait le sol d'un plafond en verre recouvert de fines lianes vertes et marron. Tout autour d'elles se trouvait des plantes vivaces magnifiques qu'elles n'avaient jamais vues, des arbustes de toutes les couleurs servaient de perchoirs aux oiseaux qui avaient élu domicile dans leurs branchages. Des rongeurs pour le moins étranges gambadait sur le sol, se mesurant les uns aux autres. Un gnome clopinant qui tenait sur une béquille les regardait étrangement… Un gnome avec une béquille ?
« Hagrid, les gnomes ne sont-ils pas des nuisibles pour les sorciers ? » demanda Amethyste en écarquillant les yeux
« Ah, celui-ci m'aide à retirer les mauvaises herbes, il n'est pas très malin mais c'est un assistant utile » répondit Hagrid en tendant une racine de radis vers son gnome de compagnie
Les filles regardaient le spectacle la bouche ouverte. Le gnome dévorait la racine si goulument qu'il oscilla et tomba au sol envoyant malencontreusement sa béquille sur Hagrid. Le géant se saisit de l'appui en bois et le redonna à la petite créature qui se frottait les yeux.
Quelques mètres derrière le gnome, une douce lumière attira leur attention. Des petites fées voletaient près d'un arbuste produisant des petites boules lumineuses. Elles se chamaillaient gentiment entre-elles et se bousculaient pour admirer les nouvelles arrivantes. Lou et Amethyste n'avaient jamais pensé voir des fées un jour, elles qui avaient bercé leur enfance à travers de nombreux contes. La blonde s'approcha la première. Elle prit un caillou par terre et après s'être concentré elle le métamorphosa en fleur. Elle fit quelques pas dans la direction des fées et tout en faisant une révérence gracieuse elle leur tendit son présent éphémère. Les fées avancèrent et vinrent prendre la fleur tout en se pavanant, heureuses d'être ainsi complimentées. Si ces petites nymphes n'étaient pas très intelligentes elles étaient en revanche très vaniteuses et Lou savait comment s'y prendre avec ces créatures. Après avoir plus ou moins gloussé elles repartirent toutes se poser sur le petit allifrey où elles avaient élu domicile.
Le temps s'écoula à une vitesse folle et les deux jeunes filles durent rentrer au château. Hagrid leur rappela que sans Elaine, la mère de Lou, tout cela n'aurait jamais existé.
Lou étreignit Hagrid et celui-ci lui promit encore une fois qu'elle pouvait revenir quand elle le désirait, même en compagnie ' de sa gentille et mignonne amie '. Elles remontèrent vers Poudlard tout en parlant de la multitude de créatures magiques qu'elles venaient de voir.
« Lou, on devrait faire des recherches sur ta mère. Elle était à Poudlard, il pourrait y avoir des traces dans les archives. Il faut qu'on aille à Gringott, je suis sûre que la bas il y aura des traces d'elle, si ça se trouve tu ne seras plus obligée de vivre à l'orphelinat » chuchota Amethyste en caressant sa main
En entendant le mot honnis le nez de Lou se fronça. Elle rêvait de partir de cet établissement. Elle n'avait jamais eu le courage d'aller à Gringott de peur que les gobelins la renvoient de la banque en lui disant qu'aucun compte n'existait au nom de Rosenwald. Mais Hagrid venait de leur dire que sa mère était une jeune fille brillante, qu'elle avait un avenir devant elle. Une bouffée de chaleur remplit son cœur. Si sa mère lui avait laissé une maison pour vivre, elle pourrait y aller avec Amethyste, elles pourraient vivre heureuses et ensembles.
« Tu as raison, on devrait y aller » trancha Lou
La blonde aux yeux marrons regarda autour d'elle et comme elle ne vit personne, elle s'empara chastement des lèvres d'Amethyste. La brune ouvrit grand les yeux et retint sa respiration. Sentant qu'elle ne participait pas au baiser, Lou glissa une main dans le bas de son dos pour la rapprocher d'elle. Elle ferma les yeux et entrouvrit ses lèvres pour caresser celles de son amante du bout de sa langue. Amethyste ferma à son tour ses yeux et prit finalement part au baiser. S'en suivit un ballet langoureux entre leurs deux langues cherchant sans cesse à prendre le dessus l'une sur l'autre.
Après quelques caresses elles se détachèrent l'une de l'autre, à bout de souffle. Amethyste replaça ses lunettes en les tenant par la branche tandis que Lou passa une mèche de ses longs cheveux blonds derrière son oreille droite. Elles se sourirent puis Amethyste prit Lou par la main. Elles entrèrent dans le hall de Poudlard et se dirigèrent silencieusement vers la grande salle. Entendant des pas derrière elles, Amethyste lâcha précipitamment la main de sa compagne et lui montra du doigt le couloir d'où provenait le bruit. Lou prit immédiatement une moue boudeuse mais se résigna.
Quelques pas plus tard, elles arrivèrent enfin dans la grande salle bruyante et allèrent s'asseoir à la table dédiée à la maison Serpentard. Lou prit la place vacante à côté de Bellatrix et Amethyste s'assît juste à côté d'elle. Etant de sang pur, Lou pouvait s'assoir où elle désirait ce qui n'était pas le cas d'Amethyste. Considérée comme une sang mêlée elle ne pouvait pas s'asseoir au même endroit que les sangs purs pour ne pas 'salir' leurs repas.
Même si Lou ne partageait pas l'opinion de sa promotion, elle devait tout de même se plier aux exigences de sa maison. Elle discutait avec Bellatrix du test de la veille en métamorphose tandis que le petit frère de Sirius en face d'elle, Regulus Black, la fusillait des yeux pour l'avoir coupé dans sa conversation avec son amie. Bellatrix n'avait pas la tête, vide loin de là et il était toujours intéressant de discuter avec elle.
A côté de Lou, Amethyste tentait de disparaitre dans son assiette. Ses joues étaient rouges de honte et elle n'osait faire aucun mouvement. Lou prépara son assiette avec tout ce qu'elle trouvait bon sur la table tandis qu'Amethyste tentait de se faire passer pour une plante verte. Elle finit de se servir puis tout en continuant de parler à Bellatrix, elle déposa l'assiette pleine devant son amie en lui murmurant un « bon appétit » à l'oreille. Elle se servit donc une deuxième fois et commença à manger.
Amethyste avait toujours aimé la façon de réfléchir de sa petite amie.
Comme elle était terrorisée à l'idée d'une esclandre avec les sangs purs au milieu de la grande salle, elle n'avait pas bougé, pensant passer complètement inaperçue, mais Lou ne l'avait pas oublié. Comme elle n'avait pas eu la force de se servir et d'essuyer des reproches de la part de ses camarades, Lou l'avait fait à sa place tel un automate et jamais elle ne lui demanderait quelque chose en échange. C'était l'une des qualités qu'elle aimait le plus chez elle.
La blonde entama une conversation sur le dernier cours de Défense contre les Forces du Mal avec Bellatrix tandis qu'elles finissaient de manger. Amethyste ne voulait pas parler par peur de se faire rembarrer par les sangs purs alors que son amie se devait de faire bonne impression. Elle chercha Severus du regard car il ne s'était pas présenté dans la grande salle pour manger. Le garçon était d'une maigreur maladive donc par conséquent si il manquait un repas, il y avait de grandes chances pour qu'elles le retrouve caché quelque part en train de faire un malaise.
Le sujet Severus Snape était récurent entre elles, mais elles osaient rarement l'approfondir. Elle savait que Lou lui cachait des choses et parfois la curiosité lui dévorait les entrailles mais jamais elle ne l'interrogeait. Elle se faisait de plus en plus de soucis au fil des années et elle avait peur pour lui. Le garçon était souvent seul, perdu dans un livre. Une sorte d'amitié le liait à sa compagne et elle aurait aimé créer ce même lien avec lui.
Une fois le repas terminé elles partirent en direction de leur salle commune. La guerre qui était aux portes de l'Angleterre se dessinait peu à peu dans cette pièce. Les nés moldus et les sangs mêlés se couchaient les premiers, n'ayant pas le droit de rester dans leur salle commune après le repas dans la grande salle. C'était vraisemblablement étrange de constater que tout le monde se prenait au jeu. Aucune règle n'était placardée au mur mais tout le monde respectait les doctrines imposées par les plus âgés.
Pour la glorieuse maison de Salazar Serpentard, il était tout à fait normal que les sangs purs aient plus de droit que ceux issus de plus basses naissances, et que ceux n'ayant pas eu la chance de provenir d'une famille dite pure soient stigmatisés par les autres. Même si certains étaient en désaccord avec ces mœurs, le silence était devenu une règle d'or. Les jeunes filles prirent la route de leur dortoir pour un peu plus de tranquillité. Ne partageant leur dortoir qu'avec des sangs purs personne ne venait rompre leurs instants d'intimité avant une heure tardive.
Elles se brossèrent les dents et se mirent en pyjama pour pouvoir se détendre. Amethyste ferma les rideaux de son lit avant d'aller rejoindre sa petite amie. Quand elles furent installées dans un lit, Lou posa un sort de silence sur ses rideaux à baldaquins après avoir fermé ceux-ci et elle invita Amethyste à s'allonger près d'elle. Elles se câlinèrent en parlant de tout et de rien puis s'endormirent côte à côte.
Le jour qui suivit, Lou accompagna Amethyste pour les entrainements de quidditch. Selon elle, Amethyste était la meilleure batteuse de tous les temps. Bon, Lou ne s'intéressait absolument pas au sport alors finalement elle n'en savait rien, mais cela rassurait l'égo de sa petite amie. Pendant qu'Amethyste jouait elle, s'asseyait sur les gradins en lisant ses cours. De temps en temps elle levait le nez de ses parchemins pour faire de légers signes de main en guise d'encouragement. Mais le temps passait lentement, tout paraissait ennuyeux. Amethyste finit son entrainement et partit se changer.
Elle ouvrit le placard de service pour déposer son balai quand la porte resta bloquée. Elle soupira et lança un rapide alohomora. Un grincement lugubre se fit entendre et elle poussa la porte sans plus de cérémonie. Elle déposa son balai contre le mur et s'assit un instant en massant son épaule endolorie. Un cri aigue sortit de sa gorge et elle sursauta lorsqu'elle aperçut quelqu'un tapis dans l'ombre. Lou accourut baguette à la main et percuta de plein fouet une caisse qui trainait par terre. Elle s'étala de tout son long sur Amethyste qui resta ébahie. Elle pensa un instant à la position dans laquelle elles étaient et une rougeur apparut sur ses joues. Amethyste reprit contenance et regarda dans la direction de l'ombre qui n'avait pas bougé. Lou suivit le regard de sa petite amie et se redressa aussi vite qu'elle le pu tout en menaçant de sa baguette la personne les observant depuis le coin de la pièce.
Le garçon leva une main en signe de non-agression et s'avança pour apparaitre dans la lumière. Lou tendit la main à Amethyste qui était restée au sol et épousseta ses robes.
« Je te serai gré de ne pas effrayer Amy la prochaine fois » gronda Lou après un froncement de sourcil le défiant de répliquer
« A vrai dire j'avais besoin d'un service, je ne pensais pas qu'elle serait effrayée pour si peu » répondit Severus pendant qu'un rictus moqueur prenait place sur son visage
Amethyste renifla dédaigneusement avant de lancer un regard noir à Severus.
« D'une amabilité étonnante, un vampire né » cracha Amethyste pince-sans-rire, une touche de reproche dans la voix
« J'imagine que c'est pour nous parler de ton plan » interrogea Lou en coupant court aux hostilités
« En effet, la potion est prête et tu t'étais… Proposée pour participer à une vengeance » reprit-il en s'asseyant sur une chaise qui trainait là
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Quelques jours plus tard les deux filles étaient assises sur le tronc d'arbre près de leur Saule. Amethyste qui était une grande stratège expliquait une fois de plus le plan qu'elle avait échafaudé à Lou qui écoutait d'une oreille distraite.
« … les gryffondors apprécient les félins, donc ils te laisseront sûrement entrer et si jamais ils ne le font pas tu n'auras qu'à te rapprocher d'Evans qui adoooooooore les chats selon Severus. Une fois que tu seras dans leur salle commune ce sera pour toi d'une facilité déconcertante d'aller dans les douches et d'ouvrir la fenêtre qui donne sur la tour sud où je t'attendrai avec la potion. Tu n'auras plus qu'à la verser dans une des nombreuuuuses lotions de Potter et le tour sera joué. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Elle regarda Lou d'un air insistant en tapotant sa baguette sur le bord du tronc d'arbre, ce qui était soit dit en passant le bruit le plus agaçant de toute l'existence de la blonde.
« Je pense que le professeur McGonagall nous tuerait si elle avait conscience de la façon dont nous utilisons nos dons » dit-elle en faisant référence au fait qu'elles étaient des animagi
« Outre cela, ton plan me semble parfait. J'espère sincèrement que ça va fonctionner et que nous ne nous feront pas attraper »
Amethyste sourit à ces propos.
« C'est bien la première fois que tu as peur d'une éventuelle punition » dit-elle en se blottissant contre elle
« Ce n'est pas pour moi que j'ai peur, c'est pour toi. Tu es préfète et il serait fâcheux que tu te fasses attraper pour une simple farce » affirma Lou en baisant le front de son adorée
La semaine suivante, les trois serpentards décidèrent de mettre leur plan à exécution. Severus fut donc mit dans la confidence de leur secret. Pendant leur première année Lou et Amethyste s'étaient jurées d'un jour devenir animagus et quelques mois plus tôt elles avaient finalement réussit une transformation complète. Severus ne fut pas particulièrement surpris mais une lueur de jalousie se lisait dans ses yeux. Après une hésitation palpable, il confia le fruit de plusieurs semaines de travail à Amethyste qui s'empressa de cacher la potion dans sa robe.
« On s'en tient au plan, je t'attendrai derrière la fenêtre » dit Amethyste en mordant nerveusement sa lèvre inférieure
Lou acquiesça et leur périple commença. Amethyste prit les mains de Lou dans les siennes puis baisa timidement sa joue avant de lui souhaiter bonne chance.
La brune apposa un sortilège de silence sur la pièce et bloqua la porte d'un Collaporta. Severus coupla l'un de ses sorts de son invention à ceux de la brune qui le regarda avec admiration.
La transformation commença, éprouvante et difficile. On entendait le craquement des os qui perforaient les organes pour se confondre en un corps plus petit. Des gémissements sortaient sans cesse de sa bouche pour échouer contre les parois du mur, terrifiants au passage les adolescents. Le corps de l'adolescente laissa finalement place à une petite créature à bout de souffle allongée sur son flanc.
La brune regarda Severus qui était devenu livide. Si plus tôt il avait jalousé ce don tant convoité maintenant il n'en voulait plus. Une fine pellicule de sueur recouvrait son front, la transformation de Lou en animagus l'avait profondément touché. Il éprouvait une pitié sans fin pour l'animal suffoquant toujours prostré au sol. Amethyste s'avança. Avec une douceur infinie elle prit la boule de poil dans ses bras.
Ça ressemblait à un petit renard, un petit renard du désert pour être exact. La créature était dotée d'oreilles disproportionnées semblables à celles d'un renard et d'une queue de fourrure dorée qui se balançait de droite à gauche quand elle marchait. Sa tête était toute fine et des petites moustaches venaient poindre vers le bout de son museau. Son pelage était très doux, à la fois roux et blanc, ce qui donnait l'impression de faire face à une adorable peluche. Amethyste commençait à caresser le petit Fennec quand celui-ci lui envoya un regard dédaigneux.
« Tu n'as plus aucune prestance, tu ressembles à un doudou » souffla-elle en souriant paisiblement
Severus étouffa un petit rire qu'il masqua par une quinte de toux. Le Fennec fut tout d'abord surprit Severus Snape riait ? Elle leva un sourcil menaçant en regardant dans sa direction puis se mit à grogner. Dans une autre situation Severus se serait sûrement tut mais en fixant la boule de poil qui tentait de rassembler sa dignité il ricana plus franchement sous le regard amusé d'Amethyste. Non seulement elle se retrouvait avec une peluche toute mignonne dans les bras mais en plus de cela celle-ci boudait. C'était un spectacle des plus attendrissants. Voyant qu'elle grognait toujours en direction de leur ami elle prit l'initiative de caresser la petite créature sur le sommet du crâne entre les deux oreilles ce qui calma le renard instantanément. Un genre de ronronnement sortit de sa poitrine tandis que la brune répétait inlassablement le même geste.
Severus se racla soudainement la gorge, se trouvant de trop devant une scène qu'il trouva à la limite de l'indécence. Ç'eut le don de rappeler les jeunes filles à l'ordre car elles le dévisagèrent d'un même mouvement.
Onomil, les paumes toujours levés tenta de s'échapper par sa fenêtre.
« Mais j'vous juuuuuuuuuuuure que je voulais que le plan commence dans ce chapitre, mais je n'ai pas encore finit de l'écrire alors je me disais que je ne pouvais pas vous laisser sans rien fin vous comprenez non ..? Le prochain arrivera très vite, début septembre, pardonnez-moi je vous en priiis! »
Quand des coups de revolver retentirent derrière elle, l'auteure sauta hors de chez elle par son velux (en plus c'est super dur de se sauver par un velux) et tomba de son toit. Mais bien heureusement son preux chevalier (Aka sa Beta Reader) la réanima avec des cookies après lui avoir gentiment tapé derrière la tête et lui avoir bien évidemment demandé d'arrêter d'écrire des conneries en se mettant en scène dans des situations débiles et de se mettre au boulot pour le prochain chapitre plutôt que de gâcher son potentiel.
Grâce à son soutien, l'auteure vous écrivit le chapitre 4 à une vitesse affolante !
Post Scriptum : Ma Beta reader a essayé de m'assassiner en se rendant compte que la suite du plan n'apparaissait pas dans ce chapitre, paix à mon âme.
Un grand merci pour votre lecture et pour vos reviews qui me réchauffent le cœur, bien à vous, Onomil.
Petit Bonus, la transformation comme je l'avais écrit au début : La transformation commença. C'était douloureux et éprouvant. Sa respiration se bloqua dans sa gorge et elle se recroquevilla sur elle-même. L'air commençait à lui manquer. Des craquements sinistres retentissaient dans la pièce parmi les gémissements de l'étudiante. Le corps devenant de plus en plus étroit forçait les os à craquer pour mieux muter, les organes se compressaient en s'entassant les uns contre les autres comme s'ils cherchaient désespérément à fuir ce même corps devenu trop frêle pour les accueillir. La scène était horrifiante et même si Amethyste s'attendait à ce spectacle funèbre elle ne put empêcher les larmes de monter à ses yeux.
