Coucou, les kikinous, encore !

Pour l'instant je tiens un rythme carrément soutenu, parce que je fais des insomnies ...

Donc j'ai de l'inspiration ( d'ailleurs les deux son un peu liés ... ) mais je pense que ça

ralentira plus tard et on en viendra à une ou deux suites par semaine :)

On se retrouve en bas ! Je vous préviens que demain, Monroe va prendre cher ... ;p

Rating : toujours M

Disclaimer : La même ! Grimm ne m'appartient pas, mais c'est une série que je conseille vivement !

Author : Plum'


C'était ça que m'avait fait l'autre, c'était ça qu'il m'avait fait avec son sang ! Il m'en avait donné, encore et encore, pour étancher ma soif, et la douleur était si vive, que je ne parvenais pas à lui prendre assez de sang pour être forte, pour pouvoir fuir. Mais si le Grimm mourrait … Son sang ne me ferait alors plus rien, n'est-ce pas ?

J'avais l'impression que son sang avait remplacé le mien dans mes veines, qu'il dévastait tout sur son passage.

La pression sous mon crâne fut si forte, que je sentis ma salive s'échapper de ma bouche et mes yeux pleurer d'eux même sous la douleur de la tornade qui détruisait tout sous mon crâne.

Je me laissais tomber sur le flanc, retenant ma tête à deux mains en hurlant. Je ne voyais que lui. Le Grimm, qui me fixait d'un regard d'excuse, tétanisé, et avait posé une main sur mon épaule.

Je voulais l'attraper, le mordre, lui arracher le bras et lui éclater le crâne comme il éclatait le mien. Je sentis mes écailles éclater comme un million d'explosions embrasant ma peau nue. Je sentis mes griffes rentrer dans ma peau comme si on enfonçait consciencieusement des poignards dans ma peau, dans mes muscles, jusque dans mes os. Le venin des épines sembla se déverser dans mes propres veines, alors que l'on tirait sur l'arrière de mon crâne pour arracher ma collerette et en extraire une rivière de cheveux d'un brun sombre.

La douleur s'estompa lentement, mais j'étais toujours incapable du moindre mouvement. Mes yeux pouvaient cependant distinguer que nous nous étions déplacés.

J'étais dans une chambre, meublée avec du mobilier de bois foncé. J'étais sur le lit de Monroe, et celui-ci me caressait l'épaule, le rouge ne quittant pas ses joues.

Je pus bouger mes yeux, et il s'en aperçu sans doute, puisqu'il s'adressa à quelqu'un derrière moi :

- Tu ferais mieux de te méfier, Nick. Je crois qu'elle ne porte pas les Grimm dans son cœur.

Il me regarda et demanda ensuite :

- Dis, c'est ton sang qui transforme en canon comme ça ? tu crois que je pourrais en avoir un peu ?

J'entendis un rire léger, aérien, caresser ma peau comme un voile. Le Grimm.

- Non, mon sang est une exclusivité que je ne passe pas facilement. Et puis bon, c'est normal, c'est mon sang quoi !, un sourire narquois perçait dans sa voix, mais ça n'a pas fait comme pour Adalind, la dernière fois alors … Je ne sais pas vraiment ce qui se passe.

Monroe acquiesça. Mes muscles se détendaient, et le feu ralentit sa course. Je pus bouger assez pour approcher ma main de celle du Blutbad.

Je voulais qu'il soit Blutbad, maintenant. Je voulais qu'il tue le Grimm, parce que j'étais trop faible pour le faire.

Je le suppliais du regard, mais il ne comprenait pas, et son regard affichait un air contrit et désolé de ne pas y parvenir.

Je finis par sentir la couverture sur ma peau … Ma peau ?

La douleur s'était tue, et avait laissé derrière elle une faim dévorante, qui excluait le Grimm pour l'instant. Seulement pour l'instant.

Je me redressais, le drap tombant sur mes cuisses, et les deux hommes affichèrent un visage surpris. Gêné pour Monroe, étonné et amusé pour le Grimm.

Monroe releva le drap sur mon corps, et je me décalais pour lui attraper la main. Nos mouvements se croisèrent, et ses mains se retrouvèrent toutes deux plaquées sur mes seins alors que moi, j'étais agrippée à son pull.

Le Grimm fixait la scène, et ne pu retenir un éclat de rire en avisant le regard halluciné de Monroe. Il semblerait que j'ai fait une bêtise.

Je me résolus à parler, afin de comprendre :

- Je ne …

La surprise me coupa le souffle. Je n'avais pas mal. Nulle part. Pas de difficulté à articuler, rien !

Monroe retira précipitamment ses mains de moi, et le drap tomba, alors il les remis, et rougit de plus belle, sous les rires tonitruant du Grimm, dans le coin de la pièce.

Devant son air contrarié et presque peiné par son visage empourpré, je pris le drap de ses mains avec délicatesse, et le plaquais moi-même contre mon torse, comme il l'avait fait auparavant.

Je lui adressais un faible sourire, tentant de lui faire comprendre que je ne me sentais pas blessée et qu'il ne devait pas l'être, mais il restait toujours aussi rouge. Je ne comprenais pas.

- J'ai faim …, murmurais-je faiblement, plus pour exercer ma voix que réellement pour leur faire part de mes états-d'âme.

Monroe releva son visage, toujours aussi rouge, et regarda le Grimm avec urgence.

- Il faut la nourrir alors ! Sinon elle va vite se retransformer.

Il descendit rapidement les escaliers, et je restais seule avec l'ennemi. Il me dévisageait avec intérêt.

Il s'approcha du lit, maintenant tout de même une distance sécuritaire entre nous, et murmura, comme pour ne pas m'effrayer :

- S'il te plaît, n'aie pas peur de moi. Je ne te ferais pas de mal. Désolé pour tout à l'heure, mais tu m'as surpris, alors je devais bien …

- Je n'ai pas peur des Grimm, mentis-je.

Il me dévisagea avec insistance, et je m'avançais jusqu'à lui, laissant tomber le drap qui semblait tant les perturber :

- C'est toi qui devrait avoir peur, grinçais-je.

Il frémit, et je sentis les odeurs qu'il produisait se répandre sur ma peau.

Je me reculais pour croiser son regard. Il était aussi calme et posé que précédemment. Contrairement à moi, sans doute, puisqu'il fronça les sourcils.

Il se leva, et se tourna vers les placards de Monroe. Il en ouvrit un, et je laissais échapper un étrange grognement. Il ne sonnait pas comme à l'accoutumée, avec cette gorge humaine. Mais l'idée était toujours la même, humaine ou pas : Je refusais qu'il fouille dans les affaires de mon ami sans sa permission. Et il ne valait mieux pas m'agacer trop longtemps, étant donné sa nature.

Il se retourna, surpris.

- Je cherche juste de quoi t'habiller pour ne pas gêner Monroe plus qu'il ne l'est déjà.

J'acquiesçais, le surveillant malgré tout. Je ne cessais de revoir le Grimm qui m'avait torturée, lorsqu'il bougeait. Je voyais ses mimiques, ses cheveux noirs de jais, sa peau pâle, ses yeux si vif et expressifs … Mais celui-ci était plus attirant. Il respirait … La même chose que Monroe. Mais moins sauvage, et plus Grimm.

Il attrapa un morceau de tissus noir, et le posa sur le lit. Je reconnu les dessous masculin que les humains découvraient parfois lorsqu'ils se baignaient dans mon lac.

Il alla chercher autre chose alors que j'enfilais ce qu'il m'avait déjà donné.

Il se tourna et me trouva, devant le miroir de la salle-de-bain qui jouxtait la chambre. Je me dévisageai avec un air ahuris.

Mes cheveux sombres cascadaient sur mes épaules, jusqu'à mes seins. Ils étaient d'un brun foncé, ébène. Et sales. Ma peau était hâlée, bronzée par un soleil omniprésent durant des années, et éraflée en de nombreux endroits, mais de blessures superficielles. Mes doigts étaient longs et fins, et je les observais longuement avant de me rendre compte du regard pesant du Grimm.

Je posais mon regard sur son reflet, et remarquais la teinte d'un gris pâle aux reflets discrètement bleutés de mes yeux. J'étais fascinée par cette nouvelle apparence que je pouvais exhiber, par ce nouvel éventail de possibilités qui s'offrait à moi. C'était pour moi une issue inespérée à mon exil.

Il toussa, sans doute pour se redonner contenance. Je ne comprenais pas leur gêne face à mon corps. Ils ne l'étaient pas lorsque j'étais sous mon autre forme.

Je tournais mon visage vers lui, et remarquais la monstrueuse tâche de sang qui maculait sa chemise blanche, là où je l'avais mordu.

- Tu es sale, soufflais-je.

- Je n'ai pas choisis ma famille, ni mon don, siffla-t-il en retour, contrarié.

Je souris vaguement, et me levais. Il déglutit alors que j'attrapais les pans de sa chemise pour déboutonner consciencieusement chaque bouton. Peut-être était-il inquiet ? Pour ce que j'en savais, les Grimm étaient des monstres sanguinaires, et je n'étais pas sure de vouloir lui donner l'impression d'un désir de confrontation.

Je détachais chaque bouton avec concentration. Parler ne me semblait toujours pas être une chose naturelle. J'avais été habituée à des actes. De la violence, des coups, des caresses, des baisers. Tout cela était acquis pour moi, je savais utiliser mon corps pour m'exprimer. Le langage était quelque chose d'inexacte, d'approximatif, de flou. Je n'aimais pas ce mode d'expression incomplet et nébuleux.

Je finis par faire tomber sa chemise sur ses épaules. La curiosité s'empara de moi, effaçant toute inquiétude.

J'avais déjà observé des hommes, lorsqu'ils se baignaient dans mon lagon. J'avais observé leurs corps musculeux, j'avais observé leurs visages rudes. Mais le Grimm était un élément concret, je pouvais le toucher, le détailler. Je pouvais assouvir ma curiosité.

Je levais les yeux sur lui. Il ne me lâchait pas du regard, et me semblait méfiant et curieux à la fois. Il ne bougeait pas et ne semblait pas vouloir le faire. Je passais mes mains sur sa peau pâle. Je traçais les lignes de ses muscles avec intérêt. Ses muscles étaient plus définis que les miens, en des endroits différents. Il n'était pas comme le Blutbad, dont la forme lupine révélait les attraits, alors que sa forme humaine le faisait apparaître comme un intellectuel plutôt qu'un combattant.

Le Grimm, lui, portait sur son corps la force de son caractère. Il transpirait l'assurance. Je ne voulais pas ressentir cette émotion qui me prenait aux tripes alors que je passais mes mains sur son corps. Je ne voulais pas le trouver attrayants. Je ne voulais pas désirer le confort de ses bras. Je ne voulais pas me demander ce que ça ferait de sentir ses lèvres sur ma peau. Je ne voulais pas l'envisager comme une personne, je voulais qu'il reste un monstre pour mon instinct affaiblis par cet environnement calme et rassurant.

Je me devais de rester aux aguets. Je devais retirer mes mains de lui.

Il passa une de ses mains sur les mienne, détruisant mes résistances, et la plaça sur sa peau, à l'emplacement présumé de son cœur. Je le sentis pulser sous mes doigts, et mon propre cœur rata un battement lorsqu'un autre souvenir se déroula sous mes yeux.

« Je te ferais tout regretter, sale Feuer. », grogna-t-il sous mes yeux tétanisés.

Je rampais au sol, nue, mon corps faible et flasque d'humaine s'écorchant sur les roches. Je me hissais le plus loin possible, aussi loin que me le permettait mon unique bras valide. Mon coeur battait une chamade artificielle, douloureuse, pulsant sous l'effet d'une drogue, de la panique, de la maladie qu'il m'infligeait à chaque gorgée de son sang.

Il m'attrapa par les cheveux, et me remis sur le dos. Il tira de toutes ses forces, me soutirant des cris de détresse intenses et humiliants, avant de me hisser sur mes pieds, appuyant mon dos contre un tronc d'arbre. Je pleurais à chaudes larmes, faible et blessée.

« Tu crois sérieusement pouvoir m'échapper ? », il rit à gorge déployée, projetant un violent frisson de rage et de terreur mêlées, le long de ma colonne vertébrale.

Il me traîna, tenant toujours mes cheveux dans son poing, jusqu'à une bassine d'eau qui reposait sur une table improvisée qu'il avait installé.

Je hurlais de toutes mes forces, mais il plongea mon visage dans la bassine. L'air se vida de mes poumons alors qu'il martelait mon dos, et que chaque choc de mon cou contre les rebords de la bassine me menait un peu plus vers une mort certaine.

J'étais dans cette infâme forêt depuis au moins deux semaines. Puis deux mois. Puis deux ans. Sans que rien ne change.

Il venait, il me torturait, m'ordonnant inlassablement de lui fournir une information que je n'avais plus. Je l'avais eue un jour, je m'en souvenais. Je me souvenais avoir résisté sciemment à ses assauts, avoir vaillamment fermé mon esprit à ses attaques. Mais le temps avait passé, et mon esprit avait failli. Il me demandait toujours la même chose, toujours la même question, et je ne pouvais plus répondre. Il avait réussi à me briser, à briser ma mémoire. Il avait réussi à me faire oublier cette information qui lui était si précieuse.

Chaque jour, je devenais un peu plus sauvage, oubliant un peu plus qui j'avais été. Devenant un peu plus ce qu'il était persuadé que j'étais.


Revoilà encore une suite !

Grrr, ne me lâchez pas maintenant, la suite sera croustillante.

Des bisous les chouchou, j'espère que vous aimerez la suite !

Des avis mes kikinous ?

Plum'