Hello toutes et tous.
Je vois que vous êtes plus nombreux à lire cette fiction.
Pourriez-vous me laisser un petit commentaire ? Positif ou non, hein ^^
J'ai choisi de traiter à ma manière la question du bébé dans ce prochain chapitre. C'est un peu trop drama mais j'aime ça ;-) J'espère que cela vous plaira.
« Andréa ... »
Celle-ci releva les yeux de son plat et observa sa compagne.
« Qu'est-ce que tu vas faire pour le bébé ? »
Voilà deux semaines qu'elles s'étaient retrouvées et Andréa n'avait toujours pris aucune décision. La simple idée d'y penser lui donna la nausée. Pourtant la situation devenait de plus en plus urgente.
Elle posa sa fourchette sur le bord de l'assiette et s'essuya les lèvres.
« Je ne sais pas.
- Il reste à peine 15 jours Andréa.
- Je le sais très bien » répliqua-t-elle sèchement.
- Qu'est-ce qui te bloque ? Tu peux me parler, je suis là dit-elle en lui caressant le poignet dans un geste rassurant.
Elle retira sa main.
- Tout me bloque ! Je n'ai jamais voulu de cette grossesse, moi ! Encore moins porter le bébé de mon boss que je déteste. Sans compter que je suis entièrement dévouée à mon job et avoir un enfant ne va pas vraiment me faciliter la tâche.
- Mais tu peux allier les deux, j'en suis sûre encouragea Colette.
- Je suis égoïste Colette, tu le sais très bien. On a décidé de construire quelque chose ensemble, tu vas désormais occuper une grande partie de ma vie, je ne me vois pas rajouter un bébé à cela.
- Rajouter un bébé à cela, j'adore… ironisa son interlocutrice.
Andréa fit les gros yeux : « Tu vois où je veux en venir.
- Tu ferais une bonne mère Andréa.
- Tu n'en sais rien.
- Tu ne pourras jamais savoir tant que tu n'essaies pas insista Colette.
Andréa soupira bruyamment, subitement en colère.
- Tu dis que tu ne veux pas influencer mon choix mais tu le fais ! Tu ne veux pas que j'avorte, avoue-le.
- Je ne suis clairement pas pour.
- Mais c'est MA décision Colette ! C'est ma responsabilité.
- Je t'ai dit que je serais là pour l'élever avec toi.
- Colette, on vient juste de se remettre ensemble ! Tu m'as quittée parce que j'embrassais une autre fille et là, tu veux élever un enfant avec moi.. C'est un peu .. »
Cette fois, le sang de Colette ne fit qu'un tour et ne la laissa pas achever sa phrase.
« Quoi ? Trop extrême ? Irréaliste ? Je voyais plutôt ça comme une marque d'amour, d'engagement mais visiblement ces notions t'échappent » répliqua-t-elle sèchement en se levant de table.
- Colette. Ne réagis pas comme ça.
- J'en ai assez entendu Andréa. Effectivement, je crois que tu es trop égoïste pour comprendre ce que j'essaie de te dire. Fais ce que tu veux avec TON bébé »
Elle attrapa son manteau et son sac avant qu'Andréa n'ait le temps de réagir et sortit en claquant la porte.
...
Toc toc toc.
Colette entrebâilla la porte sachant très bien qui était son visiteur du dimanche matin.
Andréa se tenait sur le pas de la porte, un bouquet de fleur à la main : des lys, ses préférés.
« Tu crois qu'un bouquet va suffire ? »
Andréa la regarda, penaude.
« Je suis désolée ».
La porte s'ouvrit et Colette repartit à l'intérieur bientôt suivie par Andréa.
Elle remplit le vase d'eau sans prononcer un seul mot.
Andréa ne put supporter le silence qui s'épaississait.
« J'ai eu tort. »
Colette ne la regarda même pas, se contentant d'émettre un son d'acquiescement.
« J'ai eu tort quand j'ai dit que c'était ma décision. »
Cette fois, elle attira l'attention de sa compagne.
« C'est notre décision. On est un couple et si on décide de le garder, ce sera notre enfant. ».
Colette acquiesça et se rapprocha d'Andréa.
« Ça te fait peur ?
- Terriblement… Mais la vérité c'est que ... je le veux cet enfant. Contre toute logique. Je le sens en moi et c'est .. Incontrôlable.
Colette lui prit la main.
Mais je le veux avec toi continua Andréa en regardant sa compagne dans les yeux.
« Et c'est pourquoi je pense qu'on devrait se réunir tous les trois avec Hicham avant de prendre une décision définitive.
Le sourire qui éclaira le visage de Colette fut si éclatant qu'Andréa l'attira dans ses bras. Elles s'enlacèrent longuement mesurant chacune l'importance des mots prononcés.
Trois jours plus tard, Hicham, Colette et Andréa se réunissaient autour d'un café tout près de l'agence.
« Ok Marteau. Ce n'est pas que je n'aime pas être entouré de très jolies femmes mais tu m'expliquais ce qu'on fait ici tous les trois.
- Tu as déjà rencontré Colette.
Hicham acquiesça et jeta un regard à l'inspectrice des impôts.
« On est ensemble elle et moi. »
Hicham hocha à nouveau la tête, l'air de celui qui veut en venir au fait.
« Nous sommes ici pour parler du bébé. De notre bébé. A tous les trois.
- J'ai raté une étape ? Nous étions 3 ce soir-là ? » plaisanta Hicham.
Mais Andréa et Colette ne riaient pas.
« Si je le garde, ce sera le sien aussi.
- Si tu le gardes ? J'ai encore raté un épisode là ?
- Je t'ai dit que je ne voulais pas le garder.
- Et je t'ai répliqué que je n'étais pas d'accord insista-t-il.
- Ecoute Hicham, je ne vais pas tourner autour du pot. »
Andréa se pencha sur sa chaise, s'approchant de son patron. Sa voix se fit plus basse, presque menaçante.
« Il est hors de question que toi et moi ayons un enfant ensemble. Et quoi que tu en penses, c'est mon corps, c'est moi qui prends cette décision.
Elle échangea un regard avec Colette, se redressa et reprit :
« Donc c'est très simple, soit j'avorte soit tu renonces à tes droits parentaux pour que Colette et moi l'élevions ensemble. »
Hicham faillit s'étouffer. Mais Andréa ne cilla pas, son regard plongé dans le sien.
Il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits et il se leva, trop agité par les pensées qui l'assaillaient.
« Non mais Andréa, nous ne sommes pas dans une négociation financière là. On parle d'un enfant.
- D'un enfant conçu lors d'un plan à trois entre un boss déjà père mais voyant son fils deux fois par an et une droguée du boulot. Donc oui, on négocie afin de donner la meilleure vie possible à cet enfant. Sinon pas d'enfant. »
Hicham pour la première fois ne sut que répondre.
Colette qui n'avait toujours rien dit se leva :
« Je pense que nous devrions prendre quelques jours pour y réfléchir. »
Hicham ne répondit pas ...Pour elles, tout semblait déjà réfléchi.
Andréa se leva à son tour et les deux femmes sortirent du café.
Hicham les observa quelques minutes à travers la vitre. Il était littéralement assommé par cette entrevue. Puis il les vit prendre des directions différentes, Andréa rentrant à l'agence.
Il ramassa ses affaires et accéléra le pas pour rejoindre Colette.
Il l'accosta sans ménagement.
« Il est hors de question que je te laisse prendre mon bébé ».
Colette s'arrêta et s'adressa à lui avec le plus de calme possible.
« Hicham... Je ne veux pas te prendre ton bébé. Qui déjà n'en est même pas encore un. Et qui est issu d'un plan à trois accidentel.
- Si il naît, il sera mon fils. Notre fils.
- Andréa ne veut pas de ce bébé avec toi. Mais avec moi. Et tu sais très bien qu'on lui donnerait un foyer stable, heureux. Que proposes-tu sinon ? Une garde alternée que ni toi ni Andréa ne pourrait assumer ?
- Tu n'en sais rien. Deux mères et un père qui abandonne son enfant, tu crois que c'est mieux ?
- Je comprends que cette proposition te semble absurde. Que tu as le sentiment qu'on te prive de ta paternité. Mais tu es juste le géniteur Hicham. Et aussi riche que tu sois, cela ne te donne pas le droit d'acheter cet enfant. »
Les mots étaient si durs qu'Hicham eut envie de lui faire mal pour la faire taire.
« Tu sais très bien qu'Andréa ne gardera le bébé que dans ses termes à elle » continua-t-elle sans pitié.
Il le savait très bien. Et il fallait qu'il trouve un stratagème pour mener la grossesse à son terme tout en n'abandonnant pas ses droits de père. Il trouverait. Il avait la ténacité et l'argent pour cela.
Cette pensée le rassura et il garda la tête froide.
« J'exige alors que vous restiez en France ».
Colette ouvrit de grands yeux.
« Et où veux-tu que nous allions ?
- Je sais très bien qu'Andréa a accepté un poste à New-York. »
Colette le regarda sans comprendre. Il poursuivit :
« C'est Camille qui m'en a parlé car Andréa lui a demandé de venir avec elle. Ne me dis pas que tu n'es pas au courant ? » demanda-t-il une once de cruauté dans la voix.
Colette ne répondit pas et accéléra soudain le pas.
Il la regarda s'éloigner et eut malgré tout un sourire de satisfaction. Ça apprendrait à Andréa de prendre des décisions à sa place.
...
« Alors comme ça, tu vas aller travailler à New-York ? »
Colette avait dit ça sur le ton de la conversation mais Andréa se figea aussitôt. Elle avait à peine passé la porte de l'appartement qu'elle avait immédiatement senti que quelque chose clochait. Rien que quelques instants, le temps de déposer son manteau, et l'atmosphère était devenue glacée.
Elle n'eut même pas le temps de reprendre ses esprits et de formuler une réponse cohérente que Colette continua déjà, une rage à peine contenue dans la voix.
« Tu comptais m'en parler quand ? Ou plutôt tu comptais m'en parler ? Ou tu aurais attendu que je m'en rende compte un beau matin, tu sais entre les couches et les biberons ?
- Colette …
-Oh non non non, pas cette fois. Il n'y aura pas de Colette, pas de ma chérie avec ton regard suppliant que tu sais si bien faire ! Putain, je croyais que c'était ce que tu voulais nous deux ! »
Colette ne jurait jamais. Andréa sentit que l'orage allait s'abattre sur elle, plus violemment que jamais.
« Et là j'apprends que tu projettes d'aller vivre à des milliers de kilomètres ! Sans même me demander mon avis ! »
L'agent essaya de glisser un mot mais Colette était inarrêtable.
« Alors qu'i peine quelques jours : c'était je t'aime, je veux faire ma vie avec toi, je veux avoir un bébé avec toi. Tu ne me fais pas confiance blablabla. »
L'imitation aurait pu être risible si chaque mot prononcé par Colette n'était aps empreinte d'une froide ironie.
« Evidemment que je ne te fais pas confiance, il y a toujours quelque chose de caché avec toi ! Des rendez-vous boulot avec pelles dans une piscine, un bébé sorti de nulle part, un géniteur franchement cinglé et maintenant ça ! Décidément, j'aurais tout vu avec toi ! Et encore je …
- Je ne vais pas à New-York ! cria Andréa pour se faire entendre.
- Et là je dois te croire ou… répliqua aussitôt Colette. Mais Andréa lui coupa la parole :
« On me l'a proposé c'est vrai et j'ai dit oui mais c'était avant ça avant nous, avant que tu me dises que ...
- Que je t'aimais ? Que comme une conne, je t'attendais ! Attaqua-t-elle, la voix soudain haut-perché. Mais je n'avais pas besoin de le dire ça ! Comment peux-tu avoir envisagé de partir, de tout quitter, de me quitter alors qu'on était sur le point de tout recommencer ?
- J'ai flippé ok ! Et puis quand tu m'as téléphoné, qu'on s'est retrouvées, il était évident que j'allais rester.
- Bravo pour cette logique ! Tu reviens me chercher, tu me séduis à nouveau. Il ne manquait plus que tu t'en ailles ! acheva-t-elle railleuse.
Andréa donna un coup sur la table qui les fit sursauter toutes les deux.
« Arrête maintenant avec cette ironie insupportable ! Je te dis que je ne vais nulle part et que je pensais tout ce que je t'ai dit. Que mon futur est avec toi.
Elle avait à nouveau presque crié et cela calma momentanément Colette.
« Tu aurais dû m'en parler. Etre en couple, c'est ça.
- Je sais. Je ... je crois que c'était la porte de sortie qu'il me restait.
- Porte de sortie ?
- Oui si ça ne marchait pas nous deux, si tu décidais finalement que je ne te suffis pas avoua Andréa sincèrement.
- Et donc comme solution, tu fuirais à New-York ? demanda Colette l'incrédulité perçant dans sa voix.
Andréa acquiesça honteusement.
« Loin de toi loin, d'Hicham.. Pour oublier.
- Avec le bébé ?
- Sans… »
Colette se prit la tête dans les mains.
« Tu es folle.
-Je sais.
- Et tu m'exaspères, me fatigues, me tues.
- Je sais. »
Colette était calme à présent. La colère était redescendue comme à chaque fois. Il y avait chez Andréa cette vulnérabilité, cette sincérité qui la bouleversait.
Andréa dut sentir un certain apaisement car elle posa la main sur son bras, cette petite moue caractéristique au bout des lèvres.
« Non cette fois, je ne te pardonne pas si facilement arrêta Colette d'un ton ferme.
- Je suis punie ? tenta de plaisanter Andréa.
- Je préférerais que tu rentres chez toi. »
L'agent n'insista pas. Pour une fois, elle fit exactement ce que Colette lui avait demandé. Elle attrapa ses affaires et sortit non sans avoir déposé un baiser sur les cheveux blonds de sa compagne.
...
« Encore..
- Hum.
- Viens là dit-elle en attirant ce corps chaud contre elle.
- Andréa on ne va jamais sortir de ce lit.
- Et alors, tu as quelqu'un à inspecter aujourd'hui ?
- Il me semble que mon inspection de ce matin était assez approfondie.
- Il faudrait essayer encore pour vérifier. »
Colette se mit à rire et le son fut étouffé par les lèvres d'Andréa qui s'écrasaient contre les siennes.
Une heure plus tard, elles reposaient sur les draps, la tête au pied du lit, complétement épuisées.
« On devrait se disputer plus souvent commenta Andréa. Ça te rend sauvage, hum dit-elle en imitant le rugissement du lion.
Colette la frappa sur le bras.
« Tu sais des fois, j'ai tellement envie de …
- De ? coupa Andréa en haussant un sourcil plus qu'évocateur.
- De te frapper, de t'étrangler.
- Oh tu sais si tu es branchée ça, on peut s'arranger ... continua l'agent, le sourire aux lèvres.
- Arrête ! dit-elle en la frappant à nouveau. Je suis sérieuse. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi une femme aussi insupportable que toi.
- C'est le destin, je te l'ai déjà dit.
- Andréa je ne plaisante pas. Je ne veux plus que tu me caches des choses, que tu mentes à nouveau. Ce serait la fois de trop, vraiment. »
Andréa ne répondit rien mais son regard grave en disait long.
Elles ne dirent plus rien pendant un long moment et Andréa observa sa compagne qui avait fermé les yeux. Elle dégagea une mèche de cheveux du visage de Colette et se cala contre son corps.
« Je ne veux plus qu'on se quitte.
- Moi non plus.
- Non je veux dire, tous les jours. Toi chez toi, moi chez moi...
Colette se mit à rire.
« Ça n'arrive quasiment jamais.
- J'ai passé 2 nuits dans un lit froid en solitaire donc si. Et j'ai détesté ça. Si on s'engueule, je veux qu'on règle le problème, pas qu'on parte dans des directions opposées. »
Colette hocha la tête.
« J'essaie de communiquer là, de te dire ce que je ressens.
- Je vois ça. Et j'écoute répondit sa compagne, lui souriant tendrement.
- Donc …
Andréa sembla soudain si hésitante, comme si elle n'osait aller plus loin, que cela intrigua Colette.
- Donc ?
- Il m'est venue une idée durant mes deux nuits d'insomnie. »
Colette ne disait toujours rien, en attente.
« Et je pense que l'on devrait vivre ensemble » dit Andréa très vite comme pour s'en débarrasser.
- Tu veux dire, emménager ensemble ?
- Oui voilà. »
Colette ne rajouta rien et cela angoissa encore plus Andréa.
« Et donc ? Qu'en penses-tu ?
- Je pense que c'est une excellente idée » sourit enfin Colette en entourant le cou de sa compagne de ses bras.
