Chapitre 2.
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ll longeait doucement le couloir afin de parvenir à son dortoir. Ses sens étaient en alerte, il ne cessait de jeter des coups d'œil derrière son épaule pour vérifier que personne ne le suivait. La paranoïa commençait doucement à prendre possession de lui. Les cernes sous ses yeux dévalaient ses joues... Creusant ainsi son visage, malgré la couleur noire de sa peau, il avait une allure cadavérique. Alors qu'il reconnaissait le couloir familier, il aperçut une fenêtre qui donnait une splendide vue sur la lune fièrement dressée, haut dans le ciel.

La beauté de cette vision, l'hypnotisa le conduisant à s'accouder sur la rembarde. Ses yeux s'accrochèrent désespérément à la lueur argentée, il avait terriblement besoin d'une bouée de sauvetage.

Alors qu'il allait de nouveau se laisser envahir par des sentiments néfastes et démoralisants. Il entendit une voix retentir derrière lui... « Jordan ! » Il eut le plaisir de se retourner et de découvrir le célèbre duo : Crabbe et Goyle, deux armoires à glace qui possédaient le pouvoir de statufier n'importe quel individu de leurs regards sombres et sournois. Avant qu'il ne puisse essuyer le moindre mouvement ou encore émettre la moindre parole, Crabbe lui lança un sac noir. Il le réceptionna sans même y songer. Ce geste était dû à une certaine habitude , c'est pour cette raison qu'il se détourna rapidement des deux hommes pour rejoindre sa chambre. Alors qu'il passait près d'eux, il baissa les yeux de honte... Il ne voulait affronter le regard de quiconque après sa crise. Il n'en avait pas la force actuellement.

Mais lorsqu'il baissa son regard, il vit un comportement inhabituel de la part du duo. Il remarqua que Crabbe avait voulu faire un pas dans sa direction mais que Goyle l'avait retenu d'une main déposée sur son avant-bras. Dans sa petite tête meurtrie, il songea qu'il voulait sûrement s'avancer afin de lui donner une leçon et de lui signifier de bien exécuter son travail. Il accéléra le pas pour enfin rejoindre un espace où il se sentirait en sécurité. Qu'ils ne s'inquiètent pas. Il allait faire ce qu'on attendait de lui, de toute manière il n'avait pas le choix.

Mais s'il avait tendu l'oreille et prêté attention plus que nécessaire aux deux autres personnes présentes, il aurait entendu une conversation qu'il n'était sûrement pas prêt à écouter.

« - Pourquoi tu m'as retenu ? » Crabbe chuchotait rapidement à son acolyte, mais le ton de sa voix ne laissait aucun doute concernant sa contrariété.

« -Tu sais pertinemment qu'on a reçu des ordres ! Pas de conversations superflues.» Alors, Goyle baissa sa voix au maximum, il se repositionna devant son acolyte afin qu'il puisse observer ses lèvres si jamais sa voix était trop inaudible.

« -Souviens-toi qu'on n'est pas libres de nos paroles » Ses yeux criaient littéralement de se taire, il ne voulait aucunement prendre le risque de subir une punition. Ça ne valait pas le coup. Lee n'en valait pas la peine. Pourtant ce n'était pas ce que traduisait le regard déçu de Crabbe qui ne lâchait pas l'endroit où Lee avait franchi le tableau.

Il avait juste voulu s'enquérir de son état. Un simple « comment tu te sens ? » avait failli franchir ses lèvres.

Il souffla et gratifia d'un regard reconnaissant à son ami, notamment pour son rappel à l'ordre et ils repartirent en direction des cachots.

Le monde est composé de nuances, il est tout simplement impossible de catégoriser une personne dite « bien » et une autre « mal ». La subtilité est de mise quand on s'essaye à le comprendre. Cependant, ça serait tout bonnement trop facile de créer deux catégories : les gens gentils et les gens méchants. Mais l'univers est complexe... Alors...

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

498.. 499.. 500.. Le reste de ses camarades devaient s'être endormis à présent. Tous les soirs, il s'obligeait à compter jusqu'à 500 afin d'être persuadé qu'il pouvait accomplir sa mission tranquillement. Les dortoirs se composaient de deux lits, mais ils étaient tous reliés à une salle de bain commune. Chaque étage correspondait à un dortoir. Les adolescents étaient regroupés par niveau de dangerosité.

Il se força à sortir de son lit, il n'avait pas le choix. Il devait accomplir les ordres qu'on lui avait ordonné même si chaque jour, il se dégoûtait un peu plus pour ça. Difficilement, il parvint à se dégager de ses couvertures encombrantes, qui constituaient un refuge lorsqu'il ne pouvait plus supporter la pression permanente sur ses épaules. Il prit en main sa baguette et lança rapidement un sort pour savoir si ses camarades dormaient véritablement d'un sommeil profond.

À la suite de ces vérifications quotidiennes, il plongea sa tête sous son lit, y récupéra le petit sac noir. Et ce fut avec un air contrit qu'il rejoignit la salle de bain commune. Lorsqu'il fut à l'intérieur, il prit bien garde à fermer la porte derrière lui, tout en laissant son regard vagabonder sur les différentes affaires disposées sur le lavabo. Après avoir partagé tant d'années avec ses colocataires, il savait parfaitement reconnaître leurs effets personnels.

Il ne pouvait pas prendre trop de temps afin de ne pas éveiller les soupçons si quelqu'un s'amenait à se réveiller... il n'avait plus le temps de tergiverser, il devait désigner sa prochaine victime.

Les mains tremblantes, il sortit le petit sachet de poudre blanche et s'avança près des parfums, il devait en choisir un pour y déposer quelques grammes de cette drogue à l'intérieur. Ainsi, lorsque la personne utilisera à plusieurs reprises ce flacon, elle se rendra progressivement accro aux effluves que diffusera le liquide mélangé à cette nouvelle substance , la personne sera incapable de se détacher de l'accoutumance qu'aura créé la drogue. Dans un sursaut désespéré, la victime achètera le même parfum et sera perpétuellement déçue de ne pas retrouver les mêmes sensations qu'avec l'ancien.

La suite du travail de Lee était de repérer les signes annonciateurs que la victime est totalement dépendante de la drogue. Ce qui se traduit par des symptômes tels que : l'irascibilité, insociabilité et la paranoïa.

Donc, quand Lee découvrira le changement de personnalité de l'un de ses camarades, il devra lui faire parvenir anonymement un papier sur lequel figurera les coordonnées d'un dealer.

Voici comment fonctionnait le trafic de drogue à Poudlard. Lee n'était qu'en bas des échelons, juste un pion de cette machination.

Mais Lee ne pouvait se résoudre à recommencer, c'était trop pour lui. Malheureusement, il devait obligatoirement faire une autre victime. Il avait des statistiques à établir, des comptes à rendre.

Il resta prostré de longues minutes à même le sol, puis dans une pulsion, il se leva et déposa la poudre dans un flacon qui lui était plus que familier. Presque heureux, de ne pas être de nouveau responsable du malheur d'une autre personne. Parce que ce flacon, c'était le sien.

Toujours la même rengaine n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!