Titre: La Marque de l'Héritage

Auteur: Akira Makkuro

Notes de l'auteur: Avant toute chose, merci! Merci pour toutes les jolies reviews, merci pour votre passage, merci à cex qui ont mis cette histoire dans leurs alertes ou leurs favoris, merci, merci, merci! Cela fait un bien monumental! Ensuite, je m'excuse pour ce petit retard puisque dans les réponses aux reviews, j'avais dit que je publierai le WE dernier. Je suis malade depuis plus de 10 jours et la migraine n'est pas vraiment recommandée pour travailler sur un ordinateur. Je tacherai de me rattraper. A savoir que le prochain chapitre est quasi terminé sur papier (ou comment éviter la migraine sur un écran tout en continuant à écrire), et qu'il fait plus du double en longueur. Pour finir, personne n'a trouvé le nom du père de ma 'tite Séréna. Pourtant, je ne trouve pas cela trés original.... Faut croire que si alors. je vous livre donc une partie de la véritable identité de séréna dans ce chapitre, avec un passage qui m'a fait un immense plaisir, les paragraphes ont été un pur bonheur à écrire. Je vous souhaite donc une bonne lecture et j'espère que cela vous plaira! surtout, n'hésitez pas à me faire part de toutes vos remarques, c'est comme cela qu'on évolue et que l'on s'améliore! A la prochaine!


Chapitre Trois : Poudlard

Le six septembre semblait être une journée comme une autre. Pourtant, les murs de l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard allaient observer quelques évènements assez remarquables. Dans son bureau, Dumbledore suçotait un bonbon au citron tout en s'occupant de son courrier. Les rouleaux et enveloppes de parchemin inondaient son bureau comme chaque matin depuis la finale du Tournoi des Trois Sorciers (ou plutôt quatre) qui avait eu lieu quelques mois plutôt, aux portes de l'été. Le peuple sorcier ne semblait pas croire au retour de Lord Voldemort, annoncé par le directeur et Celui-Qui-A-Survécut. De plus, le Ministère de la Magie encourageait la Gazette du Sorcier a tourné Dumbledore en vieux fou sénile avide de pouvoir et Harry Potter, héros des sorciers depuis ses un an et demi se faisait reléguer au rang de garçon fabuliste en manque de reconnaissance.

Le directeur brûla sans un mot une nouvelle lettre d'injures, et suivant le mouvement de ses mains, le petit tas de cendre voleta vers la corbeille à papier qui les avala gloutonnement avant de se pourlécher les babines (si babines il y a) à l'idée de sa prochaine proie. Fumseck lança un trille moqueur devant le visage déconfit de son maître à l'arrivée d'un nouveau groupe de hiboux et de chouettes chargés de courrier. Avec un soupir, l'homme aux cheveux de neige commença un rapide tri, délestant en premier les oiseaux porteurs de beuglantes et de détruire les enveloppes rouges avant qu'elles ne hurlent leur message. Puis il déchargea les autres volatiles et entama une nouvelle séance de lecture pendant que les porteurs se dirigeaient vers la volière pour y trouvait de quoi se restaurer avant de repartir. Il termina sa tâche vers onze heures et demie quand un étrange oiseau tapa à sa fenêtre. Il lui ouvrit et un jeune corbeau de foudre, espèce magique extrêmement rare, endurant et rapide pénétra dans la pièce. Les portraits commencèrent immédiatement à discuter sur la possible identité du propriétaire d'un oiseau légendaire réputé impossible à dresser. Le corbeau, sans accordé plus d'intérêt au nouveau remue-ménage qu'à une portée de chatons, se percha sur le dossier du fauteuil du directeur et attendit que ce dernier veuille bien se donner la peine de récupérer son courrier.

Etonné pour le porteur, l'homme réceptionna le rouleau de parchemin et resta un instant stupéfait devant le sceau qui le tenait fermé. Il suivit du bout des doigts le contour d'un emblème qu'il n'avait jamais pensé revoir. Il fit sauter le disque de cire sombre et déroula le parchemin. L'écriture penchée et aristocratique lui était à la fois familière et inconnue. Ses yeux bleus pétillants de curiosité derrière ses lunettes en demi-lune, Dumbledore se plongea dans la lecture. Le corbeau s'envola discrètement de son support de fortune et rejoignit Fumseck qui se poussa pour lui laisser une place sur son perchoir. Entre oiseaux magiques, on s'entend relativement bien et on se sert les coudes… Euh… Les ailes, pardon. Au fur et à mesure qu'il découvrait le contenu de la missive, Albus pâlissait et bientôt, il fut aussi blanc que sa barbe, ce qui fit ressortir ses robes mauves brodées d'étoiles et de lune dorées. Il relut plusieurs fois les lignes manuscrites puis posa le vélin en soupirant :

« Ce n'est pas possible. Ce. N'est. Pas. Possible. »

Mais il avait beau grommeler, le contenu des lignes ne changea pas. Dumbledore reprit un nouveau bonbon citronné pour tenter de retrouver ses esprits. Une fois encaissée la nouvelle, les rouages de son cerveau se mirent à tourner à grande vitesse. Il prit une plume blanche, sa préférée, sortit son encrier et trempa la pointe nouvellement taillée dans l'encre émeraude puis il commença à noter les différentes mesures qu'il allait prendre. Quand il eut terminé ceci, il resta quelques minutes, songeur, puis avec un sourire machiavélique, rajouta une dernière ligne à sa liste. Plus d'une personne allait faire une crise cardiaque au château. Il devrait peut être précisé à l'infirmière de renouveler son stock de potions calmantes. Il commença par rédiger une réponse et la confia à Fumseck avec pour mission de ramener la propriétaire du corbeau de foudre dès qu'elle aurait terminé ses tâches. Puis il appela quelques elfes de maison et entreprit de leur donner un certain nombre de consignes très précises à remplir. Il convoqua par la suite les professeurs responsables de maison par le biais d'un autre elfe. La petite créature s'inclina, le nez frôlant l'épais tapis, et partit remplir sa mission. En les attendant, il ouvrit un vieux grimoire, plus épais que n'importe quel autre recueil. Sur une des pages de parchemins jaunies et craquantes, une ligne lui sauta aux yeux et son regard pétilla de malice. Cette catastrophe amenait quand même une bonne nouvelle. Enfin bonne… Cela dépendra de la réaction de certains protagonistes.

Dans la Grande Salle, c'était toute une autre pièce qui se jouait. L'atmosphère était tendue, électrique. Deux groupes ennemis se faisaient face, baguettes au clair. Les Serpentards et les Gryffondors se regardaient en chien de faïence, leur trio de tête légèrement en avant, deux acolytes encadrant leur chef de maison. Si le Prince des Serpentards s'était autoproclamé, le Prince des Gryffondors était un titre qui lui avait été décerné deux ans plus tôt, suite à ses nombreuses victoires, quelles soient de Quidditch ou face aux réminiscences du Seigneur des Ténèbres. Malheureusement, les dégâts estivaux de la Gazette du Sorcier et du Ministère de la Magie étaient irrémédiablement causés. Les autres maisons, Serdaigle et Poufsouffle, le regardaient avec suspicion et peur. Les Serpentards, heureux de cette occasion, lui rejetaient au visage de extraits des différents articles. Même les Gryffondors leur confiance fissurée, le doute et la crainte mêlés dans leur esprit, s'éloignaient de leur leader. Un leader qui avait bien changé.

Harry Potter, tout aussi connu sous le nom du Survivant ou encore du Garçon-Qui-A-Survécu avait annoncé en juin dernier le retour de Vous-Savez-Qui lorsqu'il était réapparu accroché au corps sans vie de Cédric Diggory à la fin de la dernière manche du Tournoi des Trois Sorciers. Tournoi qui avait fait la Une de tous les journaux sorciers en accueillant un quatrième champion en la personne du désormais célèbre Harry Potter, lequel n'avait rien demandé à personne. Depuis cette nuit tragique et durant son enfermement à Little Whinning tout au long de l'été, sans nouvelles de ses amis qu'il considérait comme sa propre famille, le jeune garçon de quinze ans s'était peu à peu refermé sur lui-même, devenant plus sombre, plus froid. Quand il avait rejoint le Quartier général de l'Ordre du Phénix, deux semaines avant la rentrée scolaire, ses amis l'avaient trouvé différent, sautant à la gorge de tout le monde. Chacun avait mis ce changement de comportement sur son enfermement à ruminer la mort de Cédric, et il s'était bien gardé de les détromper. Toujours était-il qu'au moment où le déjeuner allait se terminer, les Serpentards avaient lancé la pique de trop en attaquant la personne qui comptait le plus pour Harry, son parrain, Sirius Black, meilleur ami de James Potter et Remus Lupin, ancien Maraudeur et unique évadé de la prison de d'Azkaban où il avait été enfermé pendant douze années pour une série de meurtres qu'il n'avait pas commis.

Lorsque Drago Malfoy avait lancé l'injure de trop, Harry avait réagi au quart de tour, se levant brutalement de son banc, ramenant un silence complet dans la Grande Salle. Si le Prince des Serpentards avait eu un sourire de dédain et de victoire devant cette réaction, il perdit bien vite de sa superbe devant le rictus sauvage et le regard de pure haine que le Survivant vrilla sur lui, accompagnait d'un grognement sourd qui montait de sa gorge. Grognement entendu uniquement par les élèves les plus proches qui s'éloignèrent de lui, une lueur de peur dans les yeux. Mais avant que qui que ce soit n'ait le temps de faire la moindre remarque, deux groupes se faisaient face. Deux meutes de loups avec chacune leur mâle alpha, se disputant pour un même territoire.

Avant que les professeurs ne puissent réagir, les deux groupes avaient sortis leur baguette magique. Harry Potter accompagné de Fred, Georges, Ron et Ginny Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat se dressaient contre Drago Malfoy, Crabble et Goyle, Pansy Parkinson, Théodore Nott et Blaise Zanbini. Deux groupes de forces, de puissances magiques, d'intelligence et de ruses aux résultats explosifs. Les sorts fusèrent bientôt, sorts simples contre maléfices, magie blanche contre magie entachée de noir. Si certains furent très vite maîtrisés et mis hors d'état de nuire, les plus puissants commençaient des duels des plus impressionnants. Sous les regards époustouflés des enseignants et élèves, dont certains protégés par des boucliers magiques, Harry se mesurait à Drago, Blaise et Théodore tandis qu'Hermione donnait du fil à retordre à Pansy. Les autres Serpentards étaient au tapis, et le reste des Gryffondors se tenaient en retrait, les uns soutenant les autres. Bientôt, il ne resta que les deux princes de Poudlard. Les adultes, ayant eus le temps de se remettre de leur surprise, commencèrent par isoler les duellistes et pendant que ses collègues se précipitaient sur les élèves touchés, Snape se dirigea vers les deux élèves combattant. Sorcier régulièrement présent sur les champs de bataille, l'homme admira sans en prendre vraiment conscience la grâce froide et la précision de son filleul se mesurant à la maîtrise sauvage et la rapidité sans égale du fils de son ennemi numéro un.

« Et bien sur, le vieux schnock n'est pas là quand on en a besoin » grommela-t-il entre ses dents avant de hausser le ton pour s'adresser à ses deux élèves « Messieurs ! Baissez vos baguettes immédiatement ! Mr Potter ! Mr Malfoy ! ASSEZ !!!!! »

Deux regards flamboyant se fixèrent sur lui le temps d'un haineux « La ferme ! » avant de se vrillaient l'un dans l'autre. Stupéfait, le Maître de Potion resta hébété un court instant avant de remontait ses manches (au sens figuré bien sûr, sinon on verrait la Marque des Ténèbres) et pénétra dans la bulle de protection qui isolait les deux combattants et évitait les sorts perdus qui avaient déjà fait bien assez de dégâts. Si à l'extérieur l'atmosphère était tendue, à l'intérieur de la sphère, la tension électrique s'abattit avec force sur les épaules de l'espion. Haine, sauvagerie, vengeance, magie déchainée. Une vague d'une rare violence le submergea et il eut besoin de toutes ses capacités d'Occulmentie pour s'en protéger. Il entra rapidement dans le duel, tentant de pétrifier les deux belligérants. Une surprise l'attendait, expliquant la durée du combat. Les deux adolescents avaient dressés des boucliers d'une rare puissance. Si Severus comprit que Lucius avait dû entraîner son fils pendant les vacances, le jeune Potter n'aurait pas dû être capable d'en faire autant. Sa stupéfaction lui coûta sa baguette. Harry avait sentit l'intrusion de son professeur. Un Experliarmus puissant, son attaqua favorite, fit bondir la baguette magique hors des mains de son propriétaire et cueillit celui-ci au creux de l'estomac, l'envoyant à travers la paroi de la bulle dans un vol plané. Quand il reprit pied, se fut pour voir Harry qui avait repris son duel sans un regard pour lui. Snape en fut bluffé. Où est-ce que ce gamin avait appris à se battre ?

Un sortilège particulièrement puissant et à la limite de la Magie Noire jaillit de la baguette d'aubépine de Drago et Harry l'évita de justesse, y laissant une courte mèche de cheveux de jais et en profita pour envoyer coup sur coup deux Experliarmus et un Stupéfix. Le blond para le premier d'un Protégo, évita le deuxième d'une pirouette et d'un bond échappa au troisième qui lui frôla la joue, brulant la peau pâle au passage. Il fallait avouer que les deux élèves combattaient depuis prés de vingt-cinq minutes, leur duel à un contre un ayant débutait un quart d'heure plus tôt, et ils étaient en piteux état. Les vêtements déchirés, les bras et le visage parsemés de coupures et de brûlures en tout genre montraient à eux seuls la violence de l'échange. Mais des surprises se révélaient lors de ce duel, comme les cheveux habituellement impeccablement coiffés de Drago qui, emmêlés et complètement désordonnés lui donnaient un air rebelle ou encore la découverte de l'oreille droite percée de Harry, à laquelle il portait un étrange anneau d'argent qui scintillait en suivant ses mouvements. Il avait été largement visible lors de plusieurs écarts de son porteur et cela avait été une découverte pour tous, y compris ses compagnons de dortoir. Néanmoins, le plus impressionnant restaient leur regard : haineux et glacés, calculateur pour l'un, sauvage pour l'autre. Deux fauves se dressant l'un contre l'autre.

Le duel aurait été encore long mais les efforts combinés des professeurs Snape, McGonagall, Chourave et Flitwick furent plus efficaces que les ordres suraigus de l'insupportable et néanmoins nouvelle professeur de Défense Contre les Forces du Mal., Dolorès Ombrage. L'incapable s'était dissimulée derrière une table jusqu'à ce que les deux duellistes soient isolés dans leur bulle puis avait glapis des inutiles « Arrêtez-vous ! ». Les deux étudiants, stupéfixés, regardaient leurs enseignants avec rage avant de s'avadakedavrer du regard. Soupirant, les adultes lévitèrent leur corps jusqu'à l'infirmerie où les autres élèves blessés avaient déjà été conduits.

Mrs Pomfresh avait installé les Serpentards d'un côté de l'allée et les Gryffondors de l'autre. De plus, elle confisqua la baguette de chacun de ses patients, cherchant à éviter à tout prix une nouvelle bataille rangée. Quand elle vit l'état des deux meneurs, elle dut réprimer un cri et pressa les professeurs de les allonger et de leur rendre leur mobilité. Puis elle se pencha sur l'héritier Malfoy, lançant des sorts de diagnostics tandis que Chourave et Flitwick reprenaient le chemin de la Grande Salle. Elle fronça les sourcils devant les résultats visibles d'elle seule et partit dans son bureau pour en revenir à grands pas, les bras chargés d'une kyrielle de potions. Le goût de certaines était tel que le masque impassible et glacial du blond se fendilla dans une grimace de pur dégoût.

« Sérieux, parrain. Tu ne pourrais pas faire quelque chose pour améliorer le goût de tes potions ? C'est infect ! »

« Non. C'est fait pour ça. »

Drago lança un regard noir à son directeur de maison qui le fusilla d'un air froid. Mais ses yeux brillèrent brièvement, le tout sous les regards intrigués des autres hôtes de la grande pièce blanche. Une fois ses soins expédiés, l'infirmière se tourna vers Harry qui, surveillé par McGonagall et privé de baguette, fulminait. Elle lança ses sorts de diagnostics et s'occupa des résultats qui arrivaient au fur et à mesure, crispant les mâchoires à mesure que les données s'affichaient et que le visage du jeune homme se fermait. L'infirmière ne pipa mot et s'occupa des blessures du brun pendant qu'il ingurgiter ses potions sans mot dire.

« Tout de même, Mr Potter. La prochaine fois que vous avez une épaule à moitié démise, » disait l'infirmière en replaçant la dite articulation à sa place dans un craquement sinistre, « venez me voir sans attendre une semaine, ça vous évitera des douleurs. »

Harry répondit par un grognement en fixant le mur, mal à l'aise sous les regards étonnés de ses colocataires. Drago et les deux enseignants qui avaient correctement estimé la puissance potentielle d'Harry lors de ce duel restaient tout bonnement stupéfaits. Snape digérait l'information et laissait tourner ses méninges à plein régime. Il avait eu de telles capacités avec une blessure ? Et elle était vielle, non soignée, et personne ne l'avait remarqué ? Minerva fronça les sourcils. Pourquoi ne s'était-il pas fait soigné avant la rentrée ? Où juste en arrivant ? Et comment s'était-il fait cela ? Les questions tourbillonnaient dans leurs esprits, Minerva cherchant d'où venait la blessure, les deux Serpentards se demandant s'il cherchait à se faire remarquer, ce qui, soit dit en passant, était réussi vu les visages des autres élèves. Pourtant, il aurait été plus visible d'aller se faire soigner. Et puis, vu la tête du Gryffondor en question, il n'avait pas voulu que cela se sache. L'attitude de ses camarades de maison prouvait que Harry n'avait rien laissé paraître de sa douleur depuis la rentrée.

Dans un craquement retentissant, un elfe de maison apparu, annonçant aux deux directeurs de maison que le professeur Dumbledore souhaitait les avoir dans son bureau. Minerva acquiesça, précisant qu'ils le rejoindraient une fois la punition des élèves fixée. Quand la petite créature eut disparu, le professeur de Métamorphose s'employa à réveiller ceux qui dormaient. De son côté, Pomfresh avait emmené Harry dans son bureau pour une discussion urgente et privée. Hermione et Ron échangeaient des regards surpris et étonnés sans remarquer que Drago les observait, notant intérieurement que sa Némésis ne se livrait pas. Pourtant, le trio était connu dans Poudlard pour être extrêmement lié et il ne pensait pas qu'il y avait des secrets entre ses trois là. Il faudrait qu'il étudie ce point un peu plus profondément, ça pourrait toujours servir.

Pompon referma la porte de son bureau d'un coup de baguette magique puis indiqua une chaise à Harry tandis qu'elle-même s'installait au bureau. Le brun s'assit en regardant ses pieds, nerveux. Il redoutait la discussion qui allait le mener en terrain glissant. Très glissant.

« Harry. Tu te doutes que si je t'ai amené ici, c'est parce qu'il y a un problème. J'ai vu les résultats des diagnostics. Et vu ta tête, tu as une idée de ce qu'ils annoncent et tu ne veux pas en parler aux autres. C'est ton choix. Mais pour que je puisse te soigner correctement, il faut que je sache ce qu'il s'est passé. »

« … »

« Harry ? »

« … Rien. »

« Comment ça, rien ? Ne te fous pas de moi, tu veux ? »

« … C'est rien. Je suis juste tombé dans les escaliers. »

« Juste tomber, hein ? Et bien, ils étaient agressifs tes escaliers pour te démettre à moitié une épaule. Et je ne parle ni des côtes fêlées, ni des vertèbres déplacés et encore moins de ton entorse à la cheville. »

« … »

« De quand ça date ? »

« … »

« Harry ? Tu ne veux pas t'expliquer, très bien. Mais il me faut au moins une idée de cette date pour te soigner correctement ! »

« Deux semaines… »

« Harry ! »

« Ok. Mi-juillet. »

« Mi-juil… QUOI ?! Et tu n'as pas pensé à te faire soigner plus tôt ? Les techniques moldues sont plus longues que les magiques mais quand même ! »

« … »

« Ok, je vois. Tu ne veux rien lâcher. Très bien. Tu vas m'avaler ces trois potions, » elle lui tend trois petites fioles « et tu vas t'installer dans la pièce à ta gauche. Je vais m'occuper de ton dos. »

Harry jeta un coup d'œil méfiant aux trois bouteilles mais le regard noir du Dragon de l'infirmerie lui fit rapidement avaler leur contenu. Cinq minutes plus tard, Pomfresh s'ingéniait à remettre cinq cervicales, deux dorsales et trois lombaires en place. Malgré la potion, les muscles étaient tellement crispés qu'elle dut batailler ferme avec sa baguette pour remettre les récalcitrantes sur le droit chemin. La potion Pouss'Os avait accompli sa tâche et les côtes de l'adolescent étaient redevenues solides. Quand à la troisième potion, elle soulagea et soigna l'entorse.

« Bon, tout doit être remis à présent. Tu feras tout de même attention à ta cheville pendant encore un jour ou deux, elle reste fragile. » L'infirmière déverrouilla la porte tout en parlant. « La prochaine fois que ça t'arrive, tâche de ne pas attendre trois mille ans avant de venir me voir. Et par la barbe de Merlin, mange correctement avant de t'envoler à la prochaine brise ! Maintenant, au lit ! Je te garde en surveillance pour la nuit. »

« Mais… »

« Pas de mais qui tienne, Mr Potter. Allez au lit, et en vitesse ! »

Harry se glissa donc de nouveau sur le lit, bénissant silencieusement l'infirmière pour ses soins. Il avait beaucoup moins mal maintenant, bien qu'avec l'habitude, il sentait à peine ses blessures. Tous étaient réveillés dans la salle et avaient entendu les dernières phrases, mais peu les enregistrèrent. Repoussant ses questions à plus tard, le professeur McGonagall toisa les élèves de sa maison un à un puis lança d'une voix froide :

« Je suis absolument scandalisée par votre comportement ! Miss Granger et Mr Weasley ! J'aurai attendu de la part de mes deux préfets que vous les sépareriez plutôt que vous mêliez au combat. Vous me décevez beaucoup. Quinze points en moins par élève pour violation du règlement et violence envers les autres élèves ! Vous viendrez dans mon bureau après le dîner pour recevoir vos punitions. Mr Potter, Miss Granger vous apportera la votre puisque vous êtes consignez ici pour la nuit. A propos, Mr Potter, j'enlève dix points supplémentaires à Gryffondors pour coups et injures envers un professeur. Je ne veux en aucun cas que cette situation se renouvelle. Est-ce bien clair ? »

« Mais ce sont eux qui… »

« Pas de mais, Mr Weasley ! Votre comportement ne vaut pas mieux que le leur. Je vous attends ce soir, tâchez d'être à l'heure. »

De l'autre côté de l'allée, Snape tenait un discours similaire, le retrait des points en moins. On est partial ou on ne l'est pas. Il finissait sa dernière réplique quand les deux battants de l'infirmerie s'ouvrirent, cédant le passage à un Dumbledore aux yeux pétillants de malice. D'instinct, l'espion se tendit. Quand le vieux fou avait ce regard là, c'était mauvais signe pour lui. Minerva, elle, semblait surprise et curieuse. Le silence était palpable, chacun se demandant la raison de la présence du directeur. Mrs Pomfresh referma les portes d'un mouvement de baguette pendant que ce dernier prenait la parole :

« Ah, Severus ! Je me demandais où vous étiez passé. »

« J'étais sur le point de répondre à votre convocation. » La voix de Snape était froide et coupante face au baryton chaleureux de son supérieur.

« Ma présence ici a un lien avec cette convocation d'ailleurs » reprit le propriétaire du baryton sans s'inquiéter plus que cela de l'agressivité de la voix de son collègue. « Figurez vous que ce matin, alors que je m'occupais de ma livraison de courrier – vous savez à quel point les hiboux sont nombreux cette année ? J'en ai environs 45,8 fois plus que l'année dernière à cette même période. Pensez-vous que c'est dû à… »

« Pouvez-vous aller au fait, Mr le Directeur ? » grinça le Maître de Potion.

« Ah oui, pardon. Je crois que je déviais un peu du sujet de base. Quel sujet déjà ? Ah oui. Je disais donc que » Severus retint un soupire d'agacement, Drago un reniflement moqueur tandis que Minerva et Hermione étaient suspendues aux lèvres du directeur et que Harry levait les yeux au ciel. « Une nouvelle élève arrivera dans la soirée, raison pour laquelle tous les directeurs de maison sont conviés dans mon bureau à 18 heures. »

« En quoi cela me concerne-t-il particulièrement ? »

« Et bien, cette élève est… »

« BLAM ! » La porte de l'infirmerie rebondit sur le mur, coupant la parole à Dumbledore et faisant sursauter tout le monde. La totalité des regards se fixa sur l'entrée où apparurent un, deux, trois corps d'élèves lévités suivit par une personne encapuchonnée de noir. L'inconnu donna quelques légers coups de baguette et les trois élèves se retrouvèrent sur des lits, inconscients. Il fallut exactement quatre secondes et trente deux centièmes pour que Mrs Pomfresh reprenne ses esprits et se précipite sur ses nouveaux patients en hurlant.

« Mais que s'est-il passé ? Avez-vous quelque chose ? Savez-vous ce qu'ils ont ? Un sortilège ? Une potion qui a mal tourné ? Un accid… »

« Simplement un malaise dans les escaliers. Ces trois là ont fait une mauvaise chute, j'ai laissé les autres sur place. »

La voix, indéniablement féminine, était glaciale et avait coupé nette la tirade de l'infirmière. A ce son, les rouge et or s'étaient inconsciemment tendus, les vert et argent avaient sursauté, Minerva fronça les sourcils et Dumbledore souriait malicieusement. Severus leva un sourcil interrogateur. Quelque chose lui titillait les sens et il avait appris à faire confiance à son instinct. Devançant Pompon qui allait reprendre sa triade (« Les autres ? Quels autres ? »), le Maître de potion allait attaquer (verbalement) quand « Elle » lui coupa l'herbe sous les pieds.

« Vous êtes Severus Snape je suppose ? »

Le dit Severus resta un instant surpris tandis que Dumbledore acquiesçait en souriant. Le regard de l'espion se posa sur la broche en argent qui tenait la cape noire en place et il pâlit brutalement. Son ordre fut d'une rare violence.

« Qui êtes-vous ? »

Beaucoup sursautèrent, Neville eut un petit cri de terreur et Harry un sourire narquois. Resté à l'infirmerie avait du bon cette fois-ci. Il avait vu Snape perdre son sang-froid légendaire. La journée n'était pas complètement perdue. L'adolescent s'installa confortablement contre ses oreillers et posa son regard sur l'inconnue. Elle venait de retirer sa capuche, dévoilant un visage aristocratique à la peau pâle et aux yeux vert sombre marbré de noir plus froids que des agates. Ses longs cheveux noirs finement méchés d'argent étaient retenus en une queue haute par un anneau argenté, elle-même séparée en des milliers de très fines tresses terminées chacune par des perles d'argent. Repassant au visage de son professeur de Potion, le Survivant eut le privilège de le découvrir plus pâle que les draps de l'infirmerie, balbutiant des « c'est impossible » d'une voix basse et hachée.

« Je m'appelle Séréna Sullivan… Enfin… Depuis trois jours, je sais que mon véritablement nom est Séréna Sullivan Snape. »

« Bang » Dans le silence stupéfait de la pièce, le bruit du corps évanoui de Snape entrant en collision avec le sol fut assourdissant. Si beaucoup étaient estomaqués par cette nouvelle, le visage froid et le léger rictus de dédain de Séréna glaçaient ceux qui auraient voulu réagir. Mais les deux Princes de Poudlard y voyaient une chose que très peu de personnes auraient put décrypter : une étincelle de malice et une vague de tristesse dans ses immenses yeux sombres. Après un regard pour le corps du Maître de Potion, l'acier rencontra l'émeraude et deux rires s'élevèrent sous les voûtes blanches, deux rires qui n'avaient encore jamais résonnaient sur les terres de l'Ecole de Sorcellerie anglaise.