Auteur : Bndktk
Source : Compilation of Final Fantasy VII
Titre : Les Fonctionnaires
Genre : Angst
Rating : M pour langage châtié et descriptions explicites de scènes sanglantes
Disclaimer : En attendant le jour où je serais actionnaire majoritaire de Square Enix, FFVII n'est toujours pas à moi. Par contre, Baldric et ses copains OC sont à moi è_é
Résumé : Face à la menace grandissante que représente AVALANCHE, le président Shinra ordonne à Veld de recruter de nouveaux agents pour grossir les rangs des Turks. Baldric est chargé de constituer la nouvelle équipe, et part recruter les premiers agents dans les bas fonds de Midgar.
Note : Un récapitulatif des personnages vous attends à la fin !
Welcome To The Jungle – Guns n' Roses
Welcome to the jungle
We got fun 'n' games
We got everything you want
Honey we know the names
We are the people that can find
Whatever you may need
If you got the money honey
We got your disease
***
Midgar
Lundi
12h30
Baldric serra les mains sur son volant et prit une longue inspiration. La vitesse de la berline augmenta dangereusement, et la femme assise sur le siège passager colla son front contre la vitre de la portière et serra son accoudoir à s'en faire blanchir les jointures. Le gamin blond assis sur la banquette arrière avait un débit de parole incroyable, à tel point qu'il alimentait tout seul la conversation. Il était d'autant plus insupportable qu'il ne parlait que de lui. Baldric eut du mal à se retenir d'arrêter la voiture et de jeter le blond du haut de la plaque.
-Adrianne, fais moi plaisir. Fais le taire…
L'instant suivant, le blond hurlait hystériquement, le nez en sang, et Adrianne se frottait les phalanges. Lorsqu'ils arrivèrent au Building Shinra, le jeune blond avait cessé de parler et avait arrêté le débit de sang qui s'écoulait de son nez. Son air juvénile, ses membres frêles et ses cheveux bouclés contrastaient avec la silhouette svelte de la jeune femme brune. Elle faisait au moins une tête de plus que Baldric, qui lui-même était plus grand que le jeune causeur.
Ils montèrent tous les trois dans l'ascenseur principal du bâtiment. Les employés qui y étaient déjà se tassèrent dans un coin, le plus loin possible du lieutenant. Les costumes noirs inspiraient la crainte dans la société.
-Léopold, j'ai du mal à saisir tes motivations pour entrer dans l'unité… lança Baldric.
Le blond regarda le Turk d'un air hautain.
-Je n'ai pas de compte à vous rendre.
Baldric serra convulsivement les mâchoires, mais ne répondit rien. L'ascenseur continuait de monter, offrant une vue plongeante sur la plaque supérieure de Midgar. Le soleil était en plein milieu de sa course, mais les émanations toxiques de la ville voilaient le ciel et filtraient la lumière. La plaque grouillait d'activité. D'innombrables points lumineux se déplaçaient à travers les rues de la ville.
La capsule de plexiglas, qui s'était vidée au fil des paliers, s'arrêta au 63eétage. Léopold sortit en premier dans le large couloir, fier comme un jeune coq. Lorsque les portes se refermèrent, il eut juste le temps de se retourner. L'instant d'après, il était au sol, le souffle coupé et recroquevillé sur lui-même, une douleur fulgurante à l'estomac. Baldric s'accroupit près de lui et lui empoigna les cheveux.
-Écoute bien, Boucle d'Or, à partir de maintenant, et aussi longtemps que tu seras un Turk, tu auras des comptes à me rendre à propos de tes moindres faits et gestes. Et tu devrais t'adresser à tes supérieurs avec plus de respect que ça si tu ne veux pas avoir d'ennuis. Le patron est moins tendre que moi.
Léopold se redressa en haletant, foudroyant Baldric du regard. Adrianne était prudemment restée en retrait et n'avait pas esquissé le moindre geste. Son visage n'exprimait rien. Il semblait qu'elle était née pour devenir une tueuse, et elle se fondait parfaitement dans le décor aseptisé. Baldric se releva et se dirigea vers la porte du fond du couloir, suivi de près par la jeune femme. Il ne fut pas surpris de trouver les nouvelles têtes du département autour de la table qui trônait au centre de la pièce dans laquelle il déboucha. Rayner se leva à l'arrivée de son supérieur, et vint lui serrer la main.
-Salut, Ray. Ils sont tous là ?
-Ouais. Par contre, Yasu et Cissnei vont être un peu en retard.
Le lieutenant arqua un sourcil.
-Ils sont en retard alors qu'on va leur assigner des bleus ?
Rayner haussa les épaules. Baldric observa successivement tous les nouveaux visages, faisant mine de les compter. Il avait déjà lu leurs dossiers, aucun détail n'ayant été épargné. Il savait tout ce qu'il y avait à savoir sur chaque individu présent dans la pièce, avait mémorisé chaque anecdote, mais il savait pertinemment que des dossiers ne pouvaient pas retranscrire un caractère forgé durant toute une vie. Il se ferait une idée rapidement. Après tout, c'était aussi lui qui avait façonné l'ancienne génération aux côtés de Veld, et il était plutôt fier du résultat.
-Bon ! C'est l'heure de la visite guidée, les jeunes. Suivez-moi.
Les nouveaux agents se levèrent et escortèrent Baldric. Rayner ferma la marche. Le brun mena le petit groupe à travers une série de couloirs sinistres, éclairés par des néons qui diffusaient une lumière pâle, donnant l'impression de se trouver dans un bloc opératoire. Il y flottait une odeur de désinfectant, et le bruit de leurs pas semblait étouffé. Baldric expliqua que ce look « stérilisé » était la volonté de Veld. Il fit visiter à son groupe les archives, la salle de briefing, l'infirmerie, ainsi que la salle de repos.
-Vous passerez ici de longues heures d'insomnies en compagnie de la machine à café, notre meilleure amie, déclara Baldric.
-Sans oublier la télé, ajouta cyniquement Rayner.
La pièce était grande, et les nouveaux furent assez impressionnés. Un grand canapé d'angle en cuir noir trônait fièrement à l'opposé de la porte, près d'une table basse en verre couverte de gobelets vides, de vieux journaux et de notes de service, et une petite montagne de cendres et de mégots avait été érigée dans le cendrier. Sur le mur, un écran plat à faire pâlir d'envie le QG d'AVALANCHE avait été solidement fixé. Un ordinateur en veille ronronnait sur son bureau, en dessous d'un panneau d'affichage où figuraient des tas de notes urgentes sur des papiers fluorescents. Une table de poker qui semblait avoir fait la guerre gisait dans un coin. Il y avait également un plan de travail. Des vestiges de plats surgelés traînaient près d'un four à micro-ondes, et des couverts sales étaient entassés au milieux d'assiettes dans l'évier.
Puis ils la virent, royale, d'un noir mat parfait, aux lignes courbes et épurées, la petite tachycardie du matin, le sanctuaire des fonctionnaires. La machine à café dernier cri de la salle de repos.
-Arrêtez de baver, vous aurez tous le droit de l'essayer, se moqua Baldric. Allez, pièce suivante. On se bouge, les enfants.
Après avoir parcouru tous les couloirs de l'étage et visité la salle d'interrogatoire insonorisée, la pièce qui abritait le serveur interne des Turks, les vestiaires, le stock de fournitures de bureau et même les toilettes, Baldric conduisit sa petite troupe jusqu'au bureau du directeur. Lorsqu'ils entrèrent, Veld était au téléphone, silencieux, le visage rouge de colère, et une veine bleue palpitait sur sa tempe. On entendait une voix hurler à travers le combiné. Lorsqu'il vit Baldric, il raccrocha.
-Un problème, patron ? S'enquit le lieutenant.
-Non, soupira Veld. C'était Heidegger. Il se plaignait.
-Ah, alors il va sûrement se plaindre qu'on lui raccroche au nez…
Il y eut un long silence, durant lequel le directeur retrouva son teint normal et laissa redescendre sa pression artérielle, puis il se leva et fit le tour de son bureau, examinant les recrues. Il sembla faire impression sur les jeunes Turks, qui surent immédiatement qu'il valait mieux respecter cet homme à l'air intraitable. Les cicatrices sur ses mains et son visage étaient révélatrices de son expérience.
-J'espère que vous n'avez pas le mental fragile, déclara-t-il simplement.
Baldric comprit que la discussion était terminée, et il fit signe aux autres de sortir.
-On devrait aller s'occuper des formalités, suggéra Rayner.
-Ouais. Allez, direction l'infirmerie.
La pièce en question sentait encore plus le désinfectant que tout le reste de l'étage. Un vieil homme signait des papiers derrière son bureau, et une jeune infirmière s'affairait à mettre des instruments dans un stérilisateur. Baldric présenta l'homme comme étant le médecin attitré des Turks, le docteur Coal. Il releva la tête à la mention de son nom, et adressa un bref signe de tête aux recrues en signant un dernier document.
-Bonjour, jeunes gens, salua-t-il en se levant. Nous allons remplir les dossiers médicaux. Vous voudrez bien vous asseoir ici lorsque je vous appellerais, dit-il en désignant un divan d'examen. Les autres, veuillez sortir et attendre votre tour.
Seul Baldric resta dans l'infirmerie, s'effaçant dans un coin de la pièce. La première à être appelée fut Kate Crawley. Elle était très jeune, et ses cheveux blonds coupés au carré comme ceux d'une écolière renforçaient cette impression juvénile. Elle avait cependant un air très strict qui allait parfaitement avec ses vêtements, semblables à l'uniforme des Turks. La jeune femme alla s'asseoir docilement et répondit patiemment à toutes les questions du médecin.
-Quel âge avez-vous, mademoiselle Crawley ?
-Dix-neuf ans.
-Avez-vous déjà eu des antécédents médicaux ?
-Non.
-Avez-vous déjà pris des drogues ?
-Non.
Le vieux docteur posa de nombreuses autres questions, d'ordre tout autant physique que psychologique, puis appela tour à tour les autres recrues. Ils vinrent tous s'asseoir jouer au jeu des questions-réponses de Coal, tout en sachant pertinemment que toutes les informations qu'il demandait étaient déjà répertoriés dans leurs dossiers respectifs. Malgré son air fatigué, il décela immédiatement la tendance pour l'alcool d'Adrianne. Celle-ci tenta de nier, mais le médecin lui rétorqua qu'il avait servi de nombreuses années dans la compagnie, et qu'il avait vu plus d'un alcoolique au cours de sa longue carrière. Juliette, une jeune femme aux longs cheveux blonds, sembla raisonnable, mais Baldric intervint tout de même pour lui demander d'éviter les excès.
A l'inverse, le docteur complimenta un colosse brun à la peau très bronzée pour sa santé irréprochable. Il s'appelait Carver, ne fumait pas, mangeait sain et faisait régulièrement du sport. Baldric lança une réflexion à propos de « monsieur propre », mais l'homme ne releva pas, trop occupé à recevoir les éloges de Coal sur sa musculature puissante.
Régis renâcla lorsque le médecin l'appela.
-Tu ferais mieux de ne pas faire le malin, playboy, avertit Baldric.
Le jeune homme s'avança et se laissa examiner. Comme pour ses collègues, le médecin le mesura, lui demanda de monter sur la balance, et constata qu'il avait un poids faible pour sa taille élevée. Rien qu'en le regardant, Baldric devina qu'il était plus mal en point que lors de leur rencontre chez Don Cornéo, et il sut que Veld n'avait pas été tendre avec lui. Régis avait la peau sur les os et le teint grisâtre, ses longs cheveux noirs encadraient son visage maigre et mal rasé, et ses yeux mauves cernés exprimaient de l'aversion pour le médecin. Son corps était couvert d'ecchymoses bleuâtres.
-Age ?
-Vingt.
-Antécédents médicaux ?
-Non.
-Drogues ?
Régis lança un regard hésitant à Baldric, qui le fixait d'un air menaçant.
-Ouais.
-Alors vous devrez suivre un régime strict et suivre une cure de désintoxication, jeune homme… prescrivit le docteur en écrivant sur la fiche de Régis.
Ce dernier se racla la gorge.
-C'est déjà fait…
-Pardon ? demanda Coal.
-J'ai déjà suivi une, heu… une cure.
Le vieux fit le tour de Régis, l'observant attentivement. Il lui saisit les bras, passa les doigts sur les bleus qui tiraient au vert, lui fit tirer la langue et lui examina yeux et oreilles. Il prit quelques notes, puis fixa longuement le brun.
-Avez-vous d'autres addictions, monsieur Steel ?
L'homme secoua négativement la tête. Baldric inspira bruyamment.
-Ouais. Euh… alcool. Et cigarettes.
-Combien ?
Régis prit le temps de compter mentalement.
-Environ trois par jour.
-Trois ? Et vous parlez d'addiction ?
-Trois paquets, précisa Régis.
-Ah.
Nouvelles notes.
-Il va falloir réduire un peu, jeune homme. Vous faites du sport ? (Puis, voyant que Régis hésitait sur la réponse :) Alors vous allez vous y mettre sérieusement. Et vous suivrez un régime alimentaire sain, car je doute que vous soyez un mangeur de légumes.
Il conclut par quelques conseils, puis appela son patient suivant. L'examen de Ben se passa rapidement. Le jeune homme s'était refait une santé en quelques jours sous la supervision de Rayner. Il s'était fait couper les cheveux, portait des vêtements décents et avait l'air d'avoir repris un peu de poids. Le docteur Coal lui recommanda de manger sainement, comme il l'avait fait pour les autres, puis le congédia.
Baldric ne prêta que peu d'attention à la visite médicale de Léopold. Il se grattait distraitement le menton et observait l'infirmière ranger le bureau du médecin. Lorsque le docteur Coal eut terminé, il vint serrer la main de Baldric et retourna à ses papiers. Le lieutenant retrouva ses agents dans le couloir et, la faim commençant à se faire sentir, leur proposa d'aller manger. Ils descendirent jusqu'à la grande cantine de la compagnie et prirent chacun un plateau, puis se placèrent derrière la file d'attente des employés. Baldric et Rayner s'amusèrent de les voir se placer derrière les bureaucrates. Le sous-directeur esquissa un sourire et leur fit signe de le suivre.
-Les Turks sont des gens pressés, railla-t-il. Nous, on passe par la file des cadres.
Il leur montra une autre file d'attente beaucoup plus courte et alla se faire servir en premier. Il posa son plateau de côté et se tourna vers les autres Turks. Ils furent tous à peu près raisonnables, mais il prit tout de même la peine d'intervenir lorsque vint le tour de Régis.
-Ça sera beaucoup de légumes et un peu de viande pour celui là, décréta-t-il. Et un fruit.
Le jeune homme lui décocha un regard assassin, mais ne dit rien. Le souvenir du coup de poing que lui avait asséné Baldric était encore trop vif dans sa mémoire pour qu'il puisse se plaindre. Le lieutenant ne fit aucune remarque, attendit que tout le monde fut servit, puis alla s'asseoir à une longue table, dans un coin calme du réfectoire. Il expliqua que cette partie de la cafétéria était peu fréquentée car les Turks occupaient souvent cette table, et que les simples employés n'aimaient pas côtoyer les membres du Département d'Investigations.
Le repas se déroula dans le silence. Baldric mangea peu, posa ses couverts et fixa Carver, qui était assis en face de lui, en bout de table. Il avait tenté de s'asseoir normalement, mais sa taille surhumaine fit que ses genoux ne rentrèrent pas sous la table, et il fut forcé de s'asseoir de côté. L'intéressé finit par lever les yeux de son repas et s'aperçut qu'on l'observait. Malgré ses allures de brutes, son regard marron brillait d'intelligence.
-T'étais flic, avant, c'est ça ? demanda abruptement Baldric.
-Euh, ouais.
-J'ai vu les photos de ce que tu as fait. Vilaine bavure, ça fait sale sur un dossier.
Carver se raidit, et Baldric sourit.
-Mais dis moi, mon grand, toi qui était flic, ton truc c'était pas de poursuivre les ennemis de la justice ? « Protéger et servir », et tout le blabla ? Parce que tu vois, je suis pas sur de pouvoir te faire confiance. Si ça se trouve, tu vas essayer de me prendre pour un con et aller faire la pute d'AVALANCHE.
-T'en est déjà un, de con… marmonna Régis.
Baldric se pencha instantanément au dessus de la table, tendit le bras et saisit Régis par le col, le tirant vers lui.
-Toi, je t'ai déjà dit de pas faire le malin. Mange plutôt tes carottes, ça donne les fesses roses.
Il le lâcha, et si Régis avait eu une autre arme sous la main que ses couverts, il aurait sûrement tenté de tuer Baldric. A cet instant, il rêvait d'éparpiller ses organes sur la table. Le lieutenant revint à sa conversation avec Carver.
-Alors, mon gros, pourquoi un flic a accepté de rejoindre les Turks ?
-Je… je voulais voir jusqu'où je pouvais aller. Apparemment, j'ai été trop loin, mais si je suis ici… ça peut pas être une mauvaise chose. De toute façon j'ai rien à perdre.
Baldric inclina la tête sur le côté.
-Vraiment rien ?
-Rien.
-D'accord, si tu le dis… et tu te sens prêt à tabasser des gens qui sont peut être innocents pour leur tirer les vers du nez ? Est-ce que t'as assez de tripes pour tirer une balle droit dans la tête d'un gamin ?
-Euh, je… ouais.
-Si c'est pas le cas, Carver, dis-le tout de suite.
Baldric avait dit cela sur le ton de la conversation, mais son regard s'était fait dur et froid, et Carver comprit que si sa prochaine réponse n'était pas satisfaisante, son cadavre irait nourrir les poissons. Il n'avait plus affaire au supérieur blasé et pince-sans-rire qu'il semblait être, mais au tueur imperturbable, au prédateur, et il devina que si Baldric était encore en vie à cet instant, c'est parce qu'il s'était frayé un chemin dans le sang. Le lieutenant le fixait toujours. Carver prit une longue inspiration.
-Je serais à la hauteur, déclara-t-il.
-On verra bien. N'hésite pas comme ça face à un ennemi.
Il lui asséna une tape amicale sur l'épaule et sourit. L'ambiance s'était nettement refroidie. Léopold, qui ne s'était toujours pas remit de la blessure d'amour propre infligée par le Turk, décida d'intervenir. Il n'avait pas la même vivacité d'esprit que Carver.
-Et vous, alors, vous avez assez de cran pour faire tout ça ?
Baldric ne le regarda même pas.
-Je vais vous dire une chose, les jeunes, lança brutalement Rayner. Ce qui tue un Turk, c'est les scrupules et l'hésitation. Si vous avez des scrupules à descendre votre vieille maman, vous êtes mort. Hésitez une fraction de seconde à appuyer sur la gâchette, vous êtes mort. Débarrassez-vous de la morale et de la pitié, c'est pas avec des bons sentiments qu'on gagne sa vie, dans cette compagnie.
Le borgne regarda gravement Ben de son unique œil gris.
-Mais qu'est-ce qui nous prouve que ce n'est pas vous, les traîtres ? Insista Léopold.
Le lieutenant dégaina son automatique en un éclair et le braqua vers le blond. Ce dernier se figea, et tout le monde se tendit, à l'exception de Rayner, qui se contenta de se pincer l'arrête du nez d'un air affligé. Baldric ne semblait éprouver aucune émotion. Il tenait son automatique comme s'il tendait une salière à son voisin de table.
-J'ai déjà tué ma femme pour prouver que j'étais pas un traître. Alors te tuer toi, ce sera pas un souci, espèce de sale petit…
-Ne leur dévoile pas ton âme, Baldric. Ça serait fâcheux.
Veld posa sa main libre sur le poignet de Baldric et lui fit baisser le bras. Il posa le plateau qu'il tenait de l'autre sur la table et retira l'automatique de la poigne puissante de son subalterne. Personne ne l'avait entendu arriver. Il posa le calibre, puis s'appuya sur la table.
-J'ai du travail à vous donner, annonça-t-il. Une émeute vient d'éclater dans les taudis du secteur 7. Vous allez vous occuper de ça.
Baldric écouta Veld en remettant son automatique à sa place, puis arqua un sourcil lorsque son chef lui donna l'ordre de mission.
-La bande de bras cassés d'Heidegger ne peut pas s'occuper de ça ?
-Ils sont déjà sur place, expliqua le directeur. Ils sont débordés et disent qu'il y a peut être des dissidents d'AVALANCHE dans la foule. L'émeute a commencé il y a... (il regarda sa montre :) environ une demi-heure. Yasu et les autres sont déjà dans le garage, ils ont pris tout ce qu'il faut.
-Ok, on va aller jeter un oeil.
Veld acquiesça et jeta un regard vif à ses agents.
-Emmène les d'abord prendre les uniformes, Baldric.
-Bien, patron.
Baldric se leva, salua son supérieur et fut imité par le groupe. Mais au moment où Léopold quittait la table, Veld se mit sur son chemin et lui saisit l'épaule.
-Tu vas rester avec moi, Léopold, ordonna le directeur d'une voix qui ne sous-entendait aucune négociation. J'ai du travail pour toi.
Le blond tenta de protester, mais le regard que lui envoya Veld le refroidit immédiatement, et il se contenta de baisser la tête et d'approuver. Baldric mena son petit groupe hétérogène jusqu'à l'ascenseur. Ils remontèrent au bureau du Département d'Investigation des Affaires Générales et se rendirent aux vestiaires. Rayner avait récupéré une grande boite en carton, qu'il posa à terre et ouvrit avec son cran d'arrêt. Le carton contenait des uniformes de diverses tailles, soigneusement repassés et enveloppés dans des housses transparentes portant chacune un nom. Le borgne les distribua aux nouveaux, qui allèrent immédiatement se changer. Baldric remarqua que Régis n'avait pas pris la peine de mettre sa cravate, mais il ne lui fit pas de remarque.
-Bienvenue chez les Turks, annonça le lieutenant. Maintenant, vous êtes dans la jungle, alors faites attention aux gros poissons.
Puis il les pressa vers l'ascenseur et ils descendirent au sous-sol du building.
Le garage souterrain était gigantesque, et son apparence sombre contrastait avec les couloirs lumineux des étages supérieurs. Les piliers de béton qui semblaient sur le point de s'effondrer indiquaient les places de parking par des indications tracées à la craie. Le plafond d'amiante s'en allait en lambeaux de poudre blanche et les néons poussiéreux diffusaient une lumière blafarde qui projetait des ombres sinistres sur le sol gris.
Tseng attendait son supérieur devant une camionnette noire banale. Derrière lui, d'autres individus se tenaient dans l'ombre. Baldric leur intima de se montrer, et ils s'avancèrent sous un néon.
-Je vous présente vos collègues. Daren, qui s'occupe des explosifs.
Il désigna un gaillard solide dont les cheveux blonds étaient tondus comme ceux des militaires.
-Yasu, notre meilleur agent de terrain. Après moi, ça va sans dire.
Un homme grand et mince au teint pâle leur fit un signe de tête. Il portait des lunettes de vue et une cicatrice courait de sa joue gauche au bas de sa mâchoire. Il avait les traits fins et semblait soigner son apparence. Ses cheveux noirs étaient parfaitement rabattus en arrière. Un fourreau laqué noir assorti à son uniforme pendait à son côté. Près de lui, une petite jeune femme rousse à l'air sympathique les salua avec un grand sourire.
-Voilà Cissnei, qui sera aussi tendre avec vous que je suis une peau de vache. Rude, à qui je vous déconseille de proposer de l'alcool. Et notre meilleur agent toutes catégorie, le parfait gentlemen, le Turk le plus apprécié de la gente féminine, j'ai nommé Reno.
Son ton était dégoulinant d'ironie. Reno fit semblant de ne pas avoir entendu, et Rude, comme il en avait l'habitude, n'exprimait rien, retranché derrière ses lunettes de soleil devenues légendaires. Baldric se tourna vers les recrues, engoncés dans leurs nouveaux vêtements et les observa un instant.
-C'est votre baptême du feu, les enfants. Ne me décevez pas.
Il s'installa au volant et démarra lorsque tous les agents se furent engouffrés à l'arrière de la camionnette. Le véhicule surgit à la sortie du garage, manqua de faucher un motard et deux piétons imprudents, puis s'engagea sur la voie principale du secteur.
-On est en retard, Baldric, dit Tseng en regardant sa montre.
Il regretta instantanément de le lui avoir notifié.
Voilà les personnages de Before Crisis qui apparaissent dans la fanfic :
Kate Crawley (Gun Female)
Adrianne Deathberry (Martial Arts Female)
Juliette Gravescrapper (Shotgun Female)
Carver Hammerfist (Martial Arts Male)
Régis Steel (Two Guns Male)
Ben Stevens (Electric Rod Male)
Léopold Van Hausburg (Nunchakus Male)
Je pense que vous connaissez tous Veld, qui est canoniquement le chef des Turks dans Before Crisis et Last Order. Baldric, Rayner et Daren sont des OC. Et pas la peine de présenter Reno et ses collègues. =)
