Une semaine s'était écoulée et plein de chose avait changé, il était toujours aussi sarcastique mais cette fois il évitait au maximum de passer ses moments avec moi car d'après lui j'étais une perte de temps.

Je dus avouer que cela me fit un léger pincement au cœur mais il en fallait plus que cela pour me blesser réellement. Je passais mes journées dans le jardin ou dans la chambre attendant que la situation ne s'arrange.

Je m'étais assise près du potager où je m'amusais à faire pousser des choses bizarres. J'effleurais ma main sur une jeune pousse et elle grandissait a vu d'œil. Des fois cela marchait d'autre fois non. Alors que le bouton de la fleur que je venais d'effleurer venais juste d'apparaître une voix grave tonna au-dessus de moi

- Je vous ai déjà dit de ne pas vous approcher de mon potager, petite peste.

Sans un mot, je me levais et je partis en direction de la chambre. La fleur éclot laissant apparaitre une magnifique orchidée. Cela faisait quelques jours que j'y pensais maintenant, je devais partir. Où ? Je ne savais pas, mon idée de m'exiler comme Robinson Crusoé était encore présente.

Ce soir je n'étais pas descendue manger, j'avais l'estomac qui faisait des salto-arrières. En me réveillant, je descendis à la cuisine allant me prendre un verre d'eau, Wonka qui ne dormait pas me regarda un moment sans vraiment comprendre ce qui se passait.

- Mademoiselle a besoin de quelque chose ? Demanda-t-il toujours très humblement

- Un … un verre d'eau … s'il te plait, dis-je en m'appuyant sur la table

- Wonka peut prévenir maitre Rogue car mademoiselle n'est pas bien, dit-il en me fixant inquiet

- Ce n'est rien ! J'ai … j'ai juste un peu chaud, dis-je en souriant, ça va passer

Il n'avait pas l'air convaincu par mes paroles mais il n'alla prévenir personne. Je bus l'eau avant de remonter j'avais ouvert la fenêtre en grand et je me rendormis. En me réveillant, j'étais beaucoup mieux, heureusement pour moi.

Je mangeais seule comme à mon habitude et je m'occupais du mieux que je pouvais. Une autre semaine s'écoula et je ne savais pas à quoi il jouait.

Je voulais savoir ce qui se passait, Wonka me conduisit à son bureau où j'avais demandé audience.

- Que voulez-vous ? Demanda-t-il en ne m'adressant pas un regard

- J'aimerais savoir si votre supérieur à déjà « régler l'histoire » me concernant, demandai-je en le regardant

Il posa sa plume avant de croiser les bras et me regarder.

- Je n'ai eu connaissance d'aucune information, dit-il me fixant froidement

- Et quand comptez-vous en avoir ? Demandai-je agacée par son attitute

- Vous serez la première avertit, maintenant laissez-moi ! Dit-il en se replongeant dans son travail

- Mais …, repris-je furieusement que l'on m'envoie valser

- Evans ! Je n'ai ni le temps, ni l'envie d'entendre vos jérémiades alors sortez de mon bureau ! Dit-il en me jetant presque dehors

Je partis faire un tour dehors prendre l'air, j'en avais vraiment besoin. Je me demandais sérieusement ce qui me poussait à rester. Peut-être que j'avais l'espoir d'avoir moi aussi une famille même si c'est peu probable.

Le soir pendant le dîner, alors qu'il m'avait rejoint, j'étais pensive. Plein de chose me traversèrent l'esprit et rien ne rentrait vraiment

- Cessez de jouer et terminez votre repas, dit-il me rappelant ainsi sa présence

- Vous avez eu des nouvelles à mon sujet ? Demandai-je sortant de mes pensées

- Non ! Vous comptez me poser la question toutes les heures ? Demanda-t-il me dévisageant

- …, je ne répondis pas préférant laisser passer

- Je ne compte pas vous garder plus qu'il n'en faut ! Rajouta-t-il assez calmement me montrant la franchise de ses paroles

- …, je portais la fourchette à mes lèvres refusant de répondre

- De toute façon, ce n'est pas comme si j'avais réellement eut le choix, personne ne voulait s'encombrer d'une stupide gamine

- …, je redressais la tête sans pour autant lever les yeux vers lui

- Je vois que comprenez vite, à part votre famille et je doute qu'eux aussi puisse vous supporter Evans, après tout vous n'êtes qu'une petite ingrate. Dit-il limite au bord de l'extase, plus vite je me serais débarrassé de vous mieux se sera

Pour la première fois depuis que j'étais ici il réussit à me briser. Je posais ma fourchette violemment sur la table avant de me lever. Je repensais aux dires de ma tante « une femme doit toujours garder le sourire et cacher ses faiblesses ». Je le regardais avant de sourire battant les furieusement les cils devant les larmes qui menaçaient de tomber

- Vous avez parfaitement raison professeur, personne n'a besoin de moi, merci de me ramener à la réalité, dis-je tournant les talons à toutes vitesses

Je montais à toute vitesse l'escalier avant de monter dans la chambre, de m'adosser à la porte et de me mettre à pleurer silencieusement. Etre qualifié de fardeau du monde de la part de sa propre famille était déjà douloureux mais venant d'un étranger … j'aurais tous entendu.

J'avais tellement mal et j'essayais de canaliser mon chagrin devant cette terrible réalité. Personne n'était là pour moi et je n'avais personne sur qui m'épauler. Si j'avais su que ma naissance était un terrible fardeau pour les autres, je n'aurais jamais demandé à naitre.

Je portais ma main sur mon collier et les larmes doublèrent, je n'arrivais pas reprendre le dessus, il m'avait vaincu, brisant ma dernière barrière. Je me levais, vacillante vers la fenêtre admirer les étoiles mais même ça ne m'apaisait plus.

La chose qui est sûre était que je n'allais pas rester me sachant le fardeau de quelqu'un qui n'a rien demandé. Je lui étais imposé, il était donc de mon devoir de lui défaire de cette obligation.

Je séchais mes larmes d'un revers de la main avant de me saisir d'un papier et d'un stylo. Moi qui me voulais plus forte d'habitude, je laissais quelque parole m'affecter. Mes larmes ne cessèrent de couler et ceux malgré mon bon vouloir.

Après plusieurs heures plantées devant la feuille, je me décidais enfin à lui écrire ma lettre.

« Professeur,

Je ne sais pas vraiment par où commencer mais il faut savoir que cette idée me trottait dans la tête depuis un moment mais j'avais l'espoir. L'espoir de quoi ? Je ne sais pas peut-être qu'on me libère de mes obligations en tant que sorcière et que ma tante puisse, moi aussi m'accepter même si je sais que son ressentiment est bien plus profond pour moi. Au début, je croyais que c'était à cause de la magie mais aujourd'hui je sais que je suis la fautive.

Si j'avais su qu'à cause de moi plein de monde souffrirait, je vous jure que j'aurais préféré ne pas naître ou même mourir. C'est ma naissance qui causa le mort de ma mère, elle aussi doit me détester même si j'essaie de penser le contraire. Ma disparition sera une bénédiction pour nous tous, je le sais déjà.

On vous a obligé à m'héberger dans VOTRE maison, je n'avais aucun droit de rester et encore moins de ne pas essayer de me défendre. D'une part, j'avais voulu cette situation, pour vous avouer la vérité, je commençais même à apprécier ma vie ici mais tous ceci a une fin. La dure réalité a fini par me rattraper et je dois moi aussi affronter mes démons.

Je m'excuse du terrible fardeau que l'on vous a imposé. Comme vous me l'avez bien fait comprendre ce soir, je suis seule et personne ne prendra jamais le risque d'héberger une personne comme moi. Je m'excuse que vous ayez dû me supporter, je mérite amplement ma punition et plus encore. Je mérite bien pire encore, la seule raison pour laquelle je vis encore c'est que ma punition est de souffrir dans ce bas monde.

Une bouche de plus à nourrir, ce n'est pas facile, je le sais d'autant plus que nous n'avons aucun de lien de parenté et même si cela avait été le cas, je n'avais aucun droit de vous laisser faire ses choses-là pour moi. J'ai cherché divers moyen de purger ma peine mais à chaque fois que j'entreprenais quelques choses Wonka le terminait à ma place.

Quoiqu'il en soit je souhaite réparer l'injustice auquel vous avez eu droit par ma faute. Je m'en irais ce soir et j'effacerais mon existence à tous jamais de vos pensées. Je sais que cette lettre ne me permettra pas de me racheter à vos yeux, ni aux yeux de ma tante et encore moins de mes parents et je m'en excuse. S'il y a quoique ce soit que je puisse faire demandez le moi et j'obéirais.

Je sais aussi que ce n'est pas beaucoup car vous avez énormément dépensé mais i £ et mon collier dans le premier tiroir du bureau, c'est tout ce que j'ai pour le moment. J'essayerais de récolter le reste plus tard. Je vous rembourserais jusqu'au dernier centime et j'effacerais l'ardoise.

Même si vous n'y êtes pas obligé, ne vendez pas mon collier, c'est le seul souvenir qu'il me reste de mes parents, une fois que j'aurais l'argent je jure sur ce qui m'est de plus chère que je le vous rendrez.

PS : Ne le dites pas à Wonka, il est très affecté quand je suis malade et mon départ n'arrange pas les choses.

Malgré vos sarcasmes, j'ai passé un agréable moment, je vous remercie de vous êtes occupé de moi au lieu de me mettre à la porte comme l'aurait fait beaucoup de gens et aussi merci de ne pas m'avoir réclamé l'argent tout de suite.

Je vous souhaite beaucoup de bonheur, et au plaisir de ne jamais me revoir.

Cordialement, Lily »

Je pliais la lettre que je posais sur l'oreiller en priant que ce soit lui qui trouve la lettre. Je pris la direction de l'escalier, essayant de faire le moins de bruit possible. Avec un peu de chance, la porte ne serait à clé et il ne me resterait qu'à courir. En arrivant en bas, j'écarquillais les yeux de terreur, il y avait de la lumière dans le salon.

Il était 3h00 du matin et lui ne dormait pas. Mais quel abruti ! Je rampais jusqu'à la porte, en passant devant le salon je vis une main pendre dans le vide. En voyant ses doigts bouger, je cessais de bouger et même de respirer. Après 5 minutes d'immobilisation, je repris ma route

Je tournais la poignée avec beaucoup de précaution avant de sortir et de la refermer. Je devais partir avant que l'on s'aperçoive de mon départ. Avec le temps, mon existence finira par disparaitre des pensées de tout le monde. Alors que je m'étais considérablement éloignée je repensais à aujourd'hui.

Pourquoi m'enfuir comme une voleuse ? Non, je ne devais pas regretter mon geste, d'une part, j'avais voulu voir sa réaction et qu'il essaie au moins de me retenir mais de l'autre, je savais qu'en me voyant il le ferait par pitié et je n'avais pas besoin de ça !

Cela faisait des heures que je marchais et je ne savais pas où aller. Pendant une minute j'avais hésité à me rendre chez ma tante et implorer son pardon mais si je faisais cela, je ne pourrais pas rembourser le professeur.

Je marchais toujours priant le ciel de m'aider. Il était inutile d'implorer mes parents, à ce stade de ma vie ils n'attendaient plus rien de moi, ils devaient même me haïr d'avoir renié ma famille. J'avais fui de chez moi pour ne pas vivre cette situation et me voilà à la rue. Le ciel commençait à se couvrir et moi je commençais à avoir froid. Je me demandais sérieusement ce que j'allais devenir.


Laissez vos avis sur ce chapitre et d'après vous que va-t-il se passer ? Que va devenir notre jeune héroïne ?