Kyoya marchait de bon matin dans les couloirs de l'académie, il n'avait pas de raison spécial d'errer ainsi, le jeune homme se laissait porter par ses pas dans les allées. Les jeunes demoiselles le saluaient sur son passage, lançant des sourires, des petits rires gênés, les joues rosées... mais il ne les regardait point. Il leur répondait avec un petit air distrait, levant la main, accordant un bref sourire avant de continuer sa route. Son esprit était toujours captivé par sa rencontre de l'avant-veille, on aurait pu même dire que son corps s'en souvenait aussi, il avait une sensation étrange dans le cou là où elle l'avait embrassée. Décidément songea-t-il, elle ne me sortira pas de la tête avant que je ne l'ai retrouvé ! Il faut donc que je m'attèle plus sérieusement à mes recherches. Une jeune fille avec un seul œil et une cicatrice verticale, cela ne cours pas les rues. Le jeune homme rajusta ses lunettes sur son nez et décida de se diriger vers la salle du club, Honey et Mori-sempai devaient s'y trouver, peut être pas les jumeaux ou Haruhi, de coutume ils trainaient avant les cours avec leurs camarades de classe. Il allait ouvrir la porte lorsqu'il sentit Tamaki enserrer son bras entre ses doigts et l'entrainer avec lui dans les couloirs.
« Kyoya ! Il faut vite que tu viennes voir cela ! »
Allons bon, qu'allait-il lui montrer ? Le nouveau menu à la cantine ? Sûrement quelque chose du genre...ah ! Peut être pas, plus ils avançaient, plus Kyoya remarqua... qu'ils se dirigeaient en faite vers les salles de classe, il ne lui fallut pas longtemps pour se douter que c'était la classe d'Haruhi dont ils allaient rendre visite. Alors qu'ils progressaient dans une foule croissante, Kyoya l'écouta parler.
« Il y a un nouveau !
Comme il y en a souvent. Répondit-il avec une certaine lassitude.
Dans la classe à Haruhi !
Comme cela peut arriver... Tamaki vient en directement au fait.
Il a les cheveux violets ! »
Le garçon fronça un sourcil. Es-tu en train de me dire que tu veux que je vienne juste pour observer la tignasse colorée d'un nouveau avec toi juste parce que tu n'as pas envie d'y aller seul ? Pensa-t-il intérieurement avec un zeste d'irritation. Peu importait maintenant, ils étaient quasiment arrivé et c'est sans aucun doute grâce à leurs auras naturel que la foule coincée dans la porte s'écarta comme par enchantement, leur laissant place.
Il était là, appuyé à sa table, les jambes croisées, il portait son uniforme sans la cravate, la vaste ouverte et la chemise non rentrée dans le pantalon. Il avait un air négligé, comme ses cheveux d'une couleur améthyste sombre en pagaille comme s'il avait très mal dormi. Son unique œil bleu sombre regardait vaguement les jumeaux qui semblaient de loin, discuter avec lui.
« En tant que président du club D'hôte je dois allez lui souhaiter la bienvenue !
C'est une fille, Tamaki. »
Et la question qui vint immédiatement s'installer dans son esprit alors que Tamaki se remettait du choc en regardant d'abord son ami, puis la personne en question, n'était pas pourquoi elle portait un uniforme masculin, mais pourquoi, Seiko, se trouvait-elle dans cette salle de classe, juste devant lui.
« A dire vrai, j'étais déjà dans cette école en 1ère année, cependant, j'ai du partir après deux mois pour des raisons familiales, et je ne reviens que maintenant. »
Un gros ''oh'' s'échappa des lèvres d'Haruhi et Tamaki alors qu'ils l'écoutaient avec attention. Plutôt que d'être captivé par le récit, ils étaient captivés par la prestance de la jeune fille. Elle avait une expression assez douce et chaleureuse sur le visage bien qu'en soit, elle sembla avoir une aura des plus... dangereuse... sans doute à cause de la cicatrice bien voyante qui n'était même pas cachée par ses cheveux.
« Ce doit être difficile de continuer ses études après un an d'absence, pourquoi ne pas recommencer une première année ? Demanda Haruhi.
Cela aurait été en effet plus facile, mais je compte bien rattraper mon retard... je préfère ne pas trop perdre mon temps à redoubler, cela m'est plus bénéfique de continuer.
Et ta couleur de cheveux est naturelle ? »
Haruhi haussa un sourcil sur l'impolitesse de Tamaki, il était certes d'habitude le plus charmeur, le plus poli d'entre tous, mais disons que pour cette fois-ci, la curiosité l'avait piqué à vif. Seiko ne s'en plaignit point, et sembla même en être très amusée. Elle prit entre ses doigts quelques mèches de ses cheveux, les tortilla un peu avant de les laisser retomber.
« C'est une couleur, bien entendu, comme toi je suppose Hikaru-kun. »
Ce dernier se tint droit, les croisant les bras avec un air complice. Durant tout l'entretien, Kyoya griffonna sur son calepin les informations qu'il rassemblait. Il ne levait, que rarement les yeux vers elle, ne désirant pas croiser le regard perçant de son unique œil bleuté, qui lui aurait tant rappelé leur nuit ensemble. La cloche sonna, et silencieusement, il s'écarta du groupe qui se saluait pour sortir de la salle et rejoindre sa classe. Il sentit un frisson lui parcourir la nuque. Finalement, il venait de la retrouver, même si ce n'était qu'un pur hasard. Elle lui épargnait quelques investigations ! Cependant Kyoya ne se sentait pas satisfait pas leur peu d'informations qu'elle avait donné à propos d'elle durant l'entretien. Nozomi Seiko, même âge que lui, absente depuis les premiers mois lors de sa première année, apparemment pour raisons familiales, cela ne lui était encore pas assez, il fallait qu'il perce tous ses secrets, tous ses mystères, il avait le désir, de tous savoir d'elle.
« Seiko... que me caches-tu donc ? »
C'était la pause du midi, de coutume, Kyoya mangeait avec le reste du club à la cafeteria, mais aujourd'hui il prit à peine le temps d'acheter un simple beignet avant de venir s'isoler dans les jardins, son ordinateur portable à la main. Ses doigts pianotaient agilement sur le clavier, témoignant d'une habileté dû à l'habitude. Il rassemblait autant de document qu'il pouvait à propos de Seiko, depuis qu'il connaissait son nom de famille, cela allait bien plus vite, les portes s'ouvraient d'elles même. Un fichier complet à propos de la demoiselle se téléchargeait rapidement sur son ordinateur, il la regarda défiler avant que celle-ci ne s'arrête à quelques pour-cent de la fin.
« Si tu as quelque chose à me demander, pourquoi ne le fais-tu pas de toi même... Kyoya-kun ? »
C'était sa voix, c'était son doigt appuyé sur la touche echap de son clavier. Elle s'était glissée dans son dos, sans qu'il ne s'en aperçoive, ne laissant échapper aucun souffle, aucun bruissement d'habits. Kyoya la regarda se déplacer pour se poser juste sur le banc en face de lui. L'allée de gravier les séparait l'un de l'autre, et à cette distance, ils se jugeaient du regard, silencieusement. Ce fut au jeune homme de faire le premier pas, refermant son portable sur ses genoux, sa voix s'éleva dans l'air, grave, mais sans réel reproche.
« Pourquoi n'étais-tu plus là au petit matin ? »
Seiko s'appuya contre le dossier en croisant les jambes, elle avait l'air un peu évasif, comme si cette question à dire vrai, l'embarrassait.
« Je devais partir, c'est tout. »
Kyoya fronça un sourcil.
« Je vois. » dit-il en se redressant lentement, attrapant au passage, son portable.
Il n'aurait pu dire ce qu'il avait ressenti à ce moment exact, de la déception, de la frustration, les mêmes émotions peut être, qu'il avait ressenti au moment de se réveiller. Elle ne semblait pas porter plus d'intérêt que ça ce qui c'était passé entre eux, pourtant c'était assez important pour lui, sa première fois, et aussi, la première fois qu'avec une femme, il développait une relation aussi intime, aussi confiante. Blessé d'une certaine manière, il avança, le pas lourd, cherchant à sortir des jardins. C'était sans compter les pas qui le suivirent rapidement avant de se précipiter à son bras pour le retenir. Seiko était près de lui, le regard assez fâché, elle lui tenait fermement le bras.
« Tu avais dit que tu répondrais à mes questions.
Je ne savais pas que tu poserais celle-ci en particulier.
Ne crois-tu pas que je me sens un peu concerné par la fille avec qui je perds mon pucelage ?
Et toi ne crois-tu pas que je me sens tout aussi concernée ? Prépare d'autres questions, car je ne suis pas prête de quitter ce lycée. »
Doucement, elle le lâcha, et avec une attitude peut être un peu masculine, elle rentra ses mains dans ses poches et s'éloigna. Kyoya resta un long moment immobile, pour tout dire, il resta ainsi jusqu'à ce que la cloche ne sonne. Rajustant ses lunettes, il soupira en baissant les yeux vers le sol.
« Il y a en faite, beaucoup d'autres choses que je voudrais te demander... mais tu es un vrai cheval en furie... qui sera dur à rattraper. »
