Je suis réveillée par des bruits horribles venant de l'extérieur. Les murs tremblent, on peut voir de la poussière s'échapper de ceux-ci. Je me précipite hors de mon lit, enfile rapidement mon pantalon et me vêtis de ma veste. Je sors de la petite pièce qui me sert de chambre, le sol ne cesse de vibrer sous mes pieds, j'entends des détonations provenant de l'extérieur. Cela fait plus de trois mois que nous n'avons pas entendu ce type de bruits. Je me précipite vers la petite infirmerie. Des morceaux de murs tombent au sol, je suis bousculée contre les parois du petit couloir. Lorsque j'atteins l'infirmerie, j'aperçois Octavia qui s'agite dans tout les sens. Elle ne sait plus d'où aller, comment agir, elle est déboussolée. Je cours vers elle et la questionne :

- Ça va ? Qu'est ce qui se passe dehors ?

- Je ne sais pas… Kane et ses hommes sont remontés dans la ruelle pour recharger les batteries… et… et tout d'un coup on a été secoués dans tout les sens, dit-elle en levant les mains vers son crâne. Je crois que l'on vient d'être attaqué.

- Comment d'hommes l'ont accompagné ?

- Ils devaient être 5… fin je sais plus… peut être qu'ils étaient plus.

- Ils sont armés ?

- Oui, comme toujours, mais je ne pense pas qu'une simple mitraillette fera l'affaire face à des bombes, me fais constater Octavia. Clarke il faut partir, MAINTENANT ! reprend cette dernière en me prenant le bras et en m'entrainant vers la réserve.

- On ne peut pas, on doit monter à la surface, pour voir s'ils sont blessés. Ajoutais-je en me délivrant de son emprise.

- Et même s'ils sont blessés, avec quoi veux tu les soigner ? il n'y a plus rien ici !

Je me frotte l'arrière du cou et commence à réfléchir. Après quelques minutes je reprends.

- On doit aller à l'hôpital, c'est urgent !

- Je te suis à 100 pourcent mais viens voir, me dit-elle en me dirigeant vers la petite fenêtre, regardes, comment veux tu qu'on y aille, on se fait attaquer !

- On va passer par l'arrière, regroupe tout le monde ici, je vais chercher ma mère.

- Mais on a plus d'armes, comment veux-tu te protéger ?

- On trouvera… En attendant va chercher les autres, on a peu de temps.

Elle hoche la tête en guise d'approbation. Nous nous dirigeons toutes les deux vers l'extérieur de la pièce, Je lui fais signe de la main qu'elle dispose de 5 minutes pour réquisitionner tout le monde dans l'infirmerie. Une fois sortie de la salle, Octavia part à l'opposé de ma direction. Je dois retrouver ma mère, mais j'ignore où elle se trouve. Je me dirige vers sa chambre, elle n'est pas là, dans ce qui nous sert de réfectoire, elle n'est pas là, je cours en direction de la réserve, si elle ne s'y trouve pas, cela signifierais qu'elle est remontée à la surface, non c'est impossible, c'est trop dangereux elle le sait. Je dévale les escaliers, allume la minuscule ampoule, je n'y vois rien. Je l'appelle, aucune réponse.

- Mamaaan ! Où es-tu ?

Toujours rien. Je regarde ma montre, 9h13, cela fait déjà 5minutes qu'Octavia et moi-même nous sommes séparées, je dois la rejoindre. Je remonte à toute vitesse les marches. Le fracas des bombes se fait de plus en plus proche. On a bientôt plus de temps. J'arrive vers l'infirmerie. La plupart du groupe est présente, des femmes, des enfants, des hommes, peut être que ma mère y est aussi. Je ne la vois pas. Je fais mine de rien. Nous devons être une quinzaine voire moi. Ils sont tous autant paniqués que moi. Etant donné que je ne trouve pas ma mère, je dois les rassurer, je prends alors la parole.

- Écoutez-moi ! Calmez-vous ! S'il vous plait écoutez-moi ! répétais-je à de nombreuses reprises sans que personne ne daigne se taire. ECOUTEZ MOI, répétais-je mais cette fois ci sur un ton beaucoup moins sympathique. Je sais que vous êtes tous effrayées, nous le sommes tout autant que vous. Mais calmez-vous. J'ignore qui sont nos assaillants… tout ce que je sais c'est que nous devons quitter ce lieu immédiatement.

- Mais où allons nous aller ? dit une femme en se levant

- Oui tout est dévasté dehors ! ajoute un homme à l'arrière du groupe

- Vous préférez mourir ici alors ? Constate Octavia.

- O, arrêtes, calmes toi, tu n'aide pas, lui dis-je en la repoussant derrière moi

- Il est temps pour nous de quitter cet endroit, nous ne sommes plus en sécurité ici, nous devons trouv…

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que j'entends frapper aux portes du palier. Je peux lire la peur dans les yeux de chaque individu de cette pièce.

- Courez tous vous réfugier dans la réserve, prenez tous ce que vous pouvez, et attendez mon retour pour en sortir! leur ordonnais-je.

- Je viens avec toi ! Me dit Octavia.

- Non, tu reste là, ils ont confiance en toi…

- En toi aussi, et puis je suis là depuis à peine quinze jours, me coupe cette dernière.

- Je suis le leader temporaire de ce groupe, je fais passer leur survie avant la mienne, c'est ce que ferais ma mère.

- Non je ne te laisserais pas y aller toute seule.

- Octavia s'il te plaît.

- On n'a plus le temps de parler Clarke.

En effet, je ne sais pas si la porte tiendra longtemps face aux coups qu'elle prend. Nous nous dirigeons d'un pas déterminé vers la porte, nous nous munissons chacune d'une mitraillette. Nous nous arrêtons en haut de l'escalier en béton. Nous nous échangeons un regard. Un regard qui signifie « on peut le faire ».

- A deux, tu pousse le levier, je tire la porte et j'y vais, ok ? expliquais-je à Octavia

- Compris.

Nous nous reculons, prenons place chacune de part et d'autre de la grande porte métallique, je commence mon décompte… 1… 2… elle ouvre le porte.

Je suis éblouie par le soleil. Il faut avouer que passer d'une obscurité quasi totale à la lumière intense du jour n'est pas quelque chose d'évident. Une fumée orange se dissipe dans au fur et à mesure dans l'air. Petit à petit, mes yeux s'habituent à la lumière du jour. J'observe les alentours, rien d'inquiétant à l'horizon, je fais signe de la main à Octavia de me couvrir. Cette dernière se positionne à l'entrée du bâtiment, prête à attaquer quiconque s'interposant entre elle et moi. Je me dirige vers le centre de la ruelle et aperçois des corps au sol. Je m'approche d'eux, pose ma main sur leur cou… Ils sont morts. Je reste quelques instants au dessus d'eux, croise leurs mains sur leur torse. Après ce court hommage, je me permets de prendre leur armes et les lances tour à tour vers Octavia. J'inspecte une nouvelle fois la zone. Rien à signaler. Nos assaillants ont quitté les lieux, ignorant que nous étions en dessous. La ruelle est ravagée, les immeubles sont rasés, il n'y a plus rien. Cet endroit peut être raillé de la carte comme plein d'autre. Je me retourne lentement vers Octavia.

- Il n'y a plus personne ici, on redescend ! lui indiquais-je

- Et Kane ? me demande Octavia en pointant à l'aide de son arme les corps sans vie gisant sur le sol.

- Il ne fait pas partie des victimes… Il n'est pas là.

- Il faut le retrouver ! C'est le seul qui peut nous accompagner à l'hôpital !

- Je sais, mais on peut se débrouiller sans lui si on n'a pas d'autre choix… pour le moment il faut que l'on s'occupe du groupe.

- Oui… Après toi.

Nous redescendons dans le bunker. Octavia veille à refermer la porte derrière moi. Le sol est remplit de débris. Jamais je n'aurais cru que les murs auraient aussi bien tenu. Je me dirige vers la réserve. Avant d'ouvrir la porte je me tourne vers Octavia et lui dit :

- En ouvrant la porte et que je t'ai fais signe qu'il n'y avait aucun danger, j'ai cru qu'en me retournant tu allais t'enfuir pour retrouver ton frère.

- On a un groupe à gérer, de plus je fais partie de ce groupe… je ne pouvais pas vous abandonner alors que vous vous êtes gentiment occupé de moi, juste dans le but de retrouver mon frère. Je fais passer leur intérêt avant le mien comme dirait quelqu'un.

Je lui souris et lui prend amicalement les épaules pour l'enlacer.

- Merci d'être restée O.

- De rien, et puis on aura le temps de le retrouver. Me dit-elle en me prenant les mains.

Nous nous sourions mutuellement. Je m'avance vers la porte de la réserve, et tapes trois grands coups brefs puis, 2 coups à plus longue intervalle. C'est notre code en cas d'attaques de ce type. Je pose ma main droite sur la poignée, je tourne cette dernière puis ouvre la porte. Ils sont tous là, assis gentiment en cercle. Je suis émue face à cette scène, mes yeux se mettent à me piquer, mais je me ressaisis. Je me dirige vers eux. Je reste quelques secondes statique. Je finis par prendre la parole.

- Heureuse de vous revoir. Bonne nouvelle, nos ennemis ont quitté les lieux, nous sommes désormais hors de danger. Malheureusement, nous avons perdu 3 hommes du groupe au cours de l'attaque.

Je me stoppe quelques minutes, nous fermons tous les yeux. Il n'y a plus aucun bruit, le calme plat. Cela est tellement reposant après tout ce qui s'est passé un peu plus tôt. Je reprends la parole quelques instants plus tard.

- De plus, Kane et ma mère ne sont pas à l'extérieur. J'ignore où ils ont pu aller. Nous devons partir à leur recherche mais avant cela nous devons nous rendre à l'hôpital.

- Mais comment veux-tu aller à l'hôpital ou même retrouver Abby et Kane… On n'a pas d'armes pour se défendre, dis Maya, une fille de mon âge récemment arrivée dans le groupe.

- Je sais, c'est pour ça que j'irais seule à l'hôpital. En y allant toute seule, je prends moins de risque qu'en y allant accompagner. Je saurais me faire discrète.

- Mais l'hôpital est à l'autre bout de la ville, c'est une mission suicide d'y aller toute seule. Ajoute un garçon du nom de Jasper il me semble. Tu ne peux pas prendre de tel risque.

- Il le faut, on pas d'autre solution. On a réussit à survivre à ce bombardement, les murs sont assez solides pour nous protéger, il nous faut juste de quoi nous soigner et manger pour survivre correctement.

- Peu importe, je t'accompagne, je ne te laisserais pas y aller seul, me dit ce dernier.

- Je fais partie du voyage, intervient Maya.

- Non, tu restes là, je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit dehors, c'est bien trop dangereux, s'oppose Jasper.

- Moi non plus je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, je veux être là alors je viens avec vous ! Lui rétorque Maya.

Ils ont l'air très proche. Du moins je perçois plus que de la simple amitié entre ces derniers. Je me retourne vers Octavia, la regarde, elle me regarde, puis me dit avec un demi sourire :

- Je suis avec vous ! Ne te pose même pas la question !

- Très bien ! Lui répondis-je avec un large sourire.

- Hé Jasper, tu vas me laissez là comme ça ? intervient tout à coup un jeune homme, il sort petit à petit de l'obscurité, il s'agit de Monty, monsieur gadget. Lui et Jasper sont très proches depuis leur arrivée au sein du groupe. Tu ne vas quand même pas laisser ton meilleur pote tout seul ?!

Jasper rit doucement et se dirige vers celui-ci, lui prend la tête entre son bras et torse, forçant Monty à se baisser, pour ensuite lui frotter le haut du crâne.

- Lâches moi, pauvre mec !

- Vas te faire dérivée !

Expression inconnue au bataillon. Je ris face à leur complicité. Voir de tel lien dans le monde dans lequel nous vivons est très rare, je suis ravie qu'ils veuillent tous m'accompagner.

- Très bien, nous partons dans moins d'une demi heure, c'est-à-dire au alentour de 11h20.

- Super, répondent-ils tous à l'unisson.

Nous partons chacun de notre côté, pour ma part je me dirige vers ma chambre, m'allonge quelques instants sur mon lit. Je suis sur le dos, les mains sur le ventre, j'écoute ma respiration, j'ai replié mes jambes. Je fixe longuement le plafond. J'observe les étoiles que j'ai peins en arrivant ici. Si seulement on pouvait quitter cette terre, et partir s'installer sur la lune, ou vivre dans une fusée. Là au moins nous serions en sécurité. Pas de bombes, pas d'armes, tout serait tellement plus simple. Je sens des larmes couler le long de mes joues. Toute la pression accumulée ces derniers jours redescend, j'ai besoin d'évacuer. En plus de ça, ma mère est introuvable. J'ai déjà perdu mon père je ne voudrais pas la perdre elle aussi. C'est ma famille. Certes le groupe est comme ma famille, mais cela reste différent. Je comprends qu'Octavia veuille retrouver son frère, j'espère qu'elle le retrouvera. Je n'ai pas le temps de plus réfléchir, il est temps pour moi de partir en direction de l'hôpital en compagnie de mes jeunes camarades. Je me redresse, sèche mes larmes d'un revers de mains. J'attrape mon sac, l'ouvre, y introduit quelques bandages, j'essaye d'en laisser un maximum ici, je prends de quoi manger, mais pareil que les bandages, j'en laisse le plus sur place. Je me dirige vers la chambre de ma mère. C'est vide. Il n'y a personne. Normalement si elle n'est pas à l'infirmerie avec les malades elle est ici. Cette vision me brise le cœur. Je m'approche lentement de son bureau en bois où sont entassés des tas de livres, de feuilles, et d'autre chose inutile, du moins pour moi. J'ouvre le second tiroir. Celui-ci grince. J'en ressort une boite ornée de paillette et de jolies perles. Je l'ouvre. En regardant brièvement l'intérieur de cette boite, il s'agit que de vulgaires papiers, mais en s'y attardant on remarque qu'il s'agit de photo de famille, de petits mots. Je prends la première photo. Je me retiens de pleurer, mais je ne peux pas me contrôler, je sens des perles d'eau rouler sur mes joues. Ce sourire, cet amour, je remuerais ciel et terre pour revivre cet instant. C'est fou ce qu'une simple photo peut dégager. Mon père, ma mère et moi, souriant. Cela remonte à 10 ans je dirais. Il y avait déjà des conflits à cette époque mais moins qu'aujourd'hui. Mon père me porte dans ses bras, ma mère est appuyer contre lui et pose sa main droite sur son épaule gauche, elle me regarde. Ce regard qui dit « je te protège rien ne t'arriveras ». Elle me manque. Je porte la photo à mon cœur, ferme les yeux, inspire un grand coup puis introduit cette dernière dans mon sac à dos.

Je sors lentement de la chambre. J'aimerais qu'elle revienne, qu'elle me prenne dans ses bras, qu'elle me dise que tout va bien. Je ne dois pas me laisser abattre par mes sentiments, nous avons tous perdu un être cher, mais nous nous soutenons, certains d'entre nous on tout perdu, ils n'ont plus rien, plus que des souvenirs. Je me rafraîchis le visage en passant brièvement à l'infirmerie. Je vérifie les derniers patients. Ils n'ont rien de grave, il s'agit soit d'une entorse ou d'une plaie superficielle, rien d'alarmant. Je me dirige vers le réfectoire, tout le monde est assis, certains ont les larmes aux yeux. Je les sers tour à tour dans mes bras, certains me disent « bonne chance », « revenez nous vite » ou encore « on s'occupe de tout ne vous inquiétez pas ». Je me présente devant eux accompagnées, de mes camarades. Alors que j'allais prendre la parole, Monty débarque en trombe dans la salle, des drôles d'instruments à la main et hurle :

- Des talkies-walkies ! Ils fonctionnent, j'ai réussi ! Il est fou de joie.

- Tu les a trouvez où ? lui demande Octavia.

- Lors d'une de mes sorties avec Kane on a trouvé des officiers à terre et ils avaient ces petits bijoux sur eux et j'ai réussi à les réparer, je suis un dieu ! lui répondit-il fière de lui

- T'emballe pas ! lui dis-je en rigolant. Mais c'est une super nouvelle, on va pouvoir rester en contact avec le groupe.

- Voilà, donc appelles moi maître ! Renchérit Monty

- Tu en as combien ? demande Jasper.

- Il y en a 3 au total, si c'est pas magnifique ça!

- Trois… super ! un pour vous, et deux pour nous. On vous tiendra au courant de notre avancé vers l'hôpital. Dis-je.

Je me tourne vers mes camarades, porte mon sac à mes épaules, et prend de nouveau la parole.

- Il est temps pour nous de partir.

Nous nous dirigeons vers les escaliers, les montons en rythme, déterminé à réussir notre mission. Je sors la première suivit d'Octavia, puis Maya tenu par Jasper et enfin Monty. Je me retourne vers notre groupe, leur fais signe de la main de refermer la porte derrière nous, mais avant je leur murmure :

- Puissions-nous revoir !

Ils referment la porte. Nous sommes désormais livrés à nous même, chaque acte peut soit nous conduire à la vie soit à la mort. Nous avançons dans la rue, chacun munit d'une arme, chacun observant autour de lui. Nous avons un but : l'hôpital. Nous nous éloignons petit à petit du bunker quand Octavia, s'arrête, lève les bras au ciel et hurle :

« Je suis de retour pétasses et eux aussi ! »

Hello tout le monde. j'espère que vous allez bien ! Voici mon troisième chapitre, j'espère qu'il vous a plu. Je vous poste un chapitre assez long, du moins plus long que les précédents donc si cette longueur vous convient n'hésitez pas à m'en faire part. De plus je suis preneuse de tout conseils. si vous ne comprenez pas quelques choses n'hésitez pas, demandez ! ;). J'essaye de garder des éléments de la série. Je ferais surtout des petits rappels par rapport à des phrases prononcées par les différents personnages dans la série. Ne vous inquiétez pas, dans le prochain il y aura Bellamy, don't worry. Je voulais juste mettre les bases pour ces 3 premiers chapitres, mettre une ambiance mvoyez ;). En tout cas je vous remercie, j'ai eu 160 views depuis le début, c'est génial. Voila sur ceux je vous fais plein de bisous.

- Océane.