Désolée pour mon retard! J'ai dû allonger ce chapitre, qui ne faisait que... quatre pages. J'ai honte... même pas des pages Word, non. Quatre malheureuses pages manuscrites, le truc qu'on lit en trois secondes et demi (parce qu'en plus j'écris grand). Donc je l'ai allongé, allongé, allongé (pourquoi je pense au marteau de Lavi, moi? *sbaf*) et j'y ai intégré des anecdotes sur Allen, sur Cross, sur Komui... nyark nyark je n'épargne personne ^^
Merci à toutes mes revieweuses, je suis agréablement surprise d'avoir fait autant d'adeptes dès le premier chapitre xD
R&R
Misi-chan merci^^ Oui ça devrait ressembler au passage Ishbal... surtout pour le côté traumatique... Dommage que tu aies tout oublié de mes précieuses recherches ^^" mais bon, je ne prétendais pas apporter un savoir inestimable à qui que ce soit xD C'est juste pour être crédible, après, je me doute bien que c'est un peu trop rapide pour qu'on se rappelle de tout en détail... par contre, désolée de te décevoir avec le coup de foudre, mais l'histoire doit tenir en trois jours, donc j'ai dû condenser... Je ne pense pas que ce soit un coup du "destin", j'ai mis ça dans les pensées de Lavi pour expliquer son "coup de foudre", mais je crois que c'est plus profond que ça. Et Lavi le sait. C'est plus qu'une simple amourette, genre "oh je suis follement amoureux de ce beau mec que j'ai vu à peine trois secondes". C'est une sorte d'alchimie. Moi non plus, j'aime pas trop les coups de foudre, ce serait trop facile. C'est pour ça que je compte les faire ramer jusqu'au bout, ces deux-là xD Je pense que c'est pas la façon dont on tombe amoureux qui compte... parce que tomber amoureux c'est quelque chose de trop primitif... le plus important, c'est la façon dont on se construit avec l'autre... ça rend le côté "primitif" plus humain et sensible. C'est pour ça que je prends souvent le raccourci du coup de foudre, pour insister plus sur tout le processus de la construction du couple... enfin, c'est une question de point de vue. Sinon à part ça... si je te dis que je fais exprès de faire passer Lavi pour un débile profond, tu me crois?^^ C'est dans son caractère de faire le con. Mais ça n'en fait pas un con pour autant! Je voudrais bien le faire plus intelligent, plus classe, plus tout, mais dans le contexte de cette fic, c'est lui le journaliste qui n'y connais rien à la guerre. Il n'est pas con, il ignore certaines choses qui, par hasard, sont centrales à l'histoire. Je vais essayer de le rendre plus sensitive, plus futé, avec une meilleure intuition, comme ça il aura l'air moins con... mais dans les faits, il faut pas oublier que c'est lui qui se fait raconter la guerre! C'est obligé qu'il soit en décalage...
J'ai lu "Be safe" pour le plaisir, après avoir été avec l'école au "Prix Farniente" (c'est un prix littéraire organisé par et pour les jeunes, où on peut rencontrer les auteurs et faire des activités. J'y étais allée pour rencontrer Delphine de Vigan et Marita De Sterck... je sais plus trop comment c'est arrivé, mais j'ai eu envie de lire "Be Safe", qui était aussi de la sélection). Dans le fond, c'est pas un livre très "guerre". C'est plus du point de vue de la famille des boys. Et c'était plus centré sur le petit frère du soldat que sur l'histoire du soldat en lui-même. Le truc qui m'a le plus inspiré, c'est quand même "Andreas: le retour". Ce bouquin est... waouh. Trève de bavardage xD
Lalilana merci^^ j'aime bien avoir des nouvelles revieweuses, ça me donne des points de vue différents! (et ça me fait marrer les gens sadiques avec YuYuu et Lavi-baka-chan)
Merci à toutes les autres, qui m'ont mis en alerte, en fav', celles qui m'ont lu et on noté sur un post-it de lire la suite... euh... je vous aime toutes!
Notes débiles et inintéressantes de l'auteure
Au cours de latin, j'ai dû traduire un extrait de Tacite, sur l'impérialisme romain. Une phrase m'a marqué, et même la prof a dit que ça pouvait s'appliquer au contexte actuel de la guerre en Irak ou en Afghanistan. La voici:
Auferre trucidare rapere falsis nominibus imperium atque ubi solitudinem faciunt pacem appellant.
Voler, égorger, enlever, ils appellent cela du faux nom d'empire, et là où ils font un désert, ils appellent cela la paix.
Ah, dernière précision! Pour ce chapitre, je fais référence à un morceau des Turin Brakes. C'est un groupe que je ne connaissais absolument pas, jusqu'au jour où j'ai entendu un de leur morceau "Sea change", sur Classic21 (la radio rock and pop belge! Yeah!). J'ai été touchée par le rythme des voix. Par la guitare assez légère... je sais pas expliquer, parce que j'ai jamais fait de musique, chez moi aimer un morceau, c'est instinctif. Je sais pas dire pourquoi, mais ça me transperce, ça me fait des sensations toutes bizarres dans le ventre, c'est très étrange. Euh donc je disais! Ce morceau m'a vraiment bouleversée, sans raison apparente. Je comprenais pas bien les paroles, mais j'avais l'impression de ressentir cet élan mélancolique des déserteurs... comment dire... (n'appelez pas l'asile, s'il vous plaît) enfin bref! J'avais la sensation que ça disait quelque chose d'important, et que ça pourrait aider ma fic. J'ai cherché les paroles sur internet, et paf! (ça fait des chocapics) j'avais raison. Le clip était marrant, avec des petits soldats en plastique, et des tanks téléguidés. Enfin, pas tellement marrant... c'est pas drôle la guerre TT
Bonne lecture!
Nuit 1
Lavi reposa ses couverts sur son assiette. Il regarda Kanda par en dessous, avec une sorte d'anxiété. Il n'avait plus dit un mot depuis la visite du dortoir des officiers. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais le sergent se leva précipitamment et sortit du réfectoire sans même lui adresser un regard.
-Holly shit, grogna Lavi en frappant la table du poing.
-Faut pas le laisser s'enfuir ! dit Lenalee en s'asseyant à côté de lui.
-Hey man, t'occupe pas de lui, il en vaut pas la peine, râla Allen en se laissant tomber en face du journaliste.
-Je m'interpose, fit Komui en poussant Lavi pour s'asseoir entre lui et sa sœur.
-Yay y a du monde ici, il se passe quoi ? mâchonna le Captain en posant son plateau à côté de celui d'Allen.
-On vient casser du sucre sur le dos de StYuupid-man, grommela Allen.
-Good nickname, apprécia le Warrant Officer en vidant sa tasse de café.
-On parle de Yuu, my sweet son ? dit Lieutenant Tiedoll en piquant un espèce de donut défraîchi sur le plateau d'Allen.
Lavi leva la tête, intrigué. Son fils ? Puis il se reprit, impossible.
-What's the matter with him ? demanda Cross en allumant une cigarette.
-Sergeant Kanda ne veut plus coopérer, répondit Lavi.
-Nuance : il n'a jamais voulu, corrigea Allen.
-Il a un sale caractère, concéda le lieutenant avec une petite moue.
-Ça, c'est rien de le dire, ricana Allen en piquant rageusement dans son steak.
-Et pourquoi il est parti ? demanda Komui.
-Dunno. Il me fait la gueule depuis cet après-midi.
-Je vais lui parler, dit Lenalee en se levant.
-Mais va pas t'emmerder pour ce type, râla encore Allen.
-Il a eu pour mission de s'occuper du journaliste. Il accomplit toujours ses missions, contrairement à certains, persifla le Captain avec un regard sombre.
Allen rentra la tête dans les épaules, mais Lavi ne releva pas.
Lenalee sortit en adressant un sourire à toutes les personnes attablées. Lavi lui rendit son sourire, elle était vraiment mignonne. Il sentit un truc froid contre sa nuque.
-Keep your hands away from my sis, siffla une voix dans son cou.
Lavi leva doucement les mains, intimidé. Komui semblait avoir la gâchette facile.
-Laisse-le, ricana Cross. Tu vois bien qu'il est plus intéressé par Kanda que par Lenalee.
-P-parfaitement, se défendit Lavi.
Komui replaça son revolver dans son holster, comme à regret. Puis il eut un sourire triste.
-C'est pour ça qu'il te fait la gueule ? demanda-t-il en se remettant à manger.
-Je pense pas. Je sais pas. On a parlé de Sergeant Daisya Barry, et ça l'a mis dans cet état.
-Hm, fit Tiedoll, ce qui signifiait tout et rien.
-Et ça avance bien, ton reportage ? demanda Allen.
-Plus ou moins. J'ai des photos. J'ai besoin de témoignages, maintenant, et ça n'aide pas s'il ne dit rien.
-Lenalee va sûrement le convaincre de revenir, le rassura Cross en écrasant sa cigarette dans une sous-tasse ébréchée.
-J'espère, dit simplement Lavi en buvant son verre d'eau.
Il s'étira en bâillant discrètement. Son voyage jusqu'au camp l'avait épuisé.
Il écoutait vaguement les quatre militaires discuter, se moquer les uns des autres, avec une sorte de lassitude. Ils étaient tous tellement désabusés. Et pourtant ils riaient, plaisantaient, le cœur déjà rempli du bonheur de rentrer au bercail.
-C'mon, Sergeant, c'est pas si terrible ! Il suffit de répondre à quelques questions, dit Lenalee en réapparaissant devant la table, traînant le Japonais derrière elle.
-Yeah, grommela Kanda.
-Je l'ai, dit simplement la jeune fille en l'asseyant de force face à Lavi.
Les deux jeunes hommes se dévisagèrent longtemps, se jaugeant du regard. Puis Kanda fit un léger mouvement de tête, donnant le signal de départ. Lavi acquiesça en silence, sortant un calepin et un magnétophone de la sacoche qu'il avait emportée au réfectoire.
-Bon, on va commencer par le début. Age, origine, profession avant d'entrer à l'armée.
-Vingt-cinq ans, américain. J'ai jamais rien fait d'autre que militaire.
Il avait tout dit d'une traite, la voix égale et profonde. Presque indifférente.
-D'accord. Je peux citer ton nom ?
Kanda haussa une épaule.
-Alors… euh… tu penses quoi de cette amnistie ? demanda Lavi sans tourner plus longtemps autour du pot.
-Je pense que c'est de la merde, répondit le sergent, de la voix de ceux qui ont tout dit et s'apprêtent à se taire pour un long moment.
-Euh… mais encore ?
Le réfectoire était silencieux, plus personne ne bougeait. Certains soldats s'étaient approchés de leur table, pour entendre ce qui se disait.
-On a mis un pays à feu et à sang et on se barre au nom de la paix ? dit Kanda avec une note de révolte dans la voix. La paix, ça se décide avant de tuer des innocents. Pas après.
-Ok. Et… personnellement ? Je veux dire, par rapport à toi et toi seul ?
-Moi ? Moi, ça me donne un peu de congé. Pour glander chez moi, avec les cris des morts qui résonnent dans ma tête, après trois ans de massacre.
Le silence était assourdissant. Lavi toussota.
-Ok, bon… et cette guerre, tu… as quelque chose à dire dessus ?
Lavi avait préparé un questionnaire précis et structuré, pour ne rien oublier, ne rien laisser passer. Mais face à tout ce silence désabusé, il avait perdu le fil de son questionnaire. Ses questions lui semblaient stupides et superficielles, illusoires.
-Chuis un chien du gouvernement. J'ai rien à dire sur rien. J'ai pas d'avis à donner.
-Je t'en prie, s'irrita Lavi. Ton avis, tu ne fais que ça, le donner à tout bout de champ.
-Tu sais ce que j'en pense.
-T'as déjà fait combien de reportages de guerre ? Quatre ? Cinq ?
-Trois. C'est mon premier en solo.
-T'sais ce que c'est, alors, la guerre ?
-C'est pas mon avis qu'on demande. C'est le tien.
Kanda se leva. Il promena son regard sur l'ensemble de la pièce, inspirant doucement, les narines pincées. Il posa les mains sur la table et se pencha vers Lavi.
-Tu veux savoir ce que c'est, la guerre ? Y a plein d'autres gens qui pourraient te le dire. Moi, je n'ai rien à dire. Mais demande donc à Lee, commença-t-il en faisant un mouvement du menton vers Komui. Il te dira que c'est des centaines de filles qui s'engagent au mépris des risques. Wenham te dira que c'est des millions de balles perdues. Miranda te dira que c'est du désespoir collecté dans des mitrailleuses et des tirs d'obus. Krory te dira que sa fiancée est morte le mois passé sous les tirs ennemis. La guerre, c'est deux assholes, un pour chaque pays, et des millions d'enfants qui deviennent orphelins du jour au lendemain !
Il se redressa avec un sourire mince, les yeux enflammés.
-Tu veux que je dise quoi, en plus ? Tu veux que je te parle du sang ?
Kanda s'arrêta, haletant. Il avait élevé la voix sans s'en rendre compte.
-Ecris-le, dans ton crap article, que le jour où le campement a été bombardé, j'ai failli crever étouffé sous des corps, avec le sang qui coulait dans ma bouche, avec la chair éclatée et déjà froide qui m'empêchait de bouger !
Tous les militaires se signèrent, se recueillant sur tous ceux qui étaient morts ce jour-là, et tous ceux qui avaient failli mourir.
-Hey, you hack. Dis-le, avec tes mots de journaliste, le froid qui prend dans ton cœur quand tu vises une cible, une pauvre fucking gamine, dont le seul fucking crime est d'être là. Dis l'horreur que tu ressens quand tu dois tuer un inconnu. « Tu ne tueras point ». C'est dans la Bible, ou dans la Constitution Américaine, ou toutes ces fucking conneries qui servent à rien, mais au nom desquelles on s'engage. Au nom desquelles on flingue tant d'innocents.
Kanda se rassit. Tiedoll et Allen, assis de part et d'autre du Japonais, s'écartèrent avec une sorte de respect mêlé de crainte. Il criait tout ce qu'eux osaient à peine penser. Ça méritait bien un peu plus d'espace.
-On dit que le premier mort, c'est le pire. Mais c'est faux. Le deuxième est pire. Le troisième encore plus. Chaque mort aggrave notre douleur. On se bat pour notre patrie, soi-disant pour le salut de notre peuple.
Il laissa passer un long silence, le temps de sortir une cigarette de sa poche, de l'allumer et de tirer une latte. Il recracha un grand nuage de fumée bleue dans le visage de Lavi.
-Qui se bat pour notre salut à nous ?
-Tu demandes ce que c'est la guerre ? murmura Kanda en tirant à nouveau sur sa cigarette, se balançant en arrière sur le dossier de sa chaise. On sait pas résumer ça. C'est impossible. On sait dire des morceaux. Un corps qui tombe, et tu ne sais pas qui c'est, puis tu vois que c'est un ami, dammit, ton ami. Tout à coup, tout devient silencieux et tu l'entends dire la phrase la plus conne du siècle « on jouera plus au foot ensemble ».
Kanda ferma les yeux, comme s'il réfléchissait. Tout le monde avait les yeux fixés sur lui, et Lavi en particulier. Le Staff Sergeant tendit le bras et tapota sa cigarette au-dessus de la sous-tasse ébréchée, laissant tomber quelques cendres.
-Un inconnu se pointe devant toi, tu sais pas qui c'est. Il a peut-être une femme, des gosses, une mère, des amis. T'en sais rien. Et t'as pas le temps de savoir que déjà tu l'as tué. C'est ça, la guerre. Tu tues des gens sans savoir, sans te rendre compte vraiment de toutes les vies que tu effiloches.
Tiedoll essuya une larme qui coulait sur sa joue et Lavi entendit clairement, à côté de lui, Komui renifler.
-Mais le pire, c'est quand tu le connais. Quand tu sais qui sait. Quel effet tu crois que ça lui a fait, au beansprout, lors du dernier raid qu'on a opéré, quand il a défoncé la porte d'une maison et qu'il a trouvé Mikk de l'autre côté ?
Allen détourna le regard, rentrant la tête dans les épaules.
Kanda aspira une autre bouffée de tabac, puis recracha la fumée avec un sourire presque moqueur. Ses yeux étaient tristes.
-Il avait pour ordre de tuer tout le monde. Tout le village était soupçonné de terrorisme, même les mères, même les enfants, même les pauvres mecs désarmés, qui n'ont pour eux que leurs vêtements en lambeaux et leurs beaux cheveux noirs. Tu crois qu'il l'a tué, l'homme qu'il aimait, qui avait le malheur d'être du camp adverse ?
Allen se leva un peu trop précipitamment, bousculant la table.
-Shaddup, dit-il d'une voix basse et coupante. Ne lui dis pas…
Kanda l'ignora et continua sur sa lancée.
-Il l'a laissé partir. Il l'a même couvert. Il lui a dit où aller pour éviter les prochaines offensives. Il savait que c'était un résistant, il l'avait vu exploser un bus dans un village plus au sud. Il le savait et il lui a donné des informations capitales.
Allen serra les poings, le visage déformé par la colère.
-SHUT THE FUCK UP ! s'écria-t-il en attrapant Kanda par le col de son T-shirt.
En un éclair, Kanda avait sorti son M9 de son holster, sous l'aisselle, et l'avait pointé sur la tempe du jeune homme.
-Je vous déconseille de me toucher, Sergeant Walker. Moi aussi, je peux être un traitor.
Lavi tendit la main vers le bras de Kanda.
-Hey, calm down…
Kanda baissa son arme, ne quittant pas Allen du regard. Ce dernier semblait vouloir le tuer sur place. Il fit mine de s'écarter, puis se tourna vers Lavi.
-T'as pas intérêt à parler de moi dans ton article. Je risque la cour martiale. Et si je finis en prison, tu peux être sûr que je te retrouverai à ma sortie.
Puis il s'éloigna, contournant les tables et le peu de soldats qui y étaient assis. Il sortit du baraquement, les mains dans les poches, dos voûté.
-Please, n'écris pas qu'Allen est un traître, murmura Lenalee en se mordant la lèvre inférieure, anxieuse. Il… il s'est racheté, depuis, c'est la seule erreur qu'il ait commise.
Kanda frappa la table du poing, assez violemment pour faire tressauter les plateaux de nourriture et le magnétophone de Lavi.
-Personne dans ce camp ne le dénoncera. Ni toi, ni personne. Parce qu'on a tous quelqu'un pour qui un jour on refusera d'obéir aux ordres. On a tous un Tyki Mikk, ici ou en Amérique.
Lavi acquiesça.
-J'ai des principes. Je ne fais jamais rien qui pourrait porter préjudice aux personnes qui ont accepté de témoigner pour mes articles.
Kanda plissa les yeux, comme pour démêler le vrai du faux dans ce que Lavi lui avait dit. Puis il se détendit légèrement, semblant le trouver honnête.
-Ce que je pense de la guerre ? reprit-il. Je pense que c'est de la merde. Et je le veux écrit comme ça, dans ton papier. S-H-I-T. Parce que si tu veux mon avis, y a rien d'autre à dire. Over.
Kanda se leva, écrasa son mégot dans la sous-tasse et sortit sans un regard pour l'assemblée.
Lavi se leva, comme pour l'appeler, mais Lenalee le retint par le bras.
-Let go. Il a besoin d'être seul.
Lavi acquiesça en silence, puis se rassit.
-Pose-nous des questions, si tu veux. Ça pourrait étoffer ton reportage, même si tu n'es censé suivre qu'un seul militaire, proposa Tiedoll.
-Ok… heu… quelle a été la mission la plus éprouvante, pour vous ? demanda Lavi, s'adressant à l'ensemble de la tablée. Et pour Kanda ? Enfin, si vous le savez.
Lenalee se mordit la lèvre en réfléchissant.
-Euh… je ne sais pas trop… pour moi, je crois que c'est le jour où on a dû vider le camp de prisonniers qu'on avait démantelé, au pied des montagnes, commença-t-elle, hésitante. En bref, on avait réussi à libérer un camp de prisonniers de guerre, des boys à nous qui avaient été faits prisonniers par l'adversaire. On devait les faire sortir pour les rapatrier. Des hélico arrivaient de partout, il y avait près d'un millier d'hommes à faire sortir. On avait sécurisé la zone, en mettant des chars à différents points stratégiques, des M1 Abrams et des M2 Bradley. Des Humvee (1) transportaient les blessés graves vers le campement le plus proche, où ils devaient être soignés. Autant dire qu'on était pas discrets. Mais on imposait le respect, l'armée ennemie n'aurait pas pu nous empêcher de mener notre mission. Mais il y avait tellement d'agitation qu'on ne s'est pas rendus compte que des terroristes se faufilaient partout. On était organisés, et en même temps on ne l'était pas. Un tank a explosé, sans qu'on comprenne pourquoi, et c'est tout de suite devenu l'enfer. Les résistants avaient posé des petites bombes artisanales un peu partout, sous nos yeux, sans qu'on s'en rende compte. En voyant les explosions, l'armée adverse a compris qu'on avait été affaiblis. On a vu passer des bombardiers, et ils nous ont tirés comme des lapins. Le camp de prisonniers cramait, des tanks ennemis arrivaient pour dérouiller les nôtres, et en une demi-heure tout était fini. On a dû abandonner nos boys pour se replier. La mission était simple, à la base. Sans danger. Hyper-bien organisée. On était couverts. Au final, on a sauvé une petite centaine de prisonniers. On a perdu trois M1 Abrams et quatre M2 Bradley, autant d'hélico et cinq Humvee. On était un Platoon. Donc, une quarantaine de GI. Quand on est revenus au camp, on n'était plus que vingt.
Lenalee se tut, les sourcils douloureusement froncés.
-Je pense que c'était ça, la mission la plus éprouvante, chuchota-t-elle en fermant les yeux pour ne plus voir le camp en feu, les tanks explosés et les hommes fusillés.
Komui posa la main sur son épaule. Faible réconfort, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire. Tout ce qu'il était capable de faire. Parce qu'il ne pouvait ramener les morts à la vie.
Lavi baissa les yeux, ne sachant plus où se mettre. La guerre, il connaissait, il l'avait écrite des millions de fois, il l'avait vue à la télé, il l'avait entraperçue lors de ses précédents reportages. Mais il ne l'avait jamais vue aussi clairement, aussi hideuse. Il avait pris des photos depuis des hélicoptères, de ces champs de batailles, ces champs de ruines, ces champs de cadavres amoncelés. Il avait tout vu, mais de loin. De tellement loin qu'il n'aurait jamais cru avoir si mal en voyant cette frêle jeune fille, la vingtaine naissante, pleurer des larmes invisibles sur ces milliers de morts. Parce que soudain, aux yeux de Lavi, des « milliers de morts » n'étaient plus des milliers de petits points, des milliers de petites croix vues depuis le hublot d'un hélicoptère. Des « milliers de morts » redevenaient ce qu'ils étaient réellement. Des milliers d'amis, de compagnons, de frères, d'amants, disparus en quelques secondes, le temps qu'il faut à une mine pour exploser.
Il faillit dire quelque chose, une de ces phrases bateau qui ne servent à rien, qui ont voulu dire quelque chose, en des temps reculés où les hommes éprouvaient encore de la compassion, mais qui on perdu tout leur sens. Mais Lenalee s'était redressée, elle avait ouvert les yeux. Elle ne pleurait pas, elle souriait, elle avait repoussé la main de son frère, et Lavi ne voyait plus quoi dire ni quoi faire.
Ce camp était un monde à part, chaque soldat évoluait différemment du commun des mortels. Là où il aurait fallu pleurer, on souriait. Là où il aurait fallu parler, on se taisait. Ils faisaient tous comme s'ils n'avaient pas besoin d'aide, comme s'ils allaient bien, très bien, mieux que bien. Mais Lavi n'était pas dupe. Il voyait clairement, dans cet enchevêtrement de vies déchirées, chaque âme écorchée se reposant sur sa voisine. Ils s'appuyaient les uns sur les autres sans le montrer, peut-être même sans s'en rendre compte. C'était étrange, inhabituel et triste.
-Pour Kanda, je ne sais vraiment pas, dit Lenalee. On ne sait pas grand-chose de lui, même si ça fait trois ans qu'on vit tous ensemble. Je ne pense pas qu'il te le dira… Il vaut mieux que, pour ce genre de choses, tu nous demandes à nous. Demander « quelle est votre pire mission », ça exige une réponse très personnelle. Je ne crois pas que Kanda te dira quelque chose de personnel.
Lavi acquiesça, un peu déçu.
-Ok, euh… eh bien, si quelqu'un veut me raconter un truc…
Tiedoll mâcha consciencieusement son donut, Cross alluma une nouvelle cigarette et Komui détourna soigneusement le regard. Aucun d'eux ne voulait parler.
-Brother. Raconte-lui.
Komui soupira.
-J'ai pas de missions. C'est moi qui donne les missions, objecta-t-il doucement.
-Alors, la pire chose que vous ayez eu à faire, dit Lavi. En tant que médecin, ou officier.
Komui secoua la tête en signe de dénégation.
-Ce n'est pas intéressant. Ça ne t'apportera rien de savoir combien d'hommes je n'ai pas su sauver, combien de GI j'ai envoyé au massacre.
-Raconte-lui pour Reever, alors, chuchota Lenalee.
Komui eut une mine blessée.
-Non, répondit-il comme à regret.
-Il faut que tu le racontes, murmura Lenalee. Que tous les mots qui te tournent dans la tête depuis des mois puissent enfin sortir.
-Qu'est-ce que tu veux que je dise ? grommela Komui. Que j'ai blessé mon am… mon ami jusqu'à l'intérieur de son corps ? C'est horrible pour moi, mais ça ne fera jamais un article.
-Dites-le, supplia Lavi. La guerre, c'est ça aussi.
Le Chief Warrant Officer le dévisagea, avec une expression indéfinissable sur le visage.
-Je… il prit une inspiration. Je suis excellent. Un excellent chirurgien. En Amérique, je suis excellent. Ici, j'ai failli tuer Reever.
Sa voix baissa d'un ton, et il passa une main tremblante sur son front, les yeux baissés.
-Trois balles. C'était quand l'ancien camp a été détruit. Je lui avais dit de se mettre à l'abri. On avait une espèce de bunker en béton armé. Je lui avais dit… de se mettre à l'abri. Mais il m'écoute jamais. Quand les soldats adverses sont entrés dans le camp, après avoir tout démoli, pour tuer les derniers survivants… j'étais dans ma tente, je faisais ce que je pouvais pour mettre à l'abri ceux qui s'étaient fait mutiler par les missiles. Et je croyais qu'il était dans le bunker. Je croyais que pour une fois, il m'avait écouté.
Il pressa sa main contre sa bouche, comme pour réfréner un haut-le-cœur.
-Puis le camp est redevenu silencieux, l'ennemi avait été repoussé. Et Cross est entré dans la tente, et on était tellement heureux de pas… de pas être morts… J'étais tellement heureux d'avoir pu recoudre Walker, d'avoir pu sauver Tiedoll de l'amputation, j'étais tellement soulagé, parce que le carnage était fini, je souriais comme un imbécile, et j'ai levé les yeux vers Cross, et dans ses bras… C'était… tout est devenu noir dans ma tête. Sa… chemise… était rouge… son visage était tellement blanc, il avait les yeux révulsés… j'ai vu… je l'ai vu mourir… Reever… j'ai cru qu'il était mort, et tout s'est arrêté, et j'avais ce scalpel dans la main, et l'espace d'un instant j'ai imaginé ce que ça me ferait d'avoir cette lame enfoncée dans la jugulaire.
Komui releva les yeux et les plongea dans les orbes verts de Lavi.
-Sa poitrine s'est soulevée. Il respirait. Je sais plus ce qu'il s'est passé. Je me souviens même pas d'avoir arraché sa chemise, d'avoir ouvert son torse. Je sais… je sais chaque geste qu'il faut faire, mais je ne me souviens plus. Je n'en parle pas… parce que j'ai honte. Quand je le vois… quand je vois sa cicatrice… Détruire un homme, c'était pas à ça que je rêvais quand je suis devenu médecin. C'est tout. There's nothing else to say.
Komui détourna définitivement le regard, les yeux fixés sur une tache du mur de fond. Il respirait lentement et régulièrement, comme un enfant endormi. Lavi baissa les yeux sur son magnétophone. Il le prit, chipota quelques réglages, revint en arrière et effaça une partie de la bande.
-Geez, je me suis trompé… murmura-t-il d'une voix atone. Désolé, Mr Lee. Je n'avais pas allumé mon magnéto.
Komui, légèrement de profil, fit glisser son regard bleu nuit vers le journaliste.
-J'ai le témoignage de Corporal Lee, mais je n'ai pas enregistré le vôtre. Je suis vraiment maladroit. Tant pis, je serai obligé de ne pas parler de votre histoire dans mon article, conclut-il en le regardant droit dans les yeux, l'air calme.
L'officier hocha la tête. Il avait compris.
-Thanks. God bless you, murmura-t-il en se levant.
Le journaliste le regarda partir sans un mot.
-Fallait qu'il le dise au moins une fois. Comme ça c'est exorcisé.
-Exorcisé ? répéta Lavi en dévisageant celui qui venait de prononcer ces paroles, le Captain Cross.
-C'est important de mettre des mots sur la douleur. Ici, on n'a pas l'habitude de parler. On parle pour savoir qui on envoie se faire buter dans quel secteur, ou quel pont on explose, ou quel village on doit bombarder. On parle de la nostalgie, aussi, le goût de la dinde à Noël en Amérique, la fraîcheur de la neige, parce qu'ici il fait trop chaud pour la neige, et les dindes coûtent trop cher. On parle de cul, pour détendre l'atmosphère. Mais on parle pas, sinon. Parce qu'on a tous vu. On a tous vu Komui s'acharner sur la poitrine ouverte de Wenham. Alors il se tait. A la longue, ça peut tuer quelqu'un de trop se taire. Maintenant, on dirait que c'est exorcisé. Parce qu'il a dit le mot. Honte.
Lavi avait remis son magnéto en route.
-On a tous honte, ici. A part peut-être deux trois cinglés qui aiment le sang, comme Sokaro. C'est pas ça, je m'entends bien avec lui, mais… lui, il n'a pas honte d'égorger des gamins d'à peine vingt ans.
-Heureusement, commença Lenalee, on est tous une famille, ici. Parce que si en plus de se faire massacrer, on se tirait dans les pattes… On sait qu'on peut compter les uns sur les autres. On n'est pas tout seuls.
-Enfin… sauf Kanda, fit remarquer Tiedoll. Il n'aime pas cette idée de famille.
-Et Lee, compléta Cross.
-Faut le comprendre, ça fait mal de perdre un… ami, dit prudemment Tiedoll.
-C'était plus qu'un ami. Pas besoin de me mentir, j'ai compris, sourit vaguement Lavi. Ça doit être compliqué d'avoir une vie de couple en pleine guerre…
-Ma pire mission, je l'ai faite en couple, le coupa Cross.
Lavi écarquilla les yeux. Cet homme à femmes, en couple ?
-Et ça s'est très mal fini. En fait, il n'y a pas de place pour les sentiments, ici. Ça peut sembler évident, mais… ça ne l'est pas. Elle a été forcée de démissionner. Anita. J'avais réussi à rallier quelques gars d'en face à notre cause, mais notre mission, à Anita et moi, c'était d'aller les exploser. Nos alliés secrets. Parce que les mecs d'au-dessus étaient pas au courant, et parce que même s'ils avaient su, ils n'auraient jamais eu confiance. Anita était prête à obéir, elle avait déjà commencé à déballer la dynamite quand je lui ai dit que je refusais. Du coup, c'est à moi qu'elle a obéi. Et quand le Lieutenant-Colonel a demandé qui avait trahi les ordres, elle s'est dénoncée. Alors que c'était moi.
Il sourit amèrement, avec comme de la nostalgie dans le regard.
-Elle est passée en cour martiale, puis s'est échappée de prison. Je sais pas ce qu'elle devient. Elle m'a dit qu'elle allait faire en sorte de rendre toutes les vies qu'elle avait volées. Et depuis je n'ai plus de nouvelles. Je me demande si elle va bien. Où elle est. Ce qu'elle fait. Je me demande si, quelque part, elle respire encore. Si elle aime d'autres hommes. Si elle est toujours aussi belle.
Cross posa son minuscule mégot dans la soucoupe ébréchée et porta son verre de whisky à ses lèvres.
-Je ne pense pas que je la reverrai un jour.
Le silence retomba et Lavi se mit à détailler du regard tout ce qui l'entourait.
Parce qu'il ne voulait rien oublier, rien du bruit du vent dans le désert, rien de la couleur gris-beige des tentes, rien de l'éclat triste dans les yeux des soldats.
Lenalee regardait ailleurs, les paupières légèrement tombantes, ses longs cils caressant le haut de ses joues. Elle avait posé son menton dans le creux de sa paume, sa bouche formait une moue songeuse.
Cross avait le bas du visage caché dans son verre d'alcool. Ses yeux fermés étaient légèrement plissés, comme s'il menait une sorte de combat intérieur. Il posa son verre et sa main balaya ses cheveux trop longs et trop roux.
Lavi se fit à nouveau la réflexion que cette unité n'était pas en règle. Mais soudain, il se rendit compte que ça n'avait aucune importance. Que c'était cette attitude, en bordure de l'interdit, qui les rendait si humains. Ils n'étaient pas des machines à tuer. Ils n'étaient pas de simples soldats, comme des pions sur un échiquier. Ils étaient des humains qui préféraient porter du blanc, ou qui aimaient les comics des années soixante, ou qui avaient oublié de se couper les cheveux, ou qui défendaient les adversaires s'ils venaient à s'attacher à eux.
Il prit conscience de l'énormité de ce qu'il n'avait jamais compris. Pour lui, comme pour son grand-père qui lui avait appris tous les fils du métier, l'Histoire n'était que guerres, l'Humanité n'était que soldats. Mais l'Humanité est faite d'humains. D'humains qui se battent pour la paix. Phrase paradoxale, peut-être, mais souvent vraie. Et si ce n'étaient pas ces hommes-là qui allaient se battre, ce seraient d'autres.
Lavi repensa à une chanson qu'il avait écoutée d'une oreille distraite, dans le taxi qui l'avait amené à l'aéroport de New York, avant qu'il n'arrive dans ce désert. Une chanson douce à la guitare, Sea change. « If we don't do this, somebody else will… »
L'air mélancolique de la chanson emplit son âme et il se surprit à fermer les yeux, submergé par la réalité.
-Je vais voir Brother, murmura Lenalee en se levant.
-Je vais me coucher… marmonna Lavi.
La jeune Chinoise partit devant et le journaliste la suivit, quelques mètres en arrière. Ils sortirent du réfectoire, et Lavi voulut la rattraper, la prendre par le bras, lui poser des questions sur le Staff Sergeant. Mais il n'en eut pas le temps. Elle bifurqua sur la gauche, vers le dortoir des officiers, et lui devait aller à droite, vers celui des sous-officiers et des enlisted.
Il marcha en silence, écoutant le vent dans le sable. Quand il arriva devant le dortoir, il se demanda si Kanda dormait déjà. Il se demanda ce qu'il ferait, ce qu'il dirait. Ce n'était pas lui, de tomber amoureux. Surtout pas aussi vite. Mais il y avait comme une urgence à aimer. Comme si la frénésie de la guerre, comme si la peur de la mort, comme si l'angoisse de la destruction planait dans l'air, comme le sable fin qui se collait à sa peau. Comme si la guerre était contagieuse. Comme une maladie. Elle était finie et pourtant Lavi craignait de voir le sergent mourir. Il n'arrivait pas à comprendre, et c'était tant mieux. Certaines choses sont trop horribles, trop hideuses, une fois qu'elles ont été décortiquées par la raison humaine.
Lavi se donna cinq minutes avant d'entrer dans le dortoir. Le temps de laisser Kanda s'endormir à coup sûr. Il ne voulait pas l'affronter. Pas alors qu'il se sentait tellement fragilisé par la réalité telle qu'elle lui était apparue à travers les témoignages de Lenalee, Komui, Cross, Allen…
Il erra au hasard, murmurant « Six billion backs against the wall… ». Il passa devant la tente de Komui, qui était faiblement éclairée. En ombre chinoise, il vit l'homme penché en avant, serrant sa petite sœur contre lui. Et c'était elle qui paraissait être l'aînée consolant le plus petit. Lavi détourna le regard et reprit le chemin du dortoir.
Il poussa la porte sans un bruit et se dirigea vers le lit de camp qu'on lui avait préparé. Il posa ses affaires par terre et se déshabilla. Il se glissa en sous-vêtement entre les couvertures rêches, et entendit la voix rauque de Kanda :
-Il n'y a pas de « pire mission ». Elles sont toutes pires. Tant que t'as pas compris ça, tu comprendras jamais rien.
Lavi scruta l'obscurité, discernant vaguement le visage dur de Kanda dans le clair-obscur.
-J'ai compris, tu sais… murmura-t-il.
Le soldat ne lui répondit pas, et Lavi s'endormit, tourné vers ce visage si beau et si tourmenté.
Lexique
Asshole : mmmh, facile, non ? Le très poétique « trou du cul ». Version américaine de « bastard » (qui est quand même un peu plus poli^^)
Beansprout : « pousse de haricot ».
Calm down : Calme-toi.
C'mon : (je l'avais déjà dit au chapitre précédent, mais je reprécise, au cas où quelqu'un aurait oublié xP) contraction de « come on », « allez ».
Crap : « de merde », « merdique ».
Dunno : contraction de « don't know », qui est lui-même la contraction de « I don't know ». Donc, « je ne sais pas ».
Enlisted : ce sont les soldats qui se trouvent hiérarchiquement en-dessous des sergents. Les simples soldats et les caporaux, en somme.
Geez : zut, mince.
G.I : sigle de « government issue » (« envoyé du gouvernement »), c'est un mot pour désigner les soldats américains. Au départ, cela signifiait « galvanized iron » (« fer galvanisé »), et c'était le sigle imprimé sur les poubelles et corbeilles de l'armée américaine, au début du XXème siècle. Par la suite, ce sigle a été interprété par les soldats en un « government issue » ou « general issue » (« distribué par le gouvernement », ou « pour distribution générale ») et s'est étendu à tout l'équipement du soldat. Ensuite, ce mot a désigné le soldat en lui-même (info tirée de Wikipédia^^). Le gouvernement a commencé à appeler les soldats « GI » à partir des années 40.
God bless you : « que Dieu te bénisse ».
Good nickname : « bon surnom ».
Holly shit : Littéralement « sainte merde », c'est une interjection très polie comme vous le constatez, que j'ai lue dans une fic en anglais et que j'ai trouvée marrante.
Keep your hands away from my sis : « Garde tes mains loin de ma sœur ».
Let go : a plusieurs significations (très proches) mais veut dire, en gros « laisse ». Laisse-le faire, laisse-le partir, lâche prise, laisse aller.
My sweet son : « mon fils chéri ».
Over en plus de toutes les autres significations, diverses et variées, « over » est le mot qu'on utilise lorsqu'on achève une communication, lors de missions (par exemple, les flics quand ils filent un criminel et qu'ils communiquent avec leurs sortes de talkies-walkies, les pilotes de chasse en mission de repérage, etc.)
Shaddup : contraction de « shut up », « ferme-la ».
Shut the fuck up : version très offensante de « ferme-la ».
There's nothing else to say : il n'y a rien d'autre à dire.
Traitor : Traître.
What's the matter with him : « c'est quoi son problème ? ».
Yeah : ça, tout le monde le sait^^ C'est l'équivalent de « ouais », avec son sens positif (cri de joie) et son sens plus négatif, un peu désabusé (le « ouais, ouais » qu'on soupire quand on est démoralisé). Vous pensez bien que quand Kanda le dit, c'est pas un cri de joie xP
You hack : le « you » est souvent utilisé avant une insulte. « Hack » est un mot péjoratif pour journaliste.
1) Un M1 Abrams est un tank, dont il existe 3 versions (M1, M1A1, M1A2. Une version M1A3 est en cours de conception). Ses dimensions approximatives sont 9 mètres de long, 4 mètres de large, 3 mètres de haut. Il est prévu pour contenir 4 personnes : commander (celui qui dit où doit aller le tank), gunner (celui qui tire sur l'ennemi), driver (celui qui conduit en suivant les ordres du « commander »), loader (celui qui remet des munitions quand le « gunner » a tiré). Le blindage est d'un peu moins de 600mm (vi, vi, vous avez bien lu, presque 60 centimètres d'épaisseur de blindage. Mais c'est parce que la plaque de métal du blindage est inclinée, donc ce n'est pas à proprement parler l'épaisseur. Ce n'est pas la mesure prise perpendiculairement par rapport à la surface de la plaque de blindage, mais selon un axe parallèle au sol. Je sais pas si c'est très clair, mais il y a des schémas sur Wiki, à « blindage incliné », si ça vous intéresse). L'armement principal est un canon de 105 à 120 mm de diamètre (bah ça c'est visible c'est le gros canon qu'on voit à l'avant), et l'armement secondaire consiste en trois mitrailleuses (de calibre et de position différents).
Un M2 Bradley est un véhicule de combat d'infanterie qui permet de transporter l'infanterie (les soldats à pied. Un soldat à pied est d'ailleurs appelé « fantassin »), de couvrir les troupes et de supprimer les chars et les blindés des troupes adverses. Ses dimensions approximatives sont de 7 mètres de long, 4m de large, 3m de haut. L'équipage est composé de trois personnes : commander, gunner et driver. Le M2 Bradley peut, de plus, transporter six soldats entièrement équipés (c'est dans ce genre de char que mon père se retrouvait à partir en mission, avec tout son barda, ses armes, des mines sur les genoux et des caisses de dynamites entre les pieds). Le blindage est moins épais (30 mm), puisque là il n'est plus incliné. L'armement principal consiste en un canon de 25mm (900 obus) et 7 missiles anti-chars. L'armement secondaire est une mitrailleuse M240 (2200 cartouches), qui peut atteindre des cibles jusqu'à 3000 mètres (de ce que j'ai compris^^).
Un Humvee (« surnom » du HMMWV, pour « High Mobility Multipurpose Wheeled Vehicle », « véhicule à roues, polyvalent et à haute mobilité ») est un véhicule à roues (comme son nom l'indique xD), qui a donné la version civile plus connue sous le nom de Hummer (vous voyez les beaux 4x4 gigantesques qui te bouffent trois places de parking d'un coup, qui polluent plus que l'Amérique à elle seule, et qui écrasent des cerfs comme si c'étaient des mouches ? Bah c'est ça). Ça a surpassé les jeeps et autres camions légers (j'aurais mieux fait de savoir ça avant de poster le chapitre précédent, tiens !). Il en existe plein de versions différentes (au moins 17), donc une ambulance (où on peut mettre 4 blessés couchés ou 8 assis).
A suivre...
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Non mais c'est vrai! J'aime écrire, j'adore écrire, et je voudrais pouvoir dire que j'écris pour moi, que mes textes sont à moi. Mais dès l'instant où j'écris, où je couche sur la feuille les mots qui me tournent dans la tête, dès l'instant où je poste mon chapitre, mon texte arrête de m'appartenir. Dès que mon imaginaire prend forme et s'imprime dans le monde réel, visible aux yeux de tous, il n'est plus à moi. Il est à vous. Comme un cadeau.
Et j'aimerais vraiment savoir si mon cadeau vous plaît...
