Chapitre 2 : Ils n'avaient pourtant fait que discuter.
3 Février 2022, ministère de la magie, vendredi soir :
Drago quitta son bureau à 22h30. Il n'était même pas fatigué. Il faut dire qu'il s'était enfilé 3 tasses de thé dans l'après-midi et deux dans la soirée. Il récupéra sa paperasse pour y travailler un peu dans le week-end et marcha calmement vers l'ascenseur.
Il appréciait le silence de ce lieu le soir venu, peu de sorciers restaient pour travailler aussi tard, à moins qu'ils n'y soient contraints. Drago visait une promotion, étant donné que sa collègue ne reviendrait pas, au final, de son congé maternité, préférant élever son enfant elle-même à la maison. Il était le directeur adjoint, certes, mais son passé le desservait. Si un autre directeur adjoint d'un autre service en faisait la demande, il pourrait aussi avoir le poste. Alors, le blond devait travailler plus, pour prouver qu'il en avait les épaules et surtout qu'il le méritait bien plus que quiconque.
Quand il arriva finalement à l'ascenseur il l'appela et attendit patiemment que l'engin arrive. Les portes s'ouvrirent alors et Drago eut la surprise de trouver Potter, seul, dans la machine. Il ne manifesta cependant pas son étonnement et se contenta de lui adresser un signe de tête polie.
« Potter. » dit-il en le saluant.
« Malefoy. » répliqua l'autre.
Le silence se fit aussi tôt. Drago apprécia, il n'avait pas spécialement envie de parler de toute façon et pour être honnête, Harry Potter n'était pas dans son top cinq des gens avec qui il aurait eu envie de le faire. Alors qu'ils arrivaient au rez-de-chaussée et que les portent s'ouvrirent, le silence fut rompu par le brun :
« Attends ! » s'enquit-il. « Tu… Tu as quelque chose à faire, là, tout de suite ? »
Drago se retourna pour lui faire face : comment ça « quelque chose à faire » ? Dormir, manger, prendre une douche pouvaient être des pistes de choses qu'il avait à faire un vendredi soir à 23h.
« A par rentrer chez moi, non, pas spécialement. » répondit-il cependant.
« Moi non plus. » rétorqua Harry : « Ça va te paraître bizarre mais… Ça te dirait d'aller boire un verre ? »
Cette soirée s'annonçait très bizarre. Il plissa ses yeux, semblant ne pas réellement comprendre le charabia de l'autre. Il était peut être crevé après tout, il fallait bien l'être pour comprendre que Potter lui proposait d'aller boire un coup.
« Je n'ai pas bien saisi. » répliqua-t-il, réellement peu convaincu d'avoir bien capté l'intention de l'autre.
« Je… » Balbutia le brun : « Non… Non laisse tomber. C'était idiot de ma part. »
« Bien. » accepta Drago, pas plus déterminé que ça à comprendre le fin mot de cette histoire et pensant déjà au bain qu'il allait prendre. « Bonne soirée dans ce cas. » dit-il en tournant les talons.
Alors qu'il n'avait fait que quelques pas, Harry insista finalement :
« Attends ! »
Le blond se stoppa et se retourna vers lui, déconcerté :
« Et bien ? » s'enquit-il, peu patient.
« Je voudrais vraiment qu'on aille boire un verre ensemble. » s'expliqua l'autre. « Je pense que ça serait une bonne chose qu'on apprenne à ce connaître en réalité. L'amitié de nos fils compte pour nous, n'est-ce pas ? Pourquoi ne pas essayer de nous entendre ? »
Bon, deux choses l'une : soit il refusait d'accompagner Potter et il se prendrait les réflexions de Scorpius (car oui, le Saint Potter s'en plaindrait, de son refus), soit il y allait, discutait un peu et rentrer chez lui prendre son bain. Il lui apparut rapidement qu'un bain allait durer dix minutes et la rancœur des Potter et de Scorpius dix ans. Le choix fut vite fait.
« Pourquoi pas ? » répliqua le blond. Il vit un petit sourire naître sur les lèvres de l'autre.
C'était bien du genre de Potter ça, faire le héros. Faire le type qui a tout essayé pour que les choses aillent bien, que tout le monde s'entende. Drago avait tendance à trouver ça agaçant encore aujourd'hui.
« Bien, je connais un bar sympa à quelques rues d'ici. » dit Harry en lui faisant signe de le suivre. « C'est dans la partie Moldue par contre. Je ne sais pas si ça te gène. »
Bah tiens. Forcément. Cela dit, ça ne le gênait pas plus que ça. Au moins, personne au ministère ne seraient susceptible de les voir. Pas qu'il ait honte d'aller boire un verre avec Potter ! Bon, peut-être un peu quand même.
Le chemin fut particulièrement calme. Harry ne parla pas et Drago ne le fit pas non plus. Le trajet ne prit que quelques minutes et quand ils pénétrèrent dans le bar, Drago dût reconnaître qu'effectivement, c'était plutôt chouette comme endroit. Il y avait une ambiance tamisé, le sol était en bois et les sièges en cuir, on pouvait voir quelques personnes jouaient au billard dans un coin de l'établissement. Harry s'avança naturellement vers une table avec deux banquettes, l'une en face de l'autre, et s'y installa. Drago l'y suivit et prit place en face de lui. Il prit naturellement la carte dans ses mains et consulta le menu… Pas mal du tout. Il savait déjà ce qu'il allait commander.
« Plutôt agréable comme lieu. » fit-il remarquer à son vis-à-vis.
« Je trouve aussi. J'aimais bien venir ici avec Ron et Hermione quand nous étions plus jeunes. Dans nos débuts au ministère. Maintenant, ce n'est plus vraiment possible. » répliqua le brun en consultant également la carte.
« Parce que votre Madame-je-sais-tout est devenu Madame la ministre ? » demanda Drago en reposant le menu.
« Parce que nous sommes tous les trois mariés et avec nos vies de famille. Puis, c'est devenu rare de sortir avec Ron et Hermione. » Expliqua-t-il.
Drago ne comprit pas réellement l'intérêt de la discussion ni le rapport immédiat avec leurs enfants, mais il consentit à la continuer. Après tout, Potter voulait juste apprendre à mieux le connaître, raconter ce genre d'anecdote était peut-être le chemin qu'il comptait suivre pour y parvenir.
« C'est complexe de faire des sorties entre amis avec un couple marié en réalité. » répliqua le blond : « D'autant plus quand ils sont le seul couple de la soirée. Ça ne t'arrive pas de sortir avec ta femme et eux, par exemple ? »
« Pas vraiment. Ginny sort beaucoup avec ses collègues de boulots. Puis Ron est son frère, elle n'a pas le même rapport que j'ai avec eux. » Continua Harry. « La serveuse est là ! » fit-il remarquer en la voyant arrivé avec son bloc note.
Quand elle arriva à leur niveau, elle demanda :
« Vous avez fait votre choix messieurs ? »
« Pour moi ça serait une peinte de blonde s'il vous plait. » commanda le survivant. « Malefoy ? Qu'est-ce que tu veux ? »
Drago regarda la serveuse et répliqua :
« Une bouteille d'Oxney Organic, je vous prie. »
« Monsieur est amateur de bon vin, à ce que je vois. » fit remarquer la serveuse. Lui lançant un beau sourire. « Je vous apporte ça. »
Puis elle partit vers le comptoir.
Harry fit un regard en coin au blond qui le dévisagea.
« Pourquoi me regardes-tu ainsi Potter ? » s'enquit-il, un brin blasé.
« Je pense que tu as une touche avec cette mignonne petite serveuse. » répliqua doucement l'autre.
Le blond tiqua : une touche ? Comment ça « une touche » ? Harry dût voir son incompréhension car il précisa :
« Je voulais dire que je pense que tu lui plais, vu le sourire qu'elle t'a lancé. »
« Ah. » comprit l'autre. « Grand bien lui fasse. » répliqua-t-il en haussant les épaules.
Ce fut au tour d'Harry de rester silencieux un instant. Il ne comprit pas le désintéressement de Malefoy. Ce genre de chose était pourtant censé être flatteuse et la serveuse était vraiment charmante :
« Tu ne voudrais pas tenter ta chance ? » demanda-t-il.
« Cherches-tu à me caser Potter ? » questionna l'autre, sur un ton informatif.
« Quoi ? Non pas du tout ! » nia-t-il, « Mais comme je sais que tu es célibataire et que manifestement tu lui plais j'ai pensé que… »
« Tu as mal pensé. » le coupa le blond. Contrarié.
« Est-ce que c'est parce que c'est une moldue ? » demanda Harry, sur la défensive.
Drago soupira franchement. Il dévisagea l'autre et se retint de s'en aller. Il ne devait pas partir comme ça, leur relation n'en serait que plus conflictuelle et ce n'était clairement pas l'intention première. Il s'apaisa alors un peu et répliqua, le plus calmement possible :
« Oui, en partie. » sa réponse choqua l'autre puis il continua : « Mais aussi car elle doit être plus proche de l'âge de mon fils que du miens. »
Harry se dit qu'effectivement, le dernier point était tout à fait justifié. Il ne la voyait pas aussi jeune, mais il n'avait jamais été très bon pour deviner ce genre de choses.
Drago joua alors nerveusement avec son alliance quand il la vit arriver. Elle déposa les deux commandes et servit le vin dans le verre du Blond.
« Bonne soirée messieurs. » dit-elle avant de les laisser.
« Merci ! » répliqua Harry. Il reporta alors son attention sur Drago : « Comment ça se fait que tu portes encore ton alliance ? Ça doit faire un an que tu es veuf, non ? »
Le blond haussa ses sourcils et porta son attention sur la bague. Il la retira de son doigt et l'admira. Il fit un petit sourire, chose qu'Harry ne l'avait pratiquement jamais vu faire, puis il la remit à son doigt, jouant avec :
« Deux ans, en réalité. » corrigea-t-il « Si ta femme mourrait, tu ne garderais pas ton alliance au doigt, Potter ? » demanda-t-il alors, son ton plus doux que plus tôt dans leur discussion.
Harry sentit qu'il avait peut-être trouvé un sujet qui pourrait capter l'attention de l'autre, il répliqua :
« Je ne sais pas… Très honnêtement, au début probablement. Mais au bout d'un ou deux ans je la retirerai. Je ne voudrais pas finir ma vie seul. Et une alliance c'est du genre dissuasif pour faire des rencontres amoureuses, si tu vois ce que je veux dire. »
Drago ne répliqua pas tout de suite, semblant intégrer ce que l'autre venait de lui dire. Il inspira, but une gorgée de son vin et répondit doucement en regardant le brun :
« Si les âmes sœurs existent Potter, alors Astoria était la mienne. Je ne me vois avec personne d'autre. »
Harry se sentit peiné pour lui. Il répliqua :
« Tu ne peux pas dire ça. Je suis amoureux de Ginny et elle est certainement aussi mon âme sœur, mais tu ne sais pas de quoi demain sera fait. » Il prit une pause puis continua : « Peut-être que ce soir en rentrant chez toi tu vas croiser une femme superbe et… »
« Ne cherches pas à comprendre Potter » le coupa Drago : « Je ne remets pas en doute ton amour pour ton épouse. Mais Astoria est et restera la seule femme de ma vie. Je n'en veux pas d'autres. »
Harry sentit son cœur se serrer pour l'autre, bien qu'il n'aurait pas dû : après tout, tout ça ne le concernait pas. Il vit Drago se remplir un second verre.
« … C'est idiot de se rendre malheureux ainsi ».
« Je ne suis pas malheureux, je te rassure. J'ai un fils formidable, que j'aime et qui me rend fier. J'ai un travail qui me plait. J'ai quelques amis que je vois de temps en temps. Je ne suis plus aussi aisé qu'autrefois mais je n'ai pas non plus de problèmes d'argent et je suis en bonne santé. Non sérieusement Potter, on ne peut pas dire que je sois quelqu'un de malheureux. »
« Mais tout de même » rétorqua Harry. « L'amour, ça ne te manque pas ? »
« L'amour romantique, tu veux dire ? » demanda le blond. Quand l'autre acquiesça, il répondit : « Ce n'est pas l'amour qui me manque, mais Astoria. »
« Il faudra bien que tu passes à autre chose un jour Malefoy, je suis désolé de te le dire, mais elle ne reviendra pas. » dit tristement Harry.
Le blond le dévisagea. Saint Potter le grand moralisateur. Il avait toujours été comme ça. A chercher la chose la plus éthique et la plus acceptable à faire. Il voyait en lui un homme d'âge mûr avec la vision étriquée d'un enfant de dix ans. Le bien, le mal… Toutes ces choses-là. Il se dit qu'il en avait probablement trop dit et décida de lui donner raison.
« Oui, je sais. » répliqua Drago, continuant de jouer avec son alliance.
« Et tu veux tout de même demeurer seul ? » insista le brun.
« Et oui. » confirma l'autre. « La solitude n'est pas une ennemie Potter, du moins, elle n'est pas la mienne. »
Ils continuèrent de discuter encore un peu. Abordant des sujets plus légers tels que la pluie ou le beau temps, la préparation d'une nouvelle sorte de Muffin au Starbuck près du ministère ou leurs pronostiques quant aux notes de leurs enfants à leurs B.U.S.E.S.
Ils se quittèrent aux environs d'une heure du matin et chacun regagna son domicile respectif.
Quand Drago poussa la porte du manoir il monta tout de suite se coucher : tant pis pour le bain. Avoir parlé d'Astoria lui avait fait remonter beaucoup de choses. Des bonnes d'abord, comme l'amour, le partage et la joie. Et des mauvaises aussi, comme les disputes, la peur et le chagrin. Oh oui, beaucoup de chagrin.
Il s'endormit cette nuit-là et fit un sommeil rempli de rêves : il y voyait sa chère Astoria et son fils, Scorpius, encore bébé. Ils les revoyaient tous les trois dans les plus belles années de sa vie. Il s'éveilla le matin suivant avec le doux souvenir d'une époque merveilleuse et l'amère conscience qu'elle était révolue.
10 Février 2022, ministère de la magie, vendredi soir :
Harry s'étira avec un long soupir : encore ces fichues heures supplémentaires… Il regarda l'horloge et grimaça : déjà 21h30… Il détestait être le dernier au bureau. Il se sentait seul et avait la désagréable sensation d'être celui qui en faisait le plus. C'était probablement le cas d'ailleurs. Il avait été assez stupide pour accepter de traiter une mission tout seul à cause du manque d'effectif et il se retrouvait avec une double charge de travail à effectuer en peu de temps. Quand il vit qu'il avait perdu quinze minutes à se plaindre mentalement, il décida de quitter le ministère et de rentrer chez lui.
Il prit rapidement l'ascenseur et appuya sur la touche « rez-de-chaussée ». Il vit les étages défiler et tiqua quand il tomba sur le département des mystères. Il eut la sauvage idée d'aller voir si Malefoy était toujours dans son bureau, mais il n'en fit rien. Son objectif d'apprendre à le connaître était toujours présent évidement, mais il ne voulait pas trop précipiter les choses. Etablir une relation de confiance pour leur fils prendrait du temps et il le savait. Mais c'était la moindre des choses qu'il pouvait faire pour Albus.
Quand l'ascenseur ouvrit ses portes sur le grand hall, il vit Malefoy discuter avec sa secrétaire. Il marcha jusqu'à eux et les salua :
« Monsieur Malefoy, Madame Stewart. » dit-il respectueusement.
Quand les deux le remarquèrent, ils le saluèrent également. Madame Stewart, une petite femme d'une cinquantaine d'année, très fine et aussi brune que sa robe de sorcière, fut très surprise, n'étant pas spécialement habituée à voir son patron avec le survivant. D'autant plus qu'elle connaissait très bien leur passif, comme tout le monde d'ailleurs.
« Auror Potter. » le salua-t-elle. Elle se retourna vers Drago : « C'est entendu Monsieur, vous aurez votre documentation lundi matin sur votre bureau. »
« Bien, merci Eléonore. » répliqua le blond. Elle lui serra la main et leur dit au revoir.
Elle quitta alors le ministère par le réseau de cheminette et les laissa seuls.
Drago jeta un regard inquisiteur au brun et lui demanda poliment :
« Tu voulais quelque chose Potter ? »
Harry fit un petit sourire et se demanda à lui-même si effectivement il voulait quelque chose. Etait-ce sage de lui reproposer d'aller boire quelque chose en sa compagnie ? Pas vraiment. La dernière fois s'était plutôt bien finie, mais il n'était pas certain que l'autre veuille renouveler l'expérience.
« Juste vous saluer, toi et ta secrétaire. » répliqua-t-il. Il commença à se tourner pour sortir : « Bonne soirée »
Il fit quelques pas puis Drago l'interpella :
« Veux-tu que nous retournions boire un verre quelque part ? » proposa-t-il. Il n'avait pas envie de rentrer ce soir. Du moins, pas tout de suite.
Harry se retourna et lui fit face. C'était inattendu mais agréable : il accepta avec joie.
« Nous irions au même endroit que la dernière fois ? » demanda-t-il. « Je pense que la petite serveuse serait absolument ravie de te revoir. »
Drago leva les yeux ciels. Mais il n'était pas réellement agacé, en réalité.
« Je préfèrerai te montrer un autre établissement. » dit-il en désignant le réseau de cheminette. « Le nom est Poison's Queen, »
Harry trouva le nom peu rassurant mais il dû bien faire confiance à l'autre. Drago l'invita à y aller en premier et il se plaça dans la cheminée :
« Poison's Queen ! » dit-il.
Un éclair vert l'ébloui et il se retrouva dans la cheminée d'un grand café. Le gérant vint tout de suite l'épousseter et lui demanda s'il était seul. Harry n'eut pas le temps de répondre que Drago arriva à son tour. Le patron lui fit alors un très bon accueil en l'époussetant :
« Monsieur Malefoy ! » s'enquit-il absolument enchanté : « Cela fait longtemps que vous n'êtes pas venu nous voir ! Comment allez-vous ? Et votre fils ? Pourdlard se passe bien ? »
Le blond sourit à l'homme et lui serra la main vigoureusement :
« Je vais très bien Monsieur Poison » le remercia-t-il « Les résultats de Scorpius sont excellent. » Il désigna Harry : « Je vous présente Monsieur Potter. Mais vous devez déjà le connaître, sa réputation le précède. »
Monsieur Poison mit un instant à réaliser que le survivant se tenait devant lui. Quand ce fut fait, il lui serra également la main.
« C'est un grand plaisir de vous avoir ici Monsieur Potter. » dit-il « Je suis Edgar Poison, le gérant de cet établissement. » Il désigna le lieu : « Je vous en prie messieurs, prenez place où vous le souhaitez, je vous envoie un de mes serveurs ! »
Le sol du bar était en bois noir, les murs également. Tout était très élégant et les tables étaient d'un beau chêne. Il y avait une belle décoration composée de portraits de sorciers et de paysage. Le tout étant éclairé de plafonniers délicats.
« Je ne connaissais pas cet endroit, dans quelle partie de Londres sommes-nous ? » demanda Harry en prenant place à une table un peu à l'écart des autres. « C'est très chic. »
« Nous sommes près tower bridge. » l'informa Drago « Je venais ici avec mon fils et ma femme avant. Ça m'arrive encore d'y amener Scorpius. Le gérant est un ami de ma mère. »
« Je vois, c'est très sympa. J'aime beaucoup. » il remarqua alors le costume noir de Drago et se dit qu'avec son Jean et sa chemise il n'était peut-être pas habillé pour ce genre d'endroit. « Je fais un peu tâche à côté de toi, dans ce genre d'endroit. » admit-il.
Drago fit un sourire suffisant et répliqua :
« Mais tu as toujours fait tâche à côté de moi, Potter. » son ton était moqueur, cela ne vexa pas l'autre. « Plus sérieusement, tu n'as pas à te prendre la tête. Monsieur Poison n'est pas regardant sur ce genre de chose. » Quand il vit l'air soulagé d'Harry, il ajouta : « De toute manière, tu es Harry Saint Potter, tu pourrais venir vêtu en peignoir qu'il te déroulerait le tapis rouge quand même. »
Cela eut le mérite de faire sourire le brun, il répliqua inquisiteur :
« Tu es jaloux, Malefoy ? »
« Pas vraiment. » Il sembla réaliser quelque chose et ajouta : « Avant, je pense que je l'étais. Mais plus maintenant. »
Harry fut surpris, il haussa ses sourcils et demanda :
« Tu étais jaloux de moi ? »
« Et bien… Tu avais de l'influence à l'école. Tu es tout de suite devenu très populaire et tu n'avais rien besoin de faire pour que les gens t'apprécient et te respecte. Tu étais célèbre. J'étais jaloux de tout ça. Je suppose que c'est aussi pour ça que je ne t'aimais pas. »
Harry sembla encaisser l'information :
« Ça a le mérite d'être franc. » admit-il. « Mais tu sais, il n'y avait aucune raison d'être jaloux. Tout ça, je ne le voulais pas. »
Drago haussa les épaules :
« Je le sais maintenant. Mais à l'époque ça me rendait furieux. » Il soupira et ajouta : « J'étais aussi très vexé, que tu es refusé mon amitié. Je l'ai eu en travers de la gorge très longtemps. »
Harry fit un petit rire, amusé :
« Disons que tu avais été absolument odieux avec Ron. Il était la première personne avec qui j'avais sympathisé dans toute l'école… Et tu avais critiqué Hagrid, aussi. La personne qui m'avait libéré de mon oncle et ma tante. Alors je suppose que je n'étais pas très disposé à devenir ton ami. » Expliqua-t-il. « Pourquoi avoir voulu l'être d'ailleurs ? Tu ne me connaissais pas. »
Ce fut au tour de Drago d'être amusé, il répliqua alors honnêtement :
« Je voulais que ta notoriété me serve. Mon père m'a appris à m'entourer des personnes influentes. Je ne faisais qu'appliquer ses enseignements. »
« Tu étais un vrai petit con. » répliqua le brun en se remémorant la poignée de main qu'il avait refusé.
« Toi aussi, dans ton genre. » répondit le blond plus amusé que vexé.
« Pourquoi ça ?! » s'enquit l'autre : « J'étais un enfant très gentil ! »
Drago fit une mine peu convaincue :
« Gentil, peut-être. Mais si ma mémoire est bonne tu bravais tous les règlements imposés par l'école et le corps enseignants et ce plusieurs fois par semaine. C'est ce que j'appelle un « petit con » comme tu dis. »
Ils se regardèrent quelques instants amusés. Oui, ils s'amusaient. La rivalité entre eux était toujours là mais ils avaient découvert une nouvelle chose à partager : l'humour.
Le gérant vint leur proposer plusieurs bouteilles de vin et ils en choisirent une. Monsieur Poison leur servit alors un verre à chacun et laissa la bouteille à disposition sur leur table.
« Au fait, tu n'as pas honte de laisser du travail à faire à ta secrétaire pendant le week end ? » demanda Harry en dégustant son verre de vin.
« Ce n'est pas vraiment du travail et c'est elle qui s'est proposé de m'aider. » expliqua le blond en sentant l'odeur que dégageait son verre.
Devant le regard curieux d'Harry, il expliqua :
« Mes parents vont déménager aux Etats-Unis. Eléonore a sa fille qui habite là-bas et elle connait plusieurs maisons disponibles à la vente. Elle s'est proposé de m'aider à installer mon père et ma mère. »
Le brun le fixa sans comprendre :
« Pourquoi tes parents veulent-ils déménager là-bas ? Vous y avez de la famille ? »
Drago posa alors son regard sur Harry, l'observant quelques instant. Il hésitait visiblement à lui répondre. Quelque chose en lui avait changé et le survivant fut bien incapable de savoir quoi.
« Tu n'es pas obligé de répondre… » Dit-il en sentant l'atmosphère se tendre.
L'autre sembla s'apaiser un petit peu, prit un instant et répliqua :
« Mes parents et Scorpius sont la seule famille qui me reste au monde, Potter. Mes grands-parents, oncle, tantes et cousins sont morts. » Il sembla réaliser un fait et il corrigea ses dires : « En réalité il me reste un cousin, mais je ne l'ai jamais rencontré. Je crois même que c'est ton filleul. »
« Teddy Lupin est ton cousin ?! » s'écria Harry : « Mais… Mais comment ça se fait que… ! »
« Que tu ne le saches pas ? Je ne suis pas sûr qu'il le sache lui-même. Sa mère, Nymphadora ,ma cousine germaine, avait coupé contact avec ma famille des années avant qu'elle ne rencontre Remus Lupin. » Il sembla écarter ces informations de la main : « Bref, mes parents n'ont pas de famille aux Etats-Unis. Mon père vient officiellement de finir sa liberté conditionnelle et ils veulent changer d'air. Nombreux sont ceux qui les détestent en Angleterre. Ils ont envie de vivre tranquillement. »
« Je comprends… C'est normal après tout. » Admit le brun.
Drago haussa les épaules, comme pour dire que de toute façon les choses étaient ainsi. Ils burent un verre de plus chacun et le blond demanda :
« Et toi ? En dehors de tes enfants et de ta femme, tu as de la famille en Angleterre ? »
« J'ai un oncle, une tante et un cousin. » répliqua Harry : « Mais j'ai gardé contact qu'avec mon cousin. »
« Ah oui. » se rappela Drago : « Tu en as parlé tout à l'heure. Des moldues ? C'est ça ? »
« Oui. » confirma le brun : « Des moldues. » sans plus expliciter.
« Tu as dit que Hagrid t'en avait libéré… » fit-il observer : « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » Il continua : « Je ne peux pas croire venant de toi que ça ait un quelconque rapport avec le fait que ce soit des moldues. »
Harry eut alors un petit sourire un peu triste. Il se racla la gorge et répliqua :
« En réalité… J'étais un enfant maltraité avant qu'Hagrid ne vienne me chercher. » Avoua-t-il. Drago fut surpris et pour une fois, cela se vit : « Je pensais que tu le savais. » dit Harry en resservant leurs deux verres.
« Non, pas du tout. » nia le blond : « Je savais que tu avais plus ou moins été élevé dans le monde Moldue. Mais je ne savais pas que c'était par ton oncle et ta tante et encore moins que tu avais été maltraité. » Expliqua-t-il.
Harry fit un petit rire, il n'avait rien de joyeux mais il était plus de circonstance :
« Aurais-tu été plus sympa avec-moi si tu l'avais su ? » demanda-t-il en portant le verre à ses lèvres.
Drago sembla considérer la question et y réfléchit pendant quelques secondes. Il eut visiblement une réponse car il répliqua :
« Je ne pense pas. Je pense qu'à partir du moment où tu as refusé mon amitié, j'étais trop en colère et blessé dans mon orgueil pour me montrer indulgent. Mais je m'en serais peut être servi contre toi, par contre. »
Son aveu ne choqua pas vraiment le brun. A vrai dire, il était satisfait. Satisfait que Drago soit assez honnête pour admettre ce qu'il aurait probablement vraiment fait.
« Et aujourd'hui ? » demanda-t-il. « Est-ce que tu vas t'en servir contre moi, Malefoy ? »
L'autre le fixa. Peut-être allait-il vraiment le faire ? Cette perspective décevrait le survivant, mais ça ne lui porterait pas vraiment préjudice, en réalité. Juste un autre scandale dans les journaux. Harry se demanda quand exactement les scandales étaient-ils devenus des choses si mineures ?
« Non. » répondit finalement Malefoy. « Tu pourrais aussi te servir de tout ce que t'ai dit contre moi. » Il but son verre : « J'aurais plus à y perdre que toi. » il soupira : « Et j'ai passé l'âge de martyriser les autres, Potter. »
C'était une sorte de pacte, en fait. Ils venaient officieusement de se dire qu'ils pouvaient se faire confiance. Du moins, c'est comme ça qu'Harry le comprenait. Il leva son verre et il vit Drago faire de même.
« A quoi trinque-t-on ? » demanda le blond.
« A notre deuxième soirée confidence. » répliqua l'autre.
Malefoy haussa ses sourcils :
« Tu nommes nos entrevues ainsi, toi ? » demanda-t-il visiblement peu convaincu.
« Et bien, nous aurions pu parler de Quidditch, du ministère ou de l'économie. Voir même de nos enfants. » Expliqua le brun. « Au lieu de ça nous ne cessons de parler de choses personnelles. Je ne sais pas toi, mais moi j'appelle ça des soirées confidences. »
Le blond se racla la gorge :
« Ce n'est pas très viril tout ça. » dit-il.
« Cela te dérange tant que ça ? » réalisa le survivant. Il soupira un peu déçu « Tu veux arrêter ? je comprendrais que…»
Malefoy secoua la tête, agacé :
« J'ai dit que ce n'était pas très viril, pas que je voulais arrêter. » Il haussa les épaules : « Si ça me dérangeait tant que ça je ne t'aurais jamais proposé de retourner boire un verre. »
Il releva son verre :
« Et bien « à nos soirées confidences » » dit-il dans une imitation ratée d'Harry.
Et ils trinquèrent.
17 Février 2022, ministère de la magie, vendredi, 18h :
Drago toqua à la porte de la ministre de la magie. Elle lui dit d'entrer à travers la porte et c'est ce qu'il fit. Hermione Granger Weasley était assise à son bureau avec une tonne de livre autour d'elle, travaillant sur une montagne de dossier. Le blond se dit qu'elle ne changerait jamais :
« Vous avez demandé à me voir Madame la ministre ? » demanda-t-il.
« Oui, oui venez-vous assoir Monsieur Malefoy, je vous en prie. » répondit-elle. Pendant qu'il obéit, elle fouilla dans sa pile de papier et en sortit un courrier. « Vous avez émis le souhait de reprendre le poste de Madame Akva suite à sa démission pour raison familiale, je ne me trompes pas ? »
« Effectivement. » confirma-t-il.
« Pourquoi cela ? » demanda Hermione, relisant quelque chose sur sa feuille. « Votre poste ne vous plait plus ? »
Drago l'avait senti : c'était un entretien pour sa promotion. Il fallait qu'il assure et qu'il dise exactement ce qu'elle voulait entendre. Et avec la madame-je-sais-tout en chef de ce ministère, ça n'allait pas être des plus aisés. Si on lui avait dit un jour que c'était d'Hermione Granger que dépendait sa promotion, il leur aurait ri au nez. Maintenant, il riait nettement moins. Même pas du tout.
« J'occupe déjà les fonctions de ce poste depuis le départ de Madame Akva. » expliqua-t-il. « Etant donné qu'elle ne revient pas, j'ai cru bon de postuler pour la remplacer. »
« Ça ne répond pas à ma question Monsieur Malefoy. » répliqua Hermione. « Votre travail ne vous plait plus ? » insista-t-elle.
« Si. Mais il m'est apparu intéressant de postuler à ce poste dans le cadre de mes fonctions actuelles. De plus notre équipe est maintenant habituée à ce que je gère les principaux dossiers et à ce que je donne les directives. »
« C'est donc pour des raisons purement pratique ? Pour éviter à votre équipe un nouveau changement ? » Demanda la ministre en notant quelque chose sur sa feuille.
Ça n'allait pas. Drago sentait que ça n'allait pas. Il n'allait pas avoir ce fichu poste. Il devait tenter quelque chose, il ne voulait pas avoir fait tout ce travail pour se retrouver avec un énième supérieur. Il voulait être le chef. C'était à son tour de prendre les décisions et de donner les ordres. Il méritait ce poste, il le savait.
« Non. Je le veux également car j'ai de l'ambition, que j'ai clairement les capacités qu'il requiert et que je sais que je serais excellent à ce poste. » Répliqua-t-il. Il l'était déjà. Mais il ne l'ajouta pas.
Hermione releva les yeux de son papier et le fixa quelque instant, semblant le sonder. Elle reporta son attention sur sa feuille et imposa sa signature dessus. La ministre la tendit alors à son vis-à-vis qui la récupéra.
Drago lut alors le contenu et fut agréablement surpris de découvrir qu'il s'agissait de sa lettre de promotion, écrite, tamponnée et maintenant signée par Hermione elle-même.
« Vous avez fait vos preuves Monsieur Malefoy, vous êtes notre nouveau directeur du département des mystères. » dit-elle avec un sourire. Elle lui tendit la main et Drago lui serra. « Toutes mes félicitations ! »
« Je vous remercie madame la ministre. » répliqua le blond avec un sourire polie.
Elle lui sourit une nouvelle fois :
« Vous pouvez déménagez vos affaires dès maintenant dans votre nouveau bureau ou attendre Lundi et aller fêter ça, c'est comme vous le souhaitez. » dit-elle en se repenchant sur sa besogne. « Avez-vous quelqu'un à l'esprit pour devenir votre nouveau directeur adjoint ? »
Drago sembla réfléchir. Sarah Jekkins était douée mais très jeune et indisciplinée : A peine 24 ans. Il se dit qu'il aurait tout le temps de la former à ce nouveau poste mais ce n'était pas très prudent, si les choses se passaient mal, ça à lui qu'on irait demander des comptes. Il y avait aussi Karl Duncan : il était plus vieux et plus expérimenté et il avait quinze ans d'ancienneté. Il était aussi très compétent. Le seul problème était que Karl était un peu usé. Il n'avait pas réellement de cœur à l'ouvrage et faisait plus les choses par mécanisme. Peut-être que ce nouveau poste lui donnerait un souffle neuf… Mais ce n'était pas certain. Ils avaient à peu près le même âge tous les deux, Karl étant légèrement plus âgé.
« Je ne suis pas certain. » admit le blond : « J'ai deux personnes en tête qui sont toutes les deux très compétentes mais je n'arrive pas à déterminer qui serait le ou la plus à même de me remplacer. »
« Vous n'êtes pas obligé de me répondre tout de suite. » répondit Hermione avec un sourire : « ça peut attendre lundi. » Elle s'étira le dos : « Vous nommerez vous-même votre remplaçant. Je n'interviendrai pas là-dessus. »
« Très bien. Je vais me pencher là-dessus. » Répliqua Drago. « Je vais vous laisser dans ce cas. »
« Bonne soirée Monsieur Malefoy. » dit Hermione avec bienveillance.
Drago marcha vers la porte et avant de sortir lui rendit la politesse. Il marcha calmement vers son bureau et en entrant dans le département des mystères il fut surpris de voir ses collègues sur le qui-vive. Ils chuchotaient tous entre eux et cessaient quand le blond les surprenait. Il se demanda si cela avait un rapport avec sa promotion puis il se flagella mentalement d'avoir été aussi bête. Bien sûr que ça avait un rapport avec sa promotion. Hermione Granger Weasley n'appelait pas quelqu'un dans son bureau sans raison un vendredi en fin d'après-midi ! Il ne pensait juste pas qu'elle susciterait autant d'agitation. Il avança alors un peu plus rapidement vers son bureau en se raclant la gorge. Il ne devait pas montrer son malaise ou se soucier de l'avis de ses collègues. Il ne l'avait jamais fait jusqu'ici et ça n'allait pas commencer en ce jour… ! Du moins il n'avait jamais montré que ce genre de chose pouvait l'atteindre. Il avait gravi les échelons depuis le bas de l'échelle et malgré les railleries et jugements des autres. Il avait su prouvé qu'il était compétent et il méritait ce poste de directeur. Oui, il le méritait. Il se redonna consistance et avança d'un pas plus lent : ne pas montrer quoi que ce soit à qui que ce soit. Il était le Lord Drago Malefoy alias, le Directeur du département des mystères et il n'avait aucune raison d'avoir honte de quoi que ce soit. Oui, voilà. Qu'importent les regards, qu'importent les avis.
Il passa alors le couloir et arriva devant la porte de son bureau. Sa secrétaire l'y attendait avec un grand sourire. Il lui fit signe d'entrer dans son bureau et elle l'y suivit :
« Alors ? » demanda-t-elle surexcitée une fois qu'il eut fermé la porte.
« Alors tu es officiellement la secrétaire du nouveau Directeur du département des mystères. » répliqua-t-il calmement en s'appuyant sur son plan de travail.
« Oh mon dieu Drago ! » s'écria-t-elle folle de joie : « Je suis si contente pour toi ! Tu le mérites mon grand ! »
« Merci, mais j'ai l'impression que tout le reste de ce fichu département pense l'inverse. » répliqua-t-il en sortant une grosse boîte d'une armoire et en commençant à faire voleter ses affaires à l'intérieur.
« Ah ça ! » sembla réaliser la brune : « ça n'a rien à voir avec ta promotion, je crois même que la moitié du département ne sait pas que tu as postulé pour le poste. » le rassura-t-elle « C'est juste que Monsieur Potter est passé pour te voir. Comme tu n'étais pas là, il t'a laissé ce message. » elle lui tendit le bout de parchemin plié en quatre.
Drago blêmit. Potter était passé pour le voir à son bureau ? Ce n'était pas étonnant que tous ses collègues étaient dans cet état, les ragots devaient aller à tout va. Il soupira et ouvrit le papier :
« Cher Monsieur M.
Voudriez-vous participer à une excursion en territoire fatal de beuverie ? J'ai nommé « le bar à Shot ». Si oui, merci de me rejoindre au point S (c'est-à-dire, le Starbuck) à 19h. L'objectif de notre mission étant de profiter de l'Happy Hour.
Monsieur P.»
Drago haussa un sourcil. Voilà que Potter se la jouait agent secret maintenant. Il capta le regard intrigué de sa secrétaire et mentit :
« Il me demande un dossier qu'il lui faut absolument pour faire un rapport qu'il a oublié de rendre la semaine dernière. »
« Et il se déplace pour ça ? T'envoyer un courrier aurait suffi, non ? » Demanda Madame Stewart. Devant l'air peu curieux de l'autre, elle laissa tomber. « Bon, je rentre chez moi. » déclara-t-elle en ouvrant la porte : « Est-ce que tu veux venir dîner ? » lui proposa-t-elle. « Ben attends sa revanche aux échecs. »
Le blond lui sourit mais déclina l'invitation :
« J'ai déjà des plans pour ce soir. » répliqua-t-il.
Madame Stewart plissa ses yeux, semblant l'inspecter :
« Un rendez-vous galant ? » demanda-t-elle.
Malefoy la toisa alors du regard :
« Je t'en prie Eléonore. » dit-il faussement désespéré.
« Oh ça va ! Ça ne coutait rien de demander ! Bon, et bien passe une bonne soirée mon grand ! »
« Bonne soirée à toi aussi. »
Elle quitta alors la pièce, le laissant seul. Drago stoppa son rangement pour s'assoir dans sa chaise de bureau. Il s'y adossa complètement et rouvrit le mot de Potter. Un verre à Shot hein ?
Harry attendait devant le Starbuck, regardant sa montre. Il était déjà 19h20… L'autre viendrait-il ? Il savait qu'il aurait dû lui demander en face plutôt que lui laisser ce mot. Avait-il saisi l'humour… ? Il se stoppa alors dans sa réflexion : et puis quoi ? Qu'est-ce que ça pouvait faire si au final il ne venait pas ? Il pouvait aller boire des shots seul. Il n'avait pas besoin de lui… ! Mais au moment où il vit le blond approcher du coin de l'œil, un sourire étira son visage. Il marcha même vers lui pour venir à sa rencontre. Quand ils furent au même niveau, Drago lui montra le parchemin qu'il lui avait laissé :
« Tu sais que tu es un sacré tordu ? N'est-ce pas ? » Lui demanda-t-il. Il relut la missive : « « L'objectif de notre mission est l'Happy Hour » ? » Harry fit semblant d'être vexé : « Tu as quel âge ? 16 ans ? »
« 41 ans. » répliqua le brun : « presque aussi vieux que toi. »
« On a le même âge. Imbécile. » Répondit Drago en rajustant son écharpe : « Alors ? Il est où ce bar à Shot ? »
Harry lui tendit alors sa main et Drago la regarda, désabusé :
« Faut-il vraiment transplaner ? » râla-t-il.
Le brun ne répondit pas. Attendant juste qu'il saisisse sa main. Il le fit au bout de quelques secondes. L'instant d'après, ils étaient au fond d'une ruelle déserte. Drago regarda autour lui, sceptique :
« Tu veux qu'on se fasse agresser par des gobelins ou quoi ? » demanda-t-il.
« On est juste derrière le bar. » lui répondit Harry : « Il est Moldue. Je ne voulais pas risquer qu'on nous voit transplaner. » Devant l'air peu convaincu de Drago, il ajouta : « Allé, suis moi espèce de vieux grincheux. »
Le vieux grincheux en question ne répliqua pas, se contentant de lui emboîter le pas. Ils ne marchèrent pas très longtemps, peut-être cinq minutes, et arrivèrent devant ce qui semblait être l'antre de Satan lui-même. Il y avait de la fumée qui sortait du bar et des lumières rouges brillaient à l'intérieur. On entendait de la musique – d'un style inconnue – depuis l'extérieur. Un videur tenait l'entrée et refusait ou acceptait les visiteurs à l'intérieur.
Harry et Drago se mirent au bout de la queue et le survivant se pencha légèrement vers l'autre :
« Je t'avoue que ça doit faire au moins six ou sept ans que je ne suis pas venu… ça a beaucoup changé… » Chuchota-t-il.
Le blond le jugea clairement du regard :
« Il semble y avoir un dress-code. » fit-il remarquer.
« Non, je pense qu'ils vérifient juste l'âge des jeunes, pour ne pas faire boire des mineurs. » objecta l'autre.
Ils arrivèrent au bout de quelques minutes devant l'agent de sécurité qui les scruta du regard :
« C'est pour consommer ? » questionna-t-il en les fixant.
« Bien sûr. » rétorqua le blond. Le fixant également.
Il y eut un moment de silence puis se poussa pour les laisser entrer. Harry le remercia et suivit l'autre rapidement. Ils entrèrent alors dans un monde qu'il leur était inconnu : il y avait des projecteurs de partout diffusant des lumières rouges, roses, bleu, vertes et orange dans tous les sens. La musique était un mélange de pop et de rap, ou quelque chose du genre. Ils n'en étaient pas vraiment certains. Il y avait du monde qui dansait et ils peinèrent à arriver jusqu'au comptoir. Harry parvint à attraper une carte et ils réussirent à se faire servir 7 shots chacun. Ils les prirent avec difficulté sur un plateau, au milieu de toutes ces personnes qui dansaient, et allèrent s'installer à une table.
« A la tienne ! » cria Harry en leva son Shot.
« Comment ?! » hurla Drago, n'entendant rien. Harry mima alors qu'il buvait son verre et Drago comprit : « Santé ! »
Ils burent les trois premiers, qui leur arrachèrent la gorge.
Ils burent le quatrième et le cinquième, qui semblèrent les anesthésier.
Ils burent le sixième et le septième, qui leur donnèrent mal à tête.
« Je déteste cet endroit ! » gueula le blond.
« Quoi ?! » brailla le survivant. « Viens, on sort ! »
« J'entends rien ! » répliqua l'autre.
Harry leva les yeux aux ciels et attrapa son bras. Il le tira derrière lui et il fut quand même assez surpris de voir qu'il le laissait faire. Ils réussirent à sortir au bout d'un long moment à pousser des gens et à se faire pousser par d'autres.
Une fois dehors, ils s'assirent sur le bord du trottoir, à bout de souffle. Le videur les dévisagea :
« Déjà ? » s'enquit-il. « Si c'était pour rester une heure c'était pas la peine d'entrer. » râla-t-il.
« Mais de quoi je me mêle ? Hein ?! » Répondit Drago en se levant et en avançant vers lui.
« Wow ! » Harry lui attrapa l'épaule : « Qu'est-ce que tu fous Malefoy ? » chuchota-t-il.
« Il m'énerve lui, là. » répliqua le blond en désignant le videur : « Avec sa sale tête de Dirico* ! »
Le brun soupira et retint l'autre : Malefoy était complétement pété. En même temps ils avaient bu sept verres de Shot d'alcool très fort et avaient passé une demi-heure à essayer de sortir de cette fichue boîte. Car oui, c'était devenu une boîte. Rien d'étonnant au fait qu'ils soient bourrés. Le blond l'était cependant beaucoup plus que lui.
« Excusez le Monsieur. » dit-il à l'attention du videur : « Il ne sait pas ce qu'il dit. »
« Je sais très bien ce que je dis Potter ! » brailla Drago. « Et je dis que cette Goule m'a regardé de travers. J'exige un duel ! »
L'agent de sécurité sortit alors sa matraque, qui était accrochée à sa ceinture :
« Répétez ça, vieille tapette ! » beugla-t-il.
« Tapette ?! » gueula le blond. « Je vais te balancer un Stupéfix dans la tête, on verra si tu fais toujours le fier ! »
« On va se calmer hein ? » tenta de tempérer Harry. « Ne faîtes pas attention à lui Monsieur. » implora-t-il presque le videur. « Il est complètement ivre. »
L'homme sembla alors se calmer et commença à retourner vers l'entrée de la boîte. Alors que le survivant avait fait cinq pas, le bras de Drago sur son épaule, le blond cria :
« Oui ! C'est ça ! Retourne te cacher petit con ! »
Harry aurait pu sentir le regard meurtrier du videur sur eux avec les yeux bandés, dans l'obscurité et derrière un mur. Il en était presque sûr. Il le vit arriver alors à grande enjambés vers eux. Il n'eut pas vraiment le choix : il transplanna.
18 Février 2022, samedi, 9h du matin :
Drago ouvrit difficilement les yeux, la lumière le dérangeant clairement. Il mit un moment à complètement émerger. Il voulut s'étirer mais une violente douleur dans le haut du dos l'en empêcha. Il lâcha un petit gémissement de douleur. Il sentit alors que son lit était différent. Il regarda autour de lui et ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait… Il… Il était dans un salon ? Et sur un canapé… Son regard parcourut alors la pièce : elle était petite à côté de son salon et avait un mobilier très simple et puriste. Il remarqua quelques portraits aux murs et il ne put s'empêcher devant celui de Ginny Weasley. Il mit le doigt dessus : il avait passé la nuit sur le canapé de Potter.
Il se laissa retomber sur le canapé de désespoir : qu'avait-il bien pu se passer pour qu'il échoue ici ? Il tenta de se lever mais un violent mot de tête l'en empêcha. C'est alors qu'il entendit des pas dans l'escalier. Et alors il paniqua. Il pria tous les dieux qu'il connaissait pour ce ne soit pas la belette femelle. Il ne supporterait pas une humiliation pareille : qu'elle le voit avec une aussi grosse gueule de bois. Ou gueule de bois tout court.
« Alors ? On a bien dormi ? » Demanda Harry en entrant dans le salon. Drago ne put retenir son soupir de soulagement. « Tu veux un café ? » proposa-t-il.
« Non merci. Je vais juste rentrer chez moi avant que ta femme ne fasse une photographie de moi, mon visage probablement sale, cerné et… » Il se toucha le menton : « Et mal rasé. »
« Oh, tu es bien pire que tout ça ? Est-ce que tu as vu tes cheveux ? » Ricana le brun : « Quelle idée de les laisser pousser autant. » En voyant l'air paniqué de l'autre, il le rassura : « Ginny n'est pas là. Elle est en déplacement professionnel depuis jeudi et ne revient que demain. »
Drago dû se sentir rassuré car il tâta ses cheveux pour voir l'ampleur des dégâts. En rencontrant une dizaine de nœuds, il se dit, qu'effectivement les avoir jusqu'au milieu du dos n'était pas l'idée du siècle. Du moins quand on passait la nuit sur un canapé, visiblement ivre mort :
« Je crois qu'on peut dire qu'on est ami maintenant. » dit Harry en prenant place en face de Drago, dans un fauteuil.
« Et pourquoi ça ? » répliqua le blond.
« Je t'ai traîné dans une boîte, tu as voulu te battre avec l'agent de sécurité que tu as traité de tous les noms et quand, finalement j'ai réussi à négocier notre départ sans dommage, tu l'as traité de petit con. J'ai transplanné, t'ai amené ici, je t'ai forcé à boire de l'eau, enlevé tes chaussures, donné un coussin, une couverture et je t'ai laissé dormir sur mon divan et sans prendre aucune photo. » dit-il d'une traite.
Malefoy intégra la chose et soupira, épuisé :
« Oui. On dirait bien que nous le sommes maintenant. »
Fin du chapitre 2…
* « Dirico » créature fantastique présente dans le livre de Norbert Dragonneau, c'est un oiseau gras incapable de voler. Il peut disparaître et réapparaître à un autre endroit pour mieux échapper à ses prédateurs ou au danger. Les Moldues les appellent les Dodo.
Alors ? Qu'en avez-vous pensé ? Chapitre un peu long peut-être, mais il fallait faire cet axe en une seule partie :o !
Merci de votre lecture :D
