And yes ! It's me again ! Bon, ok j'ai mis un peu le temps, mais comme les chapitres vous semblaient un peu courts, bah j'ai décidé d'en mettre deux dans un... Donc ça prend plus de temps (surtout si je veux que la longueur dépasse de loin celle des reviews de Nadège c'est quand même un comble !^^) Merci pour vos commentaires à tous (toutes ?), ça motive vraiment à faire quelque chose de bien ! Un petit chapitre de transition qui pose le nouveau décors mais laisse place à de nombreux mystères. Je ne vous en dis pas plus, mais je vous laisse découvrir la suite !

Bonne lecture !

- Hello !

Kate sursauta sous le coup de la surprise, et balaya les environs du regard, complètement perdue et désorientée. Une sombre caverne, éclairée ça et là par quelques néons rougeâtres. Des mineurs en piètre état qui taillaient la roche, d'autres qui posaient des poutres pour maintenir les tunnels stables. Rien de bien engageant, et encore moins touristique. D'ailleurs pourquoi pensait-elle à faire du tourisme ? Surtout en ces lieux si sordides ?

Une jeune femme était penchée sur elle, toute attentive, les yeux emplis de malice, un sourire éclatant qui contrastait étrangement avec l'allure sinistre des environs.

- Comment te sens-tu ?

- Effet pop-corn…

- Quoi ? s'interloqua l'autre.

- Mal de crâne, lâcha finalement Kate en se massant les tempes.

En effet, ses maux étaient tels, que sa tête lui semblait être un topperweir empli de maïs que l'on aurait négligemment oublié au four micro-onde. Elle battit des paupières, tâchant d'accoutumer sa vue aux néons rouge sang de l'endroit.

- Où suis-je ?

- Sur Pandora, dans les sous-sols, expliqua la jeune femme à ses côtés. L'extérieur de la planète est inhabitable. Complètement invivable. On se cache ici. On travaille pour la bonne cause.

- C'est coquet, c'est sûr…

Kate la dévisagea durant de longues secondes, un peu anéantie par cette triste nouvelle : enfermée dans un sous-sol sordide, sans possibilité de revoir un jour la lumière du dehors… Finalement, l'idée de se rendormir et d'oublier ce cauchemar ne lui parut pas si mauvaise. Tourisme. Vacances. Divorce. Pourquoi cela lui revenait-il sans cesse à l'esprit ? Oulà… sa migraine qui la martyrisait de plus belle… Sa tête lui donnait l'impression de n'être qu'un vaste champ de mine, et la moindre pensée, la moindre réflexion, lancinait sans relâche sa pauvre cervelle endolorie.

- Comment ai-je atterri ici ?

- Tu ne te souviens pas ? s'étonna l'autre femme.

Kate se frotta le front, et grimaça sous la douleur d'une vilaine bosse qui semblait à l'origine de tous ses maux. Pas un souvenir ne se profilait dans son esprit, ce qui, en plus de l'inquiéter, lui donnait l'impression rageuse d'avoir oublié de sauvegarder au moment où le personnage de son jeu vidéo se faisait assassiner par un boss du niveau final. Pourquoi allait-elle imaginer ça d'ailleurs ?

- Tu es arrivée ce matin avec le beau brun du secteur 4A. Votre précédent secteur, le numéro 10 si je ne m'abuse, a subit un écroulement. Vous êtes les seuls à en avoir réchappé. Avec quelques lésions c'est sûr…

- Le beau brun du secteur 4A ? répéta Kate amusée. L'ambiance ne se prête pas trop à la drague dans le coin pourtant.

- C'est vrai… Mais il n'y a pas de mal à regarder de temps à autres…, se justifia l'autre un tantinet gênée. Et puis tu verras, ce n'est pas si terrible que ça ici…

- BOUGEZ-VOUS LE DERRIERE SINON C'EST MOI QUI M'EN CHARGE ! beugla un homme dans leur dos.

Les jeunes femmes se levèrent pressement au passage du colosse. Il poursuivait sa tirade peu engageante, un fouet dans la main, insultant, grommelant, menaçant les plus forts et humiliant sans aucun remord les plus faibles et les plus démunis, lacérant leur dos de lanières en cuir, ou bien tout simplement d'un coup de pied rageur dans les jambes, les faisant ainsi trébucher en avant.

- Sympathique…, commenta Kate d'humeur assombrie.

- C'est Hastor, expliqua sa partenaire. Il est maître des secteurs 4A et 4B. Il faut se dépêcher de retourner creuser. Notre repas en dépend.

- Notre repas ?

- Suivant la quantité de linéum que l'on extrait par jour, notre repas est davantage copieux ou non.

- Le goulag à l'air plus accueillant…

- Que dis-tu ?

Kate réfléchit deux secondes à ce qu'elle venait de prononcer, avant de réaliser qu'elle ne comprenait pas sa phrase. Elle secoua la tête, toujours en proie à une vive migraine qui ne cessait de marteler son crâne tout endolori.

- C'est sans importance. Comment t'appelles-tu ?

- Jenny ! sourit l'autre avec un petit salut militaire.


Il se réveilla suite à la poussière qui brûlait ses poumons. Il toussa bruyamment, puis battit des paupières, éperdu. Il se redressa vivement, et grimaça, en proie à une vive douleur dans la mâchoire et dans le ventre. Il se maintint contre un mur, à demi-somnolent, tâchant de faire le point.

Rien… Le néant… Impossible de se rappeler ce qu'il lui était arrivé, et encore moins ce qu'il faisait ici, dans cette mine, sur une planète inconnue… D'ailleurs pourquoi était persuadé que d'autres mondes existaient par-delà ces parois rocheuses qui ne laissaient jamais entrevoir la lumière du jour ?

- Bien dormi ? râla un vieil homme à ses côtés.

- Où suis-je ?

- En enfer, grommela le vieux en martelant le sol de sa pioche. Aide-moi à dégager ces gravats, veux-tu ?

Il fronça les sourcils, puis, sous le regard insistant de son nouveau compagnon, il s'accroupit et récupéra les minerais porteurs des cristaux tant convoités.

- Aller, dépêche-toi, sinon l'autre grande folle va nous tomber dessus…

- De qui parlez-vous ?

- BOUGEZ-VOUS LE DERRIERE SINON C'EST MOI QUI M'EN CHARGE ! beugla un homme dans leur dos.

Ils s'activèrent de plus belle au passage du tyran, puis ralentirent un minimum la cadence une fois qu'il se fut éloigné.

- Que se qu'il se passe ici ? Et qui êtes-vous ?

- Sais-tu seulement qui tu es toi-même ? ronchonna l'autre avant de piocher à nouveau dans le mur.

- Et bien je…

Il se stoppa, incapable de mettre un nom, un visage sur son identité. L'absence de miroir le privait de toute vision de lui-même. Non pas qu'il était narcissique (quoiqu'un peu tout de même, non ?), mais il lui semblait en cet instant être habité par une multitude d'hommes aux caractères diverses, aux ambitions toujours plus démesurées et à l'extravagance la plus remarquable. Des visages, perdus dans de brefs souvenirs confus, mais jamais aucun nom…

- Jason, c'est écrit sur ton uniforme, nota l'autre. Du moins c'est le nom qu'ils t'ont donné. Pour ma part, je suis Ramius. Suis-moi l'ami, avec moi à tes côtés, tu ne risques pas de te perdre. Et l'on va gagner le butin !

- Le butin ?

- Des quantités ahurissantes de linéum que mes vieux os ne peuvent plus porter. Tu vas m'aider à les transporter ! Notre repas sera royal ce soir ! Aller viens, suis moi !


Trois semaines… Trois semaines qu'il traînait des pieds sous le travail harassant de l'endroit, à se demander ce qu'il faisait là, parmi ces gens sans désir de vivre, sans grande ambition… Trois semaines qu'il évitait tant bien que mal les mauvais coups de leurs geôliers. On lui avait prétendu qu'ils travaillaient pour la bonne cause, mais ce qu'il constatait au bout de ces trois semaines, fût qu'il était tout simplement réduit en esclavage. Et d'une certaine manière, il savait au fond de lui-même qu'il ne pouvait admettre une telle situation.

Non, impossible ! Il rêvait de liberté, de voyage… Il rêvait tout simplement de courir par délà les horizons et les espaces… Il s'en sentait capable ! Il aurait donné n'importe quoi, il aurait vendu son âme, ne serait-ce que pour voir le ciel… et les étoiles !

Jason –puisque c'est ainsi qu'on le dénommera à présent, béguin tordu de l'auteur pour un personnage de la mythologie grecque qui s'est finalement marié à une sorcière- soufflait comme une bête sous la charge assommante des centaines de kilogrammes de minerais qu'il devait transporter dans un chariot en pente. Le chemin était terreux, parcouru de crevasses, et ne facilitait guère à son transport. Le vieux Ramius grommelait deux trois injures dans le patois local, non loin de là, dans une galerie sombre. Parfois, Jason le voyait discuter avec d'autres membres du secteur 4A –son secteur- prêt à mettre au point quelques stratégies loufoques pour piéger leur rivales du secteur 4B… car il semblait bel et bien qu'une rivalité existait entre l'équipe féminine et le groupe masculin de ces lieux.

- Hey ! le somma soudainement une voix. Vous ne pouvez pas faire attention avec votre poubelle roulante ?

Jason se stoppa net, freinant le chariot qu'il traînait tant bien que mal. Devant lui une jeune femme à terre, couverte de poussière, un genou ensanglanté et un sac visiblement trop lourd renversé à ses pieds. Elle gémissait sous le coup de la douleur. Mais là n'était pas la surprise…

Hey ! N'y a-t-il donc personne pour piloter cette poubelle volante ?

Un souvenir… Avait-il rêvé ? Une murmure de sa mémoire… une impression de déjà-vu… Non, impossible ! Il avait fouillé son esprit depuis tant d'heures déjà… Tant d'insomnies à se demander qui il était, tant de songes silencieux dans lesquels il se remettait sans cesse en question… s'il en avait resté qu'une infime partie intacte, Dieu sait qu'il l'aurait trouvée depuis fort longtemps ! Mais alors, pourquoi avait-il l'étrange impression de connaître cette voix ?

- Pardonnez-moi, s'empressa-t-il en s'accroupissant à ses côtés. Tout va bien ?

- Ca peut aller oui…

Leurs regards se croisèrent l'instant d'une seconde, et Jason crut déceler le même étonnement, la même surprise dans les yeux de son interlocutrice. S'étaient-ils déjà rencontrés ? Il la détailla d'un rapide –mais pas moins attentif- coup d'œil. Il tomba quelque peu sous le charme. Même couverte de poussière et de crasse, les cheveux emmêlés, elle lui parut splendide, douce et fraîche comme la rosée, mais tout aussi caractérielle que l'orage ! L'idée saugrenue d'un ensemble de lingerie fine composé de dentelles noire et de soie turquoise lui vint brusquement à l'esprit, mais il l'effaça tout aussitôt de ses songes et le relégua à ses fantasmes.

Il se racla la gorge et baissa les yeux vers sa blessure au genou…

- Est-ce que c'est moi qui…

- Ca ? s'exclama-t-elle avec une négligence qui sonnait particulièrement fausse. Non ! Je suis tombée tout à l'heure…

- Vous êtes sûre ?

- Bien sûre… pourquoi ?

- Parce que vu votre taille et votre poids, c'est impossible que seule la gravité de cette planète ait eu autant d'impact sur votre genou, résuma-t-il avec tact.

- Quoi ? Vous insinuez que je suis petite et rachitique ? Ce n'est guère la meilleure approche pour aborder une jeune demoiselle, Sir Gentlemen ! lui reprocha-t-elle sur un air de défi.

Il esquissa un sourire, sans savoir d'où lui venait cette bonne humeur salutaire, ce soulagement. Elle détourna le regard, un peu désintéressée, mais ne bougea pas pour autant de sa position, grinçant des dents sous la douleur lancinante que lui occasionnait sa jambe.

- Laissez-moi regarder ça de plus près je suis...

- Docteur ? compléta-t-elle

Ils se figèrent d'effroi l'instant de quelques secondes, et se dévisagèrent longuement sans rien dire, comme soumis à un lointain souvenir, une nette impression de familiarité qui leur était si chère en ces temps où la mémoire leur faisait tant défaut.

- Quelque chose dans ce goût-là…, approuva-t-il finalement avec prudence.

Il analysa d'un bref coup d'œil sa large entaille, puis grimaça devant l'infection qui se propageait le long de sa jambe et suintait les tissus en décomposition.

- C'est très mauvais… Si l'on ne stoppe pas l'infection, vous allez perdre votre jambe.

- Quoi avec une simple entaille ?

- Ce n'est pas une simple entaille. Venez, suivez-moi, ajouta-t-il en se redressant.

- Que je vous suive ? répéta-t-elle méfiante.

- Cela fait deux semaines que je récupère, à droite et à gauche, des produits qui peuvent parer à ce genre d'accidents. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs…, rélféchit-il en se grattant la tête, secouant la poussière de sa tignasse indisciplinée. Formations professionnelles sans doute.

- Kate ! s'exclama une voix dans leur dos. Te voilà enfin ! Je te cherchais partout ! J'ai cru qu'Hastor t'avait encore…

Jenny se stoppa soudainement sous le regard mystérieux de Jason, et se recoiffa dans un semblant de coquetterie, avant de lui adresser un sourire des plus rayonnants.

- Hello !

- Hello ! répondit-il tout aussi jovial.

Tous deux se contemplèrent avec malice, une allégresse toute nouvelle bondissant dans leur poitrine. Ils se seraient jetés au cou de l'un de l'autre, sans aucune hésitation, si seulement ils avaient connu la raison pour laquelle ils étaient si heureux de se retrouver.

- Sans vouloir interrompre ce silence passionné qui me confère le magnifique rôle de tenir la chandelle, n'y aurait-il pas une âme charitable qui voudrait m'aider à me relever ? râla Kate les bras croisés.