Chapitre 2 : Intelligence et Punitions
Un soir, le père Wormwood rentra chez lui tout content, un papier à la main. Ouvrant joyeusement la porte, il s'exclama :
« J'suis génial ! J'suis incroyable ! Michael ! Crayon et papier ! Dans la cuisine ! »
Son fils, qui regardait la télé, se leva et prit les affaires que son père lui avait demandées. Le père entra dans la cuisine en souriant. Son épouse arriva aussitôt, toute souriante.
« On a vendu plein de voitures aujourd'hui, mon chouchou ? demanda-t-elle en lui tendant une bière.
Et comment ! souri-t-il en l'embrassant et en prenant sa boisson.
Alors j'peux m'acheter ma nouvelle télé ?
Mais ouais ! Hé ! Fiston ! s'exclama-t-il en se tournant vers son ainé. Un de ces jours, il te faudra gagner ta vie ! Je vais t'apprendre les ficelles du métier, mon grand ! Assis-toi et écrit ça ! »
Sur ce, Michael s'installa sur une chaise et posa son papier sur la table et prépara son crayon pour écrire. Ils remarquèrent à peine Donatello, assis plus loin et plongé dans sa lecture. Le père déplia son papier, ce qui attira l'attention de Donatello qui, sans délaisser son livre, écouta attentivement.
« Bon ! La première voiture que ton génie de père a vendue coutait 320 dollars ! Je l'ai vendue, tiens-toi bien, la coquette somme de 11058 dollars ! déclara le père, faisant sourire son épouse, alors que Michael copie attentivement. La seconde m'a couté 512 dollars ! Je l'ai vendue pour 2269 dollars ! La troisième…
Hé papa ! Tu vas trop vite ! se plaint Michael, qui peine à suivre son père fou de joie.
Ecris, j'te dis ! grogna-t-il avant de continuer, sans remarquer l'attention de Donatello. La troisième a couté 68 dollars ! Je l'ai revendue 999 dollars ! Quant à la quatrième, je l'avais payé 1100 dollars et je l'ai vendue 7839 dollars ! Ouais, un bon gros paquet de pognon !
Oh mon chéri ! C'est génial ! s'extasia son épouse.
Quel a été mon bénef aujourd'hui ? demanda-t-il à son fils ainé.
Tu peux répéter le dernier ? demanda Michael lorsque…
10265 dollars. » répondit calmement Donatello en tournant la page de son livre.
Cette déclaration étonna toute la famille. Ils se tournèrent vers le jeune garçon qui continu de lire tranquillement. Sentant les regards sur lui, il leva les yeux et vit leurs regards.
« Vérifiez si vous ne me croyez pas ! » dit-il calmement.
Reprenant son papier, le père, la mère et Michael regardèrent le nombre écrit en bas. Ils pâlirent en voyant que c'était le nombre exact qu'a donné Donatello. Son père, furieux, froissa le papier et grogna :
« T'es qu'un tricheur ! T'as vu le papier !
Je suis trop loin pour le lire et je lisais mon livre ! Je n'ai pas vu ton papier ! »
Le père se redressa et fixa son fils adoptif.
« Tu essaie de jouer au malin avec moi ? grogna-t-il en s'approchant de lui. Si tu joues au malin avec moi, jeune homme, tu seras puni !
Puni pour avoir donné la bonne réponse ? Puni parce que je suis malin ? demanda Donatello en redressant ses lunettes et fixant son père.
Toi, tu prends un malin plaisir à me contrarier ! Quand une personne est méchante, elle mérite qu'on lui donne une leçon !
Une personne ? s'étonna Donatello.
Allez ! Lève-toi ! » grogna-t-il en entrainant son fils dans sa chambre.
Harry Wormwood venait bien malgré lui de donner à son fils son premier conseil vraiment utile. Il avait voulu dire : quand un enfant est méchant… mais il avait dit : quand une personne est méchante. Il avait ainsi donné une idée révolutionnaire : les enfants peuvent punir leurs parents ! Uniquement quand ils le méritent, bien sûr ! Et cela ravi secrètement Donatello.
Le lendemain matin, alors que toute la maison dormait encore, Donatello se glissa dans la chambre de ses parents. Après un rapide regard au réveille-matin, il se dirigea vers discrètement vers le miroir avec tous les produits de beauté de sa mère et les lotions de son père. Il resta pensif quelques minutes, puis attrapa (sans difficulté grâce à sa grande taille) la bouteille de lotion pour cheveux de son père. Cherchant par quoi remplacer le produit, il observa toutes les étagères et trouva une bouteille de produit déteignant, celle que sa mère utilisait pour teindre ses cheveux en blonds. Il vida le contenu de la lotion dans le lavabo, puis la remplie du produit.
Alors qu'il venait de terminer de refermer la bouteille, le réveille-matin se mit à sonner, réveillant son père. Vite, Donatello remit les flacons à leur place puis se cacha en silence dans l'armoire. Il remercia silencieusement les livres qu'il avait lus sur le ninjutsu. Une fois son père dans la salle de bain, Donatello sortit de l'armoire en rampant et s'apprêta à sortir de la chambre… lorsque sa mère se redressa. Figé, Donatello resta sans bougé… puis souffla de soulagement en voyant que sa mère portant des cache-œil pour dormir. Vite, il sortit avant qu'elle ne remarqua sa présence.
Plus tard, quand le père Wormwood appliqua sa lotion sur ses cheveux, il appela :
« Michael ! Viens dans ma chambre !
Quoi ? grogna le fils, encore en pyjama.
Mon fils, aujourd'hui c'est le grand jour ! Ce matin, je t'emmène au garage ! Qu'est-ce que t'en dit ?
J'en sais rien ! Et toi, t'en dit quoi ?
90% du succès, c'est le look ! Les gens ne m'achètent pas une bagnole ! Il m'achète moi ! Et si je mets un point d'honneur à soigner mon look, c'est pour ça ! Cheveux gominés, rasé de près, costume classe ! File ! Ça va être une journée très enrichissante, petit ! »
Son fils quitta alors la chambre, laissant son père appliqué la lotion sur ses cheveux, sans savoir que Donatello y a touché.
Donatello récupéra ses gaufres toastées et les déposa dans son assiette. Son frère prit des cookies et alla s'assoir à table. Alors qu'il va s'asseoir à son tour, Donatello vérifia rapidement l'arrivée du paternel puis courut s'asseoir en entendant son père qui chantonne. Tout content, le père entra dans la cuisine.
« Prêt, mon fils ? L'héritier du trône ! Aujourd'hui, on entube le client ! »
Michael et Donatello se tournèrent vers lui… causant le sourire discret du cadet, et l'étonnement complet de l'ainé qui lâcha le cookie qu'il avait en main. Le fait que les cheveux noirs de son père soient déteints et proche du blond l'étonnèrent.
« Quoi ? Qu'est-ce que tu regardes ? grogna le père, devant ce regard. Hé chouquette ! Où est mon petit-déj ? demanda-t-il à sa femme, sans remarquer le sourire contenu de Donatello qui mange ses gaufres.
Il arrive, minouché chérie ! » déclara-t-elle en se retournant.
Mais lorsqu'elle vit les cheveux déteints de son mari, elle hurla et fit tomber le petit-déjeuner sur le sol. Donatello se mordit la joue pour ne pas rire. Il mangea tranquillement ses gaufres sans qu'on remarque son sourire amusé. Zinnia demanda à son époux, étonné :
« Mon roudoudou ! Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux ? »
Donatello prit une nouvelle bouchée de ses gaufres pour cacher son sourire. Le père ne comprit pas bien ce que son épouse voulut dire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » s'étonna-t-il.
Inquiet, il courut se regarder dans le miroir de l'entrée. Michael et sa mère le suivirent du regard. Lorsqu'il vit l'état de ses cheveux, il hurla et s'évanouit. Donatello eut beaucoup de mal à se retenir de rire. Afin de cacher son rire, il prit son verre de jus d'orange et bu en riant discrètement.
Afin de cacher l'état de ses cheveux, Harry Wormwood enfila un chapeau puis lui et ses deux fils se rendirent au garage du père. Ils emmenaient avec eux des pièces que le père utilisait pour modifier ses voitures.
Les trafics louches, tels que l'achat de pièces détachées volées, ne restent jamais longtemps secrets. Surtout quand le FBI s'en mêle ! Sans qu'il le sache, le père Wormwood était surveillé par deux agents du FBI qui observaient tous ses faits et gestes. Ce matin-là, lorsqu'il partit avec ses fils, il ne remarqua pas les agents dans leurs voitures et partit sans se soucier de rien.
Il conduisit ses fils dans son garage, où les voitures qu'il retapait étaient vendues très chers ! Dès qu'il arriva avec ses fils, il entra dans le garage et dit à Michael :
« Mon fils, un jour, tout ceci t'appartiendra !
Ça ? s'étonna le garçon en voyant le tas de ferrailles qui encombrait le garage.
Ouais ! dit-il en les faisant avancer dans le garage. Tu vois cette épave ? Je l'ai payé 100 dollars. Elle a 190000 kilomètres au compteur, la boite de vitesse est naze et les pare-chocs se font la malle. Qu'est-ce que je vais en faire ? demanda-t-il en regardant les deux garçons. LA VENDRE ! » dit-il en en ajoutant deux zéro au 100 dollars écrit sur le pare-brise.
Il prit les pare-chocs abimés et de la colle extra forte.
« Pour bien faire, il faudrait souder ces pare-chocs mais ça nécessite du temps, de bons outils et du pognon ! expliqua-t-il en badigeonnant les pare-chocs de colle. Alors, à la place, on utilise de la super super glue ! Allez s'y ! Allez le mettre en place ! »
Donatello et Michael obéirent et mirent le pare-chocs sur la voiture.
« Ça va pas tomber ? demanda l'ainé en se tournant vers son père.
Bien sûr que si.
Ce n'est pas dangereux ? s'inquiéta Donatello.
Pas pour moi ! D'accord ? grogna-t-il. Maintenant, la boite de vitesse ! »
Fourrant un entonnoir dans la boite de vitesse, il ajouta de la sciure en expliquant :
« La sciure aide à passer les vitesses et ça fait gentiment ronronner le moteur… sur quelques kilomètres.
Mais papa, c'est de la triche ! s'indigna Donatello.
Bien sûr que c'est de la triche ! On devient pas riche en étant honnête. » répliqua-t-il.
Après avoir fini avec la boite de vitesse, il s'attaqua au compteur.
« Y'a une vingtaine d'années, on faisait défiler les chiffres à la main. Mais… tiens-moi mon chapeau, Michael ! dit-il en tendant son chapeau à son fils qui le pose sur le plan de travail. Les flics adorent tester le génie du biznessman américain ! dit-il en connectant un câble relié à une perceuse au compteur. Il y a deux sens de rotation. Tu la fais tourner dans le bon sens, ça fait défiler à l'envers. Regarde bien le compteur ! »
En quelques tours, le compteur semblait avoir beaucoup moins de kilomètres.
« Trop cool ! s'exclama Michael.
Tu vois ? sourit le père.
Papa, tu es un escroc ! s'indigna Donatello.
Quoi ? s'étonna son père en stoppant ce qu'il faisait.
C'est illégal tout ça ! »
Furieux, le père donna le bricolage à Michael qui s'amusa à faire baisser les chiffres. Il se rapprocha de son fils adoptif, et grogna :
« Tu gagnes du pognon ? T'as un boulot ?
Non ! Mais les gens ont besoin d'une bonne voiture ! s'indigna le petit garçon. Vends-leur des voitures en bon état !
Ecoute-moi, monsieur je-sais-tout ! Je suis malin, tu es bête ! Je suis grand, tu es petit ! J'ai raison, tu as tort ! Et c'est comme ça et t'y peux rien ! »
Furieux, il retourna à son boulot, laissant Donatello figé sur place. Le jeune garçon se sentait mal. C'était injuste ! Son père était un escroc ! Respirant pour se calmer, il observa les pièces mécaniques autour de lui. En plus des livres, les machines et les inventions le fascinaient et il réparait toujours les objets électriques et ménagers de la maison. Soudain, ses yeux se posèrent sur le chapeau de son père et le pot de super super glue posé à côté. Il resta pensif quelques instants à observer les deux objets.
Alors que le père trafiquait la voiture, un klaxon retentit soudain et la mère Wormwood se gara en catastrophe en hurlant, folle de joie :
« Harry ! Harry ! J'ai gagné ! J'ai gagné ! J'ai décroché le double-bingo ! Venez tous ! Je vous invite tous au Per Se!
Fais-moi voir l'argent ! s'exclama Harry Wormwood en s'approchant de sa femme. Double-bingo, hein ?
Oh mon dieu ! Tes cheveux, c'est affreux ! Pourvu qu'on te laisse entrer. s'inquiéta son épouse.
Laisse ça et t'inquiète pas ! rumina-t-il.
Ton chapeau, papa ! » cria Donatello en courant rejoindre sa famille, le chapeau de son père en main et un léger sourire sur le visage.
Le père Wormwood attrapa son couvre-chef des mains de son cadet et le planta sur sa tête. Tout en montant dans la voiture, Donatello se retient de rire. Sa famille pensait qu'il s'était amusé ou qu'il était heureux pour sa mère. Cependant si, au lieu de s'occuper de combien sa femme avait gagné, le père aurait regardé dans son atelier, il aurait trouvé le pot de colle extra forte ouvert et le pinceau dégoulinant de colle abandonné sur l'établi, indiquant pour ceux qui l'avait vu que Donatello avait prévu une nouvelle punition pour son père.
Le Per Se est un restaurant très chic de New York. Seuls les ''pétés de tunes'' comme dirait le père Wormwood pouvaient prendre plaisir à s'y rendre et profiter de la nourriture. Lorsqu'ils furent garés devant le restaurant, Zinnia déclara :
« Parfois, je trouve ça sympa de sortir! Tu ne nous emmène jamais nulle part, Harry !
Mais si, je te sors ! s'indigna son mari. Je t'ai emmené chez Flipper, près de la pizzeria !
Alors là, ça ne me dit rien du tout ! répondit-elle en se remaquillant.
Le resto de poissons où t'avais trouvé un peigne dans la bouillabaisse ! Et les gosses étaient à la pizzeria, à côté ! expliqua-t-il.
Oh oui ! J'adore ce resto ! Et la pizzeria est géniale pour y larguer les marmots ! » s'exclama-t-elle alors qu'ils entraient dans le restaurant.
Le restaurant était grand et très chic. Un garçon de table les accueillit et les conduisit à une table. Tout en suivant ses parents, Donatello observait la décoration du bâtiment. Alors qu'ils avançaient, souriants, la mère Wormwood dit :
« Harry ! Enlève ton chapeau ! »
S'exécutant, le père tenta d'enlever son couvre-chef… en vain ! Donatello avait couvert les bords de colle et ceux-ci étaient collés à la tête de son père. C'était sa punition pour être un escroc.
« Je peux pas. s'étonna-t-il.
On retire son chapeau dans un resto classe, mon chéri ! déclara son épouse en souriant aux gens autour d'elle.
Je peux pas l'enlever. continua-t-il de s'étonner alors que Donatello et Michael s'installaient déjà à la table.
Je t'assure que personne ne fera attention à tes tifs ! » grogna-t-elle en se retournant vers son mari pour l'aider.
Mais lorsqu'elle tenta à son tour de retirer le chapeau, elle eut le même échec.
« Mais qu'est-ce qu'il a, ce chapeau ? s'énerva-t-elle.
J'arrive pas à l'enlever ! s'indigna son mari.
Attends, je vais te l'enlever, ça va pas trainer ! »
Tirant sur le chapeau, Zinnia tenta de l'arracher de la tête de son époux. Donatello observait la scène avec un petit sourire. L'attrapeur attrapé, pensait-il en voyant ses parents passés pour des idiots en essayant d'enlever le chapeau collé. Les gens autour d'eux observaient la scène, étonnés. Pourquoi cet homme n'enlevait pas son chapeau ? Pourquoi sa femme devait l'aider ? Tout semblait si ridicule que les rares enfants présents souriaient et se moquaient de ces gens ridicules.
« Oh mon chéri ! Ta tête a sérieusement gonflée ! s'exclama la mère Wormwood en continuant à tirer sur le chapeau.
Aïe ! Mais tu m'arrache la peau ! cria son époux.
Arrête donc de faire le gosse ! Ça suffit ! s'énerva-t-elle en tirant sur le couvre-chef.
C'est soudé à mes cheveux !
Comment ça soudé à tes cheveux ? Ça va pas la tête ! Tu te fiches de moi ! Donne-moi ce chapeau ! »
Michael grimaçait en voyant son père et sa mère s'énerver sur ce chapeau qui semble collé. Donatello souriait discrètement et retenait des rires. Les gens se demandaient ce qu'il pouvait se passer. Ce n'était pas normal. Zinnia s'énerva tellement sur le chapeau qu'elle en arracha les bords et partit en arrière, pour tomber sur une table voisine. Harry, lui, partit également en arrière et tomba sur des gens sous le regard amusé de Donatello. En se relevant, il percuta un serveur qui fit voler en l'air les menus qu'il tenait et le père Wormwood tomba en avant, sur le chariot à dessert. Les différentes pâtisseries volèrent en l'air et l'un des menus frappa une fourchette qui décolla à son tour. Un gâteau avec de la crème chantilly et des fruits rouges tomba intact juste devant Donatello et la fourchette se planta dedans, comme une invitation à le manger. Un autre gâteau, à la crème, s'écrasa devant Michael, éclaboussant l'ainé des fils Wormwood et les tables derrière lui de crème. Zinnia se releva de sa chute, toute décoiffée, Harry était tombé la tête la première dans une tarte à la chantilly, et Michael était couvert de crème. En face de lui, bien tranquillement, Donatello mangeait le gâteau qui était tombé devant lui, un sourire sur les lèvres, tant parce que le dessert était bon que par la punition qui était au départ pour son père avait puni toute sa famille. Un rire clair attira l'attention du jeune garçon. Seule à une table, une petite fille aux cheveux noirs en kimono de soie noire le regardait avec ses grands yeux bridés bruns. Sur ses yeux, il y avait du maquillage rouge qui rappelait vaguement des flammes. Donatello avait lu que certaines familles japonaises faisaient ces marques pour indiquer à quel clan appartenait l'enfant. Elle devait être japonaise. Elle tentait de rire discrètement comme pour ne pas ridiculiser davantage la famille. Lorsqu'elle remarqua le regard de Donatello sur elle, elle tenta de cacher son rire derrière sa main mais son sourire est tellement grand qu'elle n'y parvient pas. Donatello lui échangea un sourire, signe que ce n'était pas important si elle se moquait. Un serveur arriva et lui demanda :
« Mademoiselle Karai désire-t-elle autre chose ?
Non merci ! sourit-elle en se levant. J'ai eu un bon repas. Et j'ai même eu droit à un divertissement !
Vous m'en voyez ravis, Mademoiselle ! »
La mystérieuse Karai s'éloigna avec une escorte de quatre ninjas. Donatello la regarda partir en mangeant son dessert. Indirectement, il sentait que cette rencontre allait changer sa vie.
Rentrés chez eux après la honte qu'ils ont eue au Per Se, les Wormwood se sont plantés devant la télé. Armée de ciseaux, Zinnia entreprit d'enlever le chapeau collé de son mari. Celui-ci était furieux.
« Je ne permettrais pas qu'on me ridiculise ! hurla-t-il. J'exige le respect et j'le veux maintenant !
Je comprends toujours pas comment t'as fait pour te coller ce machin sur la tête. déclara son épouse en coupant les cheveux collés. Je sais ! Tu me dis que c'est pas vrai mais c'est évident que tu l'as collé.
Je n'ai rien collé sur ma tête ! Compris !? Cette saleté s'est rétrécie et le tissu s'est soudé à mon crâne ! »
Assis dans un fauteuil, un livre devant lui, Donatello observa discrètement la scène en souriant, fier de son petit effet. Il se retenait de rire car cela pourrait lui causer des problèmes. Pour empêcher de rire, il se plongea dans sa lecture. Enfin, Zinnia Wormwood parvient à arracher le chapeau de la tête de son mari. Des bouts de tissus sont restés collés sur son crâne et une partie des cheveux est restée collés dans le chapeau. Il avait l'air ridicule.
« Oh mon dieu ! Quelle horreur ! » ricana son épouse devant la tête qu'il avait.
Se regardant dans un miroir, le père Wormwood pâlit d'horreur. Il était défiguré ! Donatello le regarda en souriant mais personne ne remarqua ce sourire moqueur sur son visage. Redressant ses lunettes, il se replongea dans sa lecture. Furieux, le père déclara :
« A partir de maintenant, cette famille fera exactement ce que je dirais, où je le dirais et quand je le dirais !
Ton chapeau, Harry. dit sa femme, en espérant le calmer.
Donne-moi ce truc ! dit-il en l'arrachant des mains de sa femme pour le jeter au sol. Et pour l'instant, on est en train de dîner et de regarder la télé ! »
Ramenant un plateau avec une pizza devant lui, Harry Wormwood alluma la télé. Zinnia et Michael avaient également leur plateau repas devant eux et regardaient le petit écran. Il passait un jeu télé qui consistait à enduire quelqu'un de colle et à le placer dans une soufflerie avec des billets de banques. Le montant total des billets collés sur lui pendant le temps impartis sera gagné. Pour mieux voir, Michael éteignit la lumière. Seul Donatello resta dans son coin, sur le fauteuil avec sa lampe allumée, en train de lire. Après quelques minutes, le père Wormwood se tourna vers son jeune fils pour le trouver plongé dans son livre, complètement inconscient du monde qui l'entoure. Furieux et prenant cela pour une révolte silencieuse, il bouscula son plateau, se leva de son fauteuil et se dirigea vers son fils. Plus le temps passait, plus il regrettait d'avoir accepté de garder ce marmot tombé de dieu ne sait où pour seulement 10000 dollars ! Donatello n'avait jamais été mis au courant. Pour lui, il était un Wormwood ! Différent des autres mais un Wormwood. Le père resta planté quelques secondes, avant que Donatello ne remarque sa présence.
« Salut, papa. dit-il simplement.
Est-ce que tu fais partit de la famille ? » demanda son père.
Donatello resta muet, ne comprenant pas bien la question. Son père finit par s'impatienter.
« Allô ! Est-ce que tu fais partit de la famille ? grogna-t-il en éteignant la lumière, ne laissant comme visibilité que la lumière venant du poste télé. Le dîner, c'est un repas qui se prend en famille ! Et c'est quoi, ce torchon que tu lis ?
Arrête ! Ce n'est pas un torchon ! C'est très joli. Ça s'appelle Moby Dick et c'est de Herman Melville ! »
Son père se figea. Comme s'il tombait du ciel ou comme s'il était une poule qui trouvait un peigne.
« Moby quoi ? s'étonna-t-il en arrachant le livre des mains de son fils. Dégueulas ! Connerie ! Saloperie ! grogna-t-il en arrachant une à une les pages du livre sous le regard effrayé de Donatello.
Non ! Arrête ! Ce n'est pas à moi ! Je l'ai emprunté à la bibliothèque ! s'affola-t-il.
Ce n'est qu'un tas de saloperie ! hurla son père en jetant le livre détruit sur le sol. J'en ai marre que tu lises ! T'es un Wormwood ! Et il est temps que tu te conduises comme tel ! Assieds-toi bien et regarde la télé ! »
Sur ce, il attrapa violement la tête du jeune garçon et le força à regarder l'écran et le jeu télé qui s'y déroule. Toute sa famille, son père, sa mère et son frère, riaient en voyant les billets voler et se coller sur le candidat qui sourit niaisement. Tout ce cirque énerve Donatello. Bouleversé par la perte de son livre et agacé par son père qui le forçait à regarder ce jeu qui l'exaspérait, il serra les poings et, malgré lui, fixa l'écran. La colère sembla montée en lui comme la pression dans une cocotte-minute. Tout sembla monté dans ses yeux et, si sa famille l'avait regardé, ils auraient remarqué les sortes d'étincelles qui apparurent dans ses yeux rouge-bruns. Et à cet instant, la télé explosa, faisant hurler sa mère et le faisant sursauter. Maintenant dans le noir complet, le père ralluma la lumière.
« Je n'ai rien fait. se défendit Donatello.
Bien sûr que t'as rien fait, petit poison ! grommela son père.
Je t'avais dit que c'était un poste rabais ! déclara la mère Wormwood.
C'était pas un rabais ! C'était de la pacotille ou un poste volé ! Michael, rallume !
Oh la galère. » gémit le jeune garçon.
Alors que sa famille observait le poste détruit, Donatello resta pensif sur son siège. Etait-ce de la magie ou une coïncidence ? Il n'en savait rien. Il parait que les humains n'utilisent qu'une infime partie de leur cerveau. Donatello aurait pu ne jamais découvrir les pouvoirs de son esprit, sans les évènements qui se produisirent dès le lendemain… grâce à la petite fille du restaurant.
Dans une grande demeure qui ressemblait à un manoir, la petite fille du Per Se, Karai, entra dans un bureau où une silhouette inquiétante était assise. C'était visiblement un homme très fort et carré.
« As-tu passé une bonne soirée, Karai ? demanda-t-il à celle qui n'est autre que… sa fille !
Très bien, père ! Je me suis bien amusée !
Tu n'as donc pas été au restaurant comme d'habitude ?
Oui mais il y avait quelque chose de différent ! Une famille que je n'avais jamais vue. Ils ne doivent pas avoir les moyens de venir car vu leurs vêtements, ce sont des gens modestes.
Et pourquoi t'ont fait-ils rire ?
C'était hilarant, père ! Le paternel de cette famille avait le chapeau collé sur la tête. Son épouse tentait de le lui enlever mais ils ont juste réussit à bousculer une table et à envoyer des desserts s'écraser sur le sol. Il y avait un petit garçon avec eux, qui lui doit avoir plus de chance. Il a eu un dessert qui lui est tombé intact devant le nez et l'a mangé tranquillement sans se soucier de sa famille. C'était tellement drôle !
Sais-tu qui est cette famille ? demanda la silhouette sombre.
Je crois avoir entendu leur nom. C'était… les Wormwood, je crois… »
L'homme dans l'ombre serra les poings et grogna.
« Monte dans ta chambre, Karai ! »
Effrayée, la fillette sortit sans demandé son reste. L'homme grogna, furieux, comme si quelque chose de son passé ressurgissait. D'une voix froide et menaçante, il grogna :
« Les Wormwood… »
Découverte de l'intelligence de Donnie et Punitions pour le père Wormwood!^^ Et apparition de deux personnages importants: Karai et son père!
Je me suis renseigné. Le Per Se est vraiment un resto chic de New York et coute apparemment très cher. Le nom de ce resto est donc vrai à 100%!
