Disclaimer : Je ne tire aucun profit de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires et tous les droits de création leur appartiennent.
Rating : M
Genre : family / tragedy / hurt/comfort
Personnages : Thanos - Gamora (Ebony Maw - Proxima Midnight - Cull Obsidian - Corvus Glaive - Nebula)


Bonjour !

J'ai mis un temps fou pour publier ce second chapitre, je suis désolée. Normalement, je devrais être plus régulière à partir de maintenant.

Encore pardon. Je vous laisse avec ce troisième chapitre. J'espère que vous l'apprécierez.

Lana, mille mercis à toi pour ton travail de beta et pour les séances de rire ("Hem Hem en est sûrement la meilleure !)

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Bonne lecture !

CHAPITRE 2


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« Père, as-tu déjà choisi une autre planète ? » demanda Maw, quelques heures plus tard.

« Tu as des enfants ? » s'éleva une petite voix.

Tous se figèrent sauf le Titan. Il se tourna vers la fillette qui était en train de s'étirer sur le fauteuil, les bras et les jambes pendant dans le vide.

Pourquoi se réveille-t-elle aussi rapidement ? Elle ne pouvait pas me ficher la paix encore un peu.

« Ils te ressemblent pas du tout, » enchaîna la gamine en le regardant la tête à l'envers, en n'ayant aucune réponse. « Ils font peur. Et ils sont moches, » avoua-t-elle dans un murmure, un peu après les avoir détaillés tous les quatre du regard.

Bien entendu, leurs ouïes développées captèrent très bien les mots. En l'absence de leur maître, elle aurait été déjà morte.

« Où est leur maman ? Est-ce qu'elle est moche aussi ? » demanda-t-elle au Titan.

Une hilarité déroutante monta en Thanos. Vraiment. Il en fut tellement surpris qu'il dut réprimer un sourire à la dernière seconde. Mais il parvint à garder un masque neutre et à retrouver son sérieux avant de recroiser le regard de la fillette.

Elle avait de l'appréhension et de l'espoir dans les yeux, et il ne comprit pas pourquoi, jusqu'à ce qu'elle tende les bras dans sa direction. Il profita d'un des membres tendus pour tirer la gamine et la poser au sol, sur ses pieds.

« Suis-moi, » ordonna-t-il.

Puis, il donna à son second des coordonnées approximatives dans le système stellaire le plus proche et se dirigea vers ses appartements, vérifiant à l'oreille que la gamine le suivait.

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Ils parcoururent quelques couloirs avant de croiser un escadron de soldats chitauris. Ils s'aplatirent devant leur leader, qui ne leur jeta même pas un coup d'œil en passant. Lorsqu'ils disparurent, à l'angle de la coursive suivante, Thanos remarqua le silence. Il se retourna et vit la fillette une dizaine de mètres plus loin, recroquevillée au sol, la tête dans les bras, tremblant de la tête aux pieds, appelant sa mère dans une litanie de murmures.

Il revint sur ses pas et posa un genou à terre pour être un peu plus à sa hauteur.

« Que se passe-t-il ? » l'interrogea-t-il en tirant doucement sur ses bras pour étudier son expression.

Elle se contenta de se jeter contre lui, enroulant ses mains derrière sa nuque, le visage caché dans le creux de son cou. Il secoua la tête et la repoussa tranquillement.

« Regarde-moi Gamora, » ordonna-t-il d'un ton neutre.

Elle obéit au bout de quelques secondes. Ses joues étaient trempées de larmes et son regard rempli de peur.

« On ne va pas parler au milieu d'un couloir. Je t'emmène à ta chambre et tu vas m'expliquer. »

Elle hocha lentement la tête, en tentant de s'approcher à nouveau de lui, mais il se releva et reprit son chemin. Il remarqua qu'elle marchait bien plus près de lui cette fois-ci. Il se demanda s'il fallait qu'il lui dise de faire attention, mais après tout, s'il lui donnait un coup de pied, elle retiendrait mieux la leçon qu'avec une simple mise en garde. Il passa devant la porte de ses appartements et s'arrêta devant la suivante, pris d'une légère hésitation.

Il n'avait jamais voulu que les appartements de chaque côté des siens soient occupés. Il avait toujours tenu à être au calme lorsqu'il n'était pas avec les autres. Mais il ne fallait pas être prophète pour savoir qu'il pouvait dire adieu à sa tranquillité. Preuve en était les bras qui venaient de s'enrouler autour de sa cuisse.

Il secoua vaguement la jambe pour se libérer et avança. Quelques pas plus tard, il entendit un faible gémissement.

« La prochaine fois tu resteras plus loin de moi. Ainsi, tu ne te feras pas mal, » déclara-t-il sans lui accorder plus moindre attention.

Il jeta un œil autour de lui. En entrant se trouvait un petit salon avec deux fauteuils, une baie vitrée donnant sur l'extérieur, une table pour quatre personnes. Sur la gauche, quelques emplacements pour conserver de la nourriture, des gamelles et des couverts. À droite se trouvaient deux portes. Une donnait sur une pièce avec douche et l'autre menait vers une chambre.

Il n'hésita pas avant de se diriger vers un fauteuil et de s'y asseoir.

« Assieds-toi, » demanda-t-il et la petite s'approcha de lui, les bras commençant à se tendre pour qu'il la prenne. « Non. Dans l'autre. »

Elle resta immobile, tentant de ne pas pleurer. Il attendit patiemment et quelques minutes plus tard, elle céda et se dirigea en traînant des pieds, la tête basse, vers le siège, sur lequel elle n'arriva pas à grimper. Il se rappela qu'elle n'avait toujours pas mangé.

Il se leva et la tira par le col de sa tunique pour l'asseoir.

« Je reviens. Ne bouge pas, » déclara-t-il en sortant.

Il passa rapidement par ses appartements, prit quelques sachets de nourriture et lorsqu'il revint, elle était recroquevillée dans le fauteuil, pleurant à gros sanglots, appelant encore sa mère.

Allons, que lui arrivait-il encore ?

« Gamora, que se passe-t-il ? »

« Tu... Tu... parti... seule ! » pleura-t-elle.

Il essaya de comprendre.

« Tu étais seule ? »

Elle hocha la tête pour confirmer.

« Je t'ai dis que je revenais, » rappela-t-il.

« Papa aussi... a dit qu'il re- revenait, » continua-t-elle. « Papa... maman... MAMAN ! » cria-t-elle soudain, ses sanglots redoublants.

Le Titan pinça les lèvres, sentant poindre un début d'agacement. Mais s'il s'énervait, il allait aggraver les choses.

« Je te laisse te calmer seule. Je reviendrai dans un moment, » lâcha-t-il en se détournant.

Il entendit un bruit léger, mais sourd suivit d'un piétinement. Le temps de pivoter, elle était déjà agrippée à sa jambe. Il retint un grognement.

Elle lui faisait perdre son temps.

« Gamora, lâche-moi, » réussit-il à demander d'un ton neutre.

« Je veux maman, » murmura-t-elle.

Il croisa son regard et la réplique acide qu'il allait lâcher mourut sur ses lèvres. C'était une petite fille. Elle était perdue, seule, dans un endroit qu'elle ne connaissait pas.

« Je te l'ai dis, enfant. C'est moi qui m'occuperai de toi pendant un certain temps, » rappela-t-il en s'accroupissant.

« Alors pourquoi tu pars ? » demanda-t-elle, le menton encore tremblotant.

« Parce qu'ici, c'est chez toi. Pas chez moi, » expliqua-t-il. « Mes appartements sont plus loin dans le couloir. »

« Mais chez maman c'est aussi chez moi. C'est chez nous. Avec papa, » protesta-t-elle.

« Pas ici, Gamora. Tu vas vivre dans tes appartements. Seule. »

« Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

« Rien. Pourquoi ? » s'étonna le Titan.

« Parce que, à la maison, quand je fais quelque chose de pas bien, maman m'envoie ma chambre. Seule, » souffla-t-elle.

Il secoua la tête.

« Écoute, je vais voir si je peux trouver un arrangement pour que tu ne sois pas, » il bloqua sur les derniers mots, « pas totalement seule. En attendant, tu restes ici. Et tu ne pleures pas. Si tu es seule, c'est bien. Ce n'est pas parce que tu as fais quelque chose de mal. Je t'ai laissé de la nourriture sur la table, il faut que tu manges, » expliqua-t-il en se relevant.

Les petits yeux se remplirent à nouveau de larmes, mais elle ne dit ni ne fit rien, alors il sortit et referma la porte derrière lui. Il parcourut les quelques mètres le séparant de son appartement et s'installa – s'affala – dans un de ses propres fauteuils.

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Il regarda un bon moment l'espace défiler sous ses yeux sans rien faire d'autre. Comment allait-il se débrouiller ? Il n'avait aucune idée de comment élever un enfant. Personne à bord ne le saurait. Et il n'était pas ignorant ou inconscient au point de laisser un de ses lieutenants s'en occuper, ceci dit. Elle était sa charge.

Les mots le frappèrent violemment.

Non. Elle ne serait jamais sa charge. Sa charge, c'était ce qu'il faisait tous les jours. La Mission. Elle, elle serait une guerrière. Elle l'aiderait dans sa charge. un jour. Pour le moment, il allait devoir lui trouver des vêtements. Une arme adaptée à sa taille. Menacer assez ses lieutenants pour éviter qu'ils la tuent et balancent son corps dans l'espace, ou pire, qu'ils la torturent. Et lui allait devoir déployer des trésors de patience. Il allait commencer par lui expliquer très clairement ce qu'elle n'avait pas le droit de faire. Ou plutôt, ce qu'elle aurait le droit de faire. Ça irait bien plus vite.

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Il eut la soudaine envie de faire demi-tour et de la rendre à sa planète.

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Au bout d'un certain temps, il entendit du bruit de l'autre côté de la cloison qui séparait son coin garde-manger de la chambre de la fillette. Il hocha la tête, appréciant qu'elle prenne l'initiative de visiter. Pourtant, rapidement, il n'y eut plus aucun mouvement. Quelques minutes plus tard, des sanglots étouffés firent leur apparition.

Encore ? soupira-t-il intérieurement

Il regarda le mur et la solution pour ne pas la laisser totalement livrée à elle-même vint d'un coup. Satisfait de sa réflexion, il se leva et retourna dans l'autre appartement.

« Gamora ? » appela-t-il, mais elle ne vint pas. « J'ai trouvé une solution, enfant. Viens, que je te l'explique. »

Il patienta, le temps qu'elle sorte timidement de sa chambre. Il se rendit compte qu'elle était vraiment pâle et la manière dont elle vacillait l'alerta. Elle n'allait pas bien. Il jeta un œil à la table et vit qu'un sachet de nourriture était par terre, mais non entamé. Il réprima son agacement, une fois encore.

« Gamora, pourquoi n'as-tu pas mangé ? » demanda-t-il.

« J'ai pas réussi à ouvrir, » avoua-t-elle en baissant la tête. « J'ai tiré, mais y'a eu plein de petits trucs blancs partout dans mes yeux. Et j'ai eu envie de vomir encore. Et... » ses yeux se remplirent encore de larme. « J'avais mal au ventre, et j'étais… » elle recommença à pleurer, « seule et j'ai, j'ai eu peur, » finit-elle, la voix hachée.

Le Titan s'occupa des choses dans l'ordre. Il récupéra le sachet de nourriture, l'ouvrit et se dirigea vers les placards pour chercher une assiette. Il entendit un grattement. Se retournant, il vit la fillette agrippée à une chaise, les yeux fermés. Elle penchait vers l'arrière. Le bruit avait été celui des pieds de la chaise lorsqu'elle s'était rattrapée au pied.

« Assieds-toi par terre, tu vas tomber sinon, » lui dit-il avant de prendre une assiette, de verser un peu de nourriture dedans, et de poser une cuillère par-dessus le tout.

Il revint vers elle et posa l'assiette devant elle, par terre. Il se redressa ensuite, pour aller s'asseoir dans le fauteuil. Il se perdit dans la contemplation de l'espace. Quelques temps plus tard, il jeta un œil à la fillette. Elle pleurait dans un silence total, mais ne faisait pas attention à lui. Passe-t-elle son temps à ça ? Cette fois, il comprit sans avoir à lui demander. La cuillère était bien trop grande pour sa petite bouche. Et elle avait mis de la nourriture par terre. Il la vit poser la cuillère, repousser l'assiette et se mettre à quatre pattes, avant d'approcher son visage du sol.

« Non, c'est sale, » intervint-il, sans préciser qu'il était possible qu'il y ait eu un jour un mercenaire se vidant de son sang à cet endroit même et que le sang n'avait été que partiellement nettoyé et s'était incrusté dans le sol.

Elle se redressa sur les genoux.

« Il faut faire attention à la nourriture, il n'y en a pas beaucoup, » approuva-t-il. « Mais je fais en sorte qu'il y en ait tout de même assez dans le vaisseau pour se nourrir correctement. Tu n'as pas fait exprès, n'est-ce pas ? »

Elle secoua la tête.

« Alors je vais aller te chercher une autre cuillère, plus petite. »

Il se leva et fouilla jusqu'à trouver ce qui lui convenait. Il donna la petite cuillère à la fillette qui s'en saisit d'une main, récupéra l'assiette de l'autre, avant de la reposer.

« Ça tourne, » murmura-t-elle.

« Vas-tu pouvoir manger seule ? » demanda-t-il.

« Je... » elle n'alla pas plus loin, ses yeux se fermant à moitié.

Le Titan ferma les siens complètement, le temps de trouver du courage.

« Comment faisais-tu chez toi ? »

« Maman, elle- je m'asseyais sur et e- el- elle me donnait à manger lente- lentement si- sinon je vomissais » expliqua-t-elle avec des phrases décousues.

Thanos se pencha donc, récupéra la petite chose dans un bras, l'assiette et la cuillère de l'autre main et s'assit sur une chaise, posant la gamelle sur la table. Il mit avec difficultés de la nourriture dans la toute petite cuillère, puis l'approcha de la fillette. Elle ouvrit la bouche et il y enfila le tout. Il retira la cuillère et la reposa dans l'assiette. Il découvrit quelques gouttes sur son pantalon. Il les récupéra avec son doigt et par habitude – supposa-t-il – elle s'approcha dudit doigt, la langue sortie, pour lécher la nourriture. Il la laissa faire, les sourcils froncés. Elle paraissait si petite, par moment. En voyant la taille de son doigt et de la petite langue, il se rappela combien son corps était encore faible, au-delà de la famine qui l'avait épuisée.

Puis elle se réinstalla contre son torse en vacillant un peu. Il reprit la cuillère, et continua de nourrir la petite fille. Plus le repas avança, plus il se sentit perturbé.

Il y avait quelque chose de... il aidait la gamine à se nourrir, parce qu'elle était trop faible pour le faire. Sans lui. Sans lui, elle serait morte. il avait l'habitude de sauver des gens. Des populations entières, même. Mais pas de cette manière. Et cela le déstabilisa un peu. Elle lui fit reprendre contact avec la réalité lorsqu'elle leva une main entre l'assiette et sa bouche.

« Je vais vomir sinon, » souffla-t-elle.

Il reposa la cuillère et elle se colla un peu plus contre lui.

« Gamora, si tu veux dormir, tu as un lit, » déclara-t-il en la reposant par terre, tout en se levant.

« Tu as dit que tu t'occupais de moi, » protesta-t-elle. « Maman faisait comme ça. Elle me gardait pendant que je dormais. »

« Je ne suis pas ta mère, » rappela-t-il.

« Non ! Tu es méchant ! Je veux rentrer ! » s'exclama-t-elle en croisant ostensiblement les bras sur sa poitrine.

Il la regarda, attendant qu'elle argumente, mais rien ne vint, alors il se détourna et se dirigea vers la porte.

« Où tu vas ? » demanda-t-elle d'un ton soudain paniqué.

« Qu'est-ce que ça peut te faire ? » répondit-il en ouvrant la porte. « Et tu n'oublieras pas de nettoyer et de ranger ce que tu as utilisé pour manger, » finit-il en la claquant.

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Une fois dans ses appartements, il se rappela qu'il ne l'avait même pas prévenue qu'il allait faire mettre une porte entre sa chambre et son salon. Il eut presque envie de ne pas le faire, mais il fallait voir les choses en face. Elle n'était absolument pas autonome. Il n'avait personne de compétent – lui compris. Et il était hors de question qu'il fasse venir quelqu'un exprès pour ça. Il allait donc falloir qu'il s'en occupe lui-même, les premiers temps. Et ça allait lui en prendre, du temps.

Il pouvait déléguer la Mission à Ebony. Il l'avait déjà fait, il le referait. Il faudrait simplement qu'il fasse attention à ce que son bras droit ne se sente pas pousser des ailes.

Et puis, il fallait être honnête, ça ne le gênait pas d'avoir un peu de distraction.

Par association d'idées, cela lui rappela qu'il avait un pilote à faire punir. Il se releva et sortit. Il venait de passer devant la porte de Gamora pour se diriger vers la passerelle lorsqu'il entendit un bruit de casse. Il revint sur ses pas et entra dans les appartements, vaguement contrarié de ne pas faire payer son impertinence au pilote aussi rapidement que prévu. Il ignora la fillette qui sursauta violemment et analysa la scène.

L'assiette était par terre, le reste du repas étalé à côté. La cuillère était sous la chaise. Il y avait de la nourriture dégoulinant de la table et de la chaise jusqu'au sol.

« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il à la petite fille qui avait un regard terrorisé.

Il s'avança jusqu'à elle et s'agenouilla.

« Parle, » insista-t-il calmement.

« Je voulais enlever le repas. Mais la table est- » balbutia-t-elle en tendant la main.

Effectivement, là où il avait placé l'assiette – loin du bord pour ne pas être renversée – était trop loin pour la gamine, qui avait dû s'étirer au maximum pour prendre la gamelle et la lâcher à un moment quelconque du processus.

Il hocha la tête.

« Dans la salle de bain, sous la vasque, il y a de quoi nettoyer. Va, » ordonna-t-il tranquillement.

Il se releva et attendit qu'elle revienne avec une serpillère et une bassine.

« Tu sais t'en servir ? » demanda-t-il.

Elle hocha la tête.

« J'ai vu maman le faire. »

« Très bien. Je te laisse t'en occuper. Pose l'assiette et la cuillère sur la chaise si tu ne peux pas atteindre l'évier. Fais attention à ne pas te blesser. Tu devras attendre mon retour si c'est le cas, pour que je te soigne. De mon côté, je vais demander à faire installer une porte entre nos deux appartements. »

Elle releva brusquement la tête vers lui, le regard littéralement rempli d'espoir.

« Je vais donc ordonner à un ingénieur de s'occuper de ça. J'ai également quelques affaires à traiter. Je serai absent un moment, » expliqua-t-il avant de la laisser.

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Lorsque Thanos arriva sur la passerelle, il sut que Proxima et Ebony parlaient de choses dont il n'allait pas aimer le contenu. Il le vit à leur posture, à la manière dont ils évitèrent son regard et dont ils lui sourirent hypocritement lorsqu'ils ne purent plus faire autrement. Il s'assit dans son fauteuil et croisa les doigts sous son menton, les regardant en silence assez longtemps pour qu'ils se sentent mal à l'aise. Ils devaient savoir que leur Maître savait même ce qu'ils voulaient cacher.

« Je vous écoute, mes enfants. »

« Père ? nous ne... » tenta sa fille.

« Proxima, Proxima, » soupira-t-il. « Tu ne sais pas me mentir. Évite-toi des désagréments et parle. Maintenant, » ordonna le Titan, la voix plus froide et plus basse que d'habitude.

Il ne supportait pas qu'on se moque de lui.

Elle hocha la tête, après un coup d'œil à Maw.

« Nous ne comprenons pas ce que tu veux faire du petit être, » avoua-t-elle

Thanos l'observa un instant, attendant qu'elle développe, parce qu'il savait qu'elle n'avait pas tout dit.

« Nous pensons que c'est une perte de temps, » finit par dire Midnight

« Oh. Vous pensez ? » fit mine de s'étonner Thanos. « Je me passerai de vos réflexions, » grinça-t-il ensuite. « Je vais faire de cette petite une guerrière. »

« Elle est minuscule. Pataude. C'est ridicule, » marmonna-t-elle.

« Prends garde à tes mots, fille, » siffla le Titan, et elle se figea.

« Oui, Père, » répondit-elle immédiatement, mais son regard brûla de rancœur quelques secondes.

« Ce que je fais d'elle n'est pas ton problème, ni celui de quiconque. Est-ce clair ? »

« Oui, Père, » répéta-t-elle, suivie d'Ebony et Cull.

« Parfait. Maintenant, trouvez-moi le pilote qui m'a ramené de Zen Whoberi et amusez-vous avec lui. »

Leurs yeux se mirent à briller d'excitation.

« Père ? » demanda Maw, quémandant plus de précision.

« Il ne m'a pas obéi, » expliqua-t-il succinctement. « Oh, laissez-le en vie, je passerai prendre de ses nouvelles demain. »

Ils quittèrent la passerelle, Maw et Proxima se jetant des coups d'œil qu'ils pensaient discrets. Le Titan les imita quelques minutes plus tard. Il attrapa le premier chef d'escadron chitauris qui passait et le traîna dans un coin.

« Toi et tes soldats, surveillez l'Ordre Noir. Je veux chacune de leurs paroles, chacun de leur déplacement, » ordonna-t-il avant de le relâcher. « Et interdiction de communiquer sur le sujet avec quiconque. »

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Il passa par l'ingénierie pour cette histoire de porte, retourna à ses appartements, se changea et attrapa un livre dans sa bibliothèque. Il cherchait un artefact depuis quelques mois et Corvus était enfin sur une piste. Il se plongea dans sa lecture.

Il ne sut combien de temps plus tard, un hurlement aigu jaillit du couloir. Il hésita, et au second hurlement, qui était clairement un "non" hurlé par Gamora, il laissa son livre pour aller voir ce qu'il se passait.

Deux chitauris avaient acculé la petite fille contre le mur et étaient bien parti pour en faire leur déjeuner. Le Titan s'avança, mais ils ne le remarquèrent même pas. Il passa derrière eux et leur brisa la nuque. Ils s'effondrèrent au sol, morts. Puis il les attrapa et les tira pour les déposer quelques mètres plus loin, avant de revenir se placer devant la demoiselle.

Elle s'était relevée, les yeux encore écarquillés par la peur, et tremblait de la tête aux pieds. Il la poussa jusqu'à l'intérieur de ses appartements, la souleva pour la poser dans le fauteuil, se débattit un peu pour qu'elle le lâche, rangea son livre et vint se placer face à elle, un genou au sol pour être à sa hauteur.

« Pourquoi es-tu sortie ? » demanda le Titan.

« J'avais faim, je pouvais pas ouvrir la nourriture. Tu as dis que tu revenais. J'ai pas de jouets. Je savais pas quoi faire... » débita la petite en hésitant à le regarder.

Il hocha la tête.

« La porte entre nos appartements sera faite demain matin. En attendant, tu vas rester avec moi, ici. Cette nuit, tu dormiras dans le fauteuil, » expliqua-t-il.

Elle hocha la tête, du soulagement dans le regard.

« Il faut que tu me dises comment se passait une journée sur ta planète, » dit-il en se redressant et s'installant à la table. « Il faut aussi que je sache ce que tu sais faire pour savoir ce que tu auras à apprendre. »

Elle hocha la tête, mais il voyait bien qu'elle n'était pas attentive.

« Gamora, » dit-il un peu plus sèchement.

Elle sursauta violemment et se recroquevilla, tentant de s'enfoncer dans le rembourrage du siège. Le Titan fronça les sourcils à cette réaction démesurée.

« Que se passe-t-il encore ? » demanda-t-il tout de même.

« Ils veulent me... me... j'ai peur, » gémit-elle.

« Les soldats ? Ils ne te feront rien, » assura-t-il.

« C'est pas vrai. Ils voulaient me faire mal, » rappela-t-elle dans un murmure.

Il sentait la peur émaner d'elle et ce fut ce qui le convainquit de prendre le temps de lui expliquer.

« Gamora, regarde-moi, » demanda-t-il en soupirant.

Il se remit à genoux devant le fauteuil, et posa une main sur le bord de l'assise pour se stabiliser.

Il attendit qu'elle se redresse pour continuer.

« Les chitauris – c'est le nom des soldats – sont sous mes ordres. Je n'ai pas encore eu le temps de leur dire qu'ils n'ont pas le droit de te toucher, mais je vais le faire. Dès demain, tu ne craindras rien sur ce vaisseau, c'est compris ? »

Elle hocha la tête, se rapprocha de lui et passa ses bras autour de son cou.

« Tu vas me protéger ? » demanda-t-elle doucement à son oreille avant qu'il ait eu le temps de la retirer.

« Je vais t'apprendre à te protéger toute seule, » répondit-il en la faisant reculer.

Une profonde tristesse mélangée de peur voilà le regard de la petite.

« En attendant, oui, je te protégerai, » ajouta-t-il instinctivement.

Elle hocha la tête, un peu hésitante.

« D'accord. »

Il se redressa.

« Si nous mangions ? » proposa-t-il.

« Oh oui ! J'ai faim ! » s'exclama-t-elle, le sourire retrouvé.

Il ne s'attarda pas sur les émotions pour le moins versatiles de la fillette. Comme un peu plus tôt, il prit deux sachets de nourriture, les ouvrit et les versa dans des assiettes. Il prit deux cuillères – dont une petite – et emporta le tout sur la table. Il dénicha une caisse à mettre sur la chaise pour que la gamine soit à la bonne hauteur et ils mangèrent face à face, dans un silence étonnant. Le Titan regardait, sans la voir, la fillette manger, et Gamora était concentrée à l'extrême pour ne pas faire tomber une goutte de nourriture en dehors de l'assiette ou de sa bouche.

Une fois le repas fini, il l'aida à descendre, débarrassa, nettoya la vaisselle et le temps qu'il revienne, la gamine s'était endormie dans le fauteuil. Dans son fauteuil. Il s'en saisit, s'attendant à ce qu'elle se réveille, voire prenne peur, et la posa dans le second. Mais elle ne broncha pas.

Et ça perturba le Titan. Il avait l'impression que son monde avait été retourné depuis que la gamine était apparue dans son champ de vision, sur la planète.

Elle n'était pas méfiante envers lui. Elle n'avait pas peur de lui. Elle ne le fuyait pas. Elle ne détournait pas le regard. Elle s'accrochait à lui. En un mot, elle avait l'air de lui faire confiance.

Ce n'était pas habituel. Ce n'était jamais arrivé. Enfin, pas depuis des millénaires. Il n'avait pas su comment réagir à l'époque, et il ne le savait pas plus maintenant.

Il reprit son livre et s'installa dans le fauteuil. Il mit plusieurs secondes à retrouver l'endroit où il s'était abruptement arrêté.

Il devait retrouver cet artefact.

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