Réponse aux reviews !

Salut Aomine ! Premier à commenter x) Oh, les nouveaux profs... Tu va ADORER le machiavélisme des Rôdeurs je crois XD

Merci Plume Black ! Oui il y aura du SANG et de la DOULEUR et du COMPLOT mais aussi des blague s(bien que moins que dans les tomes précédents). A vrai dire on verra beaucoup moins James et Faust et compagnie car les Rôdeurs vont avoir d'autres préoccupations ! Pour ce qui est des Maraudeurs... Hum c'est une idée de sujet à lancer dans la Salle sur Demande ça ! Mais pour faire bref : James Potter était quelqu'un de dangereux, Reus aimait ses amis beaucoup trop et sans oser s'imposer, et Peter... Raaaah je me pose plein de questions sur lui. Je pense qu'il était avide de reconnaissance, qu'il avait besoin de validation. C'est un sujet à creuser...

Hey Louve ! T'inquiètes, pas de spoils x) Pour les Winchester... J'avais envie d'associer une peau de vache avec ce nom xD Si Dean et Sam réalisaient l'importance de la communauté magique, ILS SE PISSERAIENT DESSUS DE TROUILLE ! Pour les "raisons personnelles", ça sera révélé brièvement dans le chapitre (celui-là ou celui d'après, je sais plus). Quand à Nejem... Il ne sais pas encore ce qui l'attend, niak niark niark x)

Hello Carminny ! Non, le p'tit Liam n'ets pas le fils de Winchester, même s'ils sont apparentés. Et non, le fait d'enlever les options n'était pas censé faire baisser la côte de popularité des Réfractaires... Regarde Noah Kap : il approuve. Et mis à part pour le karaté, les élèves ne sont pas super-attachés à leurs cours. Et oui, Alyssa va mettre son grain de sel dans l'histoire x)

Salut Guest (est-ce toi Lucie ?) ! Oui, Nejem va s'avérer difficile à gérer... ais les Rôdeurs veillent ! Quant à la Carte, ouais, Al' et l'Ankou vont un peu s'en servir, mais ils n'en ont pas vraiment BESOIN x) Tu verras !

MAMIE CROUPTON ! Ca faisiat un bail ! Mwahaha, tu sens le piège, hein ? Pour Demy, je sens que tu vas adorer : elle brille dans ce tome 5 ! Pour l'Ankou... Moins x) Lucius ne le tuerai pas s'il était gay (après tout, il a un héritier de rechange : Hyperion), faut pas croire ça. Par contre Alva serait HORRIFIEE, vu qu'elle est... Un peu... Pas mal... Homophobe. Oui. Enfin bref ! Pour Cathy et Nathan, non, leur couple ne va pas bien, il se casse la gueule même. Si tu veux plus de faits sur Dumbly et les nuances des gens dans la saga d'Harry Potter, je te conseille vivement de lire "Quelques faits sans importance sur les Malefoy", mon autre fic x) Voilà !

Hello Zeidra ! Ouais faut pas oublier qui est le boss à Poudlard... Comment ça, autorité professorale ? Jamais entendu parler moi. Ooooh, encore une de mes victimes je vois ! Ah ah, oui, le coup d'Anaïs était sadique. Et même pas nécessaire. Quant à Wnchester, yep, c'est Ombrage croisée McGonagall, donc ça promet !

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Note de l'auteur : Première apparition de Drisana, mais oui, la sixième Poufsouffle ! XD C'est elle qui ronfle en cours d'Histoire…

Note de l'auteur 2 : Hagrid est parti, mais ce n'est pas pour mon scénario. C'est pour celui d'une autre fic qui fera un crossover avec Renouveau !

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Un vent de révolte

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Le premier cours de la promo des Rôdeurs fut un cours d'Histoire. Le professeur Bakary avait l'air sombre. Il commença son cours par un bref discours sur l'importance des BUSES, qu'ils passeraient en fin d'année, et qui seraient leurs diplômes de base dans le monde des adultes. En effet, la plupart des formations sorcières demandaient des BUSES spécifiques, très rarement des ASPICS (les ASPICS servaient surtout à entrer dans les facs qu'il y avait à Pendragon, la ville universitaire sorcière).

Après son petit speech sur l'importance de cette année et donc la quantité de travail qu'ils auraient, Bakary fit une pause d'un instant comme pour rassembler son sang-froid. Puis il annonça de but en blanc que le Ministère avait fait changer le programme.

– Nous allons donc étudier la période dite moderne, où les Moldus ont cessé de croire à l'existence de la magie. Premier chapitre, donc : le Code du Secret Magique. Section première : les origines de sa création…

– Attendez ! l'interrompit Rose. Mais si le programme a changé, on a un énorme trou sur la période du Moyen-âge !

– Vous avez eu un bref aperçu de l'évolution du monde sorcier, qui a atteint son apogée à cette époque, durant votre cours de l'année dernière…

– Oui, mais ça n'était qu'un bref aperçu, insista Dylan en venant loyalement à la rescousse. Vous avez passé quelques semaines à peines sur le sujet, alors que normalement, ça doit prendre tout un semestre.

Bakary soupira.

– Vous avez vu la chasse aux sorcières et l'influence sorcière sur le monde Moldue en troisième année. Et… Le Ministère estime que c'est suffisant.

La plupart de la classe avait l'air d'approuver, parce que franchement, quand on leur parlait de Moyen-âge, c'était tout ce qui leur venait à l'esprit. L'instauration du réseau de Cheminette, l'accession aux pouvoirs des grandes familles, la fondation de Poudlard, et les chasses aux sorcières. Rien d'autre. Il y eut donc un cours silence.

Puis Scorpius déclara d'une voix claire :

– On n'a pas vu l'influence du monde Moldu sur le monde sorcier.

– C'est vrai, fit remarquer Naima d'un air faussement candide. Il y a du y avoir un impact quand même. Ils connaissaient vachement le monde sorcier donc l'inverse a du être vrai aussi, non ?

– C'était effectivement une période de grande proximité entre nos deux mondes, approuva Vincent Sterling. De nombreux sorciers ont par exemple été chevaliers.

– N'importe quoi, marmonna Matthew Bluesky. Ils avaient des baguettes !

– Tu penses que Godric Gryffondor avait une épée pour faire joli ? railla Owen en se renversant contre son dossier.

Bakary retint difficilement un sourire et sembla à deux doigts de leur faire tout un cours sur l'histoire de Godric et ses liens avec la caste des chevaliers, puis il se rappela son nouveau programme et soupira :

– Cette période est sans incidence sur l'Histoire, selon le Ministère.

– Sans grande incidence ? s'étrangla Marcus McDouglas. C'est l'âge d'or de la sorcellerie !

– Si vous avez des plaintes à faire, adressez-les au Ministère, fit fermement le professeur Bakary. Mon travail, cette année, est de vous parler de la période moderne, après la séparation des mondes Moldus et sorciers, et je vous conseille de suivre mon cours si vous voulez avoir vos BUSES.

Scorpius retint un sourire. Les élèves de Poudlard n'allaient pas si facilement se faire manipuler, ça se voyait. Il s'affaissa sur son siège d'un air nonchalant, et lâcha :

– Au pire, il y a plein de bouquins à la bibliothèque sur le sujet. Je ferai circuler une liste. Rose, Dylan, vous me filerez un coup de main ?

– On est avec toi, approuva farouchement la jeune Weasley.

Bakary sourit, et ne les réprimanda pas pour avoir parlé en plein cours. Au lieu de ça, il reprit tranquillement sa craie et se mit à écrire au tableau le nom des différences sections de son chapitre premier sur le Secret Magique.

L'année commençait sur les chapeaux de roue, si un vent de rébellion soufflait dès le premier cours !

Le sujet de Bakary, même s'il avait entraîné quelques grognements, restait quand même intéressant. Leur enseignant était un bon prof. Il leur brossa donc le portrait du contexte dans lequel était apparu le Secret Magique, c'est à dire le 15ème siècle, où les sorciers, ayant atteint leur apogée, avaient littéralement laissé tomber le monde Moldu. Ils avaient cessé de chercher à vendre sorts et potions aux Moldus craintifs et souvent pauvres, pour se tourner vers les Sang-Purs qui, au sommet de leur gloire, était riches à ne plus savoir que faire de leur or.

Les Moldus, soudain livrés à eux-mêmes, avaient redoublé de haine à l'égard de la magie. Les histoires de dragons et de magie avaient été amplifiées et avaient pris une tournure sinistre. Durant tout le 15ème puis le 16ème siècle, le fossé entre Moldus et sorciers s'étaient creusés. Il n'y avait pas encore de Code, mais une règle tacite incitait les sorciers à se tenir loin des Moldus. Les sorciers se faisaient discrets, se regroupaient en villages exclusivement magiques et séparaient de plus en plus leurs deux mondes. Ils suivaient ainsi la voie édictée par Salazar Serpentard et Rowena Serdaigle, qui prônaient la prudence.

– Et ça a aussi eu un impact sur le monde Moldu, non ? interrogea Elisa Brown.

Bakary, emporté par son élan, hocha la tête avec enthousiasme :

– En effet ! Sans sorciers pour influencer la météo, vendre des potions contre la toux, lancer des charmes pour fertiliser la terre… Les Moldus ne pouvaient plus compter sur l'aide de la magie. Ils ont donc été poussés par la nécessitée, et on a donc une nette accélération de la science.

Leur enseignant jeta un œil à la pendule, puis soupira avec regret :

– Je n'ai pas le temps de digresser aujourd'hui… Enfin bref ! L'existence d'un texte officiel pour instaurer le Secret Magique fut décidée en 1658, à la mort de Cromwell. Que ceux qui connaissent Cromwell lèvent la main.

Tous les Nés-Moldus, Sang-Mêlés et Sang-Purs pas trop incultes levèrent la main. Cromwell, fondateur de la seule République du Royaume-Uni, était quand même assez connu.

– Cromwell, pour faire bref, profita d'une période de trouble dans le gouvernement Moldu pour prendre le pouvoir, accuser le roi d'incompétence, le faire décapiter –ce fut une vraie boucherie, pire que l'histoire de Nick Quasi-Sans-Tête–, et instaurer une République qui versait dans la tyrannie. Enfin bref, Cromwell avait connaissance du monde magique, l'un de ses cousins étant un Né-Moldu. Il a donc recherché l'aide de sorciers pour asseoir sa tyrannie, gagner ses batailles, et perpétuer les bains de sang qui ont marqué son régime. C'est à sa mort que le Ministre de la Magie de l'époque, Eldritch Diggory, décida que les Moldus ayant connaissance du monde sorcier causaient décidément trop de trouble, et fit voter la Loi Première du Secret Magique…

Bakary se mit à disserter sur le contenu de cette Loi qui était une sorte de brouillon de leur Code actuel et, très vite, l'Ankou décrocha. Il n'était visiblement pas le seul. Une Poufsouffle d'origine indienne, dont il ne connaissait pas le nom, dormait à poings fermés, non loin de son bureau, et ronflait même légèrement. Al' dessinait un furet en costume de la Renaissance sur une feuille vierge, Lucy somnolait sur son pupitre, et Devon et Alan faisaient un morpion. Marcus, dans la rangée devant eux, poussa un soupir et se renversa en arrière sur sa chaise tout en tournant la tête vers Naima, qui était juste derrière :

– J'm'ennuie, si on allait baiser comme des bêtes ?

– Bonne idée, allons trouver un coin sombre.

– Vous avez pas bientôt fini avec vos délires pervers, bande d'obsédés ? intervint Eva qui commençait à saturer.

– On peut s'arranger à trois, si tu veux…

L'Ankou dissimula son éclat de rire dans un éternuement factice. Marcus et Naima étaient probablement les membres de leur groupe les plus culottés, les plus assurés. Dans le cas de Marcus, cette assurance avait d'abord été une façade, un moyen de se distinguer de son père et ses frères si effacés. Et, dans le cas de Naima, ça avait été une défense : un moyen de s'affirmer dans une famille nombreuse et majoritairement masculine où elle se serait facilement fait écraser. Mais avec le temps, ils avaient tous les deux changés. Cet été, surtout, semblait les avoir affirmés. A présent, plus question de fanfaronneries ou de bravade de façade. Marcus et Naima étaient à l'aise avec leurs corps et leurs idées, leurs flirts souvent complètement dénués de subtilités et encore plus souvent dénués de sérieux, et ils adoraient en abuser pour le plaisir de faire bondir d'indignation leurs voisins.

Voyant qu'Eva, justement, n'était pas loin de bondir d'indignation, l'Ankou prit en pitié les chastes oreilles qui les entouraient, et changea de sujet :

– Puisque le Cid est censé être un club de lecture….

– Oui et laissez-moi vous dire que c'est naze comme couverture, le coupa Naima.

– Silence et laisse le Maître parler, la tança Scorpius en lui jetant une boulette de papier. Je disais donc, dans le souci du respect de notre couverture, on devrait faire circuler des bouquins qui nous enseigneraient ce que le Ministère voudrait voir disparaitre de l'esprit des gens.

– Tu connais des bouquins pour ça ? s'intéressa Lucy en sortant de son demi-sommeil.

– Mis à part Les racines du pouvoir, pas tellement, avoua l'Ankou.

– Ah oui, ça, sourit Lucy. J'en connais des meilleurs mais ça reste un très bon livre, celui-ci, avec plein de secrets historiques, l'envers de la scène politique révélé, et l'auteur ose poser des questions qui dérangent. Comme, par exemple : où en seraient les sorciers sans les Moldus ?

– Punaise, avec ce genre de question tu te fais pas d'amis chez les Réfractaires, siffla Eva d'un air impressionné. Et alors, quelle est la réponse ?

– Oh, on aurait plusieurs siècles de retard. On en a déjà pas mal. Je veux dire, les Moldus ont marché sur la Lune et tout, et nous, on est encore ignorant de certains pays sur notre propre planète.

Un silence pensif suivi cette déclaration, puis Al' fronça le nez :

– C'est pas un peu exagéré ?

L'Ankou hocha la tête, l'air dubitatif :

– Oui, les sorciers ne sont pas lents à ce point….

Ah, l'arrogance caractéristique des enfants de sorciers… Leur dire que les sorciers avaient des défauts, passe encore, mais il y avait des limites à ne pas dépasser. Et leur dire que les sorciers seraient restés des Néandertaliens arriérés si les Moldus et leur évolution ne les avait pas poussé vers le haut… Ben, c'était visiblement une limite.

Mais Lucy était capable de recul et elle savait que l'auteur du bouquin n'avait pas tort. Avec la magie, les sorciers pouvaient vivre plus longtemps, être protégés de la plupart des accidents, rester en bonne santé très facilement. Ils n'avaient pas vraiment besoin d'évoluer. Leur évolution était d'ailleurs beaucoup plus lente que celle des Moldus…

– N'empêche qu'ignorer les Moldus ne peut mener qu'à la catastrophe, insista Lucy. Et que l'auteur des Racines du pouvoir le dit très clairement.

– On n'a qu'à placarder des extraits de ce bouquin dans Poudlard, proposa Al'. Avec la mention "pour compléter votre cours d'Histoire".

– Bonne idée, approuva Lucy. Mais il y a d'autres livres qu'on devrait faire circuler dans le Cid…

– Malefoy, Potter, McDouglas et Jones ! fit soudain Bakary. Si ce que je vous raconte ne vous intéresse pas, vous pouvez le dire tout de suite !

Naima ouvrit la bouche, sans doute pour dire qu'effectivement elle n'en avait rien à faire du troisième alinéa d'une loi du Moyen-âge qui de toute façon n'existait plus, mais Reg fit diversion en se cassant la figure de sa chaise, trois rangs plus loin, tandis qu'Owen et Gareth éclataient de rire. Le Gryffondor, les cheveux en bataille et l'air violemment tiré du sommeil (ce qui était sans doute le cas) se remit debout d'un bond, furieux :

– ESPÈCE DE FILS DE… !

– Castle, retenue ! s'exclama le professeur Bakary à l'instant où la cloche sonnait.

– Pour une fois, c'est pas nous, sourit Al'.

La bonne humeur des Rôdeurs dura à peu près toute la matinée. En effet, leur premier cours de l'après-midi était Défense Contre les Forces du Mal, en commun avec les Gryffondors, et ils firent la connaissance de Dave Nejem.

– Bonjour à tous, commença par déclarer leur nouveau prof après qu'ils se furent assis. Comme vous le savez, je suis le professeur Dave Nejem, et je vous enseignerai la Défense Contre les Forces du Mal. Cette année est d'une particulière importance, puisqu'il s'agit de celle des BUSES, mais également du début d'une importante métamorphose du monde magique.

Il quitta son bureau, où il était assis, et se mit à marcher de long et en large dans la classe, obligeant ainsi les élèves à le suivre du regard.

– La communauté magique est extrêmement divisée, et c'est une faiblesse qui pourrait nous mener à notre perte. Vous savez tous que les Ecorcheurs en ont profité. Ils ne sont pas les seuls. Les sorciers se sont aliénés de nombreuses ennemis. Des groupes aux idées radicales, comme les Révolutionnaires. Ou des races, comme les vampires.

L'Ankou s'attendait à ce qu'il mentionne aussi les Moldus, mais Nejem n'avait pas l'intention de partir dans un speech exalté sur les Réfractaires, visiblement. Il revint vers son bureau tout en déclarant :

– Vous avez vu plusieurs créatures maléfiques au cours des années précédentes, et, en tant qu'ex-Auror, le professeur Savage vous a également appris à vous défendre. Néanmoins, c'est loin d'être suffisant ou adapté, dans les circonstances actuelles. Vous n'avez aucune notion de ce qu'est la Signalisation, vous ne connaissez rien des loups-garous ou des gobelins, et si jamais vous vous retrouvez dans le monde Moldu, vous risquez forts de ne pas vous en sortir à temps.

Naima, Carrie, Jo, Gareth et Owen, qui vivaient tous dans le monde Moldu, retinrent un reniflement amusé. Nejem posa son regard sur eux :

– Une question ?

– Le monde Moldu n'est pas dangereux, répliqua Naima avec assurance.

– Vous y vivez, Miss… ? s'enquit l'enseignant.

– Jones. Et oui.

– Chez vos parents ? poursuivit-il innocemment.

Au moment où Naima ouvrait la bouche pour répondre, l'esprit de l'Ankou tira la sonnette d'alarme parce qu'il n'y avait aucune raison que Nejem pose cette question sauf s'il avait regardé dans les registres du Ministère et vu que l'adresse de Naima était désormais "inconnue" puisqu'elle avait quitté le domicile familial et si Naima lui disait quoi que ce soit

– Non, j'ai un appart', fit la Gryffondor avec naturel. Mais quand même dans le monde Moldu et c'est complètement sûr.

– Vous savez que les Ecorcheurs visent les sorciers qui vivent dans le monde Moldu. Ils repèrent leur magie, et attaquent les cibles isolées.

Naima haussa les épaules :

– Ça c'est Hostilius qui le dit. Moi, les Ecorcheurs ne m'ont pas trouvée.

– Ils pourraient s'en prendre à votre famille, laissa tomber Nejem.

Okay, ça y était, ce mec venait d'avoir son nom en haut de la liste noire des Rôdeurs.

– Pourquoi ? intervint l'Ankou d'une voix faussement étonnée. Elle n'y vit plus, il n'y a pas de magie pour les attirer là-bas. Vous avez une autre théorie que celle du Ministre pour expliquer le comportement des Ecorcheurs ?

Nejem sembla agacé, mais ne se démonta pas :

– Pour en revenir au sujet principal : le monde Moldu est dangereux. Premièrement parce que les Moldus, contrairement à une croyance erronée, ne sont pas sans défense et réagisse souvent avec violence à la magie…

Ce n'était pas complètement faux.

– … Et deuxièmement, parce que des créatures magiques, tels des parasites, s'y cachent. Loups-garous, vampires, hellbounds… Ils ont été chassés de la plupart des territoires sorciers et donc c'est chez les Moldus que vous les trouverez. Ils repèrent la magie de la même façon que les Ecorcheurs, et se feraient un plaisir de prendre leur revanche sur le monde sorcier en vous massacrant.

Ça, par contre, c'était n'importe quoi, et l'Ankou s'en étrangla d'indignation.

– Excusez-moi, intervint Alan Parks d'un ton sidéré. Vous avez bien dit loups-garous ? Vous pensez que les loups-garous se cachent dans le monde Moldu ?

– Il leur est plus facile de cacher leur condition à des gens qui se moquent des cycles de la lune et ne croient pas à l'existence de la lycanthropie, sourit Nejem. Les sorciers tendent à éviter la compagnie de créatures qui deviennent assoiffés de sang et de chair humaine trois jours par mois.

– … Vous savez combien de loups-garous travaillent au Ministère ? fit Alan d'un ton qui devenait glacé.

– Et vous savez que Theodore Nott soutient à bout de bras l'intégralité du Bureau des Aurors ? ajouta Devon Dawlish tout aussi froidement.

Si Alan et Devon n'étaient pas amis avec Gaby, et par extension Oscar, Cameron et Cyrius, ils auraient sans doute avalé le discours de Nejem sans moufter. Mais ils étaient amis avec le Quatuor. Ils connaissaient Oscar. Et quiconque connaissait Oscar ne pouvait pas rester sans rien dire devant un anti-loups-garous.

– Les loups-garous sont des humains vingt-sept jours par mois, ajouta Al' d'un ton sec.

– Et les trois autres jours ils sont une menace pour la société, déclara fermement Nejem. Je ne nie pas qu'il peut y avoir de bons loups-garous, mais ils restent des loups-garous, des êtres atteints d'une maladie incurable qui en fait des menaces graves, et cela doit être pris en compte. Ou est-ce que vous préféreriez faire comme si la lycanthropie n'était pas une menace et passer une soirée romantique avec un loup-garou sous la pleine lune ?

La plupart des élèves se tassèrent sur leurs chaises. L'argument était juste. L'Ankou ouvrit la bouche pour protester, quitte à jouer le parfait Gryffondor, mais il n'en eut pas le temps. A sa grande surprise, ce fut Carrie qui déclara d'une voix bien distincte :

– Il y a une différence entre reconnaître l'existence de quelque chose et traiter cette chose comme une menace.

– Un loup-garou n'est pas une menace pour vous, Miss… ?

– Bannes. Non, un loup-garou n'est pas plus dangereux qu'un autre sorcier. En fait, statistiquement et historiquement, les sorciers sont beaucoup plus dangereux pour les loups-garous que l'inverse.

Scorpius voulait se lever et faire une ovation, là. Il n'était pas le seul, à en juger par le sourire fier d'Al, de Reg, ou de Lucy. Nejem avait l'air vaguement stupéfait, mais il se reprit rapidement :

– Nous en reparlerons lorsque nous aborderons le chapitre, mais votre point de vue est noté, Miss Bannes. Il est cependant évident que vous n'avez jamais rencontré de loup-garou en personne. Vous vivez dans le monde Moldu également ?

– Excusez-moi, fit Flora avec insolence avant que Carrie ait pu ouvrir la bouche. Est-ce que vous demandez à toutes vos élèves féminines où elles vivent ? Parce que si c'est le cas, ça frôle le harcèlement sexuel et j'ai le droit de porter plainte.

Il y eut plusieurs halètements horrifiés mais surtout un fou-rire massif et difficilement réprimé. L'Ankou était enchanté. Le Cid faisait front, et aucun d'entre eux ne se laissait embobiner par la belle voix de Nejem et son discours si raisonnable. Pourtant, c'était un beau parleur : l'Ankou devait admettre qu'il savait ce qu'il faisait. Mais face à une classe qui vivait avec l'Ankou Malefoy depuis cinq ans ? Les beaux discours sur le danger venant des races différentes, ça tirait directement la sonnette d'alarme.

– Simple curiosité, sourit Nejem (mais cette fois, ça tenait un peu du rictus : il commençait à sentir l'embrouille). Pour en revenir au sujet principal : le monde Moldu est plein de dangers, certains magiques et d'autres non, mais le plus important est que vous n'avez aucun moyen de défense dans ce monde. Maintenir le Secret Magique est de plus en plus ardu et de se fait, les conséquences d'une violation de ce Secrets sont de plus en plus sévère. Vous risquez Azkaban.

Il y eut plusieurs bruits de déglutition. La prison sorcière inspirait toujours terreur et cauchemars, même après toutes ces années. Nullement impressionné, Nejem continua, sa voix de basse aux accents sincères transformant son exposé professoral en véritable discours d'avocat, éloquent et brillant :

– Dans le monde Moldu, les codes ne sont pas les mêmes, la monnaie n'est pas la même, le mode de pensée n'est pas le même. Tout va plus vite, tout est plus dangereux. Le mode de transport des Moldus, si vous l'ignorez, sont des boites de métal de plusieurs tonnes lancées à pleine vitesse. Leur gouvernement n'a aucun moyen de traquer et d'identifier les psychopathes, et les laisse donc vagabonder, même après les avoir arrêté, jusqu'à ce qu'un procès parfois long de plusieurs années décide si l'individu doit être mis en prison. Et là encore ! Il y a plusieurs cas d'évasion par an. Si vous êtes blessés : leurs soins sont rustiques, leurs antidouleurs sont archaïques et souvent très nocifs, et si vous n'avez pas de monnaie, les Moldus ne vous soignent pas, de toute façon. Leur attitude vis-à-vis des étrangers à leur monde, tel qu'un sorcier égaré, va de la méfiance simple à la paranoïa en passant par une haine viscérale. Le monde Moldu n'est pas dangereux comme pourrait l'être un champ de bataille ou la Forêt Interdite : il est dangereux car vous y êtes impuissants et sans défense. Je ne peux vous apprendre à résister à un accident de voiture, à une explosion de gaz ou à une arme à feu : en revanche, pour commencer cette année, je vais vous donner des conseils sur la manière d'éviter ce genre de drames.

Il se tourna, tapota sa baguette sur le tableau, et le titre "Chapitre 1 : Les dangers du monde Moldu" apparu, écrit à la craie et souligné deux fois.

Ce fut à ce moment que l'Ankou se rendit compte d'à quel point Nejem était bon orateur. Sa voix était grave, mélodieuse, fluide et convaincue. Chacun de ses points étaient valides, ses arguments étaient cohérents, sa logique était… Logique. Mais ça ne voulait pas dire que c'était vrai. En prenant des éléments sans contexte, en prenant dans les faits juste ce qui l'intéressait et en passant sous silence le reste, Nejem entraînait la pensée de ses auditeurs dans le sens où il le voulait. Il parlait du manque de contrôle des Moldus sur le monde, de paramètres aléatoire, de techniques qui paraissait rustiques ou même barbares aux sorciers, de méfiance. Mais il ne parlait pas d'économie internationale, de calculs plus précis que ceux qu'aucun sorcier ne ferait jamais, des progrès en mécaniques et en physiques qui faisaient bouger ces boîtes de métal de plusieurs tonnes à pleine vitesse… Il leur dépeignait une jungle, un enfer, et le pire c'était qu'il y mettait tellement de conviction, de logique, que si on ne réfléchissait pas, on était entraîné et par ses belles paroles, et facilement persuadé qu'il avait raison.

Et pendant qu'il rendait les gens parano à propos du monde Moldu, il ne leur enseignait rien pour faire face aux Ecorcheurs.

… En fait, à y repenser, il n'avait même pas dit qu'il leur apprendrait à faire face aux Ecorcheurs. Il avait parlé de loups-garous, de races ennemies, de Moldus et de leur monde, mais pas des Ecorcheurs. Ou même des sorciers qui pourraient, par le plus grand des hasards, avoir de mauvaises intentions envers d'autres sorciers.

Et personne ne semblait l'avoir relevé.

Ah, si. Lucy observait Nejem avec des yeux plissés et un air méfiant. Rien d'étonnant. A part eux deux, il n'y avait pas d'enfants de politiciens dans cette promo. Et il fallait avoir grandi avec les discours politiques et les analyses critiques de leurs parents pour voir le piège.

Eh ben, l'Ankou Malefoy n'allait pas se laisser avoir comme ça.

oOoOoOo

Lettre de Draco Malefoy à sa fille Demetria Malefoy :

Chère Demy,

Hortense Winchester est une vieille historienne rigide, Réfractaire de première heure, avec une vision bien tranchée du monde. Elle ne devrait pas trop te causer d'ennuis, sachant que tu ne suis pas son cours. Méfie-toi plutôt de Nejem.

Le professeur Dave Nejem est visiblement l'envoyé des Réfractaires pour prendre le contrôle de Poudlard. Il est brillant mais n'a jamais occupé la première place (il est resté dans l'ombre des Agrace, puis des Danares), c'est l'infiltré parfait. Il n'a sans doute pas été difficile pour lui de convaincre McGonagall de l'engager. Laughlin n'aime pas son travail d'enseignante et encore moins de Sous-directrice, et Nejem possède une prestance qui doit rappeler à la Directrice certains de ses vieux amis, tels Dumbledore ou Shacklebolt.

Le courrier n'est sans doute pas surveillé (pas pour le moment), mais je préfère ne pas écrire ce message en plusieurs exemplaires. Transmet donc ce qui suit à tes frères, et brûle cette lettre ensuite.

Les Réfractaires profitent du chaos créé par les Ecorcheurs, profitent de la terreur qu'ils alimentent avec leurs histoires xénophobes sur les loups-garous, gobelins ou Moldus. Ils veulent le pouvoir. Ils ne veulent pas sauver les gens : ils veulent les contrôler. Les Agrace et les Danares ne sont devenus riches que lorsque le trafic de FullMood a prit son envol : les gens devraient y réfléchir un minimum. Ces familles ne sont pas dignes de confiance. Les Réfractaires ne sont pas dignes de confiance. Ils ne vous apprendront pas à vous battre contre des Ecorcheurs parce qu'ils les utilisent, plus ou moins directement, pour faire régner la terreur. Ils ne vous apprendront pas non plus à vous battre contre les Détraqueurs parce que le Ministère les a toujours utilisés comme une arme. Ils ne vous apprendront pas à combattre des sorciers parce qu'ils nous veulent soumis et sans défense. Ils ne vous apprendront pas à vous défendre, ni à vous battre, ni à survivre : ils vous apprendront juste à vous incliner et à ne pas poser de questions.

Fait passer le message à tes frères, à ton cousin, à vos amis, à quiconque voudra bien l'entendre. Fermer les yeux et obéir ne sauvera personne. Résistance est le mot d'ordre. Apprenez à vous défendre, et ne laissez personne penser pour vous.

Veille sur tes frères et sois prudente,

Ton père.

PS : Blaise a retrouvé la piste d'Hagrid, il est parti en France. C'est sans doute en rapport avec les rueurs au sujet d'un Tournoi entres écoles hébergé par Beauxbâtons. Je n'en sais pas plus.

oOoOoOo

A la fin de la première journée de cours, le Cid se rassembla d'un commun accord dans l'Arène, cette salle secrète découverte dans les profondeurs du château. Oscar et Cameron, qui avaient eu cours avec Nejem juste après la classe de l'Ankou, semblaient bouillir de rage. Abby, elle, affichait un calme glacial qui était encore plus effrayant que si elle s'était mise à hurler. Lily Potter, elle, se rongeait les ongles. En fait, globalement, les élèves semblaient soit furax, soit consternés, soit inquiets.

Scorpius, Demy et Hyperion arrivèrent peu après : l'aînée des Malefoy avait retenu ses frères un instant pour leur montrer la lettre de leur père, et la fratrie s'était concertée sur la marche à suivre. Ils n'avaient pas tellement le choix. Où ils s'inclinaient devant l'autorité des profs, où ils se rebellaient. Et même si la seconde option était terriblement clichée et Gryffondor…

… Bah, ça ne serai pas la première fois.

– Okay, qui se dévoue pour parler à la foule ? plaisanta Hyperion quand ils parcoururent toute l'assemblée du regard.

En tout, et en comptant les Malefoy, ils étaient quarante et un. Ça faisait du monde. Les élèves chuchotaient, parlaient et parfois s'exclamaient, remplissant la pièce d'un brouhaha nerveux ou colérique, mais d'où il se dégageait surtout un sentiment d'angoisse. Bon courage pour calmer une masse de gens inquiets…

– Il est plus facile de raisonner un fou qu'une foule, cita l'Ankou.

Demy lui jeta un regard amusé :

– C'est un truc que Papa pourrait dire.

– Peut-être, mais ça vient d'un livre, là. Bon, je me lance, mais vous ne restez pas loin, d'accord ?

Ils se dirigèrent donc tous les trois vers l'estrade qui, à la base, avait été prévue pour accueillir les matchs et les duels. Al' leur emboîta le pas, et quand les trois Malefoy se hissèrent sur leur perchoir, il y grimpa aussi sans que cela soulève une seule objection. Séparer Al' de l'Ankou était proche de l'impossible.

– Okay, okay, un peu de silence ! réclama Scorpius. Je pense qu'on a à peu près tous le même état d'esprit, en ce moment.

– Ouais, grogna Cameron qui fulminait. Et c'est "par les poils de cul de Merlin qu'est-ce que c'est que ce putain de programme à la con ?" !

– Cameron ! s'exclama Stella Bailey d'un ton scandalisé.

– Il n'a pas tort ! cria Lily un peu plus loin. Le professeur Nejem a dit des choses horribles sur les loups-garous.

– Et le pire, c'est que la moitié des élèves avalent ça sans broncher, lâcha Roxanne Sloper près de l'estrade.

– Winchester nous a raconté des trucs monstrueux sur les Moldus, frissonna Laetitia Condor avec encore de l'horreur plein les yeux. Comment ils découpent leurs blessés pour les soigner, toutes les façons horribles qu'ils ont pour s'entretuer, qu'il y a plei d'adultes qui kidnappent les petites filles…

Ce n'était pas des choses à raconter à des gamins de quatorze ans dont la mère avait failli mourir dans l'attaque du Chemin de Traverse, songea férocement l'Ankou. Cette Winchester ne voulait rien leur enseigner : elle voulait juste les terrifier !

– Et ils leurs disent que le monde Moldu est barbare et dangereux ! fulmina Naima.

– Oui mais à bien des égards, il l'est, pointa Vincent Sterling.

– Et mon poing dans la gueule, je t'assure qu'il est sorcier mais il va être barbare aussi !

– SILENCE ! rugit Demy.

Le silence tomba aussitôt sur la pièce. Ses deux frères la regardèrent avec des yeux ronds, et Al' commenta avec admiration :

– Qu'est-ce que j'aimerai savoir faire ça…

Demy lui jeta un regard noir et Al' se tut d'un coup. Puis la jeune fille reporta son regard bleu et froid sur la petite assemblée qui les observait du bas de l'estrade, et déclara d'un ton ferme et qui portait dans toute la pièce :

– Aujourd'hui, peu importe les cours qu'on a eu, je pense que nous avons tous remarqué que quelque chose clochait. Il y a des choses dont les profs ne veulent absolument pas parler, et d'autres sur lesquelles ils essaient de détourner notre attention.

– Détourner notre attention ? répéta Eva sans comprendre.

Scorpius soupira, et expliqua :

– C'est une astuce classique d'avocats et de politiciens. Et d'escrocs en général. Ils te parlent attirent ton attention sur un sujet accessoire pour que tu oublies de t'interroger sur le sujet principal.

– C'est ça, acquiesça Lucy d'une voix forte au milieu de la foule. Nejem nous a parlé des dangers du monde Moldus, des loups-garous, des vampires… Parce qu'il voulait qu'on s'inquiète de ça, et pas des Ecorcheurs, ou des Détraqueurs, ou des sorciers mal intentionnés. Franchement, le risque qu'on court de croiser un vampire ou de se faire agresser dans le monde Moldu est négligeable, alors pourquoi essayer de nous rendre parano à ce sujet ?

Il y eut un silence désarçonné. Puis ce fut Hyperion qui s'avança :

– Le nouveau programme a été décidé par les Réfractaires et même si sur le papier, leurs idées semblent avoir du sens… Ils ne vont pas nous apprendre à nous défendre.

– Non, approuva Demy. Parce que franchement, ce n'est pas dans leur intérêt.

– Wow, du calme ! les tança William Dawn d'un ton agressif. Vous voulez dire que les Réfractaires veulent que les Ecorcheurs nous exterminent ou quoi ?

– Probablement pas, admit Hyperion. Mais sans les Ecorcheurs et la vague de terreur qu'ils ont provoqué, les Réfractaires ne seraient rien. Sans la crainte d'un ennemi, que ce soit des terroristes ou le monde Moldu, les sorciers ne se seraient jamais rassemblés derrière Hostilius. Les Réfractaires n'ont pas intérêt à nous apprendre à nous battre parce que tant qu'on est faible, effrayés, sans défense, on a besoin d'eux pour nous défendre… Et on est à leur merci.

Un brouhaha d'exclamations et de protestations s'éleva. Plusieurs élèves protestaient, disaient que le gouvernement ne pouvait pas être corrompu comme ça, que les Réfractaires ne devaient pas être si mauvais, qu'ils avaient un discours positif… Finalement, sentant que l'agitation n'était pas prête de se calmer, Scorpius se jeta un Sonorus, puis clama :

– ÇA SUFFIT ! Un à la fois, sinon….

– Sinon c'est Sortilège de Silence pour tout le monde, compléta Demy en levant sa baguette.

La menace parut efficace. Les membres du Cid se calmèrent aussitôt. Il y eut un instant de flottement, puis Stella Bailey leva la main. Se sentant vaguement gêné, Scorpius lui accorda la parole d'un hochement de tête, et la Poufsouffle haussa la voix :

– Je pense que les Malefoy ont raison. Le nombre de problème qu'on risque de rencontrer dans le monde Moldu est quasiment nul. Les loups-garous sont extrêmement encadrés par la loi et beaucoup d'entre eux sont parfaitement intégrés.

– Et les vampires se nourrissent de sang animal, lâcha Lucy. Juste au cas où vous l'ignoriez, ceux parmi eux qui boivent du sang humain sont des criminels et sont mis à mort par leurs congénères.

– Aussi, approuva Stella. Mais l'important, c'est qu'en nous apprenant à nous défendre contre des menaces quasi-inexistences comme celles-là, nous n'apprenons pas à nous défendre contre les vrais dangers. Comme les Ecorcheurs ou les Détraqueurs ou les criminels. Du coup, on dépend totalement du Ministère pour prendre soin de ces grandes menaces.

– Et les Réfractaires sont assurés de ne pas bouger du pouvoir, réalisa Reg. Malin, vachement malin même…

– Les Réfractaires seraient derrière les Ecorcheurs ? fit Jo d'une voix lente.

Les trois Malefoy conservèrent un visage impassible, tandis qu'une vague de murmure parcourait l'assemblée. Le regard de Jo était devenu glacial. Celui de William Dawn aussi.

– Aucune idée, mentit Demy.

Al' s'avança soudain :

– Franchement, lâcher des tarés drogués sur la population me parait assez extrême mais… Même si les Réfractaires ne sont pas derrière tout ça, ils en profitent et ils en abusent. S'ils savaient comment coincer les Ecorcheurs, je ne pense pas qu'ils le feraient, parce que ça marquerait la fin de leur règne. Les Ecorcheurs sont un peu comme une malédiction incontrôlable, mais les Réfractaires ont le contre-sort ou semblent l'avoir, alors tout le monde leur obéi pour être protégé.

– Et si on sort du rang ? lança Cyrius d'un ton bravache. Si on leur dit qu'on n'en a rien à faire des vampires et qu'on veut apprendre à tuer les Ecorcheurs, qu'est-ce qui se passe ?

– Le Ministère va probablement te marquer comme un élément perturbateur, plaisanta Naima.

Mais les autres ne plaisantaient pas, et Oscar déclara gravement :

– Si tu te mets à poser des questions, le Ministère va arrêter de te protéger des Ecorcheurs, probablement. Si tu sors du rang, ils laissent les tarés te massacrer.

Il y eut des hoquets effrayés, mais Hyperion déclara avec nonchalance :

– Ce n'est même pas sûr qu'ils puissent nous protéger. Et avec le programme scolaire qu'on a, c'est sûr qu'on n'aura pas appris à se défendre en cours…

– Mais avec le Cid, on peut apprendre, compléta Scorpius. Apprendre à se défendre, apprendre à attaquer, et surtout, apprendre à ne pas devenir des moutons effrayés et manipulables comme les Réfractaires voudraient qu'on soit. C'est pour ça qu'on a créé le Cercle des Initiés au Duel, non ?

Il y eut des murmures d'agrément, et l'Ankou soupira intérieurement de soulagement. Comment diable les politiciens arrivaient à charmer les foules ? C'était déjà assez difficile comme ça de calmer une quarantaine d'élèves en colère !

– Du coup, on va faire des matchs ? fit Lucy avec intérêt.

Scorpius ouvrit la bouche pour répondre, mais Al' fut plus rapide :

– Ce soir, on n'a pas le temps. Le dîner commence dans quelques minutes et les profs vont s'apercevoir de notre absence.

Quasiment tous les regards se portèrent vers les montres. Effectivement, leur absence serait vite remarquée : un tel nombre d'élève ne disparaissait pas comme ça. Scorpius se mordilla la lèvre, puis finit par dire :

– On peut se retrouver après le dîner ?

Demy, sur l'estrade et derrière lui, se racla la gorge : son frère se retourna et la vit secouer la tête :

– Deuxième jour à Poudlard ? Les Préfets se doivent d'être dans les salles communes, au cas où un élève aurait un souci.

– Et on est quatre Préfets ici, compléta Robin Goldenhood. Demy, Daniel, Stella et moi.

Un de chaque Maison. L'Ankou s'amusa un instant de la coïncidence, puis soupira, et se passa une main dans les cheveux. Ils avaient un peu poussé et, désormais, l'Ankou Malefoy avait l'air un peu plus dépeigné qu'auparavant.

– Demain soir, tout le monde peut venir ?

– Il y a Astronomie pour nous, indiqua Abby.

– D'accord. Après-demain après-midi, ça marche ? Ça sera un mercredi. A moins qu'on se fasse coller, on devrait tous être libres.

Il n'y eu pas d'objection. Scorpius hocha la tête avec satisfaction, et ordonna :

– Donc, après-demain, juste après le déjeuner, rendez-vous ici. On fera des matchs pour évaluer les niveaux et ensuite, on se divisera en plusieurs groupes d'entraînements.

– Cool, sourit Naima d'un air féroce.

– Mais ! poursuivit Scorpius en haussant la voix. On ne va pas faire que se jeter des sorts. Il faut aussi qu'on apprenne à connaître l'ennemi et surtout qu'on sache en quoi Nejem nous mène en bateau. Donc, tous ceux qui ont des livres qu'il nous serait utile de lire, et oui ça s'adresse à vous Rose et Dylan, vous nous en faite une liste et vous les amenez ici. Et ceux qui ont des connaissances réelles sur le monde Moldu, si vous voulez corriger les aberrations de propagandes que nous a dites Nejem, vous me le dites. On trouvera un moment pour avoir un… Un…

– Un cours de rectification ? proposa Hyperion.

– Un cours de stratégie ? dit Al' au même moment.

– Voilà, ça, sourit l'Ankou. Des questions ?

Chiara leva la main. Quand Scorpius lui accorda la parole d'un signe de tête, elle déclara d'un ton nonchalant :

– J'ai trente Bombabouses dans mon sac, quelqu'un veut m'aider à pourrir la classe de Nejem ?

Demy tourna un regard noir vers Scorpius qui souriait jusqu'aux oreilles :

– Tu les a tous corrompus.

– J'espère bien ! On ne serait pas dans la bouse de dragon, sinon…

oOoOoOo

Lettre de Lily Potter à sa mère, Ginevra Weasley :

Coucou Maman !

L'école se passe bien. Je n'aime pas notre nouveau prof de Défense Contre les Forces du Mal, il est anti-loups-garous (et Hyperion dit que c'est un escroc notoire, comme tous les avocats). Mais à part ça, tout va bien. Le cours d'Histoire est dur à suivre, on parle de l'Antiquité, mais Antoine me passe ses notes et m'aide à faire mes rédactions, donc je vais m'en sortir !

Voilà, je t'écrivais juste pour te donner des nouvelles. Cookie va bien, Al' et James aussi, et ils n'ont encore provoqué aucune catastrophe (pour le moment !). Ils te disent bonjour !

Bisous,

Lily.

oOoOoOo

– On va devoir faire encore plus attention qu'avant, souffla Scorpius en regardant discrètement au coin du couloir.

– On a quand même la moitié des Préfets de notre côté, fit remarquer Al' à voix basse.

– Oui, mais pas la moitié de l'école… Bon, la voie est libre, on y va !

Les deux cinquièmes années empruntèrent le couloir désert, puis se hâtèrent de tourner vers le cul-de-sac qui menait à ce qui ressemblait à un placard à balai négligé. Al' ouvrit la première porte, puis la deuxième, et les Rôdeurs entrèrent dans leur bon vieux labo perso, avec ses globes de lumière suspendus au plafond, ses étagères remplies de cartons et de boites en bois, et ses fenêtres murées.

Sans aucune délicatesse, l'Ankou se laissa tomber sur le pouf de tissu bleu foncé poussé dans un coin, et se mit directement à tousser quand un nuage de poussière s'éleva du tissu. Al' pouffa de rire, et agita sa baguette :

Récurvite !

Le nuage de poussière se volatilisa, mais l'Ankou mit encore quelques secondes à arrêter de tousser. Al' jeta encore deux ou trois sorts de Nettoyage, pour évacuer la poussière et les toiles d'araignées qui s'étaient accumulées durant leur deux mois de vacances, puis jeta un regard amusé au jeune Malefoy :

– Ça va, tu vas survivre ?

– Très malin, râla l'Ankou en recoiffant distraitement ses cheveux désordonnés.

Il se rassit sur son perchoir molletonné, plus doucement cette fois, et Al' utilisa joyeusement un sort d'Attraction pour amener à lui l'autre pouf qu'ils avaient, de couleur verte celui-là, et se laissa tomber dessus sans aucune grâce.

– Tu en es où dans l'entraînement à la transformation en Animagus ?

L'Ankou grimaça :

– Hum, j'avoue que je n'y ai pas donné priorité durant les vacances.

– Feignasse !

– Eh ! protesta le jeune Malefoy. Je bossai mon feu magique. Regarde ce que je peux faire maintenant !

Il ouvrit les mains comme un magicien qui fait apparaitre une colombe, et une gerbe de flammes éclaboussa de lumière la pièce, frôlant presque le plafond, puis se rassembla en une boule de feu compacte qui frémissait entre les paumes de l'Ankou. L'adolescent sourit d'un air tout fier de lui, puis fit disparaitre sa création en claquant des mains.

– Je peux faire plus spectaculaire, mais pas ici. Trop d'explosifs.

– Excellente idée, fit Al' qui avait limite fait une crise d'apoplexie en voyant les flammes lécher le plafond. Je ne veux plus voir une étincelle de feu magique dans ce labo, vu ?

– D'accord, d'accord…

Al' roula des yeux, sachant bien que l'Ankou ne résisterai pas longtemps à jouer à nouveau avec sa magie sans baguette, puis revint au sujet principal :

– Et niveau transformation ?

L'Ankou haussa les épaules et, après un instant de concentration, transforma tout son bras droit en patte de tigre, avant de le retransformer en bras normal.

– Je ne peux pas me transformer entièrement, mais j'arrive à changer mes bras. Oh, et il y a quinze jours j'ai fait apparaitre une queue de tigre. Très, très bizarre… Et toi ?

Al' sourit :

– Métamorphose quasiment complète, j'ai juste du mal avec les pattes. L'équilibre, tout ça.

Al' était le plus posé, le plus réfléchi des deux : celui qui pesait le pour et le contre et préparait avant d'agir. Scorpius allait plus à l'instinct. Bien sûr, il avait son nom de famille et sa fortune qui le protégeaient au cas où son instinct s'avérerait faux, mais généralement, chance et intuition suffisaient. Si Al' avait des problèmes pour finir la métamorphose, c'était parce que le fait de marcher sous une autre forme requérait pas mal d'intuition et le courage de se lancer : deux choses qu'il n'avait pas vraiment cultivées…

– Et pour la magie élémentaire ? fit l'Ankou. Tu as avancé ?

Al' haussa les épaules :

– Je n'ai pas eu d'entraînement intensif d'Astrid ou de tes parents, moi, donc j'ai un niveau assez pitoyable. Mais tous les matins, je fixais on thé en essayant de le faire tourner dans sa tasse par la seule force de mes pensées, et… Bon, il se peut que ça soit juste mon imagination, mais ça commençait à marcher.

– C'est cool !

– J'ai mis deux mois à dompter une tasse de thé, râla Al'. Toi, en trois semaines, tu faisais des combats à coups de boules de feu avec Astrid en personne !

– Qu'est-ce tu veux, fit Scorpius en haussant les épaules. Je suis privilégié.

Al' grogna et reporta son attention sur les étagères qu'ils avaient installés contre les murs de leur labo. Oui, c'était bien le problème. L'Ankou était privilégié. Pour arriver à son niveau, Al' devait faire presque deux fois plus d'efforts.

Heureusement, en beaucoup de domaines… Il était plus doué.

– Bon, en doit refaire le plein en Onibi, décréta le jeune Potter. A moins que tu en ais fabriqué cet été ?

– Non… Mais il doit bien m'en rester une dizaine…

– Pas assez pour semer un bon chaos signé ninja, asséna son meilleur ami. Il nous en faut un bon stock. Mais rien ne presse : j'ai fait provision de marchandise de mon oncle George pendant les vacances.

– Bien pensé, le félicita l'Ankou. Et sinon, pour le Cid, tu as des idées ?

Al' lui jeta un regard surpris :

– Non, pas vraiment. C'est ta fratrie la tête du projet.

Scorpius poussa un long soupir, et s'avachit davantage dans son fauteuil tout mou.

– Je sais. Mais il y a tellement de choses qu'on devrait faire, qu'on devrait leur apprendre… Et apprendre nous-mêmes, aussi. Parfois, je pense à cette montagne de travail qui nous attend et… Je ne sais pas par quoi commencer.

– Qu'est-ce que tu veux faire dans le Cid ? fit Al' d'un ton intéressé. Qu'est-ce que tu veux qu'on apprenne ?

L'Ankou haussa les épaules, et énuméra :

– Le duel magique classique, à coup de baguette. Le combat au corps à corps. L'Occlumancie. La magie élémentaire. Les Runes de protection. La Magie Rouge, pour les Sang-Purs. Comment manier un bâton. Ou une épée. Ou un poignard. Ou un arc. Ou un flingue.

– Tu as déjà utilisé un flingue ? fit Al' vaguement horrifié.

– Les Chasseurs en ont, se défendit l'Ankou. Quand Astrid m'emmenait les voir, elle me faisait tester toutes les armes qu'ils avaient à disposition.

Albus cligna des yeux. Il ne savait pas tant de choses que ça sur les Chasseurs…

– Ils ont des armes ?

– Les loups-garous sont très résistants aux sorts, mais les lames les transpercent comme n'importe quel animal, expliqua l'Ankou. Les Chasseurs se battent plus souvent au corps à corps avec les loups qu'avec de la magie.

– … Il faut être complètement timbré pour faire ce métier, conclut Al' d'un ton définitif.

– Je te le fais pas dire !

Les deux Rôdeurs échangèrent un sourire amusé, puis Al' bailla et se passa une main dans les cheveux. Il était loin d'avoir la coupe désordonnée de James (son frère ajoutait du gel à ses cheveux pour qu'ils restent bien dans leur position défiant la gravité), mais sa tignasse commençait à se rebeller et à lui donner une ressemblance de plus en plus prononcée avec son père, Harry Potter.

– Pour le Cid, mieux vaut commencer par les duels magiques. Une fois que tout le mode saura désarmer un adversaire ou le tenir à distance, on passera au corps à corps. On n'a plus Inari-sensei, donc ça va être difficile de garder le niveau…

L'Ankou hocha sombrement la tête, l'air plongé dans ses pensées, avant de se secouer :

– Bon, sinon. Tu me montres la Carte des Maraudeurs ?

Gracieusement, Al' sortit le vieux bout de parchemin de sa poche, et le tapota de sa baguette en prononçant le mot de passe rituel. Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Le parchemin se recouvrit alors d'encre, dessinant les contours du château, ses passages, ses escaliers, ses étages, puis c furent des points figurant les élèves qui apparurent et se mirent à se déplacer.

– Woah, c'est génial ! s'extasia l'Ankou. Regarde ça, ils bougent ! Oh punaise, je suis sûr que c'est exact en plus… Wow, wow, wow !

Mort de rire, Albus regarda pendant dix minutes son ami baver d'admiration et commenter avec des yeux brillants tout ce qu'il voyait. Puis il le fit revenir sur terre :

– Ça n'indique pas le Poudlard du Dessous.

– Oui, fit l'Ankou en observant la Carte. Ni certaines parties récentes du château. Les Maraudeurs ont cartographié le Poudlard qu'ils connaissaient : seulement, il a pas mal changé. Et il y avait des passages secrets qu'ils ne connaissaient visiblement pas… Curieusement, c'est tous ceux à qui il faut demander le passage à une gargouille. Ton grand-père n'a visiblement jamais pensé à s'adresser poliment à une statue.

– Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? se défendit Al'. D'après mon père, c'était le portrait craché de James, mon frère James, qui est un connard absolu…

L'Ankou rigola, puis reporta son regard sur la Carte, et soupira d'un air admiratif :

– N'empêche, c'est de la très belle magie. Tu vois ces Runes dans le tracé des murs ? Elles servent à faire le lien entre le dessin et le mur qui existe et qui est représenté là. C'est grâce à ça qu'on peut voir l'identité des gens qui circulent. C'est du beau travail. Franchement, ailleurs qu'à Poudlard, ça aurait été impossible.

Al' réfléchit un instant (il n'avait pas les mêmes connaissances que l'Ankou et matière de Runes, de légendes et autres, et était parfois plus lent à faire les connexions qui semblaient évidentes à son ami : mais ça ne voulait pas dire qu'il passait à côté pour autant). Puis il réalisa :

– Oui… Le château est empreint de magie, il alimente les Runes en puissance, et elles deviennent tellement fortes qu'elles identifient l'essence même d'une personne.

– Exacte, confirma l'Ankou. La même Carte faite sur, disons, le Chemin de Traverse… Elle ne montrerait que les éléments magiques d'un individu. Sa baguette, par exemple, ou un artefact magique s'il en porte un.

– Ça serai déjà pas mal, fit remarque Al'.

– Oui, imagine que le Ministère ait une Carte dans ce genre, même moins puissante… Ils pourraient mettre tout le pays sous surveillance.

Les Rôdeurs marquèrent une pause et frissonnèrent d'effroi. Puis l'Ankou se secoua et, à regret, rendit la Carte à Al' qui l'effaça d'un coup de baguette accompagné de la formule méfait accompli. Le jeune Malefoy garda un instant les yeux rivés sur le vieux parchemin, avant de reporter son regard sur son ami :

– Enfin bref, cette carte est géniale. Je peux en parler à Demy, Hyperion et Dylan ? A nous quatre, on a suffisamment de connaissances en passages secrets, sortilèges et Runes pour recréer une Carte comme ça, mais qui représenterai cette fois le château tel qu'il est aujourd'hui. Et même le Poudlard du Dessous.

Al' hésita, puis haussa les épaules :

– D'accord. Mais seulement eux trois ! Pas Rose, pas Reg, pas Lucy, personne. Ce truc est top-secret.

– Pas de souci, jura l'Ankou. On sera muet comme des tombes.

Al' hocha la tête, et un silence tranquille retomba entre eux tandis que le jeune Potter rangeait la Carte, et que l'Ankou observait le plafond d'un air pensif. Son esprit était revenu au Cid. Ils avaient tellement de choses à faire et si peu de moyens disponibles.

– On aurait besoin d'un prof de karaté, lâcha-t-il sans transition. Pas maintenant, mais d'ici un ou deux mois, ça serai cool.

Il ne s'attendait pas à une réponse, mais Al' le surprit :

– Roland Rosalius faisait du karaté, non ? Depuis sa première année.

– Ton voisin fan des théories du complot, dont la sœur a adopté Bidule le chien ? Euh, oui, je crois. Mais quel rapport ? Il n'est plus à Poudlard.

– On a déjà réussi à faire entrer ta tante dans le château une fois, rétorqua le jeune Potter. Faire entrer Roland sera facile. C'est un parano, donc il ne risque pas de vendre notre secret. Et il est malin. Il doit bien être arrivé tout seul à la conclusion que les Réfractaires ne sont pas des saints.

L'Ankou réfléchit. Effectivement, c'était une bonne idée. Puisqu'ils ne pouvaient pas aller à leur prof, ils pouvaient très bien faire venir à eux un prof. Le jeune Malefoy ricana doucement :

– C'est complètement illégal, tu le sais, ça ?

– … Je pense qu'il n'y a pas une seule règle de ce château qu'on n'a pas brisée.

– A mon avis, il doit bien en rester quelques unes. Mais on s'en fout : il nous reste trois ans pour les trouver et les transgresser.

Et les Rôdeurs échangèrent un large sourire carnassier. Cette cinquième année allait décidément être bien mouvementée…

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A suivre !

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