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Correction: Circae

Harry découvrit que cette étrange et nouvelle vie chez Rogue n'était pas si désagréable. Comme les Dursley, Rogue ne se préoccupait jamais de lui. Il le voyait uniquement pour le repas du soir, où seul le cliquetis des couvercles s'entrechoquant brisait le silence.

Le reste de la journée, Harry disposait d'une étonnante liberté. Il pouvait se lever à n'importe quelle heure et Wonka se démenait toujours pour lui faire ce qu'il lui plaisait le plus à manger, malgré ses protestations gênées.

Rogue habitait dans un petit village isolé, encerclé par les prairies et les bosquets. Harry passa des journées ensoleillées à sillonner le petit village ou à observer des familles bien vivantes se divertir dans l'unique parc, où les rires des adultes se mêlaient aux cries de joie des enfants qui jouaient avec insouciance.

Malgré un sentiment de solitude cuisant, Harry passait des journées plaisantes. Mais lorsque la nuit arrivait, un sentiment de panique submergeait l'enfant.

Il faisait régulièrement le même cauchemar. Un cri désespéré et ce rire... un rire glacial et cruel, le rire de Lord Voldemort.

….

Tous les rêves paraissaient ordinaires au premier abord. Harry était parfois avec Ron et Hermione, d'autres fois il faisait du Quidditch. Puis soudainement, les couleurs s'estompaient pour laisser place aux ténèbres...

Seul dans le noir oppressant, Harry entendit quelqu'un pousser un hurlement désespéré. Une lumière d'un vert aveuglant déchira les ténèbres une fraction de seconde, juste le temps d'apercevoir deux yeux rouges vifs puis un rire. Un rire effrayant dépourvu de chaleur. Un rire démentiel qui le transperçait de toute part...

Harry laissa échapper un cri strident tout en se redressant brusquement. Il resta quelques instants immobile, le souffle court et le visage moite, incapable d'émettre la moindre pensée cohérente. Puis lentement, les images de son cauchemar lui revinrent avec une netteté effrayante. Ne voulant pas en supporter davantage, il sauta du lit, attrapa ses lunettes et quitta rapidement sa chambre.

Il était sept heures du matin et il ne voulait pas risquer d'entendre à nouveau le rire dément de Voldemort en tentant de se rendormir. Il décida donc qu'une tasse de thé serait le meilleur des réconfortants.

La demeure était encore plongée dans l'obscurité, silencieuse. Harry descendit doucement l'escalier raide en prenant soin d'éviter la dernière marche qui avait toujours tendance à grincer. Il passa devant le bureau de Rogue avant de pénétrer dans la petite cuisine.

Il pensait qu'elle serait vide à cette heure-ci mais il découvrit Wonka, l'elfe de Rogue, s'activant derrière la cuisinière. Wonka se tourna vers lui avec un grand sourire.

« Déjà levé monsieur Potter ! Petit déjeuner alors ! Thé, café ou chocolat ? »

« Heu... thé s'il te plait. »

Harry se lassa tomber sur la première chaise et observa l'elfe lui verser une dose généreuse de thé.

« Du porridge ? Des oeufs ? Du bacon ? Du jambon ? »

« Non, juste du thé, merci. »

« Etes vous sur Mr Potter ? Wonka peut vous faire des crêpes aussi... »

« Non merci, vraiment, le thé suffira. »

Wonka l'observa curieusement comme si il était malade avant de secouer la tête.

« D'accord, mais n'hésitez surtout pas, Mr Potter. »

Il posa le thé devant Harry avant de retourner à ses oeufs. Son cauchemar lui avait coupé l'appétit et lui nouait encore le ventre.

« Vous avez au moins l'avantage de ne pas nous coûter cher en nourriture Potter. »

Harry sursauta. Une main sur son pauvre coeur, il se retourna pour découvrir Rogue sortir de l'ombre, son habituel rictus aux lèvres. Il était déjà habillé malgré l'heure et Harry comprit aussitôt pourquoi il ne le voyait jamais le matin au petit-déjeuner : Rogue était un lève tôt contrairement à lui.

Rogue s'installa tandis qu'Harry se plongeait dans la contemplation de sa tasse de thé, la trouvant soudainement fascinante.

Wonka apporta une copieuse collation à son maitre, indifférent au lourd silence qui s'était installé.

Finalement Harry aurait préféré ruminer dans son lit qu'affronter un petit-déjeuner avec Rogue. Il avala une gorgée de son thé mais le liquide encore trop chaud lui brûla la gorge, le faisant ainsi grimacer douloureusement. Reposant la tasse fumante devant lui, il sentit le regard de Rogue sur lui, le rendant encore plus mal à l'aise.

« Arrivez-vous à dormir Mr Potter ? » demanda soudainement Rogue d'une voix doucereuse.

Le petit Gryffondor lui jeta un bref regard avant de vite retourner à la contemplation de son thé, comme si la réponse allait apparaître au fond de la tasse.

« Heu..oui. »

« Je vais reformuler ma question, dormez-vous bien ? »

« Très bien, monsieur », répondit rapidement Harry.

Il avait la désagréable sensation que Rogue pouvait lire dans ses pensées. Se tortillant sur sa chaise, il essaya d'éviter le regard sceptique de son professeur.

« J'ai de forts doutes à ce sujet » ajouta Rogue sans le lâcher des yeux.

« Désolé monsieur mais je vois pas trop en quoi cela vous regarde », rétorqua Harry agacé.

Il ne voulait pas lui donner davantage d'armes pour l'humilier, et encore moins parler de son cauchemar avec Rogue. Cela lui semblait inconcevable.

« Sur un autre ton Potter », siffla le maitre des potions. Son visage cireux était crispé d'une colère difficilement contenue.

Harry devint écarlate mais n'ajouta rien. Enerver Rogue ne lui apporterait rien de bon.

« Vous devez savoir Potter, qu'à partir du moment où vos insupportables hurlements me réveillent, cela me regarde parfaitement. »

Harry ouvrit la bouche pour répliquer mais la referma aussitôt. Incapable de parler, il se contenta de fixer Rogue, le visage blême.

« Cessez de faire cette tête Potter, vous paraissez encore plus idiot ainsi. »

Rogue se désintéressa aussitôt de lui, se contentant de manger sans un bruit. Harry en profita pour vite terminer son thé, puis il se précipita hors de la cuisine, décidé de mettre le plus de distance possible entre le maître des potions et lui.

….

Pétunia Dursley lava avec énergie la poêle du petit-déjeuner où le bacon avait sévèrement brûlé. Elle se sentait étourdie et d'une humeur maussade dernièrement, ignorant pourquoi. Se frottant le front du revers de la main, elle jeta un regard mauvais à la poêle endommagée avant de décider de l'abandonner pour le moment. Elle avait grand besoin de repos. Elle retira ses gants qu'elle jeta dans l'évier, puis sortit de la cuisine pour aller dans sa chambre. Mais lorsqu'elle passa devant le placard sous l'escalier elle marqua un temps d'arrêt, son malaise s'accentuant.

« Je t'enlève la dernière chose qui te rattache à ta soeur. Tu pourras maintenant vivre définitivement sans elle ».

Oui, elle pouvait maintenant renier pour de bon Lily Potter. Dans cette maison, il n'y avait plus rien qui la rattachait à elle, et elle pouvait désormais agir comme bon lui semblait, sans plus se soucier du souvenir de sa soeur. Et pourtant il y avait ces échos indistincts qui raisonnaient en elle :

« Tunie ! Regarde le beau dessin que je t'ai fait ! » faisait d'une voix fluette une petite fille rousse qui la vénérait, le regard émerveillé devant sa grande soeur.

Secouant furieusement la tête dans l'espoir de chasser ces voix lointaines, Pétunia se dépêcha de regagner son lit. Elle avait vraiment besoin de repos.

….

Les heures avaient défilé à tout vitesse et la journée s'était achevée sans préavis. Et bien trop vite à son goût, Harry s'était retrouvé face à Rogue pour partager le repas du soir. Un silence chargé de ressentiment réciproque régnait sans que rien ne pût le rompre, pas même le bruit des fourchettes qui faisaient crisser la porcelaine blanche des assiettes.

Harry avait donc mangé le plus rapidement possible, en essayant de se montrer indifférent aux regards appuyés de son professeur. D'habitude, Rogue l'ignorait royalement, si bien qu'Harry se demanda s'il n'avait pas oublié une quelconque bêtise qui aurait pu susciter tant d'attention de la part de ce dernier.

Harry ne dormit presque pas cette nuit là, ruminant sans cesse entre ses couvertures. Il le savait, son cauchemar attendrait patiemment qu'il ferme les yeux pour pouvoir l'entrainer dans son antre où le rire sonore de Lord Voldemort allait resurgir. Le jeune homme s'interrogeait sur les raisons qui pouvaient provoquer d'aussi mauvais rêves avec autant de régularité. Il en faisait de temps à autre chez les Dursley mais jamais d'une telle intensité et encore moins à cette fréquence. Peut-être cela venait-il de sa récente rencontre avec Voldemort ? Ou du fait qu'il se sentit horriblement seul...

….

« Entrez. »

Harry pénétra timidement dans le bureau de Rogue avec la désagréable sensation qu'il se condamnait lui même.

« Vous voulez me voir, monsieur ? » demanda t-il, hésitant.

« Entrez et fermez la porte derrière vous Potter. »

Harry obéit à contre-coeur tandis que Rogue lui désignait du doigt une chaise qui faisait face à son bureau.

Il s'assit silencieusement en évitant soigneusement de croiser le regard de son professeur. Lorsqu'il était descendu à la cuisine ce matin, Wonka lui avait signalé que Rogue voulait lui parler après son petit déjeuner, lui coupant aussitôt tout appétit.

Rogue le fixait à présent de ses yeux noirs et froids. Un long moment passa avant qu'il ne se décida à parler.

« J'ai reçu une lettre de votre directrice de maison ce matin... »

« Elle a retrouvé monsieur Lupin ? » s'enquit aussitôt Harry avec précipitation, le coeur battant .

« Ne m'interrompez pas Potter », ordonna Rogue d'une voix sévère. « J'ai donc reçu une lettre de votre professeur ce matin m'informant que vos... petits camarades s'inquiétaient pour vous. »

L'antipathie manifeste à l'égard d'Harry qu'affichait Rogue déformait son visage en une grimace dédaigneuse.

« Ils s'inquiètent pour moi ? » demanda Harry, étonné par cette nouvelle.

« Je trouve cela très touchant que votre fan-club se préoccupe autant de votre bien-être Potter », reprit sarcastiquement Rogue, « mais j'ai bien d'autres choses à faire que de me soucier de vos fans écervelés. Le professeur McGonagall a informé madame Weasley de votre situation le jour de votre arrivée. Mais vos stupides amis n'ayant pas reçu de nouvelles de vous depuis pensent désormais que je vous... maltraite. Donc je sais que le grand Harry Potter à des occupations passionnantes, mais vous pourriez au moins prendre la peine de répondre à leurs lettres... »

« Leurs lettres ? »

Harry était de plus en plus perdu. Il avait déjà écrit à Ron et Hermione, leur expliquant sa nouvelle condition, mais ses deux amis ne lui avaient pas encore répondu. Dans un sens cela ne faisait guère qu'une semaine qu'il était ici.

« Oui, leurs lettres, Potter. Ils vous ont envoyé des lettres que vous avez visiblement ignoré. Je me fiche éperdument de votre petite vie pathétique, mais je ne tolérerait pas de voir débarquer Weasley et Granger chez moi pour vérifier que vous êtes toujours en un seul morceau », gronda le sorcier tout en affichant une expression exaspérée.

« J'ai écris à Ron et Hermione il y a maintenant une semaine, et je n'ai reçu aucune réponse de leur part. »

Rogue le fixa longuement avant de reprendre d'une voix neutre.

« Vous n'avez reçu aucune lettre ? »

« Oui, aucune... »

Le maitre des potions le dévisagea sévèrement, semblant soudainement soucieux.

« Wonka m'a dit que vous trainiez je ne sais où toute la journée », fit remarquer brusquement l'homme.

« Heu... oui, et ? »

Harry ne voyait pas du tout le rapport avec les lettres manquantes.

« Sans prendre la peine de lui dire ou vous alliez... »

« Je ne savais pas qu'il fallait que je prévienne... »

« Taisez-vous Potter », siffla Rogue d'une voix menaçante. « Un gamin de onze ans ne se promène pas n'importe où sans prévenir. »

« Je le faisais bien chez mon oncle ! » s'agaça Harry, ne comprenant plus la direction que prenait cette conversation.

« Je me moque de la façon dont vous procédiez chez Pétunia, sachez qu'ici... »

Rogue se stoppa net lorsqu'il vit le regard stupéfait de son pupille. Harry l'observa, les yeux aussi rond que des soucoupes.

« Vous connaissez ma tante ? » demanda t-il, ahuri.

Le teint jaunâtre de Rogue vira aussitôt au blanc.

« Vous n'irez pas dehors aujourd'hui, vous pouvez disposer. »

« Vous ne m'avez pas répondu. Vous connaissez ma tante ? Vous l'avez appelée par son.. ».

« Potter ! DEHORS ! »

« NON ! »

Il y eut un long silence, et tous deux se défièrent du regard. Harry se mordit la lèvre, conscient qu'énerver Rogue n'apporterait rien de bon mais il devait savoir.

Rogue leva un sourcil.

« Dans ce cas », dit il d'une voix douce.

Il se leva et contourna son bureau avant de se précipiter vers le petit Gryffondor. S'emparant de son bras, il le traina avec fermeté jusqu'à la porte. D'abord surpris, Harry se débâtit mais la poigne de Rogue était ferme.

Il sortit sa baguette et la l'orienta vers la porte qui s'ouvrit aussitôt avant de pousser le garçon à l'extérieur de la pièce.

« Vous allez vite apprendre à m'obéir Potter. »

Harry allait répliquer mais le maitre des potions lui claqua la porte au nez.

…..

Harry avait passé tout l'après-midi coincé à l'intérieur de la maison de Rogue à gamberger, furieux après son hôte et les nouveaux mystères qui s'accumulaient. D'abord il lui semblait que le maitre des potions connaissait – ou avait connu – sa tante, puis cette histoire de lettre le laissait dubitatif au possible...

Ron et Hermione lui avaient écrit, et pas qu'une seule fois, s'il en croyait Rogue. Harry sourit à cette constatation : ses amis l'oubliaient pas. Ils avaient même averti McGonagall !

Petunia. Rogue avait prononcé le prénom de sa tante sans la moindre hésitation. Harry se rappela alors que son professeur de Métamorphose lui avait signalé que Rogue et sa mère assistaient au même cours de potions. Se pourrait-il qu'ils aient pu un jour être amis ?

Il avait envisagé de poser ses questions au repas du soir, mais Rogue ne s'y été pas présenté. Ses questions resteraient sans réponses dans l'immédiat.

….

Rogue reposa le cadre d'argent qu'il avait caché au fond d'un tiroir avant l'arrivé du gamin. Il observa pensivement la photo moldue où Lily lui souriait tendrement. Ce cliché avait été pris par Madame Meyer, juste avant leur première année à Poudlard. Il y remarqua un détail qui lui parut insolite puisqu'il l'avait complètement oublié : Lily possédait deux adorables petites fossettes qui accompagnaient son sourire. L'évidence le frappa alors. Le gamin avait exactement les mêmes. Le maitre des potions avait pu le constater une fois, alors que Wonka avait déclenché par une remarque quelconque le rire de Potter. Il avait le sourire de sa mère.

….

Harry était allongé sur son lit, feuilletant un livre de Quidditch lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à sa porte. Songeant qu'il s'agissait de Wonka, il lança un « Entrez » poli, puis jeta un rapide coup d'oeil à son réveil. Vingt-deux heures. Décidément cette journée avait été d'un ennui terrible jusqu'au bout.

« Oui Wonka ? » demanda t-il sans lever les yeux de son livre.

« Vous êtes plus myope que je ne le pensais Potter », ricana Rogue d'une voix froide.

Harry sursauta avant de relever maladroitement la tête. Il n'avait pas revu son professeur depuis leur conversation du matin et fut étonné de le voir devant sa porte, à l'observer sans son habituel expression dédaigneuse.

« Oui monsieur ? » demanda t-il, incertain.

Rogue l'examina curieusement et Harry se rendit compte qu'il portait un ancien pyjama de son cousin. Il devint écarlate mais Rogue ne se permit aucun commentaire.

« Vous allez boire ça Potter », annonça Rogue d'un ton neutre en lui tendant une fiole.

Surpris, Harry s'empara de la potion, l'examinant avec incrédulité.

« Qu'est-ce que... »

« Une Potion de Sommeil sans Rêves », répondit sèchement Rogue.

« Oh ! »

Harry était tellement stupéfait qu'il en oublia d'en fermer la bouche.

« Je compte bien dormir sans être dérangé », se justifia Rogue.

« Vous pouvez lancer un sort d'insonorisation. »

Rogue lui lança un regard perçant.

« Vous avez une sale tête Potter », dit il d'un ton sec. « Vous avez vraiment besoin de dormir. Je ne voudrais pas voir débarquer sans préavis une McGonagall furieuse. »

Harry ne put retenir un sourire, imaginant sa directrice de maison passant un sermon à Rogue. L'idée était tordante.

« Merci monsieur. »

Un silence inconfortable s'installa. Rogue continuait de le fixer pensivement. Harry baissa alors sa tête, contemplant ses pieds comme s'il s'agissait de la première fois qu'il les voyait.

« N'avez-vous donc aucun vêtement à votre taille ? s'enquit soudainement Rogue.

Harry lui lança un bref regard, étonné par la question.

« Heu... Et bien... C'est les affaires de mon cousin, il est beaucoup plus gros que moi, donc c'est normal que... »

« Vous ne possédez aucune affaire personnelle ? »

« Bien sur que si, mes affaires scolaires », répondit naïvement Harry.

« Elle ne vous achetait jamais rien ? » demanda Rogue, la voix légèrement teintée de colère.

« Qui ? »

« Votre tante Potter, qui d'autre ! »

« Oh... »

Le regard fuyant, Harry se demanda pourquoi Rogue lui parlait de tout ça.

« C'est juste que... »

Il leva les yeux vers Rogue, ignorant quoi répondre. Il se souvenait très bien du jour où il avait demandé un cadeau à sa tante, comme tous les petits garçons de son âge.

Pétunia l'avait observé méchamment comme si il venait de prononcer une injure avant de s'exclamer, furieuse :

« Les horribles monstres dans ton genre n'ont pas le droit de réclamer des cadeaux pour Noël ! » Il n'avait que cinq ans. C'était la seul fois qu'il avait demandé quelque chose, et aussi la dernière. Le lendemain il avait regardé son cousin déballer ses cadeaux avec envie, serrant entre ses petites mains l'unique cadeau qu'il avait reçu : une paire de chaussettes trouées.

Harry avait souvent l'abominable impression que Rogue lisait ses pensées, impression qui augmenta plus encore lorsqu'il entrevit l'expression de pure colère de l'homme.

« Buvez cette potion Potter », siffla t-il entre ses lèvres minces.

Sans réfléchir, Harry s'exécuta. Son professeur semblait furieux et le Gryffondor ne voulait surtout pas le contrarier davantage.

« Allez-vous coucher, la potion fait vite de l'effet. »

En effet, Harry sentit ses paupières devenir lourdes et ses gestes lents. Il enleva ses lunettes et les laissa tomber sur son lit. Rogue était toujours là, ce qui ne lui plaisait guère : il n'aimait pas se sentir vulnérable en face de Rogue. Mais avant qu'il ne put s'en plaindre, le sommeil l'emporta.

Il avait simplement suffit à Severus de regarder droit dans les yeux le gamin pour y lire tout ce qu'il voulait savoir. Sa haine pour Pétunia s'accentua tandis que le si beau visage de Lily s'empara de ses pensées, le regard accusateur.

Furieux il allait partir lorsque un mouvement l'attira l'oeil. Levant un sourcil, il se dirigea vers la table de nuit de Harry, où il aperçut la photo de ses parents.

James Potter tenait Lily par la taille tout en souriant. De temps à autre il murmurait quelque chose à la jolie rousse qui riait à chaque fois.

Mais Rogue ne prêta aucune attention à son ancien ennemi, son regard restait braqué sur la jeune femme. Il n'avait point de photographie d'elle adulte, et celle-ci lui fit l'effet d'un coup de poignard en plein coeur. Sa Lily... si belle, si vivante...

Merci de votre passage.