Petit drabble avec comme Pairing : Aragog l'arraignée géante, et Bruno, le Basilic de la chambre des secrets. Je ne me souviens plus très bien des origines du nom du serpent, mais pour moi et pour celle pour qui j'ai écris ce drabble, il ne pourrait en être autrement.
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Une cavalcade effrénée. « Il » était après lui.
Aragog utilisa ses quatre pattes droites pour s'agripper au mur de la salle de divination, lui permettant ainsi de prendre un virage digne d'un champion de formule 1.
Il ne fallait pas que IT le rattrape, surtout pas. Car malheureusement pour lui, ce « IT » n'était pas celui du roman, qui était une petite araignée extraterrestre sexy, avec qui il aurait pu parfaitement s'entendre, mais une chose énorme.
Enorme et rapide.
Flûte ! Toujours derrière lui !
Aragog avait beau être dans la force de l'âge (à peine 40 ans), il commençait lentement à s'essouffler. Et c'était surtout ce glissement avec lequel la chose bougeait qui l'énervait et le stressait au plus haut point. Ce glissement parfaitement régulier, comme si celui qui leur poursuivait était béni par Dieu et n'avait jamais à subir la moindre fatigue physique.
Injuste. Après tout la créature avait elle, plus de 200 ans, elle aurait du ramper sur déambulateur !
Mais non, Dieu l'injuste, très loin, avait créé les araignées avec un énorme cerveau, et les humains avec rien du tout. Mais ça, on ne pouvait pas l'en blâmer.
- Arrête ! l'interpella une voix sifflante et essoufflée.
- Tu es fou ! Je sais ce que tu veux !
Le glissement s'arrêta net.
- Si tu ne te sens pas prêt… on peut attendre tu sais…
En un éclair, Aragog se dit que non content de vouloir le tuer, le monstre l'insultait de pucelle ! Ses yeux ne firent qu'un tour. De haut en bas.
Il y avait en effet déjà longtemps que son sang avait déclaré son indépendance et cessé de tourner à son bon plaisir.
- Tu vas me brûler avec tes yeux. Tu n'aimes que la mort, la souffrance, et…
- Non ! Je t'en prie ! Ne crois pas cela ! D'ailleurs, pour mes yeux, je me suis mis des verres solaires OPTIIIIC 20000000 !
Aragog ne put s'empêcher de penser que, si son poursuivant avait une voix puissante, il avait surtout une voix de castrat.
Lentement il se retourna.
- Que veux-tu, Bruno ?
- Aragog… Je t'aime !
- Je suis une araignée, tu es un basilic, nous ne pouvons nous aimer !
Aragog eut soudain l'air quelque peu possédé :
- Mon père se refuse à cette union ! Je veux mourir pour toi ! Ou non, c'est une mauvaise idée… je veux que tu meures pour moi !
- Huuuuuuuh ?
Dieu tout puissant décida de souffler à Hagrid l'idée d'interdire les séries baveuses et guimauveuses à son bien aimé protégé.
- Oui, bon, ça va, hein… répondit Aragog grognon. Toujours est-il que tu es le pire ennemi des araignées !
- Oui, c'est vrai, siffla le basilic (car c'était lui, et non Bruno, le marchand de glaces). J'ai beaucoup mangé d'araignées, mais je ne le ferais plus désormais ! Car c'est toi que j'aime, et c'est avec toi que je veux vivre !
- Mais tu as le sang de mes frères sur les mains !
Puis se rendant compte de ce qu'il disait.
- Sur les pieds ! Euh, sur le ventre !
Bruno le Basilic s'abstient de dire que généralement, il ne se roulait pas sur ses proies, mais les mangeait.
- J'ai changé. Je veux me consacrer à l'amour. Je veux me consacrer à toi…
Par un automatisme aussi antique que vénérable, Aragog eut soudain un réflexe très féminin pour une araignée mâle :
- T'as du pognon ?
- Co… Comment ? s'étrangla Bruno, coupé dans sa litanie amoureuse.
- Euh, je sais pas ce qui m'a pris… un étourdissement… répondit Aragog en se frottant nerveusement les tempes.
Dieu, car c'était encore lui, ne put s'empêcher de ricaner sadiquement.
- Je t'aime Aragog ! Je t'aime ! hurla Bruno d'une voix criarde.
Dans sa tête, Aragog pesait le pour et le contre :
Pour. Avec un protecteur pareil, il deviendrait instantanément le roi des araignées de la terre du mili… de la terre.
Contre. S'il ne finissait pas en rôti.
Contre. Des relations pas très catholiques avec un basilic perverti depuis 200 ans.
Pour. Il pourrait toujours dire qu'il a mal à la tête, et rouler de tous ses yeux en cas de protestation.
- C'est d'accord, j'accepte, dit Aragog.
- Ohh mon amour !
- Nous serons heureux ensemble, chuchota Aragog à Bruno. Nous regarderons les feux de l'amour pendant des nuits et des journées entières, et ensuite je te masserai l'abdomen avec mes huit pattes savantes !
Bruno bavait. Et comme Aragog savait quel était le prix de la salive de basilic sur le marché actuel, ce n'était sûrement pas lui qui allait réfréner ses pulsions.
Mais alors qu'ils s'enfonçaient dans le boyau de la chambre des secrets :
- Au fait mon amour, dit Bruno. Y a pas la télé.
On ne sait ce qu'il arriva par la suite. Toujours est-il qu'à une deux heures trente précises du matin. Harry Potter se réveilla dans son lit avec une forte envie de rire, Snape se réveilla dans son cercueil avec une forte envie de torturer Potter, et Voldemort se réveilla dans son édredon princier à baldaquin avec un horrible pressentiment.
On entendit également un gigantesque hurlement de douleur morale, mais ça, personne ne s'en soucia.
Après tout, avec un directeur comme Albus Dumbledore, les dépressions nerveuses étaient des choses courantes !
