Bonjour à tous! Me revoilà après quelques jours de vacances. Aujourd'hui je vous poste le dernier chapitre de San Francisco. La suite arrivera la semaine prochaine. Et cette fois je vous emmènerai à... Roulement de tambour... Washington D.C.! Je vous laisse à vos spéculations quant à cette prochaine escale en espérant vous y retrouver.
Bonne lecture et vive les reviews!
Paloufette : Merci beaucoup!
DiNozzo-Ncis : Le hasard fait bien les choses =). Pour le coup de téléphone... je te laisse voir par toi même.
Chou05 : Merci à toi pour ta review. Contente que ça te plaise toujours.
SkyeMarcus : Merciiii beaucoup! *Ouf elle a reposé les pierres* Pour la fin heureuse... je te l'ai promise! Mais... pas encore pour tout de suite.
Kendy92 : Merci. La suite est là :)
Chapitre 3 : Ce soir, tu l'as trompée.
Ziva s'éveilla en pleine nuit. La pièce était plongée dans l'obscurité, les rideaux étaient tirés. Elle frissonna et remonta les draps sur son corps nu. Elle porta ensuite son regard sur l'italien allongé à ses côtés. Elle se rapprocha de lui et se blottit contre son torse, puis elle resta plusieurs minutes à l'écouter ronfler légèrement. Elle n'avait pas envie de se rendormir. Elle aurait voulu que cette nuit dure toujours, tout aurait été beaucoup plus simple ainsi.
Ziva repensa en souriant à la soirée qu'ils avaient passée. Encore un merveilleux souvenir. C'était toujours un bonheur de le retrouver et de partager quelques instants avec lui. Mais ceux-ci se faisaient rares. Et bien que chaque fois qu'ils se retrouvaient ils quittaient la terre ferme, Ziva avait bien senti ce soir que la réalité était un frein de plus en plus puissant entre eux deux.
Chaque fois qu'ils se retrouvaient ils avaient évolué, mûri, affronté de nouvelles épreuves. Chaque fois une partie d'eux n'était plus vraiment la même. Chacun de leur côté ils construisaient des projets, et cette fois Ziva avait compris qu'il leur serait impossible de finir leur vie côte à côte. Ils s'investissaient dans des projets dont l'autre était totalement exclu, et cela les écartait peu à peu. Ils ne pouvaient que faire avec et constater ces changements. Même si ils prenaient toujours autant de plaisir à se retrouver, les univers dans lesquels ils évoluaient étaient à présent totalement différents, et la conversation commençait à devenir difficile, une fois les banalités passées.
Ziva soupira. Elle aurait tant aimé que ça soit possible entre eux. Mais tout un tas de petites choses les séparaient, et qui une fois mises bout à bout, creusaient un fossé qui ne cessait de s'agrandir. Comme ces petites pattes d'oies que Tony avait dorénavant aux coins des yeux constata-t-elle. Elle ne les avait pas vues venir.
Ziva caressa délicatement le coin de l'œil de Tony de son index droit. Il était différent. Différent de celui qu'elle avait quitté il y a onze ans. Il n'y avait rien de plus normal, elle aussi était différente. Mais elle avait peur de se retrouver un jour face à un inconnu, un étranger. Elle avait peur de le perdre.
Ziva se crispa en songeant qu'elle l'avait déjà perdu, elle ne pouvait pas le nier. Elle avait fermé les yeux, n'avait rien dit, mais elle n'avait pas pu ne pas voir qu'il n'était plus totalement à elle. Qu'elle le partageait à présent avec une autre. Elle se sentait volée, elle aurait aimé pouvoir arracher les yeux à cette femme qui avait pris une partie du cœur de Tony.
Mais elle ne pouvait rien contre ça. Elle l'avait même encouragé à rencontrer quelqu'un. Elle voulait qu'il soit heureux, qu'il ne passe pas ses journées à attendre leur prochaine rencontre. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir trahie. Il l'aimait toujours, aussi fort qu'au premier jour, elle n'en avait aucun doute. Mais ce n'était pas elle qui partageait son quotidien. Une autre avait ce privilège.
Est-ce qu'il aimait cette femme autant qu'il l'aimait elle? Est-ce qu'il lui disait des mots doux? Est-ce qu'il lui faisait l'amour comme il lui faisait à elle? Est-ce que cette femme savait qu'elle n'avait pas réussi à totalement gagner le cœur de Tony? Qu'une partie de lui ne lui appartiendrait jamais? Est-ce qu'elle savait qu'elle existait? A quoi ressemblait-elle? Ziva se posait tout un tas de questions. Est-ce que Tony se posait les mêmes questions à son sujet? C'était fort probable. Enfin, pas en ce moment en tout cas.
Ziva repoussa les draps et sortit du lit. Elle le contourna lentement, sans bruits, et s'approcha de la table de chevet située du côté de Tony. Elle s'empara en silence de son téléphone portable qui s'y trouvait, et ouvrit le journal de ses appels. Un tas de noms et de numéros qui lui étaient inconnus s'y trouvaient. Elle jeta un œil à Tony, et constata avec soulagement qu'il dormait toujours. Elle examina plus attentivement cette liste de communications et constata que le nom d' « Anaïs » revenait un peu trop souvent à son goût. Elle fit défiler les numéros, et constata qu'il ne se passait pas plus de trois jours sans que ce numéro ne réapparaisse.
Ziva ferma la page et reposa le téléphone où elle l'avait trouvé, puis reprit sa place dans le lit. Anaïs. C'était donc ainsi qu'elle s'appelait. Ziva se demanda à quoi pouvait bien ressembler cette femme, quel pouvait être son caractère. Ce que Tony pouvait lui trouver. Elle se sentait en rivalité avec cette femme.
- À quoi penses-tu? Demanda Tony.
Ziva surprise dans sa rêverie, tourna brusquement la tête vers Dinozzo. Depuis quand était-il réveillé?
- À rien, dit-elle en lui souriant pour masquer sa gène.
- J'espère que tu mens mieux quand tu es en mission lui rétorqua Dinozzo.
- Oui, avoua Ziva avant de venir se replacer dans ses bras.
- Il y a longtemps que tu ne dors plus?
- Une bonne demi-heure, répondit Ziva.
Tony ne répondit rien et resta à regarder Ziva dessiner des ronds sur son torse. La jeune femme lui paraissait bien loin à cet instant. Il ne dit rien et joua avec ses cheveux quelques minutes, profitant simplement de sa présence. Voyant bien que quelque chose n'allait pas, il finit par relancer la conversation.
- Dis-moi ce qui ne va pas Ziva. Je n'aime pas que tu gardes le silence comme ça.
Ziva releva la tête en sa direction.
- Je ne sais pas si j'ai envie de parler de ça maintenant.
- Tu préfères qu'on en parle la prochaine fois qu'on se verra? Je ne peux pas te garantir de date tu sais, répondit Tony avec une légère pointe d'humour.
Ziva sourit tristement, pendant que Tony continuait de lui caresser les cheveux comme pour l'encourager. Ziva reposa sa tête sur son torse, elle ne voulait pas avoir à affronter son visage, son regard pendant qu'elle lui avouerait ce qui la tracassait.
- Tu m'as dis qu'il n'y avait pas de Mme Dinozzo, commença Ziva au bout de plusieurs secondes passées à hésiter et à tenter de formuler au mieux ce qu'elle voulait dire. Mais il y a quelqu'un, finit-elle. N'est-ce pas?
- Oui, se décida à dire Tony après réflexion.
- Tu l'aimes?
- J'ai des sentiments pour elle, mais ce n'est pas l'amour fou, répondit Tony tout aussi sérieusement que Ziva posait les questions.
- Je sais que ça n'est pas très galant, mais, si tu avais à choisir entre elle et moi, tu choisirais qui? Continua l'israélienne.
- Toi, répondit Tony sans trop réfléchir. Dans tout les cas c'est toi que choisirais Ziva, tu le sais.
- Mmm.
- Je t'aime Ziva, mais ce n'est pas si simple.
- Elle sait que j'existe? Reprit Ziva en le regardant.
- Je crois qu'elle sent que je ne serai jamais entièrement à elle. Mais elle ne dit rien, répondit Tony après réflexion.
- Tu me préviendrais si, si elle devenait Mme Dinozzo? Questionna Ziva, qui n'était toujours pas entièrement rassurée.
- Oui, bien sûr. Mais je ne peux pas te garantir que je t'inviterais.
- Tant mieux parce que je ne viendrais pas, répondit-elle en reposant sa tête sur son torse.
- Et je peux savoir pourquoi? Demanda Tony dans un sourire face à sa réaction.
- Parce que ce serait déplacé d'avoir envie de toi au moment où tu dirais oui.
- En effet, je n'avais pas vu ça sous cet angle, dit-il un sourire aux lèvres.
Le silence s'imposa pendant quelques longues secondes.
- Ce soir, tu l'as trompée, reprit Ziva.
- Oui, finit par dire Dinozzo, qui n'y avait pas songé jusqu'alors.
- C'est la première fois?
- Oui.
- Te dire que tu allais la tromper, ça t'a fait hésiter? Reprit Ziva.
- Non. Parce que je ne vois pas ça comme ça. Si je venais à coucher avec une autre femme, je la tromperais, expliqua Tony. Mais au contraire, c'est en couchant avec elle, que j'ai un peu le sentiment de te tromper toi.
- C'est très logique tout ça, se moqua Ziva.
- Je n'ai jamais dit que c'était logique, dit Tony en déposant un baiser sur le sommet de son crâne.
Le silence se réinstalla plusieurs minutes, mais Ziva, qui s'interrogeait toujours, finit par demander :
- Et quand vous serez mariés, tu continueras de coucher avec moi?
- Oui, répondit Tony après avoir pris un moment pour y réfléchir.
- Je n'ai quand même pas envie qu'elle devienne Mme Dinozzo, dit Ziva en s'installant confortablement contre Tony et en fermant les yeux.
- Je n'en n'ai pas envie non plus, répondit Tony dans un sourire, en regardant la jeune femme chercher sa place.
- Un jour tu en auras envie, ajouta Ziva avant de se rendormir.
Tony resta quelques temps à la regarder dormir, puis à son tour il replongea dans le sommeil, serrant toujours Ziva dans ses bras.
Lorsque Ziva s'éveilla pour la seconde fois, elle était seule. Seule dans ce lit, cette chambre, seule dans sa vie. Et cette solitude lui pesa, comme chaque fois que ses retrouvailles avec Tony prenaient fin. Elle avait nourri tant de rêves, tant d'espoirs pour eux deux, que chaque fois ce retour brutale à la réalité lui était pénible. Bien trop pénible à son goût. Elle jeta un œil sur le réveil de l'hôtel, 9h, puis se retourna et serra dans ses bras l'oreiller de Dinozzo, à défaut de pouvoir faire mieux. La journée allait être longue, se dit-elle. Ziva ferma les yeux et tenta de se rendormir, de regagner pour quelques minutes cet état d'inconscience où le départ de Tony n'existait pas.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, à son grand étonnement, il était déjà 11h30. Elle se dit qu'il fallait vraiment qu'elle se lève, car elle était dans cette ville pour accomplir une mission, et non pour flemmarder. Elle sortit du lit pour directement filer sous la douche, où elle s'attarda. Elle ne sortit que plusieurs minutes plus tard, se sécha, et entreprit de s'habiller. Elle enfila le haut, puis le jean qu'elle portait la veille, et le boutonna avec difficulté. Il allait vraiment falloir qu'elle pense à s'acheter de nouveaux vêtements songea-t-elle. Ce pantalon n'allait plus durer très longtemps. Elle s'étonna d'ailleurs que Tony ne lui ai fait aucune remarque à ce sujet la veille. Enfin, c'était beaucoup mieux ainsi, se dit-elle en quittant la salle de bain.
Elle claqua la porte de la chambre derrière elle une demi-heure plus tard. Elle en rendit les clés à l'accueil, et constata avec étonnement que Tony avait déjà réglé la note. Elle quitta le hall de l'hôtel morose, et partit rejoindre Céline, ne pouvant s'empêcher de se demander quand, où, et dans quelles circonstances elle reverrait Tony. Elle trouvait déjà le temps long.
