Un petit chapitre, histoire de cloturer cette tragique soirée...
Sur ce,
Bonne lecture
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Enquête et coup de foudre
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Heero attendait devant le lieu du crime depuis quelques minutes déjà quand l'inspecteur de la Brigade Criminelle de New York, Erwann Solo, un Irlandais pure souche, arriva, visiblement de mauvaise humeur.
Il est vrai que réveillé à 3h du matin pour apprendre la mort d'un membre éminent de la communauté, assassiné, dans son quartier n'était pas le meilleur moyen de commencer une journée.
Heero pouvait comprendre. Lui-même n'était pas à prendre avec des pincettes. La victime était une jeune femme qu'il appréciait beaucoup et ce drame obscurcissait la douceur de cette soirée qui lui avait été très agréable.
Bref, Solo, la trentaine bien trempée, avait un profil d'oiseau de proie que la dureté de son regard bleu glacé renforçait.
Si Heero n'avait pas été lui-même un de ces hommes qui savaient être intimidant, il était certain que la présence de l'inspecteur Solo l'aurait impressionné.
« Vous êtes? » Aboya l'inspecteur en se plantant devant Heero.
Celui-ci hésita à donner son titre. Généralement, ce genre de types n'aimait pas les aristocrates et rien que le regard vaguement méprisant qu'il posait sur son environnement immédiat le criait.
« Heero Yuy, ami de la victime. »
Son nom et son accent firent plisser les yeux du policier.
« Vous êtes Japonais?
C'est exact.
Hm. »
Sans se soucier de lui une minute de plus, Solo entra dans la chambre.
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Heero haussa un sourcil, légèrement froissé de l'indifférence du policier et rejoignit Trowa qui attendait avec les autres hommes dans le hall d'entrée tandis que les dames se remettaient de leurs émotions dans le petit salon.
Trowa discutait avec un bel homme blond qu'Heero avait identifié plus tôt comme Quatre Raberba Winner.
Il le lui présenta plus par courtoisie que par réelle envie de la faire et le jeune homme, bien conscient qu'il gênait plus ou moins son ami, préféra aller faire un tour au dehors et peut-être même au dedans, histoire de voir si l'assassin et voleur n'avait pas laissé des traces.
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En attendant que l'inspecteur daigne enfin prendre leurs dépositions afin qu'ils puissent tous partir, Heero se retrouva sous la fenêtre de la chambre de leur hôtesse.
Comme il s'y attendait, il n'y avait aucune trace visible, le sol était de toute façon trop sec pour imprimer les pas, si bien sûr le criminel était passé par-là. Hors, la hauteur de la fenêtre conjuguée au manque complet de prises pour y accéder rejetait cette thèse.
Bah, ce n'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude de se retrouver face à un cul-de-sac.
Combien de fois par le passé, la trace d'un autre joyau d'exception lui avait échappé.
Suivant toujours sa logique, il retourna à l'intérieur tout en prenant bien soin de passer inaperçu aux yeux de Trowa. Il n'eut pas de mal, le Français était hypnotisé par l'allure faussement candide de cet Arabe blond aux yeux bleus.
Heero comprenait très bien la fascination de son ami.
Quatre Raberba Winner dégageait ce truc, cette espèce d'aura qui mettait tout son monde à genoux et qui en faisait un des hommes d'affaires les plus redoutables de sa génération.
Son père, Hassan, devait en être très fier.
Il esquiva aussi très habilement la Duchesse Catalonia qui venait du salon, visiblement à la recherche de l'inspecteur afin de lui faire comprendre qu'on ne retenait pas ainsi une dame de sa qualité.
L'Asiatique eut une pensée pour le pauvre Solo. Il lui souhaitait bien du plaisir avec cette furie et il espérait bien qu'il comprendrait rapidement que, même s'il lui agitait son badge sous le nez, elle ne cesserait de l'ennuyer que lorsqu'il aurait accédé à sa requête.
Heero ne demanda pas son reste – il était hors de question que ce soit lui qui fasse les frais de la mauvaise humeur de la Duchesse- et prit le chemin de la cuisine, certain d'y trouver les domestiques de cette maison.
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La cuisine était une incroyable réplique de celle que l'on pouvait trouver dans un château médiéval.
L'imposante cheminée que plusieurs tiges en métal barraient dans sa longueur – sûrement pour les volailles rôties qu'il avait mangées avec appétit ce soir- prenait tout un pan de mur dont le feu mourrant, emplissait la pièce d'une chaleur étouffante malgré les trois fenêtres de la pièce grandes ouvertes sur l'air frais de la nuit.
Il ne s'était pas trompé.
Autour de la grande table en bois massif, les différents domestiques buvaient du café tout en discutant du sort que cette tragédie leur réservait.
Un vieil Anglais se leva pour s'enquérir de la raison de sa présence quand ils s'aperçurent qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce.
" Je souhaiterais juste un café et un peu de calme. Le remue-ménage dans les pièces à vivre m'ont donné un début de migraine
Monsieur souhaite-t-il que je le serve dans le jardin? L'air frais lui fera sans doute du bien.
Ne vous dérangez pas pour moi. Puis-je juste m'asseoir avec vous?
Evidemment Monsieur."
Heero s'installa à côté d'une jeune servante Africaine qui lui sourit timidement en réponse à son salut.
Il soupira de bien-être quand il porta la tasse du liquide sombre à ses lèvres. Il avait hérité de sa mère, à demi Vénitienne, un goût certain pour le liquide amer.
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La discussion entre les serviteurs reprit et Heero se fit le plus petit possible pour ne pas les déranger tout en gardant ses oreilles grandes ouvertes. Mais rien de plus que leur chagrin pour leur Maîtresse ainsi que leur inquiétude face à leur avenir ne filtra.
D'ailleurs Heero s'en étonna. N'y avait-il pas encore l'époux de Madame?
Il leur fit part de sa réflexion.
Ils se regardèrent tous avant de ramener leur attention sur lui, jugeant si oui ou non, ils pouvaient leur faire des confidences.
Ce fut le vieil Anglais qui l'avait accueillit dans la cuisine qui lui répondit.
" Monsieur ne nous apprécie pas. Madame avait dû se battre avec lui après leur mariage pour qu'il accepte de nous garder.
C'est sûrement parce que Monsieur Merquise n'est pas habitué à tant de luxe."
A nouveau, le personnel se concerta du regard.
Ce fut la jeune fille à côté de lui qui continua.
" Eh bien... Je ne crois pas Monsieur. Monsieur donne vraiment l'impression de connaître tout le protocole d'une maison, ses manières font penser à un homme qui a connu l'opulence dès l'enfance mais en même temps... il peut être un abominable rustre!"
Heero se doutait que sans la couleur brune de sa peau, il aurait vu les joues de la jeune fille rougirent fortement.
Il finit sa tasse et les remercia pour leur hospitalité avant de revenir au milieu de tout ce monde.
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Un agent de police vint le chercher dès qu'il mit un pied dans le hall. L'inspecteur Solo voulait entendre sa déposition.
Evidemment, il ne lui fut pas d'une grande aide. Comme la plupart de ceux qui étaient présents, il était dans le jardin au moment des faits et il n'avait rien vu de suspect.
Mais comme il n'était pas un habitué de l'entourage de la Comtesse, il était incapable de lui dire si oui ou non il y avait quelqu'un d'étranger à la réception.
Le seul incident qui l'avait marqué au cours de la soirée avait été le regard de Merquise sur sa jeune épouse.
Quand celle-ci était descendue du grand escalier, il avait remarqué le regard avide que celui-ci avait posé sur sa gorge.
Sur le moment, il n'y avait pas porté attention – lui-même avait dû avoir un regard s'en approchant en contemplant la Larme de Shinigami à son cou- mais à présent, il doutait.
Il se garda bien de faire par de ses idées à l'inspecteur.
Zechs Merquise, s'il ne faisait pas parti du grand monde avant son mariage avec Lucrezia von Noin, n'en était pas moins un héros de guerre et il ne pouvait pas l'attaquer sans preuves solides.
Hors celui-ci n'était plus dans la maison quand le meurtre s'était produit.
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Ce fut la délicieuse Lysa Maxwell qui le sortit de ses pensées.
" Prince Heero! Je vous cherche partout depuis une demi-heure!"
Il lui fit un immense sourire. Toute cette histoire lui avait fait presque oublier de quelle façon délicieuse sa soirée avait commencé.
" Je suis désolé de vous avoir donner tant de peine."
Les lèvres de la jeune femme prirent un pli boudeur.
" Cessez donc de me vouvoyer, vous m'exaspérez!"
Il retint difficilement l'éclat de rire qui menaçait de s'échapper de ses lèvres, cela aurait été très mal venu au vu des circonstances.
" Je crains que cela ne devienne difficile si vous ne faîtes pas de même."
Les yeux améthyste s'éclairèrent d'une pointe de sarcasme.
" Je capitule! Mais je reviendrai à la charge dès notre prochain rencontre!
Je l'espère Madame.
Mademoiselle, je vous prie mais pour l'heure, je dois rentrer. Demain, je pars retrouver mon frère à Melbourne pour le voir courir.
Moi qui songeais à vous inviter à boire un verre dans la journée...
Ce sera pour une autre fois, Prince Heero!"
Sur cette promesse de se revoir, Lysa fit un charmant sourire en guise de bonne nuit et s'en fut, digne et élégante, son visage marquant à peine qu'elle venait de perdre l'une de ses amies dans d'effroyables circonstances.
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Il sursauta brusquement en entendant la voix de Trowa à quelques pas de lui.
" Elle est vraiment ravissante, n'est-ce pas?
Oui, très."
Son ami posa une main amicale sur son épaule.
" Eh bien, pourquoi ne pas l'avoir invitée à la raccompagner? Je t'ai connu plus entreprenant avec les femmes.
Hn.
Oh, je vois. Serait-ce possible que la gente féminine est perdu un de ses plus beaux partis?"
Heero grimaça.
Certes, il la trouvait tout à fait séduisante et même sensuelle mais de là à penser au mariage, il y avait une marge.
" Arrête donc de dire des sottises et si tu en as fini avec le jeune Winner, pourrions-nous peut-être rentrer nous-même?
Vos désirs sont des ordres, Altesse!!"
Heero grogna et ouvrit la marche vers la sortie où un valet tendit les clés de la Mustang à Trowa.
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Kisu.
Noan
