Voilà la suite ^^! Merci à Delphine et a0umi pour leurs reviews! Et bonne lecture :).
– On s'en fout, ferme-là, répondit le squale qui semblait s'inquiéter lui aussi de la présence de son boss.
Une mamie sortit du rayon goûter, vit le chef Varia et fit demi-tour à une vitesse assez honorable pour son âge. Ce dernier avait l'air d'assez mauvaise humeur. Il attrapa par le col un employé qui faisait la promotion d'une nouvelle marque de tablettes de chocolat et ne pouvait donc pas décemment déserter son poste.
– Déchet... Où est le rayon alcool ?
– P... par là ! s'exclama sa victime en lui montrant l'autre bout du magasin.
En remerciement, l'autre l'encastra dans son rayon et s'en fut. Squalo et Tsuna relâchèrent leur respiration.
– Tu lui dis que je suis là et tu es mort, gamin, c'est compris ? grogna le Varia en saisissant le tshirt du petit brun.
– O... ok pas de soucis, Squalo.
Puis le Varia tourna les talons et s'en fut dans un grand mouvement de cheveux, un pot de mayonnaise dans la main droite.
..oOoOo..
Lorsque le bruit retentit dans le magasin, Gokudera avait réussi à débrancher la guirlande électrique que Byakuran avait connecté sur la prise d'un luminaire publicitaire. Une fois que l'objet eu cessé de clignoter autour de lui, il avait pu desserrer la guirlande autour de son poignet droit, et s'apprêtait à se libérer pour de bon quand le choc tout proche l'interrompit.
Ce n'était pas un bruit d'étagère qui tombe, juste un bruit métallique, un gros « clong » qui laissait supposer un gros choc, au hasard, un trident et un tonfa se rencontrant à toute vitesse. Inquiet par la proximité d'un éventuel combat, Gokudera tira sur sa main, la libérant. Son autre main restait coincée dans un nœud de guirlandes relié à ses pieds, mais il avait assez de jeu pour ramper voir de plus près ce qu'il se passait.
Autant dire que si Mukuro et Hibari avait décidé d'en découdre à dix mètres de lui, il était dans une position difficile. Les deux gardiens dans une même pièce étaient une arme de destruction massive, à se demander pourquoi le Juudaime ne les avait pas directement assommés et envoyés par colis postal à Byakuran. Une fois les deux se réveillant dans la même pièce, la destruction du QG Millefiore aurait été totale. Ou presque.
Gokudera tendit le cou pour voir la source du bruit, à quelques centimètres du bord et s'étrangla aussitôt. Tout d'abord, ce n'était pas Mukuro, ni même Byakuran, c'était pire. Le bruit métallique provenait du choc d'un tonfa d'Hibari (bien deviné) et du flingue du chef Varia.
Xanxus. LE maître ès démolition. Spécialité destruction totale de château, option projection d'objets vivants. Au moins les dégâts du trident de Mukuro étaient moindres.
Ensuite, la deuxième raison des problèmes de respiration de Gokudera était Hibari. Cheveux noirs en bataille, œil bleu féroce, expressivité d'un homard mort, Hibari était fidèle à lui-même, même dans l'uniforme féminin de Namimori. Uniforme légèrement trop court d'ailleurs. Mais que pouvait bien faire Byakuran avec un uniforme de Namimori (à part le faire enfiler de force à Hibari), ne put s'empêcher de penser le fumeur. L'avait-il pris à Mukuro ? Etait-il pour Chrome à la base ?
Hibari n'avait pas l'air vraiment ravi. Par contre, Xanxus semblait avoir retrouvé sa bonne humeur et riait à pleins poumons.
– Ouahaha ! Le déchet maniaque de son école !
Il dévia un coup de tonfa avec son arme, s'essuyant les yeux de l'autre main.
– Tu pousses le vice jusqu'à te travestir en écolière de Namimori ? Puis-je vous aider à porter votre panier, mademoiselle ? demanda-t-il d'un ton poli qui aurait fait la fierté de son père adoptif – s'il s'était adressé à une femme.
– Je vais te mordre à mort, roi des singes.
La tonfa passa à quelques centimètres du visage de l'autre, sans l'atteindre.
– Tu fais vraiment une jolie fille, tu sais ? Je devrais peut-être te recruter.
Une tonfa explosa la moitié du rayon goûters sans parvenir à effacer le rictus sardonique du mafioso.
– Ça ferait une présence féminine dans la Varia. Mais lequel de ces déchets devrais-je éliminer pour diminuer les frais ?
– Va crever, connard.
– Est-ce que tu saurais remplir des papiers administratifs ? Et faire la cuisine ? interrogea Xanxus, faussement pensif, esquivant une attaque descendante qui lui aurait fracturé le crâne s'il l'avait laissée passer.
Ce déchet semblait n'avoir qu'une tonfa au lieu de deux.
– Joli boxer en tout cas, commenta le boss varia en ôtant du pouce le cran de sûreté de son arme.
Il y eut un instant où ils se regardèrent, immobiles à deux mètres l'un de l'autre.
– Bon, conclut Xanxus, redevenant mortellement sérieux. Je vais te cramer, déchet.
Hibari leva sa tonfa en réponse, prêt. Du haut de son étagère, Gokudera commença à faire la liste mentale de ses dernières volontés.
L'attaque d'un soutien-gorge rembourré à quinze euros mit fin à toute cette bonne volonté. L'objet enroulé en boule arriva à toute vitesse sur la nuque de Xanxus et tenta de se déployer sur ses épaules.
La manœuvre d'esquive par la droite puis secousse de l'épaule gauche pour se débarrasser de l'intrus qu'entama Xanxus se solda par un échec cuisant la bretelle de l'agresseur resta emmêlée dans la queue de raton et les plumes qui décoraient le manteau du Varia.
« 100A » indiquait l'étiquette qui pendait sur son avant bras. Hibari profita de cet instant d'inattention pour charger avant d'être à son tour intercepté.
– Je crois que celui-ci est à ta taille, Xanxus-kun. Je ne peux pas te laisser abîmer l'uniforme d'Hibari-chan, déclara-t-il, son bras enserrant fermement la taille et les bras d'Hibari dans une parodie d'étreinte amoureuse.
Ignorant les coups de pieds que Kyoya se mit aussitôt à lui mettre, les ailes réapparurent brusquement. La puissance de la flamme du ciel fit cligner de yeux Xanxus ce déchet avait conservé toute sa puissance de dix ans dans le futur alors que lui-même avait à peine récupéré l'anneau du ciel Varia. Une sorte de corde lumineuse couleur orange pâle sortit du poignet de Byakuran, allant enserrer les jambes de Xanxus.
– Corda di fiama, leur apprit tranquillement le Millefiore. Attention au décollage, ajouta-t-il, une lueur malicieuse dans les yeux.
Le décollage fut douloureux. Il était peu dire que Xanxus appréciait d'être pendu par les pieds : ses cicatrices étaient apparues dans la seconde où Byakuran avait fini sa phrase. Au moment où la corde de flamme s'était tendue, il avait perdu l'équilibre, s'était affalé par terre et avait aussitôt commencé à lutter pour se libérer. L'albinos passa par dessus un rayon sans se soucier de son fardeau, envoyant le varia embrasser les tablettes choco-noisette et renversant l'étagère. Constatant qu'il ne serait pas poli de détruire le magasin à coup de d'italien colérique, Byakuran prit de la hauteur, suffisamment pour que Xanxus ne balaye que les affiches promotionnelles.
Hibari était légèrement mieux loti que son ennemi italien. Ses bras étaient bloqués dans la poigne de fer du Millefiore, et ses coups de pieds ne semblaient pas avoir le moindre effet. Quant à la morsure qu'il faisait sur le bras du Millefiore, une large tâche de sang s'agrandissait sur la manche blanche sans que son propriétaire ait l'air de la remarquer ou même de la sentir.
– Tu n'es pas très poli, Hibari-chan, constata Byakuran d'un ton boudeur. Pas vraiment une petite fille modèle.
Le chef du comité de discipline serra encore plus les mâchoires, déchirant plus profondément les vaisseaux sanguins. Bykuran plongea entre deux rayons, passant entre les sacs poubelle et la lessive. Xanxus vit défiler près de ses yeux les marques entrées de gamme du bas de rayon, ses cheveux à dix centimètres du sol et son coude faisant tomber des articles. Il leva les yeux juste à temps pour découvrir Squalo, ahuri, brandissant d'une main une boîte de détachant tout tissus et de l'autre serrant contre lui un pack de caleçons à motifs colorés.
Le temps passant comme au ralentit, leurs yeux se croisèrent. Squalo regarda son boss dont la position incongrue lui rappela subitement un souvenir de mission dans un abattoir à poulets. Les volatiles étaient suspendus par les pattes et s'agitaient dans tous les sens, emportés par la machine qui allait les tuer. Son boss était comme un de ces poulets, poulet qui faisait d'ailleurs tomber avec son bras gauche l'intégralité du deuxième plateau de l'étagère dédiée aux sacs poubelle.
Une lueur peu rassurante jaillit dans les yeux de Xanxus. Interloqué, le commandant en second Varia remarqua du coin de l'œil le soutien-gorge rayé de bleu qui traînait par terre à la suite de son boss. La main artificielle de l'épéiste lâcha la boîte de détachant. Les yeux du chef s'agrandirent en voyant arriver l'objet. Squalo cligna les siens, incrédule.
Quand il les rouvrit, le rayon était vide, le sol jonché de rouleaux de sacs poubelle. Il tenait toujours les caleçons de sa main droite, mais Xanxus était parti avec sa boîte de détachant. Squalo ouvrit la bouche pour hurler quelque chose puis la referma en réalisant plusieurs choses.
Que faisait Xanxus ici ? Comment l'avait-il retrouvé ? Et surtout, pourquoi le poursuivait-il ? Pour les papiers à remplir ou... ?
Puis il trouva la question à laquelle il fallait répondre : Comment réagirait Xanxus s'il se portait à son secours ? Réponse : mal. Ça ferait une sacrée blessure d'orgueil, surtout dans la position où il était. Oui, il pouvait bien laisser trois heures avant de s'inquiéter.
Conclusion : il allait finir ses courses et faire comme si de rien était. En faisant attention, bien sûr. L'épéiste saisit une nouvelle boîte de détachant.
..oOoOo..
Tsuna sursauta en entendant le rayon s'effondrer. Il était au rayon nouilles et s'apprêtait à remplir son caddy avec, mais le sachet s'échappa de ses mains pour tomber sur le carrelage.
– Haaaa ! pensa-t-il avec affolement. Ils se battent encore ! J'espère que Gokudera-kun va bien et que Hibari-san n'est pas en train de se battre avec Xanxus.
– Plus que vingt minutes pour être rentré, Tsunaze ! intervint une voix à sa droite !
– Ahh ! Reborn ! Mais il va y avoir une catastrophe !
– Un futur parrain doit définir ses priorités, répliqua le bébé.
– Tu ne penses qu'à ton estomac ! protesta le petit brun. Gokudera-kun et Hibari-san sont avec deux Varia, et Mukuro et Byakuran sont là ! Ils vont se battre !
– Ça c'est sûr, sourit le bébé. Mais tu devrais faire confiance aux autres et quitter le magasin. Laisse tes hommes gérer la situation.
– Mais ils vont l'empirer !
– Ne conteste pas, Tsunaze ! Il te reste maintenant dix-huit minutes et trente secondes pour passer la caisse.
Motivé par la perspective d'une série d'exercices avec explosifs en cas de mauvaise réponse, le petit brun s'activa. Il restait encore que la sauce soja, un magazine ainsi que la caisse. Très faisable. Un défi simple, si l'on omettait la présence de divers psychopathes dans les rayons. D'ailleurs, les deux psychopathes en chefs (c'est-à-dire Byakuran et Mukuro) se disputaient à dix mètres de lui sur l'opportunité de prendre de la super glue, l'illusionniste arguant qu'ils avaient déjà assez de matériel et Byakuran soutenant qu'ils pourraient mieux varier les plaisirs et que de toute manière c'était lui qui payait. Essayant de ne pas imaginer à quels plaisirs pouvait bien être mêlé la super glue, Tsuna poussa son chariot à toute vitesse vers le rayon soja, cherchant du regard la silhouette de Gokudera.
Zigzaguant entre les quelques clients qui restaient, le futur parrain atteignit sans encombres la sauce soja dont il saisit une bouteille au hasard. Plus que le magazine, l'attente et la caisse. Pour cela, il fallait sortir du rayon, vérifier l'absence d'un dangereux Varia, atteindre le rayon visé au bout du magasin et espérer que Xanxus n'avait pas eu la même idée.
La première partie se passa sans encombre. Puis le petit brun eut tout juste le temps de se cacher dans le couloir adjacent, reportant à la seconde d'après l'analyse de ce qu'il avait vu. Une fois en sûreté, il risqua un deuxième coup d'œil.
Oui, Xanxus et Hibari étaient bel et bien en train de s'envoyer à la figure des boîtes de protections féminine. Hibari était même en jupe. Mais pourquoi le monde était devenu fou ? Puis, Tsuna avisa un autre problème : avec le rayon effondré, Xanxus avait une vue plongeante sur toutes les caisses. Il devrait donc passer devant lui pour payer. Cinq mètres plus loin, dans le rayon essuie-tout, Squalo faisait la même constatation.
Supermarché (n,m) : Succursale de l'enfer. Source : Sawada Tsunayoshi. Endroit dangereux tant pour la santé physique que mentale. Source : Gokudera Hayato. Endroit où les imbéciles sont entre le rayon vêtement et moi-même ; lieu d'expression de la perversité de tous. Source : Hibari Kyoya. Poubelle à déchets pouvant éventuellement fournir de l'alcool. Source : Xanxus.
Tampon (n,m) : Objet féminin mystérieux emballé dans un plastique de couleur vive pouvant se révéler dangereux entre les mains de mafieux. Source : Sawada Tsunayoshi.
