Salut tout le monde j'espère que cette traduction vous plait ! Pour ceux et celle que ça intéresse voici le lien de la ff en anglais:

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Bonne lecture

Chapitre Vingt Deux

Catherine ne pouvait par rentrer chez elle, pas encore. Elle avait besoin de se calmer, elle avait besoin de penser, de remettre ses idées au clair. Elle fit donc la meilleure chose, la seule chose dont elle se sentait capable…. Elle s'assit dans sa voiture mais n'alluma pas le moteur.

Le parking était désert, étrangement calme mais c'était ce dont Catherine avait besoin. Une fois elle à l'intérieur de sa voiture, elle posa sa tête en arrière contre le coussin ferme de son siège, elle ne savait pas par où commencer…. Qu'est ce qu'elle était supposée penser de ce que Grissom venait de lui confier sur ses sentiments pour Sara ? Est-ce qu'elle était supposée l'aider à résoudre son problème ? Comment ? Avait-elle vraiment envie de le faire ? Est-ce qu'elle pouvait essayer de savoir ce que pensait Sara ? Où était le cœur de Sara, pour qui battait vraiment le cœur de Sara ?

Catherine ferma les yeux et laissa courir ses pensées….

Elle se trouva transportée à ce jour prophétique qui avait changé la direction de sa vie et qui pourtant avait coûté tellement à Sara…

Un mois plus tôt :

Catherine venait de boucler sa dernière affaire de la soirée et n'avait plus rien à faire !Elle n'avait trouvé Grissom nulle part quand elle était revenue au laboratoire. Elle avait donc décidé de se rendre en salle de pause pour manger un morceau lorsque qu'elle avait entendu Pete et Archie qui parlaient dans le couloir.

"Hé, tu as entendu parler de l'affaire de Sara et Nick ? Il paraît qu'ils auraient à faire à un meurtrier fou."

"Oui je suis au courant ! Il parait même que Nick et Sara ont trouvé le dessin d'une éclipse solaire sur l'abdomen de la fille. Combien de fois ce genre de trucs peux t'arriver dans une carrière ?"

Une éclipse solaire sur l'abdomen de la fille ? Se répéta mentalement Catherine alors que son cerveau commençait déjà à lui envoyer des signaux. La petite blonde n'avait alors pas hésité une seconde et s'était précipitée dans le laboratoire où elle était sûre de trouver Sara.

La grande brune était bien là… droite et concentrée, en train de regarder les photos du lieu du crime avec Nick.

Catherine frappa sur la porte pour obtenir leur attention.

Sara s'était tout de suite immobilisée et avait tourné la tête vers la nouvelle venue.

"Catherine, quelque chose ne va pas ? On peut t'aider ? "

La petite blonde répéta alors ce qu'elle avait entendu dans le couloir. Et Nick lui confirma rapidement que c'était la stricte vérité et que ces informations étaient exactes.

"J'ai eu un cas comme celui là, il y a presque six ans. Trois filles adolescentes ont été assassinées, toutes avec ce même croquis sur leur estomac. Malheureusement, il n'y avait jamais aucun lien entre les victimes… et pas de suspect !"

"Je parie que c'est le même type !" marmonna Nick "Nous avons commencé à rassembler les indices…"

Catherine ne savait pas vraiment comment exprimer sa demande... Quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise elle finirait par les offenser, elle en était persuadée. Mais l'ambition et la détermination qui brûlaient toujours au fond d'elle refusaient de se taire. Catherine fut alors reconnaissante à Grissom de les gratifier de sa présence à ce moment précis !

"Nick, Sara, comment se présente ce cas ?"Demanda t'il en entrant dans la pièce

"Grissom, c'est notre cas du tueur de l'éclipse." Hurla presque Catherine avant que les deux jeunes CSI aient la moindre chance de répondre. Grissom lui jeta un regard neutre.

"Souviens-toi, en Décembre 2002, après l'éclipse solaire il y a eu une série de trois meurtres ! On avait retrouvé les victimes avec le torse couvert de mutilations et sur leur abdomen il y avait le dessin d'une éclipse ! …"

"Ah oui, je me souviens." Dit Gil en faisant un signe de tête. "Même type ?"

" Je pense que oui… ça se tient ! "Répondit Sara.

"Grissom, je veux cette affaire ! " dit soudain Catherine en évitant soigneusement de regarder Nick et Sara visiblement sous le choc.

"Quoi ? Non sûrement pas, c'est notre affaire ! " Avait répliqué Sara pleine de colère.

"Catherine, c'est leur cas." Répéta doucement Grissom.

"Je sais mais j'ai étudié… j'ai travaillé sur les premiers meurtres je connais l'affaire Gil ! Personne ne la connaît mieux que moi ! " Dit Catherine d'une voix anormalement calme. "Et je pense que mes notes antérieures nous aideront à coincer plus rapidement ce type."

Grissom mâchonna quelques secondes sa lèvre inférieure et fit alors un signe de la tête. "Bien, C'est d'accord ! Cette affaire est à toi Catherine ! Prends Nick avec toi… Sara, j'ai besoin de ton aide sur un 419 en ville."

Sara était restée aphone, frappée par la colère…

Nick quant à lui émit une faible protestation : "Gris, ce n'est pas juste ! Je consens que Catherine ait des renseignements qui peuvent être utiles mais tu ne peux pas prendre cette affaire à Sara c'est la sienne autant que la mienne ! "

"Je ne peux pas avoir trois CSI de haut niveau qui travaillent sur ce cas un jour occupé comme celui là, désolé Nick. Il y a d'autres affaires à traiter ! "

"Oh, donc ce n'est pas grave que tu me jette comme une vieille chaussette de ce cas, parce qu'il y en a plein d'autres c'est ça ?! " cracha Sara avec amertume.

"Quelle différence est-ce que ça fait, que tu travail sur ce cas ou sur un autre ?" Demanda soudain Gil en poussant un soupir

"C'est pour le principe, Grissom ! Pourquoi est-ce que c'est elle qui a toujours ce qu'elle veut ? Il suffit qu'elle soit gentille avec toi, qu'elle te sourit et tu lui cèdes ! "

" Il y a un 419 qui t'attend, Sara." Dit simplement Gil en lui tendant sa feuille de route

La grande brune la lui arracha des mains et quitta la pièce avec rage.

" Si Sara ne travaille pas sur ce cas moi non plus !" dit Nick d'un ton glacial en fixant Catherine avant de sortir à son tour "Bonne chance avec ton affaire ! " Lança t'il de loin

"Je suis désolé pour ce que Sara a dit et pour la réaction de Nick… mais la prochaine fois… j'apprécierais vraiment que ta demande soit moins… mielleuse ! Demande-moi les choses simplement Catherine ça évitera les tensions dans l'équipe ! " Dit Gil en quittant le labo

"Ne t'en fait pas, je n'ai pas fait attention à ce qu'a dit Sara. Quand à Nick il se calmera ! Et puis ce n'est un secret pour personne j'ai toujours ce que je veux ! C'est moi la garce de ce labo alors il faut que je reste à la hauteur de ma réputation ! " Dit Catherine avec une note de sarcasme.

Une fois seule dans la pièce, Catherine prit le temps de penser à ce qu'elle avait fait. Elle n'avait jamais projeté une seule seconde de virer Sara de cette affaire. En fait, elle espérait même qu'elles pourraient travailler ensemble sur le cas. Sara avait un instinct étrange et fascinant qui ne pouvait rivaliser qu'avec celui de Grissom. La moitié du temps Catherine et Sara n'étaient jamais assignées sur les mêmes affaires. Cependant, l'autre moitié du temps où elles travaillaient ensemble, elles travaillaient remarquablement bien, c'était presque comme si elles étaient en fusion chacune finissant la phrase de l'autre.

Catherine soupira…

Cet incident mettait un frein majeur sur ses plans pour essayer de briser la glace entre elle et sa collègue. Sara ne lui pardonnerait pas aussi facilement cette fois !

Mais si Catherine pensait que les choses allaient en rester là elle avait tort… La guerre froide entre elle et Sara ne faisait que commencer…

Le jour suivant alors que la petite blonde était dans son bureau, elle sentit soudain un courant d'air. Catherine leva le nez de son bureau pour découvrit que sa porte était ouverte et que la grande brune, visiblement très fâchée, lui faisait face.

Oh… Sara !

"Oui ?" demanda la CSIsurprise par cette intrusion

"Pourquoi, Catherine ?" La fureur était évidente dans les yeux de Sara.

Catherine décida d'être sincère et d'essayer de marquer une trêve avec la jeune CSI.

"Sara, je voulais juste être sur ce cas. Je n'ai jamais voulu que Grissom te retire l'affaire."dit doucement Catherine.

"Pourquoi ? Tes propres affaires ne te suffisent plus ?Est-ce que tu as un problème avec moi ? Tu aurais pu me donner tes notes, on aurait pu en parler ensemble. Mais non ! Il a fallu que tu me fasses passer pour une incompétente, et que tu me prennes cette affaire ! "

"Ce n'était pas mon intention ! C'est juste que ce cas m'avait touchée à l'époque et je voulais y mettre fin, je voulais refermer cette affaire personnellement."

"Oh, c'est ça ton excuse." Répliqua sèchement Sara en montrant ses dents. "Depuis que je suis arrivée ici, tu n'arrêtes pas de me dire de ne pas m'impliquer personnellement mais si c'est toi ce n'est pas grave ?! Depuis le premier jour tu ne fais que me rabaisser d'une façon ou d'une autre !Et depuis que j'ai travaillé sur le cas d'Eddie, c'est encore pire ! Mais j'ai fait de mon mieux Catherine, j'ai fait plus que de mon mieux, j'ai fait du bon boulot ! Ce n'est pas de ma faute si ton ex-mari s'est fait descendre ! Je n'y suis pour rien ce n'est pas moi qui lui ai tiré dessus même s'il le méritait ! "

D'accord, Sara testait visiblement la patience de sa collègue...

"Cela n'a rien à voir avec Eddie." Répondit calmement Catherine

"Non, ça n'a rien à voir avec le cas d'Eddie… en fait ça fait partie d'une beaucoup plus grande image..." Sara la gratifia d'un sourire froid. " Tu ne supportes pas ma façon de travailler ! Tu me blesses juste parce que j'utilise mon intelligence, mes compétences pour résoudre un cas. Contrairement à toi, qui fait état de ta sexualité pour obtenir ce que tu veux ! "

Ok… c'était comme ça que Sara voulait se la jouer, il n'était donc plus question de trêve à présent pour Catherine !

" Très bien Sara, on va en rester là avant que je ne m'énerve pour de bon ! Je ne veux pas déposer une plainte officielle contre toi, alors arrête ça tout de suite !" menaça la petite blonde

" C'est tout que tu peux faire, vraiment ? Tu me déçois Catherine je t'ai connue plus combative " Dit Sara en croisant les bras.

"Laisse moi te rappeler que j'étais ici bien avant toi et j'ai plus d'expérience. Les gens me respectent et si certains sont attirés par moi, c'est leur affaire, vraiment pas la mienne. J'ai réussit ma vie Sara, je suis fière de la personne que je suis !En revanche, je ne suis pas sûre que ce soit la même chose pour toi ! Pourquoi est-ce que tu dis toutes ces choses sur moi ? Peut-être es tu jalouse. Parce que moi j'ai une vie ! Alors que toi tu n'as aucune vie sociale ! "

L'éclat de douleur qui traversa le visage de la jeune CSI, fit alors se rendre compte à Catherine de ce qu'elle venait de dire. Merde !Pensa la petite blonde

"Sara, je, je ne voulais pas dire que…" commença à bafouiller Catherine

" Tu sais… je pensais vraiment que j'avais tort à ton sujet, que je t'avais mal jugée ! Mais aujourd'hui, tu m'as prouvée que j'avais raison. Je suis désolée de t'avoir fait perdre ton temps."

Mon dieu, mais qu'est-ce j'ai fait ?! Se demanda alors Catherine

La petite blonde se leva mais il était trop tard… Sara avait déjà disparu au détour d'un couloir.

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Les mots qu'elle avait prononcés ce jour là, lui avaient fait du mal, mais elle savait qu'ils avaient blessé Sara encore bien plus. Elle s'avança sur son siège et laissa sa tête s'écrouler sur le volant. Ses yeux brillaient dangereusement… elle n'était pas sûre de pouvoir retenir ses larmes encore longtemps… Si seulement elle avait pu reprendre ce qu'elle avait dit à Sara ce jour là, elle l'aurait fait sans hésiter. Elle n'aurait jamais dû agir de cette façon avec la grande brune ! Elle savait qu'elle avait conduit Sara au bord de l'explosion. Elle aurait dû chercher sa collègue pour reconnaître son erreur, pour s'excuser. Mais au lieu de ça, Catherine l'avait poussée un peu plus. Elle avait blessé Sara, et Catherine se détestait pour ça !

"Je suis désolée, Sara." Catherine sanglota dans ses mains. "Je suis tellement désolée, Sara."

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Warrick était déjà sur un cas, Catherine n'avait donc pas le choix, elle devait se tourner vers Greg si elle voulait de l'aide. La petite blonde n'avait parlé à personne de sa dispute avec Sara, elle ne s'était pas plainte non plus du comportement de Nick. Gil n'avait pas débarqué dans son bureau la seconde qui avait suivi sa dispute avec Sara, Catherine en déduisit donc que la grande brune n'avait parlé à personne de leur altercation !

La petite blonde devait avouer que toute cette histoire la travaillait plus qu'elle ne l'aurait voulu ! Depuis plus de deux heures elle n'était arrivée à penser à rien d'autre qu'à Sara !

Catherine essayait tant bien que mal de justifier sa colère et les mots sévères qu'elle avait eus pour la grande brune. C'était vrai que Sara lui avait fait perdre le contrôle et quelle n'avait eu qu'un seul désir, la blesser profondément. Mais elle était son aînée et elle aurait dû lui montrer l'exemple ! Catherine ne pouvait plus rien faire, ce qui était fait était fait ! Dans quelques jours tout serait revenu à la normale. Les choses se terminaient toujours comme ça avec elles. Elles avaient leurs bagarres, légendaires si on en croyait les bruits de couloir, puis elles s'évitaient quelques temps et puis un jour elles se retrouvaient sur une scène de crime ou en salle de pause devant un café comme si rien ne s'était passé. Il n'y avait jamais d'excuses ou de tentatives de discuter de ce qui s'était passé. Les choses restaient juste comme ça… jusqu'à leur prochaine dispute !

"Hé Catherine."Dit Greg en entrant dans le bureau de la petite blonde. "Sara m'a donné ses notes. Je pense que tu devrais y jeter un oeil."

"Je n'en ai pas besoin ! "Répliqua Catherine avec mauvaise humeur

"Catherine, elle a dit…"

"Je me fiche pas mal de ce qu'elle a dit, Greg."

"Ok, peut-être que je ne suis pas à la meilleure place pour donner des conseils mais…"

"Alors ne m'en donne pas ! "Le coupa sèchement Catherine.

"D'accord j'ai bien reçu le message ! "Dit le jeune homme en sortant du bureau de la CSI, il savait que ça ne servait à rien de parler à la petite blonde quand elle était dans cet état.

La tête de Catherine la faisait atrocement souffrir et elle n'arrivait pas à se concentrer sur le cas. Peut-être qu'elle aurait dû prendre les notes de Sara finalement. Après tout, c'était un peu comme une offre de paix. Mais l'orgueil de la petite blonde l'empêchait d'accepter, si Sara voulait faire la paix, elle n'avait qu'à venir elle-même ! Elle savait très bien que Sara était au labo, elle n'avait qu'à venir dans son bureau au lieu d'envoyer Greg.

Le jeune homme réapparut alors sur le pas de son bureau.

"Quoi encore ?" râla Catherine toujours de mauvaise humeur

"Sara est partie… elle est partie toute seule ! Je lui ai rendu ses notes et elle m'a regardé comme si je l'avais giflée ! " Dit Greg qui ne comprenait pas la réaction de la grande brune "Elle a dit que si tu ne voulais pas suivre cette piste, elle le ferait elle-même ! "

"Mais qu'est ce qui lui a pris encore ?! " Catherine n'arrivait pas à croire l'insouciance dont pouvait faire preuve Sara Sidle quelques fois. Durant les dernières vingt-quatre heures, la grande brune était arrivée au bout de sa patience, Catherine n'arrivait plus à la comprendre ni à lui trouver d'excuse. Pourquoi n'était-elle pas venue la voir au lieu de partir comme ça sur un coup de tête.

"Elle est toute seule sans soutient Catherine…"

"Et bien, laisse-la ! Puisqu'elle a décidé de partir, qu'elle se débrouille ! " Dit Catherine sous le coup de la colère

"Je crois savoir où elle est partie… je peux la rattraper "

"Pas question Greg, laisse-la ! De tout façon j'ai besoin de toi ici, et on ne va pas passer notre temps à courir après une femme qui a clairement perdu la tête "

"Mais, Sara a …"

"Sara s'en sortira très bien toute seule ! Mais je peux te jurer qu'elle va m'entendre dès son retour ! " Assura Catherine en se passant la main sur le visage

Mais Sara n'était jamais revenue…

Après plus de deux heures, l'inquiétude de Greg avait pris le pas sur sa raison et il avait annoncé à la petite blonde qu'il allait rejoindre Sara…

Une demi-heure plus tard le portable de Catherine sonnait… c'était Greg qui lui demandait de l'aide... Sara et lui étaient en danger…

Le reste des événements s'enchaîna très vite dans l'esprit de la CSI… L'hôpital, le visage meurtri de Sara, son amnésie, leurs baisers passionnés de tout à l'heure…

Une vague de sanglots secoua alors violemment Catherine… C'était sa faute, tout ça était sa faute !

Chapitre Vingt Trois

Le soleil qui tapait sur la voiture réveilla Catherine… elle ouvrit péniblement les yeux et s'aperçu que le soleil était déjà haut dans le ciel. Un coup sur la vitre de sa voiture attira alors sont attention…

Elle baissa la vitre pour voir Greg qui lui souriait de toutes ses dents.

"Catherine, tu as dormi à l'intérieur de ta voiture ce n'est pas raisonnable."

"Dormi ? Oh mon dieu mais je suis là depuis combien de temps au juste ? "

"Je ne sais pas…" répondit le jeune homme en fronçant les sourcils. "Qu'est-ce que tu fait ici d'ailleurs ? Ce n'était pas ta nuit de congé hier soir ?"

"Ouais… mais je suis passée au labo pour récupérer un truc… et je devine que j'étais fatiguée c'est pour ça que je me suis endormie là." Mentit Catherine.

Greg n'eu pas l'air très convaincu par la réponse de son aînée

"Tu veux que je te ramène chez toi ? " Demanda-t-il

"Non, merci ! Je vais bien." Répondit poliment Catherine "Euh, Greg, est-ce que ça pourrait rester entre nous cette histoire de parking ? "

L'indécision qui apparu sur son visage affola légèrement la petite blonde, puis il se gratta le menton d'une façon plus que sérieuse avant de dire : "Et qu'est-ce que je reçois en échange ?"

"Aucune paperasserie, aucun rapport d'enquête, seulement du terrain pendant un mois."

" Vendu ! Ça marche ! Je ne dirai rien et je vais sur le terrain pendant un mois ! "

"Bien alors nous sommes d'accord ! "Dit Catherine avant de démarrer sa voiture

"Nous sommes d'accord ! A plus tard ! " Répondit Greg en s'éloignant

Catherine poussa un soupir de soulagement et quitta le parking

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Comme Catherine approchait de sa rue, elle sentit ses mains devenir moites. Elle ne savait pas ce qui était pire, sa culpabilité ou son embarras. Elle savait qu'elle devait faire face à Sara mais elle n'était pas entièrement sûre d'y être préparée, elle n'était pas en état de l'affronter.

Elles devaient parler, elle le savait très bien, mais Catherine n'était pas encore capable d'exprimer clairement ses pensées ! Elle ne pouvait pas encore pousser la porte de chez elle… Il n'y avait plus qu'un seul endroit où elle pouvait se rendre…

Nancy vivait à quelques rues d'ici… Catherine avait besoin de voir sa sœur, elle ne tourna pas dans sa rue et continua à rouler, dépassant quelques blocs de maisons avant de se garer devant chez sa sœur. Elle coupa le moteur de sa Denali et se dirigea vers la porte…

"Je te manquais déjà ? " Dit Nancy en ouvrant la porte. Mais lorsqu'elle vit le visage complètement défait de sa sœur son sourire s'effaça immédiatement

" Mon Dieu, Catherine, qu'est ce qui s'est passé ? "

"J'aurai besoin d'un remontant, tu aurais de l'alcool ? " Marmonna Catherine.

"À 7 heures du matin ?"

"Oui, ça m'aidera !"

"Non, non, attends reste là." Dit Nancy en bloquant Catherine pour la forcer à s'asseoir sur le divan. " Je vais te chercher une bière mais reste là."

" Non pas de bière ! J'ai besoin de quelque chose de bien plus fort ! De la vodka de préférence." Murmura Catherine avant de s'écrouler sur le canapé.

Nancy leva les sourcils mais ne dit rien.

Catherine avala le verre de vodka que lui tendit sa sœur d'un seul trait. Elle toussa et posa le verre vide sur la table basse.

"Tu veux bien me dire ce qui s'est passé maintenant ?! " demanda Nancy en fixant sa soeur.

"Grissom ! Voilà ce qui s'est passé." Marmonna Catherine.

" Grissom ? " C'était bien la dernière chose à laquelle Nancy s'attendait "Je ne pense pas que je comprends bien ce que tu veux dire"

"Hier soir, Grissom m'a appelée. Il a dit qu'il voulait me parler." la voix de Catherine commençait à trembler dangereusement. Nancy se demanda alors si cela ne venait pas de la vodka mais bientôt des larmes envahirent les yeux de sa sœur et cette dernière éclata en pleurs.

L'inquiétude de Nancy grandit tout à coup : "Qu'est-ce qu'il te voulait ? De quoi voulait il te parler ?"

"Sara… Il voulait me parler de Sara." La petite blonde rit nerveusement "Il veut être avec Sara… il veut sortir avec elle ! "

Oh non ! Pensa Nancy en posant une main chaude sur l'épaule de sa soeur.

"Et Sara ? "

"D'après ce que je sais… Elle l'aimait, avant l'accident… Maintenant elle ne se souvient pas ! Mais quand sa mémoire lui reviendra, elle se souviendra… elle se rappellera combien elle aimait Grissom et combien elle me détestait ! "

"Pourquoi est-ce qu'elle te détesterait ?" demanda Nancy qui ne comprenait pas.

Pleurant de plus belle, Catherine raconta à sa soeur sa dispute avec Sara quelques heures avant l'accident ! Elle lui parla de sa culpabilité, elle lui expliqua que c'était pour cette raison qu'elle avait proposé à Sara de vivre chez elle. Puis elle lui expliqua que pendant les 4 semaines qui venaient de s'écouler elle avait lié un début d'amitié sincère avec la grande brune qui comptait plus que tout pour elle, et puis elle lui parla du baiser passionné de la nuit dernière, de cette émotion partagée, de cette impression de ne plus faire qu'une avec Sara…

Elle lui parla de sa discussion avec Grissom et de sa nuit sur le parking…

Quand Catherine eu fini, elle se servit un deuxième verre de vodka, qu'elle avala aussi rapidement que le premier. La vodka lui embrumait peu à peu l'esprit et grâce à ça elle avait l'impression de moins souffrir.

Nancy était abasourdie, elle prit un moment pour traiter tous les renseignements que venait de lui donner sa sœur et trouver une solution logique à ce problème.

" Je crois que tu t'es mise dans un sacré pétrin Cathy ! " Marmonna Nancy

Catherine releva la tête pour fixer sa sœur. Nancy ne l'appelait Cathy que lorsqu'elle avait quelque chose d'important à lui demander ou lorsqu'elle, Catherine, s'était mise dans une mauvaise situation, une très mauvaise situation !

"Je sais déjà tout ça ! Mais que dois-je faire ? " Demanda la CSI les yeux suppliants

"Mon dieu, ma chérie, je crois que tu en as bien assez fait comme ça ! " dit Nancy sur un ton sarcastique

"Nancy, je sais que j'ai foiré, ok ? Je n'ai pas besoin que tu me le rappelles sans cesse !"

"Ok… ok… je suis désolée. Donc, qu'est-ce que tu veux faire ? "

"Je veux remonter le temps, effacer tout ce qui s'est passé, protéger Sara… me protéger ! " répondit Catherine.

"Tu ne peux pas faire ça. Mais peut-être que tu devrais parler à Sara." Suggéra Nancy

" Pour lui dire quoi ? Oh Sara, à propos, je suis la cause de ton accident, c'est ma faute si tu as perdu la mémoire. Si je t'avais écoutée ça ne serait pas arrivé ! Ou peut-être que je devrais lui dire : hé Sara, puisque tu ne te souviens pas de moi, on s'entend super bien et puisque je me suis rendue compte que je t'aime vraiment beaucoup peut être qu'on pourrait avoir une aventure toi et moi avant que tu te rappelles à quel point tu me hais ! Parce que moi je te mettrais bien dans mon lit belle brune ! "

"Catherine ! " Soupira Nancy " Cet accident n'est pas ta faute ! C'est juste un accident ! Et ce que tu ressens pour Sara est bien plus que du désir physique ! "

"Je ne suis pas sûre de ça… je ne sais plus…"

"Pourtant hier soir quand je vous ai vues ensemble c'était évident pour moi ! Et il semblerait que Sara te porte plus qu'une simple amitié ! Quoi que tu ressentes pour elle, amour ou désir physique, tu n'es pas seule à l'éprouver… " Dit Nancy en jouant avec une mèche de cheveux de sa soeur.

"Peut-être… mais que se passera t'il quand elle se souviendra ?"

"Tu sais… il y a toujours une chance qu'elle ne se souvienne pas…" chuchota Nancy

"Et donc ?! Je suis supposée profiter de la situation ? " Répliqua Catherine froidement

"Je dis juste que… ok d'accord, je ne sais plus ce que je dis ! " Nancy se leva. "Je pense que j'ai besoin d'une vodka moi aussi. " Nancy alla se chercher un verre, le remplit et resservit un verre à Catherine.

" Bon reprenons…. Si tu ne veux pas profiter de la situation…" Dit Nancy "Mais que tu veux être avec Sara, tu dois prendre un risque. Tu dois lui parler ! Il y a une chance, elle te pardonnera peut-être

"Si j'étais elle, je ne me pardonnerais pas ! " Affirma Catherine

"Mais heureusement pour toi tu n'es pas elle ! Je pense que c'est la meilleure chose à faire tu dois être honnête avec elle."

"Et je fais quoi au sujet de Grissom ?" demanda Catherine "Il l'aime, je le vois dans ses yeux, il la mérite vraiment ! Gil est quelqu'un de bien tu sais ! "

"Que comptes tu faire au juste ? Sacrifier ton bonheur pour Grissom ?" demanda Nancy qui avait peur d'entendre la réponse.

"Gil a toujours été là pour moi, il m'a soutenue pendant mes heures les plus sombres. Il est mon mentor et je peux compter sur lui pour n'importe quoi ! Est-ce que tu te souviens dans quel état j'étais avant ? Je travaillais comme danseuse nue, j'étais accro à la coke, mon mariage avec Eddie était un fiasco ! Gil m'a donné une deuxième chance. Il m'a donné un travailler, un avenir pour ma fille. Je lui dois tant ! " Catherine cala son menton sur ses poings. "Il n'est pas la personne la plus démonstrative qui soit au monde, il ne sait pas parler de sentiments mais il a toujours été là ! Il m'a tendu la main chaque fois que j'ai trébuché, et chaque fois que je suis tombée il m'a relevée ! "

"Et lui laisser Sara sera une façon de le rembourser ?"

"Oui… et comme ça tout le monde sera heureux ! " dit Catherine avec un faux enthousiasme.

"Oh non, Cath ! Grissom sera heureux. Sara peut être…. Mais toi ?"

"Je serais heureuse parce que je serais sauvée… je ne commettrais pas une énorme erreur avec Sara. Je ne veux pas qu'un jour elle se souvienne qu'elle était toujours amoureuse de Grissom et qu'elle n'a fait que m'utiliser pour combler un vide dans sa vie ! "

"Oh, je ne pense pas que ça arrivera ! Mais si tu y as bien réfléchi et que tu penses que Sara sera plus heureuse avec lui, alors fais le, je ne t'en empêcherai pas ! " dit Nancy résignée

"C'est vrai ?"

"Tu es ma soeur et ton bonheur est important pour moi. Ce que tu t'apprêtes à faire est vraiment honorable. Si j'étais à ta place, je ne pense pas que j'aurais le courage de le faire. Mais encore…" Nancy sourit d'un air affecté. " Mais encore une fois il n'y a que toi pour te mettre dans ce genre de situation, dans des situations aussi compliquées je veux dire ! "

Catherine rit et poussa sa soeur sur le canapé. Nancy passa un bras autour de la CSI

"Est-ce que tu es sûre de vouloir faire ça, Cath ? Cela va te faire tellement de mal "

" Je ne veux pas le faire… mais je le dois ! " Catherine sourit tristement à sa sœur "Peut-être que je ne tiens pas tant que ça à elle, c'est peut-être juste la crise de la quarantaine ?! "

Nancy avait bien compris que ça serait moins dur pour sa sœur si elle se berçait d'illusions : "Ouais c'est sûrement la crise de la quarantaine ! " acquiesça Nancy.

Catherine rit entre ses larmes et sa sœur lui caressa tendrement les cheveux, tandis que la CSI posait doucement sa tête sur ses genoux pour laisser s'échapper tout son chagrin

Chapitre Vingt Quatre

Catherine avait trop bu pour conduire, Nancy la déposa donc chez elle.

" Tu es sûre de vouloir faire ça ? Personne ne t'y oblige ! " Dit Nancy en déposant Catherine dans son allée.

"Je ne suis pas sûre… je ne suis sûre de rien ! "

"Si tu veux je peux venir avec toi "

Catherine secoua la tête. "Il y a des choses qu'on doit faire seul et ça, ça en fait partie ! En plus, je ne suis pas prête à parler à Sara, pas tout de suite ! J'ai besoin d'encore un peu de temps "

"D'accord mais si tu as besoin de mon aide, appelle, je ne suis pas loin ! " lui rappela Nancy

"Merci pour la promenade."

Catherine se dirigea vers sa porte, Nancy s'assura que sa sœur n'avait pas trop de mal à marcher. Elle n'avait pas bu tant que ça mais une nuit entière dans la voiture n'avait pas arrangé les choses, la petite blonde était aussi raide qu'un bout de bois. Elle tâtonna ses poches et en sortit ses clefs mais elle avait le plus grand mal à reconnaître celle de la porte principale. Elle en glissa plusieurs dans le trou, les unes à la suite des autres mais aucune de ses maudites clefs n'ouvrit la porte ! Les mains tremblantes, Catherine finit par échapper son trousseau !

La porte finit tout de même par s'ouvrir… mais ce ne fut pas grâce à ses clefs…

"Catherine ?" dit Sara en entrouvrant la porte, d'une voix partagée entre la surprise et le souci

Et merdre ! Pourquoi a t'il fallut qu'elle m'entende rentrer ? Gémit Catherine intérieurement en trébuchant sur le pas de la porte.

Sara réussi tout de même à l'attraper avant qu'elle ne tombe.

"Est-ce que tu es ivre ?" demanda Sara en la reniflant.

"Un petit peu..." Catherine essaya de repousser Sara, car le contact physique avec la brune ne l'aidait pas ! Se retrouver dans les bras de Sara embrouillait son cerveau.

Sara ne posa plus de questions mais resserra cependant ses bras autour de la petite blonde pour lui éviter d'embrasser le sol. Après un moment, Catherine fut reconnaissante à la grande brune pour son aide, elle n'aurait jamais pu atteindre sa chambre autrement qu'en rampant si Sara n'avait pas été là.

"On dirait que quelque chose a changé en toi " dit Sara après avoir aidé Catherine à se mettre dans son lit.

"Non absolument pas !" protesta Catherine en repoussant la main de Sara. "Je… je… J'ai seulement besoin de dormir un peu."

"Oh… bon d'accord… " Chuchota Sara blessée "Est-ce que tu veux quelque chose à boire avant de dormir ? Un café peut-être ?"

"Non..."

"Ok, très bien" Sara hésita quelques secondes, comme si elle s'apprêtait à dire quelque chose mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se leva du lit de Catherine et ferma la porte de la chambre doucement derrière elle, la grande brune ne put s'empêcher de jeter un dernier coup d'œil sur Catherine avant de quitter la pièce. Sara fronça alors les sourcils, la petite blonde avait eu un comportement étrange dès son retour... mais les choses iraient sûrement mieux demain.

En dépit du martèlement continu qui jouait dans sa tête, le sommeil avait décidé de fuir Catherine. Tout ce qu'elle pouvait faire c'était penser... Mais depuis hier soir la petite blonde avait passé son temps à ça, penser encore et toujours ! Elle en avait assez ! Elle aurait voulu se débarrasser de tout ça, vider sa tête et jeter tout ce qui torturait son esprit au feu !

Épuisée par ses tentatives à essayer de dormir, Catherine n'insista plus et se leva ! Elle se dirigea dans sa salle de bain et prit une longue douche bien chaude. Après ça, elle se sentait enfin redevenue humaine. Maintenant tout ce qui lui restait à faire c'était de guérir sa gueule de bois…

Elle marcha sur la pointe des pieds de sa chambre aux escaliers, tournant le regard de gauche à droite pour chercher le moindre signe de Sara. Catherine savait qu'elle agissait d'une façon puérile, elle finirait bien par croiser la grande brune tôt ou tard. Mais elle préférait le tard au tôt.

À son grand soulagement, lorsqu'elle entra dans la cuisine, elle vit que la cafetière était pleine. Elle n'hésita pas une seconde et se servit une grande tasse de ce délicieux breuvage qui allait lui éviter la migraine. Catherine pouvait presque sentir le café couler dans ses veines… Elle était à mi-chemin de sa troisième tasse quand Lindsay entra dans le salon. Catherine l'observa alors des pieds à la tête… son regard s'arrêta soudain sur le jean déchiré de sa fille.

"Lindsay, comment as-tu déchiré ton jeans ?"

"Avec des ciseaux, maman." Répondit Lindsay en s'emparant d'une pomme.

"Je te demande pardon ?" demanda Catherine légèrement confuse .

"Maman, tu ne me laisses jamais acheter de jean déchiré dans les magasins donc je les ai faits moi-même."

Catherine n'en croyait pas ses oreilles : " Tu as déchiré ton jean exprès avec des ciseaux ! Lindsay, je ne dépense pas de l'argent pour que tu découpes tes vêtements ! "

"En fait elle t'a plutôt fait économiser de l'argent Cath, tu aurais payer ce jean le double s'il avait fallu que tu l'achètes avec les trous déjà fais ! " dit Sara en souriant timidement, en se plaçant derrière Lindsay.

"La mode devient vraiment effrayante !" dit Catherine avant de porter de nouveau sa tasse à ses lèvres. Cela lui rappela sa propre mère.

"Est-ce que tu as pu dormir un peu ?" demanda Sara en se plaçant à côté d'elle.

"Ouais." Mentit Catherine. Elle se déplaça alors jusqu'à dans la cuisine ; elle était prête à n'importe quoi pour éviter la proximité de Sara. Lindsay était déjà partie, elle avait tout de suite senti la tension qui s'était installée dans la pièce dès que Sara était entrée.

La grande brune s'approcha alors de nouveau de Catherine et glissa son pouce dans le passant de son jean, l'empêchant ainsi de se dérober de nouveau. Elle voyait bien que Catherine paressait nerveuse depuis hier soir.

"Cath, parle-moi." Dit Sara.

Catherine sursauta, laissant presque tomber sa grande tasse de café. Elle regarda Sara pendant quelques secondes : " De quoi veux tu que je te parle ? Je n'ai rien à dire"

"Est-ce que tu es sûre que tout va bien ? Tu agis vraiment d'une façon étrange depuis que tu es revenue du laboratoire."

"Étrange ? Non, pas du tout."

"Catherine, arrête ! Est-ce que ton comportement a quelque chose à voir avec ce qui s'est passé hier soir ?"

"Ce qui s'est passé hier soir ?" Demanda Catherine en feignant l'ignorance.

Sara se pinça les lèvres. "Entre nous..."

"Ohhh …" Catherine évita son regard.

"Est-ce que nous allons parler de ça ?"

"Parler de quoi ?"

"Parler d'hier soir, Catherine ! Au sujet de ce qui s'est passé entre nous avant que Grissom n'appelle et ne nous interrompe." Soupira Sara en roulant ses yeux, exaspérée.

"Oh." Fut tout ce Catherine pu dire.

"Donc, qu'est qu'on fait ?"

"Qu'est qu'on fait pourquoi ?"

"Catherine, est ce que tu le fais exprès ?! Tu cherches à m'irriter délibérément"

Comme elle était adorable quand elle faisait la moue… Catherine se frappa mentalement pour chasser ces pensées de son esprit.

"Je suis désolée." murmura faiblement Catherine. "Je n'ai pas les idées très claires ce matin "

"C'est évident, la vodka je présume…"

Sara lui sourit, avant de glisser un doigt sous le menton de Catherine et de soulever doucement son visage : "Cath, je veux parler de ça ! Je veux parler de ce qui s'est passé hier soir… Je veux savoir ce que ça représente pour toi."

La petite blonde était prisonnière de ces grands yeux bruns, elle était prête à se liquéfier sur place. Catherine ne pouvait pas croire que c'était la même Sara qu'elle avait toujours prise pour un iceberg. La Sara qu'elle avait en face d'elle, était amicale, utile, espiègle, drôle, passionnée et maintenant la douceur dont elle faisait preuve envahissait peu à peu son coeur et Catherine n'avait aucune idée de comment l'arrêter.

Nancy avait raison... Elle pouvait parler à Sara, elle devait parler à Sara ; elle devait se libérer de sa culpabilité. Elle devait dire à Sara combien elle comptait pour elle. Une confession honnête la laisserait sans fardeau sur le coeur. Elle laisserait ainsi la balle dans le camp de Sara.

Mais elle avait peur… elle était effrayée à l'idée que Sara puisse la repousser après avoir entendu tout ce qu'elle avait à lui dire. Dès que la grande brune se souviendrait de ses sentiments pour Grissom, elle oublierait ce petit baiser avec Catherine.

Quand Eddie l'avait trompée Catherine n'avait pas seulement perdu son amour ; elle avait aussi perdu sa dignité. Elle s'était complètement donnée pour cet amour, pour cet homme et il l'avait giflée avec son infidélité. Elle avait perdu son estime d'elle-même ce jour là, et il lui avait fallut longtemps avant de la retrouver.

Catherine ne pouvait pas remettre encore une fois son âme à nu. Elle avait besoin de conserver son estime personnelle, elle ne pouvait la perdre encore une fois. Elle ne permettrait pas qu'on lui jette de nouveau son amour en pleine figure. Sara était noble et ne la blesserait pas intentionnellement. Elle la blesserait simplement avec innocence et naïveté. Elle lui dirait simplement que son coeur se trouve ailleurs...

Avant que cela ne se produise, Catherine avait besoin de mettre de la distance entre elles.

"Je… je… ne peux pas." Dit-elle en s'éloignant abruptement, en bousculant Sara pour passer. "Ce n'est pas une bonne idée."

" Qu'est ce qui n'est pas une bonne idée ? Que nous parlions ou ce qui s'est passé hier soir ?"

"Les deux." Catherine grinça des dents quand elle vit Sara fléchir.

"Je vois." Répondit-elle d'une voix froide.

Mon dieu, s'il vous plaît, pardonnez-moi pour ce que je m'apprête à faire – dit Catherine dans une prière silencieuse. "Maintenant si tu veux bien m'excuser, je dois me préparer. J'ai un rendez vous pour déjeuner."

"Un rendez vous…" Sara recula comme si quelqu'un l'avait frappée. Elle regarda Catherine, n'en croyant pas ses oreilles. Elle chercha sur le visage de Catherine un tout petit signe d'une plaisanterie, mais n'en vit aucune trace. Il n'y avait rien dans ces yeux sauf l'éclat d'un bleu d'acier. En cet instant, Sara se sentit comme paralysée, morte de l'intérieur. Il y avait seulement une chose qu'elle pouvait encore faire. Il y avait seulement une chose que Sara Sidle pouvait faire en toutes circonstances, quand elle sentait que son cœur était en danger ; elle répondait au mal par le mal.

"Bien, je suppose alors que nous en restons là, dans le fond ce n'est pas plus mal !... Nous avons toujours été des étrangères l'une pour l'autre ! " Son ton était plat, froid "Ah, tant que j'y pense… Je voulais juste te dire que je déménage… je rentre chez moi ! "

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Je ne me souviens pas avoir acheté cette éponge. Qu'est-ce que la purée de pommes de terre fait dehors ? J'ai dû oublier de la mettre dans le frigidaire. Est-ce que c'est moi ou la pièce me parait plus froide ? Plus froide ? C'est pourtant le milieu du mois de mai… à moins que, j'ai manqué les prévisions météorologiques et qu'ils aient annoncé de la pluie… mais il ne pleut presque jamais à Vegas… Les pensées les plus idiotes affluaient dans le cerveau de Catherine, tout était bon pour ne pas entendre les mots que venait de prononcer Sara.

Catherine n'avait rien pu faire à part un signe de la tête, pourtant mille mots criaient en elle pour protester. Mais ses cordes vocales avaient perdu leur capacité, elle ne pouvait plus dire un mot. Sara avait commencé à dire quelque chose au sujet d'être des étrangères l'une pour l'autre, sa mémoire avait elle refait surface ou avait elle dit ça dans le simple but de blesser la petite blonde ? Catherine ne savait plus quoi faire de ce mélange d'émotions qui l'envahissaient peu à peu et allaient bientôt la submerger. Elle était à la fois nerveuse, et désolée… navrée et choquée… au bord des larmes, elle ne pensait pas qu'elle pourrait le supporter plus longtemps.

"Je dois aller me changer " réussit enfin à dire Catherine

"Bien sûr, je comprends, tu as rendez vous ! Mais ne t'en fais pas je serai partie à ton retour ! "

C'était si facile, pensa Catherine. Il n'y avait pas eu de mélodrame comme elle le craignait. Il n'y avait pas eu de querelles verbales, ni de bagarres, pour une fois elles ne s'étaient pas battues comme des chats en colère. Tout s'était passé comme deux adultes rationnels l'auraient fait ! Deux adultes qui avaient admis qu'ils avaient juste commis une erreur dans un moment de déséquilibre hormonal, tout était résolu, tout allait bien ! Bien ?

Non tout allait mal ! Catherine aurait voulu une querelle. Elle aurait voulu se disputer avec Sara comme de vraies furies, comme elles l'avaient toujours fait. Ce silence, cette facilité étaient plus dévastateurs que n'importe quoi.

Sara l'avait laissée là au milieu de la cuisine, sans même la regarder.

Qu'est qui ne tournait pas rond à la fin chez elle ? Se demanda Catherine. Peut-être qu'elle n'était pas une adulte rationnelle qui avait commis une erreur dans un moment de déséquilibre hormonal, peut être qu'elle voulait plus… bien plus se rendit soudain compte Catherine.

Il n'y avait plus qu'une chose à faire...

Catherine saisit le téléphone et composa un numéro qu'elle connaissait par coeur.

"Hé Cath, comment ça s'est passé avec Sara ?" demanda Nancy sans préambule.

"Ca s'est plutôt bien passé… enfin si on veux…" répondit Catherine gravement.

"Et… cela est une mauvaise chose ? "

"C'est une chose terrible, Nancy ! Sara n'a pas paru le moins du monde nerveuse… ça m'a fait perdre tous mes moyens. Et maintenant elle déménage."

"Quoi ? … Qu'est-ce que tu dis ? … Elle fait quoi ?" Hurla Nancy dans le téléphone.

"Elle déménage ! "

"Mais je pensais que… enfin quand tu as dit que ça c'était bien passé entre vous je ne pensais pas à ça ! "

"Nous n'avons pas discuté… je n'ai pas pu… j'ai gardé le silence et elle n'a pas demandé pourquoi. Elle ne s'emballait même pas…"

" Surprise"

" Oui surprise ! Ensuite les choses sont allées très vite… il n'y a pas eu de cris, ni de pleurs, juste un fait, elle partait ! "

"Donc, maintenant que comptes tu faire ?"

"Maintenant… Rien, je vais l'aider pour son déménagement"

"Est-ce que tu es tombée sur la tête ?"

"Oui, peut-être… Rien de ce que j'ai ressentit ou de ce que j'ai pensé depuis qu'elle vit chez moi n'a de sens, rien n'est clair ! Depuis qu'elle est là je ne sais plus où j'en suis ! C'est mieux pour elle de tout façon, Grissom l'attend…" Murmura sèchement Catherine.

"Ok, attend une seconde" Nancy prit une profonde inspiration. "Je pensais que tu allais réfléchir à tout ça. Je ne pensais pas que tu mettrais si vite ton plan en action."

" C'est bien toi qui m'as dit que c'était honorable ?"

"Oui j'ai dit ça, mais ça ne voulait pas dire pour autant que tu avais besoin de le faire ! "

Catherine pouvait entendre sa sœur battre le rythme avec ses doigts sur le combiné du téléphone. C'était une vieille habitude qu'avait Nancy toutes les fois qu'elle pensait.

"Ok bon, pourquoi est-ce que tu ne lui parles pas encore, je veux dire vraiment lui parler ?"

"Je suis fatiguée de parler, je suis fatiguée de penser. Je suis fatiguée, vraiment fatiguée Nancy ! "

"Mais tu dois la retenir, tu dois l'empêcher de partir !" cria sa sœur.

"De quel droit je ferai ça ? Sara est libre ! Elle ne m'appartient pas. Et puis ne penses-tu pas que c'est mieux comme ça ? Chacune de nous peut reprendre son chemin, nous pouvons continuer nos vies et mettre derrière nous ce cauchemar."

"Qui est-ce que tu essayes de convaincre, moi ou toi ?" Demanda sagement Nancy.

Catherine se mordit la langue pour ne pas crier : "Est-ce que j'étais aussi comme ça du temps d'Eddie ?"

"Oh… ouais, excepté que ta discussion était tout le contraire de ce que tu viens de me dire ! A cette époque tu voulais être avec Eddie à tout prix, personne n'aurait pu t'arrêter et aujourd'hui tu fais la même chose en repoussant Sara à tout prix. Le facteur commun entre eux… c'est moi, la voix de la raison, parce que quand il s'agit d'affaires de cœur, permets-moi de te dire que tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez ma chère soeur ! "

"Je sais que j'ai fait une erreur avec Eddie." Marmonna Catherine.

"Et tu fais une erreur encore bien plus grosse avec Sara."

"Apparemment, Sara ne pense pas la même chose que toi. Est-ce que tu as manqué la partie où j'ai dit qu'elle n'avait pas cherché à savoir pourquoi je gardais le silence ! Elle n'était visiblement pas affectée, alors que moi j'ai dû lutter pour retenir mes larmes lorsqu'elle a annoncé son départ ! "

"Mon Dieu, Cath, pourquoi est-ce que ta vie amoureuse est si compliquée ?" Grogna Nancy

"Ouais, je me le demande bien aussi, pour une fois juste une fois je voudrais tellement que les choses soient simples ! "

" Désolée de te dire ça mais les choses ne peuvent jamais être simple avec toi c'est dans ta nature ! Tu ne veux pas d'une chose facile à avoir."

"Tu as sûrement raison… Hé Nancy ? Merci… merci de me supporter. Je ne sais pas pourquoi tu le fais mais merci !"

" Tu veux dire mis à part le fait que tu es ma grande sœur ? Et bien pour être honnête ta vie amoureuse est bien plus captivante que les feux de l'amour ! " La taquina Nancy

Catherine ne put s'empêcher de sourire… c'était tout elle… il n'y avait qu'elle pour s'éprendre ou s'enticher des mauvaises personnes. Si elle n'en avait pas tant souffert, elle en aurait volontiers rit… un jour peut-être qu'elle trouverait la bonne personne.

Chapitre Vingt Cinq

Sara tira d'un coup sec sur ses vêtements et les sortit de l'armoire avec colère avant des les jeter à l'intérieur de son sac. Elle les chiffonna, les froissa, les jeta en boule au fond de son sac noir. Puis elle se figea, et les sortit un par un de son sac pour les plier correctement. Dans d'autres circonstances, elle se serait volontiers moquée d'elle-même. Elle avait beaucoup d'habitudes plus étranges les unes que les autres mais le rangement méticuleux et compulsif n'en faisait pas partie.

Sara savait très bien pourquoi elle s'était mise à faire ça… elle voulait gagner du temps… rester encore un peu dans cette maison avant son départ. Et puis le pliage lui occupait l'esprit, cela lui évitait de penser à cette curieuse conversation avec Catherine. Sara avait appris très jeune que la douleur physique pouvait toujours être guérie grâce à la médecine moderne, l'agonie de l'âme ne s'arrêtait jamais, personne ne pouvait rien pour vous pas même le temps.

Après avoir soigneusement plié tous ses vêtements et emballé ses affaires de toilette Sara regarda la pièce comme si elle voulait mémoriser chaque coin, chaque détail de cette chambre.

Tu étais une invitée… tu as voulu plus… et maintenant, tu n'as plus rien ! Tu as récolté ce que tu as semé tu peux être fière de toi ! Se réprimanda mentalement Sara.

Elle avait une dernière chose à faire avant de partir et cette idée lui serrait le coeur. Même si cela était dur, elle devait le faire, elle voulait sortir de la maison et de la vie de Catherine et pour ça elle devait en passer par là...

Sara respira à fond et marcha jusqu'à la chambre de Lindsay.

"Hé gamine." Dit-elle en souriant à la jeune Willows. Lindsay était devant son ordinateur

"Salut ! " Répondit-elle en se tournant vers Sara. "Qu'est que tu fais ici ?"

"Il y a une chose que je devais te dire…" Sara s'était agenouillée pour pouvoir plonger son regard dans celui de la petite fille.

"Ca semble sérieux." Dit Lindsay d'une voix grave.

"Ouais, ça l'est ! " souffla Sara en souriant faiblement. "Tu sais que ta… ta maman m'a faite venir ici pour que je me repose et que j'aille mieux ?"

Lindsay fit un signe de la tête.

"Je pense… je pense que je suis complètement guérie maintenant."

"Est-ce que tu nous laisses ?"

Sara resta bouche bée devant la question inattendue de Lindsay : "Je… je…" bégaya t'elle.

"Tu n'aimes pas vivre ici ?"

Le coeur de Sara était au bord de l'explosion lorsqu'elle vit l'air lugubre de Lindsay.

"Oh non, ma chérie, j'aime être ici ! Mais ce n'est pas ma maison. Tu comprends Lindz ?"

"Ca pourrait devenir ta maison à toi aussi si tu voulais." Dit simplement Lindsay, comme seule une enfant pouvait le faire. "J'aime t'avoir ici ! Et maman aussi aime que tu sois là !"

Non, elle n'aime pas ça, ta maman n'aime pas me savoir chez elle depuis l'autre soir – Soupira silencieusement Sara. "J'aime vivre avec vous, moi aussi chérie. Mais si je reste qui prendrait soin de ma maison ?"

Lindsay se jeta alors à son cou : "Je ne veux pas que tu partes ! "

Sara ravala un gros sanglot jusqu'au fond de la gorge. "Je viendrai te voir ! Et nous pourrons jouer à des jeux vidéo… je viendrais te chercher bientôt et nous irons à la nouvelle arcade de jeux. Et tu peux venir me rendre visite chez moi autant de fois que tu le voudras." Dit-elle en caressant tendrement les cheveux de Lindsay avec ses doigts.

"Mais je ne veux pas que tu partes !" répéta Lindsay avec force.

"Lindsay…"

"Non, non et non ! Je me fiche des arcades et des jeux vidéo, je ne veux pas que tu partes ! "

"Lindz…"

" Fais comme tu veux, je m'en fiche ! J'ai l'habitude, tout le monde s'en va ! En premier Papa et maintenant toi ! Mais ça m'est égal !" crira Lindsay en lâchant soudain Sara pour se tourner vers son écran et commencer à taper furieusement sur les touches.

"Lindsay, je…" Sara commença sa phrase mais ne put la finir. Elle voulait lui expliquer qu'elle ne l'abandonnait pas, que les choses redevenaient simplement comme avant. Mais la fillette avait la fureur des Willows gravée sur son visage et Sara n'avait pas la force pour continuer. C'était meilleur ainsi… décidément elle n'était pas de taille à lutter contre les femmes de cette famille

"Au revoir Lindz, je veux… je… tu vas me manquer." Dit Sara avant de sortir sentant les larmes lui brûler les yeux.

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Tout était allé à une vitesse surprenante une fois sortie de la chambre de Lindsay...

Le taxi était arrivé rapidement et aida Sara à charger ses sacs dans le coffre. Catherine lui avait bien proposé de la raccompagner mais la grande brune avait poliment refusé, et la CSI plus âgée n'avait pas insisté. Leur rapport était tendu et quelque peu maladroit, et Catherine savait qu'il suffirait d'un rien pour que les semaines de paix qui avaient régné entre elles ne soient plus qu'un lointain souvenir. Les au revoir avaient été rapides… Il n'y avait eu aucune étreinte, aucune larme, et aucun long discours de gratitude. Lindsay n'était même pas sortie de sa chambre pour dire au revoir à Sara et la brève tentative de Catherine pour persuader sa fille de sortir s'était soldée par un échec.

Catherine regarda le taxi disparaître au coin de la rue et plonger dans la circulation de Vegas. Elle savait qu'elle aurait pu dire quelque chose au moins un mot… un mot qui aurait arrêté Sara, mais elle ne l'avait pas fait. Cela lui aurait pris seulement une minute pour dire la vérité à Sara et la grande brune serait encore ici, dans sa maison. Mais elle n'avait pu le faire, pour la bonne et simple raison que cette minute aurait chamboulé sa vie.

Elle resta donc là à regarder Sara s'éloigner… puis elle fixa la rue déserte et après quelques minutes elle rentra chez elle en essayant d'ignorer la sensation humide qui se déplaçait sur sa joue, ainsi que cet étrange sentiment de se retrouver à nouveau seule… toute seule.

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Cela avait pris un temps fou à Sara pour manoeuvrer à travers son appartement. L'intérieur était sombre, ombragé par de lourds rideaux sur les fenêtres. Elle trouva bizarre cette impression de vide qui régnait dans ses murs, c'était comme si le désordre était partout. Elle n'avait pas eu cette impression quand elle était venue avec Catherine et Nick pour récupérer quelques affaires.

Elle prit ses sacs et les posa dans sa chambre. Même la chambre lui semblait en désordre, c'était comme si quelqu'un avait joué avec ses affaires mais ne les avait pas remises à leur place. Sara se fit une note mentale « Penser à demander à Grissom ce qui s'était passé ici ! »

Son frigidaire était vide, à l'exception d'un pot de beurre de cacahuètes. Il n'y avait plus rien non plus dans les armoires de la cuisine, à part une boite de fèves et une autre de soupe. Affamée mais pas vraiment charmée par ce qu'elle avait trouvé, Sara se saisit de ses clefs de voiture, et se dirigea vers un café-restaurant pas loin de chez elle.

Le café-restaurant était désert, mais rien d'étonnant vu l'heure. Sara prit un siège dans un coin et commanda. Son omelette arriva rapidement et Sara l'attaqua de bon appétit. Mais bien vite son esprit fut occupé par autre chose que par son déjeuner un peu trop cuit.

Elle n'avait jamais été très douée pour les relations humaines. Ni pour les aventures sentimentales d'ailleurs ! Elle avait bien eu quelques flirts au collège mais la plupart du temps elle n'avait eu aucune attente de ses relations sans lendemain. Parfois elle avait essayé de faire en sorte que ça marche quelques temps mais les tests n'avaient jamais été concluants. Cependant, elle savait à quoi s'en tenir les choses avaient toujours été claires ! Mais aujourd'hui, elle n'avait aucune idée de ce qui s'était passé, ni même ce que cela était supposé signifier.

Sara avait attendu toute la nuit le retour de Catherine mais elle s'était refusée de l'appeler de peur de passer pour quelqu'un de possessif et nerveux. Mais quand ce matin, elle avait ouvert la porte à une Catherine saoule, dire qu'elle avait été choquée était un doux euphémisme.

Après cela, elle n'avait plus rien contrôlé. Quelqu'un de plus agressif n'aurait peut-être pas laissé Catherine s'en tirer comme ça, aussi facilement. Catherine aurait dû fournir quelques explications, voire quelques excuses pour son comportement. Bien que les questions fussent abondantes dans l'esprit de Sara, elle n'en avait posé aucune, elle n'était pas sûre de vouloir entendre les réponses qu'aurait apportées Catherine, si toutefois elle s'était décidée à lui parler.

Sara avait trouvé plus digne de paraître froide et distante que de montrer à la petite blonde qu'elle l'avait blessée. Et elle était sûre que le nœud qui s'était formé au fond de son estomac aurait disparu dans quelques jours. Oui, elle en était certaine…

Chapitre Vingt Six

Le chagrin fait malheureusement partie de la vie. Ce qui est intéressant, c'est de voir que les gens ne le gèrent pas de ma même façon. Quelques-uns se morfondent sur leur sort pendant des jours et des jours, d'autres ont recours à la drogue ou à l'alcool comme compagnon. Pendant que d'autres essaient tout simplement de ne pas y penser, de faire semblant et de s'occuper l'esprit.

Le week-end était arrivé à grands pas pour Sara et Catherine. Et chacune faisait de son mieux pour ne pas penser à l'autre. Pendant que Sara s'était lancée dans un rangement minutieux et frénétique de son appartement, Catherine, elle, avait décidé de canaliser ses sentiments autrement. Elle avait rendez vous tout le week-end avec des charmeurs égocentriques, juste pour passer le temps, juste pour un soir, pour une nuit… pour oublier, ne plus penser à rien qu'à l'instant présent.

Nancy ne pourrait pas arrêter Catherine mais elle ne voulait pas que Lindsay soit là pour assister à ça ! Elle avait donc pris la fillette avec elle et son fils, pour un petit week-end de pêche. Mais avant son départ elle avait bien prévenu sa soeur que son comportement avec les hommes devait s'être calmé avant qu'ils soient revenus de leur petit voyage.

Il n'avait pas fallu longtemps avant que tout le labo soit au courant du déménagement de Sara. Tout le monde était au courant que la grande brune était rentrée chez elle. Catherine n'avait répondu à aucune de leurs questions les laissant ainsi sur leur faim.

Les garçons avaient donc décidé d'aider Sara à se réinstaller correctement chez elle. Pendant que Nick et Sara avaient nettoyé le sol, Greg avait préparé le repas et les avait tous étonnés par ses talents culinaires.

Après sa confession sincère à Catherine, Grissom avait eu beaucoup de temps pour penser. Et il avait compris qu'il devait attraper Sara avant qu'elle ne glisse loin de ses mains. Il lui avait prêté des livres, des auteurs qu'il savait qu'elle aimerait, et après les avoir lu Sara et lui avaient passé de longues heures à en débattre.

Il aimait la façon qu'avait Sara d'aborder les choses, elle ne jugeait pas les autres, et c'était ce qu'il aimait en elle.

Après plusieurs jours, Grissom avait donc décidé de se lancer avec Sara.

Nick et Greg étaient en train de se chamailler dans un coin de la cuisine, alors que Sara finissait son déjeuner.

Entre deux morsures sur son pain grillé, Grissom demanda à la grande brune : "Sara, est-ce que tu aimerais dîner avec moi ce soir ?"

Elle fronça légèrement les sourcils : "Grissom, nous mangeons ensemble presque chaque jour."

"Non, je voulais dire à l'extérieur, juste toi et moi pour dîner."

Elle arrêta sa tasse à mi-chemin de ses lèvres et leva ses sourcils. "Est-ce que tu m'invites pour sortir ? C'est un rendez vous ? "

"Si tu veux appeler ça comme ça " dit il dans un haussement d'épaules inconfortable.

"Et comment appelle-tu ça ?" demanda t'elle le regard amusé.

"Je… je l'appellerais un… rendez vous " murmura Grissom dans un sourire affecté.

Sara gloussa : "Alors nous avons un rendez-vous !"

Gil n'en croyait pas ses oreilles, il ne s'était pas imaginé une seule seconde que ça serait si facile : "Tu es sûre ?"

"Pourquoi est-ce que je ne le serai pas ?"

"Je ne sais pas… est-ce que tu ne veux pas savoir pourquoi ?"

"Gris, je suis amnésique pas stupide. Je sais parfaitement pourquoi les gens ont des rendez vous."

" Je ne voulais pas dire que tu été stupide, je…."

"J'avais compris, en plus si je me souviens bien, ça ne sera pas notre premier rendez vous"

"Non, c'est un fait… mais le premier remonte déjà à loin, tu été encore étudiante "

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Et donc une date avait été arrêtée… Grissom avait pris grand soin que cette soirée soit spéciale. Et ce n'était pas peu dire qu'il avait fait de nombreux efforts, le romantisme n'avait jamais été son fort mais il avait fait son maximum pour que Sara passe une bonne soirée en sa compagnie. C'était ce soir qu'il voulait confesser ses sentiments à Sara. Sa connaissance sur les comportements humains lui avait soufflé qu'un tel aveu avait besoin d'un environnement élégant, sensible, poétique. Il avait donc réservé dans un restaurant hindou, connaissant le penchant de Sara pour les délicatesses exotiques, il savait que ce serait parfait.

"C'est vraiment agréable." Dit Sara en scrutant le décor autour d'elle

Grissom rougit : "Merci."

"Je n'aurais jamais deviné que tu étais si… euh…" Sara cherchait son mot

"Prévenant ?"

"Romantique." Le corrigea t'elle

"Je suis romantique, Sara."

"Ouais, d'une façon très intellectuelle tout de même " lui dit elle dans un sourire

"Quel genre de romantique est-ce que tu aimes ?" demanda t'il

"L'intellectuel me convient très bien."

Grissom grimaça : "Je ne t'aurais jamais imaginée si flatteuse."

" Je ne le suis pas." Dit-elle en prenant une petite gorgée de son Merlot. "Les fleurs étaient superbe, vraiment très belles ! Pourquoi est-ce que tu as choisi des iris ?"

"Ils représentent sagesse et valeur. Ils veulent dire aussi que tu es une amie très spéciale." Expliqua t'il en rapprochant sa main doucement de celle de Sara pour lui effleurer les doigts

"Je ne savais pas que le langage des fleurs t'intéressait aussi."

"Cela n'a rien à voir avec ça, c'est plus pour le symbole" Il sourit. "Mais je dois admettre, que ce n'était pas mon idée. C'était celle de Catherine."

Sara faillit s'étouffer avec son verre et regarda Grissom fixement : "Catherine ? "

"Oui, j'avais acheté des roses quand elle m'a dit que je devrais prendre quelque chose qui montre vraiment ce que je ressens pour toi."

"Pourquoi est-ce que Catherine t'aurait dit ça ?"

"Parce qu'elle connaît le langage des fleurs ! Il n'a pas de secret pour elle ! "

"Est-ce que ce dîner était son idée aussi ?" demanda Sara amère.

"Sara, pourquoi est-ce que se serait le cas ?" répondit Gil quelque peu blessé, il n'aimait pas la tournure que prenait leur conversation.

" Parce qu'elle savait… elle était au courant au sujet de notre rendez vous"

" Ok, je sais que toutes les deux vous avez des problèmes mais…"

"Nous n'avons pas de problèmes." Nia brusquement Sara

"D'accord."

"Nous avons juste quelques désaccords" précisa t'elle

"Sara, j'ai dit d'accord."

Elle soupira : "Pourquoi est-ce que nous parlons de ça ?"

"Bien, alors changeons de sujet puisque tu ne veux pas en parler !"

"Est-ce qu'elle savait que ces fleurs étaient pour moi ?" Questionna soudain Sara.

"Oui, elle le savait…"

"Est-ce qu'elle a dit quelque chose ?"

"Oui, elle m'a dit que les roses étaient une mauvaise idée."

"Non…" Elle secoua la tête. "À part ça "

" Pas grand-chose…"

"Pas grand-chose ? Mais elle a dit autre chose alors…"

Grissom plissa les yeux. "Oui mais je pensais que nous ne devions plus parler de ça ? "

"Je suis juste curieuse…"

"Je vois ça..."

Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose pour sa défense. Et juste à cet instant quelque chose au fond de la salle attira son attention. Elle pivota rapidement la tête. Un groupe d'hommes bien habillés venait juste d'entrer. Et derrière eux un homme aux cheveux noir corbeau lissés en arrière dans une queue de cheval leur emboîtait le pas. Visiblement il ne les accompagnait pas, il se décala un peu… La cicatrice qu'il portait en dessous de sa lèvre fut le déclic pour Sara… le voile d'ombre qui flottait sur sa mémoire se déchira.

Elle s'était levée si soudainement qu'elle en avait presque fait tomber son verre de vin sur la table. Grissom s'était levé à son tour.

"Sara, qu'est ce qui ne va pas ?"

Mais elle n'avait pas pris la peine de lui répondre et marchait déjà à grands pas vers l'homme à la cicatrice. L'homme remarqua rapidement son approche et se figea quelques secondes sur place. Il reprit soudain ses esprits et se dirigea à toute allure vers la porte de sortie. Sara accéléra le pas à son tour, évitant de justesse une collision avec un serveur.

Le type devant elle marchait de plus en plus vite. Sara commença alors à courir pendant qu'elle criait à l'homme devant elle de s'arrêter. Il tourna la tête pour vérifier la distance qui les séparait et accéléra encore un peu son allure. Sara entendit Grissom qui lui emboîtait le pas mais la jeune femme ne l'attendit pas, elle savait que si le grand brun arrivait jusqu'à la rue, elle n'aurait aucune chance de le rattraper.

Soudainement, quatre policiers surgis de nulle part sautèrent sur le grand brun et le plaquèrent sur le sol. Il releva alors la tête et croisa le regard de Sara… La grande brune plongea son regard dans le sien et le soutint avec courage.

"Sara, qu'est qui t'as pris ? Qu'est ce qui ne va pas ? " Demanda Grissom qui était enfin arrivé à sa hauteur.

Elle se lécha distraitement les lèvres. " C'est lui…"

" Lui qui ?" questionna Grissom un peu confus.

" C'est lui qui m'a attaquée." Répondit Sara

Ses yeux noisette venaient de s'élargir… elle venait d'être frappée par ce qu'elle venait de dire… elle se souvenait de lui…

Oui elle se souvenait !...