Myriam : Encore merci, c'est gentil :3 En espérant que tu apprécies aussi ce qui va suivre...

Hey, et voilà le chapitre trois :B Puisse le ciel le bénir, ce chapitre, et puis Aaron Johnson aussi, ainsi que le chocolat, les crustacés, et la Vie.
Bonne lecture !

Disclaimer (car oui je sais enfin ce que c'est) : L'univers et le personnage de Tom Jedusor appartiennent à JK Rowling. Quant à Virginia, Lisa, Audrey et Betty, ils sont à moi !


29 Août 1937 ~

La lumière du soleil éclairait la ville, entourant les bâtiments de son aura brûlante. Les rayons dorés se reflétaient jusque dans les mèches de cheveux qui dansaient sur mon front au rythme de ma marche. Malgré ces courts piquets me servant de jambes, j'atteignis rapidement le 68 rue Countertop. Je m'attardais un instant devant la vitrine au verre presque opaque de la petite boutique, puis je poussais la porte. L'odeur familière de poussière et de lavande m'assaillit et sembla s'infiltrer jusque dans mes poumons, laissant un goût étrange dans ma gorge. Assise sur une chaise faisant face à la vitrine, une petite femme aux cheveux argentés était penchée sur une machine à coudre, un tissu à fleurs mauves à la main.

- Virginia ! s'écria-t-elle en levant ses yeux pâles vers mon visage.

- Bonjour Betty ! Je suis désolée de ne pas être revenue plus tôt...

Elle se leva et m'attira dans ses bras. Ses épais cheveux gris sentaient la lavande. Elle lança avec un sourire dans la voix :

- Ne t'inquiète pas Virginia, je comprends que tu n'aies pas toujours envie de venir...

Elle mis fin à notre étreinte et me scruta un instant avec un sourire bienveillant.

- Tu grandis encore, ma belle. Si je te voyais tous les jours, je ne pourrais pas m'en rendre compte, et je ne voudrais manquer ça pour rien au monde, dit-elle d'une voix douce teintée de nostalgie, alors que Dieu bénisse l'espacement de tes visites !

Elle me gratifia d'un clin d'oeil malicieux pour me signifier que ce n'était en aucun cas un reproche. Betty était la personne la plus gentille que je connaissais, la plus indulgente, la plus douce, et malgré tout la plus honnête. Elle étais, à mes yeux, ce qui se rapprochait le plus d'un parent. La vieille femme retourna à sa place près de la machine à coudre, et je m'assis en face d'elle sur une chaise grinçante. Il y eu un moment de silence tandis que Betty s'affairait, et je promenai mon regard sur les murs.

La boutique était étroite et basse de plafond. Sombre, la lumière extérieure traversant difficilement le verre dépoli de la vitrine. Chaque pan de mur supportait des étagères, sur lesquelles s'empilaient d'innombrables tissus, bobines de fils, pelotes de laine et dentelles. Cet endroit m'avait toujours étonné, je peinais à concevoir qu'il puisse tenir debout. Les murs semblaient penchés, comme attirés vers le sol par le poids des tissus, et certaines étagères, dont le bois noir s'incurvait sous la masse qu'il devait soutenir, étaient inexorablement vouées à se briser. Du moins, elles semblaient vouées à se briser, car il en était ainsi depuis déjà plusieurs années sans que rien ne cède.

Le nombre incalculable d'étoffes décorant les murs contribuait à donner à l'endroit son caractère insolite. Elles m'apparaissaient différentes à chacune de mes visites, bien que je sache qu'il n'en fût rien. Betty n'aurait jamais pu se payer de nouveaux tissus tous les mois.

Alors que mon regard s'attardait sur un petit morceau de satin violet particulièrement criard, le bruit de la machine à coudre cessa soudain. Betty chantonna :

- Finit ! J'ai finit !

Puis se tournant vers moi :

- Dis-moi, Virginia, comment ça se passe ? A l'orphelinat ?

- Comme d'habitude. C'est toujours la même chose, et ça ne changera probablement jamais... Mais ça va. Je veux dire, j'ai l'habitude.

Betty eut un petit sourire triste, mais lorsqu'elle parla sa voix était neutre :

- Que feras-tu après ?

- Après quoi ? hésitai-je. Après l'orphelinat ? Je l'ignore. Je verrais... ce que... si jamais...

Ma voix s'éteignit. Sentant que le sujet me rendait nerveuse, Betty reprit un ton léger.

- J'ai oublié de te demander, ma chérie, mais je vois ton uniforme est usé. Tu as besoin de quelque chose ?

- O-oui, il me faut une nouvelle chemise. Celle-ci est trouée aux coudes, et certains boutons sont décousus...

Avant d'avoir pu achever ma phrase, je vis Betty se lever de sa chaise avec vivacité. Elle se faufila dans l'arrière boutique par une porte coincée entre deux étagères, et revint quelques secondes plus tard, une chemise blanche flambant neuve dans sa main droite.

Je l'enfilais sur le champ, trop heureuse de pouvoir exhiber un vêtement en bon état. Betty refusa catégoriquement de prendre l'argent que je lui tendais, prétextant ne plus se souvenir du prix de la chemise.

Quelques minutes plus tard, j'étais dehors, dans le Londres resplendissant du mois d'août, une chemise d'un blanc immaculé sur les épaules et quelques pièces de monnaie dans ma poche. J'avais parcouru un peu plus de trente mètres lorsque quelqu'un devant moi attira mon attention. Fine, presque longue, la silhouette aux cheveux noirs de Tom Jedusor tourna à l'angle d'une ruelle adjacente à la grande rue dans laquelle je me trouvais. La raison me soufflait de continuer à avancer, comme je l'aurais fait si je n'avais croisé Jedusor, mais les quelques neurones encore sensés de mon cerveau furent rapidement étouffés par ma curiosité grandissante. L'univers m'offrait une chance d'en apprendre plus. Pouvais-je la refuser ainsi ?

"Absolument pas" fit une voix dédaigneuse dans ma tête.

"Tu es encore assez jeune pour te permettre de faire des bêtises, n'est-ce pas ? Il n'y a pas tellement de risques, après tout. Ce n'est que Tom Jedusor" ajouta-t-elle avec indifférence.

Je haussai les épaules, inspirai une grande bouffée d'air tiède, et tournai dans la ruelle, accélérant le pas pour rattraper Jedusor.