Le masque obscur est de nouveau sur ton crâne, mais tu n'as plus la force de te débattre et encore moins de crier. Lorsque ton visage était à l'air libre, tu as vaguement entendu comme quoi tes cordes vocales sont foutues de toute manière. Tu as trop exprimé ta douleur. C'est à peine si ta voix ne sera plus qu'un murmure. Tu n'en fais pas grand cas. Tu t'en fiches, en fait. Tout ce que tu souhaites, c'est pouvoir t'échapper d'ici et, pour cela, tu as échafaudé un plan. Ce n'est que tu seras au plus faible, quand ils baisseront leur surveillance que tu pourras agir. D'ailleurs, le moment semble être enfin venu puisqu'ils ne prennent plus la peine de t'attacher. Sous-fifres sans cervelle. La douleur ralenti chacun de tes gestes et ton regard reste fixé sur tes bourreaux bien trop occupé à jouer aux dés qu'à te surveiller. Tu t'empares alors de cette longue barre métallique qui leur a servi à briser ton bras gauche, de ton épaule jusqu'au bout de tes phalanges. Tu feras avec. C'est avec fureur et haine que tu assènes coup sur coup, t'acharnant sur eux alors même qu'ils ont sombré dans l'inconscience. Tu veux les voir mort.

Au final, tu parviens à te tracer un chemin, profitant toujours de l'ombre pour te faufiler à l'insu de tous. Un cargo prétendument commercial semble vouloir quitter la planète dans les plus brefs délais. C'est ta chance.

— Kriff…

Tu as réussi à te planquer parmi les fils du cargo et, débarrassé de ce fichu masque, tu vois plus clair. Entend tout ce qui t'entoure, tout ce qui se passe. Cependant, tu tiens à comprendre, à en être sûr et certain. Alors tu te permets de fermer les yeux et de prendre un peu de repos. Mais tes paupières closes dissimulent Cauchemar qui en profite pour se libérer de ses chaînes. C'est ainsi que tu l'as appelé avec le temps.

Tes rêves ne sont que terreur.

Tes rêves ne sont qu'horreur.

Le Côté Obscur a déjà commencé à te ronger de l'intérieur.