Un gros merci à Loupdu 77, thegameisondear, 94, M et Stéphanie pour leurs aimables commentaires

J'espère que ce chapitre vous plaira.

Je rappelle que Sherlock ne m'appartient pas.

Chapitre trois : Le chevalier avance

« M. Holmes. Quel plaisir de vous parler enfin. » La voix était électroniquement modifiée.

« Un plaisir que je ne partage sûrement pas. Que voulez-vous? »

« M'amuser un peu avec vous, mais surtout avec Molly Hooper. Vous savez, je me suis toujours demandé la façon dont vous avez réussi à tromper la mort. Jamais, je n'aurais pu penser que la petite pathologiste timide vous avait aidé. Vous avez dû trouver ça humiliant de devoir compter sur elle pour vous en sortir vivant. Mais bon, je m'éloigne du but de mon appel. Revenons à Molly Hooper. Vous savez malgré votre intelligence, vous ne pourrez pas la sauver de ce que je souhaite lui faire. Vous savez, j'ai bien l'intention de profiter d'elle de toutes les manières possibles avant de la torturer et de la tuer. » Sherlock en avait assez entendu et l'interrompit.

« Vous vous pensez super puissant en modifiant votre voix et attaquant une personne qui n'a pas une once de malice en elle. Je vous propose un vrai défi. Un jeu entre vous et moi. Vous n'avez pas besoin de la pathologiste, elle ne sera pas à la hauteur de votre jeu de toute façon et vous vous lasserez vite. » Molly fut très déçue de la manière dont Sherlock parlait d'elle, mais elle comprenait qu'il essayait de la sauver, du moins elle l'espérait.

« Bien essayé, M. Sherlock Holmes, mais c'est refusé. Dans tout jeu, il y a un prix et mon prix est Molly Hooper. Où serait le plaisir, sinon? »

« Pourquoi elle, Molly Hooper ne vous a rien fait. »

« Au contraire. En vous sauvant la vie, elle a détruit la mienne, M. Holmes. Elle paiera le prix fort pour ça. Vous avez beau prétendre être le plus grand détective du monde, vous ne pourrez pas arrêter ce que j'ai prévu pour elle. Je suis tellement confiant que je vais vous dire ce qu'il va lui arriver. Elle sera enlevée sous votre nez…très bientôt… et lorsque vous la retrouverez, c'est seulement lorsque je le déciderai …je suis patient, peut-être je m'amuserai avec elle pendant des semaines avant de me lasser. Mais, si un homme tel que vous reste dans son sillage, c'est qu'elle est digne d'intérêt, n'est-ce pas? Hum, je devrais réviser peut-être mon jugement et dire des mois d'amusement. Mais… quand tu la retrouveras, il te faudra plus qu'un coup d'œil sur son corps pour l'identifier. Garde précieusement les objets dans l'enveloppe, ils te seront utiles pour la retrouver…sauf peut-être la jolie petite chose rose…c'était plus pour mon plaisir que je l'ai mis dans l'enveloppe. Je l'imagine très bien le portant… »

« Taisez-vous. Je vais vous trouver, vous savez, et vous pouvez être certain que je vais vous empêcher de nuire…définitivement. »

« Bonne chance M. Holmes. Je déclare officiellement le jeu commencé. On garde le contact. Embrassez Molly pour moi ». L'homme raccrocha.

Il est rare que Sherlock ressente de la peur, mais en ce moment précis, un frisson lui parcourra l'échine. Il eut toute la misère du monde à se redonner une contenance et afficher un visage neutre à Molly. Il n'avait pas peur pour lui, mais pour elle et c'est ce qui l'inquiétait le plus. Il n'avait aucune idée de l'identité du tueur. Il a déduit que c'est une personne très près de Moriaty. Mais qui? Il s'était débarrassé de Sébastien Moran qui était le second du génie du crime et presque tous les sulbaternes. Sherlock se demandait ce qu'il lui avait échappé. Les tiroirs dans son palais d'esprit s'ouvraient et se refermaient à une vitesse infernale. Malheureusement, pour le moment, il n'avait aucune information pertinente lui permettant de monter jusqu'à la personne. Il était immobile depuis quelques minutes quand il sentit une main toucher sur son bras interrompant la recherche d'informations.

« Sherlock. Qu'a-t-il dit? Tu sembles troublé. » Il ne savait pas quoi répondre à cette question, il choisit de répondre sarcastiquement.

« Tu sais, l'habituelle. Un vilain qui dit : Je suis plus intelligent que vous, vous ne m'attraperez pas, je tuerai la personne dont tu te soucies et tu perdras contre moi. Je commence à me lasser de ces jeux. Rien de nouveau sous le soleil. »

« Ce qui n'explique pas votre air soucieux. » Sherlock maudissait Molly pour sa perspicacité, elle était toujours capable de le « voir ».

« Pas soucieux, juste pensif. Je réfléchissais…et tu m'as interrompu. » Dit-il froidement. Elle piqua un fard et tourna les talons en direction de sa chambre à coucher sans un mot. Il la suivit du regard et lorsqu'elle ferma la porte, il alla s'assoir sur le fauteuil et mit ses mains dans ses cheveux en signe d'impuissance. Il était rendu à penser qu'il serait bien qu'ils s'attachent avec des menottes comme ça, où qu'elle aille, il serait là. « Vraiment des menottes? Sherlock, tu es stupide! » Se morigéna-t-il.

Pour s'occuper l'esprit, Sherlock examina chaque pouce carré de l'appartement de Molly afin de trouver des indices susceptibles de les relier à l'individu. Il trouva une quantité appréciable de poils de chat, mais pour le reste tout était impeccable. La seule pièce qui lui restait à analyser était la chambre de Molly, mais étant donné qu'elle s'y trouvait et qu'elle était un peu en colère contre lui; il ne sentait pas prêt à l'affronter. Retardant le moment, il se fit du café et sortit sur le balcon pour y vérifier l'accessibilité par l'extérieur. L'appartement de Molly se trouvait au 7e étage et il constata avec soulagement que c'était impossible pour toute personne normalement constituée de grimper jusqu'au balcon, même chose en regardant vers le haut, la configuration des balcons empêchait toute descente sauf si l'on avait des envies de suicide. Satisfait, il s'apprêta à rentrer lorsqu'il vit sur la chaise de patio à demi caché par le coussin, un petit livre. Curieux, il le prit. En ouvrant les pages, il sut qu'il était tombé sur le journal personnel de Molly. Être sociopathe peut s'avérer payant, il ne se sentait presque pas coupable de l'ouvrir et de le lire. Il s'attendait à la mièvrerie d'adolescente, mais il fut étonnamment surpris. On pouvait y lire ses journées au travail ou à la maison décrites très rationnellement. Intrigué, il prit place sur la chaise et commença par le début. Quand sa conscience le tracassa un peu, il se dit qu'il pourrait y trouver un indice sur le meurtrier, car il était certain qu'il avait trainé dans son entourage pour faire de la reconnaissance. Il passait vite les passages sur les rendez-vous avec Tom, mais il a lu très attentivement, la partie concernant leur rupture. Apparemment, Tom était jaloux de lui, surtout sur ses allées et venues dans son appartement « heureusement, il semblait ignorer que je dormais aussi dans son lit », pensa Sherlock, et il lui avait donné un ultimatum, c'était lui ou Sherlock. Elle a fait valoir que Sherlock avait besoin d'elle et qu'il n'y avait rien de répréhensible entre eux, que sa jalousie était déplacée. Rien ne lui fit entendre raison, Molly a donc pris la décision de rompre ses fiançailles. Tom avait pensé qu'elle le choisirait sans hésiter, alors la discussion s'est envenimée et des horreurs ont été dites à Molly. Sherlock éprouva de la colère et se promit de faire une petite visite à ce Tom dans un avenir rapproché. Personne ne pouvait faire du mal à son médecin sans en payer les conséquences. Il continua de lire son journal pendant une bonne demi-heure lorsqu'une phrase accrocha son regard. Un mois plus tôt, elle avait reçu des chocolats d'un admirateur anonyme à la morgue. Il referma le journal et rentra dans l'appartement.

Soulagé, il aperçut Molly qui dormait profondément lorsqu'il entra dans la chambre. Il enleva ses vêtements et se glissa sous les draps. Comme d'habitude, il chercha la chaleur de Molly. Ce contact était devenu nécessaire au fil des mois, mais même sous la torture, il ne l'avouerait à personne. Il s'endormit paisiblement un bras entourant sa taille quelques instants plus tard.

Molly sentit le souffle de Sherlock contre son cou. Elle n'osait pas bouger de peur de le réveiller. La colère d'hier soir était oubliée remplacée par une douce langueur. Elle aimait ces moments précieux où Sherlock Holmes devenait simplement un homme. Elle sentit Sherlock resserrer son étreinte la tirant toujours plus près de son corps. Molly s'y blottit volontiers et referma les yeux sentant le sommeil la gagner de nouveau.

Molly se réveilla deux heures plus tard face à Sherlock et toujours étroitement enlacées. La position était dangereusement intime et Molly rougit en sentant une certaine dureté contre sa hanche. Elle savait que c'était une réaction typique du matin, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être gênée. Elle regarda l'heure et il était à peine 6 heures du matin, Sherlock dormait encore. Avec précaution, elle se détacha de lui et partit prendre une douche. Dès qu'elle sortit, Sherlock ouvrit les yeux. Il était réveillé depuis 15 minutes, mais était incapable de se séparer d'elle, et ce, même s'il avait une réaction hormonale des plus importunes. Il savait qu'il était terriblement proche de faire du sentiment avec elle, mais la présence de Molly l'apaisait, il en avait besoin. Il savait qu'il était égoïste en agissant de cette façon, car il faisait fi des sentiments de Molly, mais c'était plus fort que lui et au diable la culpabilité.

Lorsque Molly revient dans la chambre, Sherlock prenait des vêtements propres. Une lueur de convoitise s'alluma dans le regard de Molly en observant les fesses fermes de Sherlock dans son boxer noir. « Dieu, qu'il est magnifique! Et merci de son sans-gêne », pensa Molly.

« Ah Molly, tu es là. » Sherlock se retourna et constata que les pupilles de Molly étaient dilatées. « J'avais raison, elle est toujours attirée par moi », se dit-il avec satisfaction.

« Je vais prendre une douche et ensuite nous irons faire des courses. »

« Tu veux aller dans les magasins? Toi? »

« Pourquoi tout le monde pense que je suis un incapable. »

« Peut-être…parce que tu nous demandes toujours de faire tes achats à ta place. » Molly prenait de plus en plus d'assurance vis-à-vis Sherlock et elle s'en réjouissait.

« Seulement si je suis sur un cas ou je m'ennuie. »

« Sherlock, tu es soit sur des cas ou soit tu t'ennuies. Je pense que ta phrase contredit la précédente, non? »

« Cette conversation n'a aucun intérêt pour moi. Donc, je disais que nous irions faire des courses. Je dois acheter une bague de fiançailles, tu n'as pas oublié que nous sommes fiancés, n'est-ce pas? D'ailleurs, j'ai envoyé un texto à ce sujet à John. »

« Quoi? Non! Pas besoin d'acheter une bague, j'ai toujours celle que Tom m'a offerte. Et je ne peux pas croire que tu as envoyé un texto à John. Tu ne pouvais pas attendre de lui dire en face ou mieux lui expliquer pourquoi tu as décidé de me fiancer. »

« Pourquoi, le texto est un excellent moment de communication. D'ailleurs, il t'offre ses condoléances entre autres choses. Je n'ai pas trop compris cette partie, mais bon, j'imagine que tu as compris la plaisanterie et je vais faire comme si je n'avais pas entendu ce que tu viens de me dire pour la bague et pour l'explication des "fausses fiançailles". Je vais prendre une douche. Ah oui, en passant, charmant ton journal intime. Tu ne devrais pas le laisser traîner aussi négligemment. » Sherlock passa devant elle en souriant franchement et son sourire s'élargit lorsqu'il la regarda et qu'elle le regarda comme si elle voulait lui arracher les yeux. Il ne put s'empêcher de lui donner un baiser sur la joue et se sauva avant de recevoir une gifle.

Merci de la lecture!