Je previens les âme sensible que le M se justifie peut-être un peu

et puisque ca a l'air d'etre une tradition personnages et tout pas a moi et techniquement même pas à eux. Sur ce...bonne lecture.

*

- Non mais te rends-tu compte ? Nous mettre au pied du mur de cette manière ? Et toi qui reste les bras ballants, j'aimerais pour une fois te sentir derrière moi.

Blanche-Neige tournait en rond en criant sa frustration. Elle ne comprenait pas l'obstination de sa fille, et encore moins la passivité de son époux. Elle ne voulait que sa fin heureuse et celle-ci ne voulait pas entendre que Blanche-Neige en était justement la spécialiste. Il fallait juste lui faire confiance.

- Mais Blanche, sa demande est tout à fait raisonnable, essaya de justifier David. Rappelles-toi les difficultés que nous avons éprouvé au début, il nous aurait bien été utile à tous les deux d'avoir un peu d'expérience du pouvoir.

- Je ne comprends pas pourquoi elle veut cela, geignit la Reine. Elle se fait des idées, gouverner est ennuyeux, quand ce n'est pas stressant. C'est bien pour cela que nous avons des ministres non ?

- Gouverner est son destin…

- Non, hurla-t-elle de plus belle, son destin est d'être heureuse. Et je ne la laisserai pas tout gâcher sans réagir.

- Et que comptes-tu faire, demanda David soudain inquiet ?

- Oh je sais parfaitement quoi faire. Elle nous a laissé le choix du domaine et je pense que Rockstorming fera parfaitement l'affaire.

- Rockstorming ? Mais Blanche il n'y a rien là-bas, tout juste une poignée de villages de pêcheurs et une terre aride impossible à cultiver. Pas de bois pour chasser, juste une lande désertique à perte de vue.

- Il y a les tourbières aussi, souligne-t-elle sarcastique. Et puis justement elle verra que le pouvoir n'est ni un jeu, ni une distraction. Je te parie qu'elle voudra bien vite revenir à la maison et dans de meilleures dispositions.

David ne savait plus que faire. Tout avait bien commencé pourtant, quand il avait appris que Blanche était enceinte ils avaient partagé la même joie radieuse. Même sous la menace de la malédiction de la méchante Reine, la jeune souveraine avait entraîné tout le château à sa suite dans un tourbillon de meubles d'enfants, de jouets et de rubans. Et leur bonheur quand Rumpelstiltskin leur avait proposé un marché pour échapper au Sort Noir, il n'en connaissait pas les détails,seule Blanche les connaissait, mais cela avait plutôt bien fonctionné puisque les deux avaient disparu. Il avait alors enfin pu apercevoir un futur serein, enfin c'est ce qu'il avait cru. Il lui avait fallu du temps, pour prendre conscience de l'attitude trouble de sa femme vis-à-vis d'Emma. Blanche-Neige s'était faite de plus en plus directive, ses œillères de plus en plus grandes. Elle ne tolérait aucune contradiction quand il s'agissait de sa progéniture. Alors les disputes s'étaient multipliées, chacune voulant imposer son point de vue sous le regard impuissant du Roi consort réduit au rôle de conciliateur.

Et maintenant nous en étions là avec Blanche-Neige agitant ses bras dans tous les sens, pestant et maugréant sur l'incompréhension dont le monde faisait preuve à son égard. Personne ne voulait voir la chance qu'avait eu la jeune princesse. Elle, elle avait passé des nuits entières à l'imaginer dans ce monde sans magie, abandonnée seule, sans famille et sans amour. Personne ne pensait à ce qu'elle serait devenue, à ce qu'elle aurait dû subir. Emma devait être heureuse. Et puis s'en fut trop, elle avait besoin de confrontation, elle devait retrouver sa fille et la mettre à son tour devant les faits établis. Elle irait à Rockstorming jusqu'à ce qu'elle accepte le fait qu'elle se faisait des illusions sur ce qu'elle voulait vraiment.

- Et puis zut, souffla-t-elle, je vais aller la voir maintenant.

Elle quitta le bureau avant même que ces mots n'atteignent la conscience de son roi. Quand ils le firent il écarquilla les yeux d'horreur, oh non ça ne pouvait pas arriver. Il pensait savoir à quoi sa fille consacrait sa fin de soirée et ça serait une catastrophe que Blanche-Neige l'apprenne. Il s'empressa de rejoindre sa femme mais celle-ci avait déjà pris une belle avance. Et quand quelques minutes plus tard il entendit un long hurlement de rage, il comprit qu'il était trop tard.

*

Emma s'était éclipsée de la fête en catimini aussi vite qu'elle avait osé se le permettre,c'est à dire beaucoup plus tard que ce qu'elle aurait souhaité. Tout ce faste l'écoeurait profondément, ce n'était qu'hypocrisie et faux-semblant. Elle se sentait fébrile, à la fois excitée et craintive. Enfin la jeune princesse allait pouvoir échapper à la tutelle de sa mère. Elle pourrait explorer de nouvelles possibilités et peut-être, selon l'expression de son père, trouver sa voie. Mais en attendant elle ne connaissait qu'un moyen efficace de recouvrer un peu de calme. Elle aurait aimé que ce soit avec Rose, mais vu son état d'esprit, n'importe quel corps ferait l'affaire, pour peu qu'il appartienne à une femme. Elle s'arrêta un instant dans un embranchement de couloir menant à sa suite, hésitant sur sa destination. Allait elle rejoindre sa chambre et convoquer une de ses dames de compagnie qui se ferait un plaisir de lui complaire, ou descendrait-elle en ville séduire une gentille et innocente petite bourgeoise ? Les deux se valaient, confort et facilité pour le premier challenge et aventure pour le second. L'arrivée de Lilly, la camériste de sa mère, par un couloir adjacent, coupa court à tout dilemme.

Sans écouter ses faibles protestations, Emma la prit par la main et l'entraîna à sa suite. Sitôt fermées les portes de ses appartements, la blonde plaqua le corps de la servante contre celles-ci. D'une trentaine d'années, elle exhibait à la convoitise de la jeune princesse des formes plantureuses corsetées dans une simple robe de laine écrue. Cette dernière se pencha avec un sourire carnassier pour plonger son nez dans les épaisses boucles noires étincelantes qui avaient l'art de la fasciner. Elle ne savait pas quels cosmétiques la femme utilisait mais la flagrance qu'elle dégageait était tout simplement irrésistible. Inspirant à plein poumon, elle se gorgea de cette odeur suave avant d'entamer un périple de baisers dans le cou de son aînée. Emma joua de la langue et des dents jusqu'à sentir sa compagne de jeu se détendre enfin. Quand elle lui arracha un gémissement Emma eut un sourire victorieux et s'autorisa enfin à s'emparer de cette bouche qui lui faisait tant envie. Que cette femme appartienne à sa mère influençait suprêmement sa libido, au moins, ce défi-là était hautement divertissant. La femme restait passive sous les assauts de sa maîtresse, elle laissait ses lèvres et sa langue s'amuser d'elle, sans rejet mais sans passion non plus. Cela faisait souvent partie de la vie de servante et si la princesse était la seule femme à se permettre de telles privautés, Lilly pouvait bien s'avouer, en son for intérieur, que ses assiduités était plus douces et plus plaisantes que celles de ses homologues masculins.

Les mains d'Emma qui s'étaient dans un premier temps déposées bien sagement sur les hanche de la femme, se mirent elles aussi de la partie. Impatiente de découvrir l'épiderme de l'autre sous la pulpe de ses doigts, elle ne s'embarassa pas de fausse pudeur et entreprit directement de se débarrasser de cette robe grossière qui se tenait entre elle et l'objet de son désir. Elle batailla quelques secondes avec les lacets bien trop nombreux avant de parvenir à écarter les pans de tissus de cette peau diaphane. Sans ménagement, elle fit tomber la robe et se détacha pour la première fois de son amante pour contempler son corps. Quelle beauté... ces courbes voluptueuses étaient une supplique aux plaisirs de la chaire. Un appel à la lascivité qu'Emma était toute prête à suivre. Leurs poitrines, à l'unisson, haletaient d'impatience, d'envie. Hypnotisée, Emma suivait des yeux une goutte de sueur qui perlait entre les deux globes laiteux qui lui faisait face, orgueilleusement offerts. N'y tenant plus, la jeune femme se jeta sur eux comme un animal affamé. Tout en collant ses hanches au bassin de la femme pour lui interdire tout mouvement, elle les recueillit dans ses mains en calice et goba de sa bouche avide le mamelon le plus proche. Immédiatement turgescent, Emma le fit rouler avec gourmandise sous sa langue après l'avoir légèrement serré dans l'étau de ses dents. Un vrai délice, si dur, si doux, au subtil goût salé qui lui picotait les papilles. Existait-il quelque chose de meilleur dans l'univers ? Et elle devrait y renoncer pour grandir ? Plutôt mourir ! Les sensations étaient trop bonnes, rien ne pouvait surpasser le plaisir qu'elle ressentait en malaxant des seins, leur rondeur, leur souple fermeté, l'impression d'avoir les mains remplies par cette opulence. Même quand ils étaient petits comme ceux de Rose elle les aimait, elle les trouvait mignons et coquins. Mais la poitrine généreuse de Lilly la comblait au-delà de tout.

Non ce n'était pas vrai, les premières vagues de passion assouvies, un autre besoin tout aussi impérieux se fit sentir au creux de ses reins avant de s'imposer franchement. Il fallait qu'elle la goûte, qu'elle s'immisce dans les méandres de son sexe pour lui arracher plus de soupirs, plus de cris. A nouveau elle s'écarta de la brune, entièrement maîtresse du jeu. Tout en parsemant le haut de son corps de baisers enflammés et humides elle guida la femme jusqu'à la méridienne située dans le coin opposé à son bureau, près de la cheminée. Lilly entièrement immergée dans son plaisir que la princesse savait si bien attiser, n'opposa aucune résistance. Bien au contraire, elle se laissa faire et quand sa maîtresse la fit asseoir sur le bord du canapé elle n'eut besoin d'aucun encouragement pour écarter elle même les jambes. Subjuguée par le spectacle offert à sa vue, Emma prit tout son temps pour se mettre à genou. Elle devait fournir un effort presque surhumain pour ne pas dévorer immédiatement ce fruit juteux ô combien tentateur. Constater le désir de l'autre la mettait toujours dans un état proche de la transe. Elle fit courir ses doigts presque nonchalamment sur l'intérieur de la cuisse, là où la peau était si sensible qu'un rien faisait naître des frissons. Elle s'amusa de l'impatience de sa partenaire qui donnait, sûrement inconsciemment, de petits coups de bassin incitatifs. Obéissante, Emma remonta doucement la pente jusqu'à atteindre la source de toute humidité, un râle rauque et bas la récompensant de sa patience. La servante d'abord peu participative commençait enfin à perdre pied. Si Emma continuait ainsi à coup d'effleurements et de caresses vaporeuses la femme finirait par la supplier de mettre fin à son supplice.

Mais la blonde n'était pas d'humeur si joueuse que cela et quand elle-même se mit à grogner, Emma décida de leur donner ce qu'elles voulaient désormais toutes les deux . Sans plus attendre, en fermant les yeux pour mieux savourer son plaisir, elle enfonça sa tête entre ses cuisses blanches et donna immédiatement un long et lent coup de langue. Lilly au bord de la syncope ne chercha même pas à contenir le cri qui s'échappait d'elle, d'autant qu'elle savait pertinemment qu'il participait au désir de sa maîtresse. Si elle-même n'était pas particulièrement attirée par les femmes il était difficile de nier que la tête blonde entre ses cuisses savait y faire. Et puis la brune était d'une nature généreuse, alors si exprimer son bien-être pouvait faire plaisir à la jeune femme, pourquoi l'en priver. Alors Lilly criait, gémissait, encourageait et Emma léchait, mordillait, suçautait, se noyait dans de délicieuses effluves.

C'est sans doute pour ça qu'elles n'entendirent pas les pas dans le couloir, ni la porte s'ouvrir à la volée. Ce n'est que le hurlement de rage qui les arracha à leur volupté. Elles se figèrent, comme si ne pas bouger pouvait éviter la tempête à venir. Cela marcha...à peu près deux secondes et puis:

- DEHORS ! DEHORS ! s'égossilla la Reine.

Les deux amantes se mirent debout instantanément et la brune se dirigea immédiatement vers la sortie

- Mais par tout ce qui est sacré, couvrez vous Lilly, hurla la reine de plus belle. Vous avez l'air d'avoir oublié toute décence mais veuillez croire que ce n'est pas le cas du reste d'entre nous.

Sans un mot, rouge de honte, la servante récupéra ses affaires et couvrit tant bien que mal sa nudité avant de s'incliner sans regarder les nobles et de s'enfuir les larmes aux yeux. S'en était fini d'elle, jamais Blanche-Neige ne lui pardonnerait une telle inconduite.

Bien loin des inquiétudes de sa camériste, la reine continuait à foudroyer sa fille du regard. Colère, dégoût, déception, chacune de ses émotions étaient bien visibles sur ses traits. Elle attendit difficilement que les pas de sa servante s'éloignent avant d'attaquer avec virulence.

- Comment oses tu nous humilier de la sorte, s'emporta-t-elle. D'abord ta demande idiote, et maintenant ça ! Mais où t'arrêteras tu ? N'y a-t-il rien que tu ne sois prête à faire pour me contrarier ? Ne veux-tu pas être heureuse au lieu de combattre constamment ? Nous étions parvenues à un accord, tu dois trouver un mari et toi...toi tu te vautres dans le stupre avec une..une..bons dieux avec une femme ! Et une veuve par-dessus le marché. Était-elle au moins consentante où as-tu usé de ta position ? Je te préviens si j'apprends que tu as traumatisé cette pauvre enfant…

C'en fut trop pour Emma qui éclata d'un rire sardonique qui eut le mérite, en plus d'être libérateur, de couper le sifflet à Snow.

- Non mais tu t'entends ? Mère es-tu réellement en train de me demander si j'ai violé Lilly ? Et cette pauvre enfant ... par pitié elle a presque dix ans de plus que moi. Tu déraisonnes Mère.

- Moi je déraisonne, s'emporta Blanche-Neige !? Ce n'est pas moi qui étais à genou en train de faire je ne sais quoi ! C'est obscène !

- Rien ne t'interdit de désapprouver mais n'en dégoûtes pas les autres. Et puis nous n'avions aucun accord, TU as décidé de ton côté avant de m'en faire part, ce n'est vraiment pas la même chose. Maintenant si tu le permets je vais me débarbouiller le visage, je me sens poisseuse.

Cette ultime bravade fut celle de trop pour la reine. Son esprit s'emballa à la recherche d'une punition à la hauteur de l'affront. Quelque chose de terrible, qui ferait regretter à sa fille capricieuse ses innombrables provocations. Et au moment précis où David pénétra enfin dans la chambre de sa fille elle prononça les paroles fatidiques.

- Très bien, tu veux n'en faire qu'à ta tête ? Tu veux montrer à tous que tu es "à la hauteur" ? Parfait ! J'ai choisi dans quel domaine tu vas aller. Prépare tes affaires, dans une semaine tu pars pour le Duché Noir !

Le père et la fille regardèrent la Reine, pétrifiés avait-elle perdue la tête ? David se demanda vaguement ce qu'il avait pu manquer pour que sa femme envoie leur fille dans l'ancien fief de la Méchante Reine.