Cher Journal,
Hier encore je ne connaissais rien à l'école et voilà désormais que j'en connais les moindres recoins. Avec James, on a prit l'habitude de sortir le soir. Il n'y a plus personne pour nous faire des représailles et on peut imaginer les bêtises que l'on fera le lendemain et personne ne nous voit. Il y a juste Miss Teigne, la chatte de Rusard, qui rôde avec son maître. Heureusement que la cape nous protège.
Les cours sont très, très ennuyeux. Surtout l'histoire de la magie. James et moi n'y allons pas par plaisir, quoique. James aime beaucoup observer Lily Evans, une Sang-de-Bourbe intelligente. Bon d'accord Sang-de-Bourbe n'est pas très polie j'avoue, il reste encore des traces de mon éducation.
Cette fille est un vrai puits de science. En potion c'est la meilleure de la classe. Le professeur Slughorn l'a fait membre de son club. Ce type est vraiment spécial. Dégénéré. Tous les premiers de la classe et les gens célèbres font partit de son club. Mais bon ni moi, ni James ne sommes célèbres ou même doués dans une matière.
C'est Lupin qui est le cerveau dans notre bande. Il est toujours très attentif et très patient avec nous. Mais il m'inquiète. Cela fait maintenant trois mois que nous nous connaissons et tout les mois, à la pleine lune, il disparaît. Il revient le lendemain fatigué et parfois blessé et nous dit qu'il était parti voir sa mère malade. Je ne suis pas convaincu et James non plus. Hier Rémus est revenu encore plus faible que d'habitude. Il est resté à l'infirmerie toute la journée. Quand il a franchi le portrait de la grosse dame on s'est précipité dessus. Il avait de grandes cernes sous les yeux, le visage pâle, il semblait malade. Ses vêtements déchirés étaient rapiécés. A cet instant Rémus ressemblait à ce qu'il était : une personne usée. Il a fui nos questions partant s'enfermer dans notre dortoir. James a prit un livre, s'est installé sur un des fauteuils miteux et s'est mit à lire. Peter Pettigrow jouait aux Bavboules avec d'autres élèves de premières années. (Il a intégré le club de joueurs de Bavboules, il est plutôt bon joueur).
Laissant mes amis, je suis parti à la bibliothèque. On avait un devoir à rendre au professeur Slughorn sur les poisons les plus répandus en Grande Bretagne. Deux rouleaux de parchemin pour le lundi suivant. Le calvaire. Tandis que je pensais à ma future rédaction quelqu'un me percuta. Ce n'était autre que ma cousine Bellatrix. Dieu que je ne l'aimais pas. Des trois sœurs elle était la pire. Tout petit déjà, elle m'insultait et me frappait. Pour que ça me rentre dans le crâne. Elle était cruelle et tyrannique. Je me souviens qu'à Noël elle me piquait mes jouets et me les cassaient soi-disant que ça me rendrait plus fort. Je ne l'aimais pas. Elle me regarda de ses yeux cruels.
- Bébé Black est à Gryffondor ! Bébé Black est un traître !
- Mais…
- Il n'y a pas de mais qui tienne. Tu vas rentrer gentiment dans cette classe vide et m'attendre. Si tu n'y es pas à mon retour tu seras puni.
Je n'ai pas eu le choix. Je suis rentré dans la salle vide et poussiéreuse et je l'ai attendue. Que pouvait-elle mijoter ? Elle n'était certainement pas contente que je sois à Gryffondor. Gamine déjà elle ne jurait que par Serpentard. « Toujours Pur » l'emblème de notre maison était son unique référence.
La porte s'ouvrit sur ma cousine et ses deux sœurs. Narcissa était ma préféré après Androméda évidemment. Bella ferma la porte derrière elle. Un sourire carnassier à ses lèvres.
Narcissa eut un air désolé et Androméda baissa les yeux.
- Sirius, tu es un traître à ton rang. Tu déshonores la Noble et Très Ancienne Maison des Black. Sais-tu que cet affront ne restera pas impuni. Personne ne me retiendra de t'infliger une punition à la hauteur de ton crime. Androméda, va faire la guet, Cissy lance un assurdiato, je ne voudrais pas qu'une meute d'élève rapplique ici en entendant les cris de Sirius.
Ma cousine était encore plus horrible que la dernière fois. M'éloigner d'Androméda l'unique personne qui me comprenait.
Bella se tourna vers moi visiblement ravie. J'aurais tout donné pour disparaître dans un trou de souris. Non, il ne fallait pas qu'elle se croit victorieuse. J'imaginais déjà le sortilège qu'elle me lancerait. Non, elle ne m'arracherait aucun cri.
- Tu connais le sortilège Doloris, mon petit ? Tu sais celui que mon père utilise pour punir les mauvais enfants. Les garnements dans ton genre. ENDOLORIS !
De sa baguette jaillit le sortilège impardonnable. Le maléfice me frappa de plein fouet. Me tordit les entrailles. Faillit m'arracher un cri. La douleur était épouvantable. Elle posa ses yeux sur moi et me dit que j'avais été un très vilain garçon. Ce ne fut pas les cinq Doloris qui me firent plier en deux mais la honte d'avoir ce monstre pour famille, la honte de ne pas pouvoir résister. Elle s'en alla en compagnie de Narcissa. Androméda resta avec moi, elle me prit dans ses bras et je pleurai. Elle me consola et m'aida à rejoindre les escaliers qui menaient à Gryffondor.
Je montai quatre à quatre les marches, franchi le portrait d'un pas rapide, montai dans mon dortoir. La porte était ouverte, je me glissai dans mon lit en fermant les rideaux d'une simple incantation. Et me mis à pleurer à chaudes larmes. Jamais je n'avais reçu pire punition. Pas même quand mon père mécontent de moi me donnait des coups de cannes, pas même quand ma mère m'ignorait et se tournait vers mon frère. Mon frère ce gamin trop parfait qui avait tout ce qu'il voulait.
Je n'ai pas entendu James frapper à la porte. Il est rentré dans la chambre sans faire de bruit, se guidant à mes pleurs étouffés. Il a ouvert le rideau et quand il m'a vu, les yeux rougis par les larmes, les lèvres rouge de m'être mordu il m'a prit dans ses bras.
Il m'a frotté le dos, m'a rassuré par des paroles douces et m'a demandé ce qui n'allait pas. J'aurais voulu lui dire, voulu lui faire comprendre. Mais que dirait-il de moi ? Que je manquais de courage ? Que j'étais faible ? Aurait-il pitié de moi, lui qui était choyé ?
Peter est rentré dans la chambre. J'ai dit à James d'attendre plus tard pour lui expliquer.
Il est parti, Peter sur les talons. Je ne sais pas où est Rémus.
Je t'ai pris, Journal, et je t'ai raconté ma journée désastreuse.
