Anna se réveilla avec un énorme mal de tête. Elle se sentait fatigué et avait énormément soif. La lumière du jour semblait sans cesse l'attaquer. "Pourquoi je suis si mal ce matin ?" Se demanda t-elle. "Je ne me souviens même pas m'être couché ! Qu'est-ce-que j'ai fais hier soir ? Allez Anna, souviens toi !".
Elle cherchait dans sa mémoire les souvenirs de la veille. Quelques bribes lui revenait quand soudain : "Le bal ! Je suis allé au bal ! Et puis il y avait une chose très étrange : mon verre de vin n'arrêtait pas de se remplir ! Ce serveur servait plus vite que son ombre, c'était incroyable. Il y avait cette peste de princesse Coralie qui a insulté Elsa et mes parents...je crois que je l'ai frappé...c'est certain même ! J'ai désobéis à Elsa et je suis rentré totalement ivre ! Mais comment je suis rentré déjà ? Oh mon dieu ! Elle va me tuer !"
Anna ne savait pas quoi faire. Elle se sentait tellement honteuse et savait qu'elle devait tôt ou tard affronter sa soeur. Elle était perdue dans ses pensées lorsque quelqu'un frappa à la porte de sa chambre.
"Mademoiselle Anna ?"
Anna sursauta mais elle était rassuré d'entendre la voix de Gerda. Au moins elle gagnait un peu de temps avant de voir sa soeur.
"Je suis réveillée Gerda vous pouvez entrer."
"Bonjour princesse, la reine est en réunion ce matin mais elle m'a envoyé pour vous faire savoir que vous devez l'attendre dans son bureau dans une heure."
"Dans une heure ? D'accord. Et avait-elle l'air… en colère ?" Demanda Anna avec une pointe d'inquiétude dans sa voix.
"Pas spécialement princesse. Mais, compte tenu de ce qu'il s'est passé hier soir, je pense sérieusement que vous devez vous attendre à une leçon de sa part et à être puni pour la journée."
"Oui, je comprends et je m'en doutais un peu." Anna baissa la tête.
"Je vous laisse princesse Anna. Si je peux me permettre quelques conseils avant de vous quitter : buvez beaucoup d'eau et ne partez pas sans vous coiffez" Gerda sourit et lui fit un clin d'oeil en quittant la chambre.
Anna se regarda dans le miroir et compris immédiatement le sens du propos de Gerda sur ses cheveux : Pourtant habitué à se réveiller avec une chevelure rebelle, ils étaient tout emmêlés et dans un désordre qu'elle n'avait encore jamais connu. Elle ignorait même que ses cheveux pouvait adopter cette forme !
Après avoir fait sa toilette, s'être habillée et coiffée (cette dernière partie est celle qui lui a fait perdre le plus de temps), elle se dirigea dans le bureau d'Elsa qu'elle trouva vide. Elsa était encore en réunion. Anna était assise sur le sofa près de la fenêtre, les genoux repliés sous son menton, ses bras entourant ses jambes. Les minutes semblaient durer une éternité et accentuaient son appréhension. Plongée dans ses pensées, elle imaginait la réaction de sa soeur quand Elsa fit son apparition.
Avec un air royal et le regard figé, Elsa ferma la porte et s'avança vers Anna sans rien dire, les bras croisés.
Instantanément, Anna retira ses pieds du canapé et croisa les mains entre ses jambes. Incapable de regarder Elsa dans les yeux, elle fixait ses chaussures, la tête basse. Les deux soeurs restèrent ainsi pour ce qui semblait être une éternité pour Anna. C'est Elsa qui finit par rompre le silence devenu trop lourd.
"Comment te sent tu ?"
"Oh, et bien, à part le forgeron qui frappe avec son marteau dans ma tête et le fait d'être en grande difficulté avec toi, tout va bien. Enfin "tout va bien", c'est ironique bien entendu car on ne peux pas dire que tout va bien lorsque l'on sait dans quel pétrin je me suis mise toute seule. Et là je me rend compte que je recommence à parler sans savoir m'arrêter alors je vais finir mon monologue sur cette prise de conscience...héhé ."
Anna était visiblement très stressé par la situation. En temps normal, Elsa aurait ri des pitreries de sa soeur mais aujourd'hui elle devait se montrer ferme et percutante.
"Anna suit moi".
Anna obéit et suivit Elsa dans une pièce que ses parents appelaient "Le cabinet de pénitence". Enfant, lorsque ses parents considéraient qu'elle avait fait une grosse bêtise, à la place d'être envoyé dans sa chambre, en plus d'être privé de plusieurs privilèges comme les desserts par exemple, (le chocolat !) elle devait passer la journée dans ce cabinet.
Elle détestait cette pièce : murs sombres, froide, petite, avec pour unique source de lumière une fenêtre à barreaux. Même si le lieu était tout de même mieux qu'une prison, ce n'est certainement pas un l'endroit où l'on veut rester longtemps.
A son centre, une chaise et un bureau sont les seuls mobiliers de la pièce. Une bougie, une plume, un encrier et des feuilles y sont déposés. Elsa alluma la bougie et désigna la chaise d'un geste de la tête pour qu'Anna y prenne place.
"Anna, tu m'as désobéi délibérément en allant à ce bal alors que je te l'avais formellement interdit." Elsa marqua une pause pour qu'Anna puisse s'imprégner de ses paroles.
"Tu t'es battue avec une princesse et tu as été totalement déraisonnable en buvant de l'alcool et te rendre ivre."
"Elsa, pour la princesse ce n'est pas de ma…"
"Silence ! Je ne veux pas t'entendre et ne compte pas t'en sortir avec seulement des excuses cette fois ci !" dit Elsa avec un ton plus dur qu'elle ne l'aurait souhaité.
Anna voulait riposté mais sa raison lui disait de ne pas provoquer le "regard de maman Elsa".
"Tu vas passer le reste de la journée ici." continua Elsa. "Tu vas commencer par écrire 200 fois la phrase suivante ." Elle pris la plume qu'elle trempa dans l'encrier et écrivit : "Je dois me comporter en adulte responsable et ne pas désobéir".
200 fois ?! C'est beaucoup trop ! S'écria Anna.
"Hum…Après réflexion ce sera plutôt 300 lignes que tu devras écrire. Un autre commentaire à faire ?" dit Elsa en levant son sourcil droit.
Anna secoua la tête de gauche à droite en signe de négation. Elle n'osait plus parler de peur d'aggraver sa punition.
"De plus," poursuivi Elsa, "tu es privé de sortie pendant un mois. Tu peux donc oublier ton rendez vous avec Kristof la semaine prochaine. Demain, nous irons voir la princesse Coralie pour que tu lui présente des excuses...j'attendrai de ta part des excuses sincères Anna, sinon tu pourras tirer un trait sur les chocolats que tu dois recevoir pour Pâques. Est ce que c'est clair ?"
"Mouai…" Anna chuchota presque.
"Je pense avoir mal entendu. Est ce que c'est clair ?!" Elsa regarda sa sœur droit dans les yeux, les sourcils froncés. La princesse fondit sous son regard avant de déclarer d'une voix clair et distincte :
"Oui Elsa. C'est très clair ".
"Bien ! Maintenant met toi au travail s'il te plaît. Je viendrais vérifier ton avancement et je ferais apporter ton repas ici."
Elsa allait sortir de la pièce quand Anna l'interpella, les larmes aux yeux.
"Elsa ! Attend ! Je sais que tu es en colère et que je mérite cette punition. Mais…" Anna hésita à poser sa question. "Est ce que tu veux bien me faire un câlin ? S'il te plaît…"
"Je suis désolée Anna mais tu n'auras pas de câlin tant que tu n'auras pas terminer ta punition. Je suis encore trop en colère contre toi...tu m'as déçue…"
La déception et la tristesse était visible dans la voix d'Elsa lorsqu'elle prononça ces derniers mots. Elle sortit, laissant une Anna seule et totalement déconcertée. Elle souffrait, Elsa ne lui avait jamais refuser un câlin et le plus difficile était les derniers mots de sa grande sœur : "tu m'as déçue" ces mots résonnent en elle comme un cri. Elle sentit une boule se former dans sa gorge et ne put retenir ses larmes de couler. Elle pleurait de tout son soûl, la tristesse était trop intense.
Après plus d'une demi heure, ses larmes cessèrent enfin. On dit souvent que pleurer fait du bien...c'était vrai pour Anna qui se sentait un peu mieux que tout à l'heure même si elle avait une mine à faire peur : elle avait déjà les yeux cernés et maintenant ses yeux sont rouges et tout gonflés !
Lorsqu'Elsa referma la porte derrière elle et qu'elle entendit les sanglots de sa sœur, elle ne pu s'empêcher d'avoir un gros pincement au cœur. Avait elle été trop dur avec elle ? Est-ce ce qu'Anna va lui en vouloir ? Et que devra t'elle faire si cette dernière ne fait pas sa punition ?
Elsa estime être une bonne reine mais elle sait qu'elle a encore beaucoup à apprendre sur la relation fraternelle...non, elle a en fait beaucoup à apprendre en matière de sentiments et de relations humaines en générale. Toutes ces années d'isolement ont eu un impact sur la jeune reine mais elle tente de faire au mieux pour son peuple et surtout pour sa soeur.
Toute la difficulté réside dans le fait de devoir être une grande sœur qui doit parfois endosser le rôle d'un mère .
"Maman…" Elsa pensait à sa mère et se demandait comment elle aurait réagi face à la bêtise d'Anna. Elle aurait sûrement été en colère et son père furieux. Ses parents ont toujours été attaché au protocole et donnait beaucoup d'importance aux regards des autres.
En arrivant dans le grand salon, elle sortit de ses pensées en recevant la main apaisante de Gerda sur son épaule.
"Tout va bien votre son seul repère. A la mort de vos parents, vous avez hérité du trône mais aussi de la responsabilité de la princesse."
"Je le sais Gerda et je ne vois d'ailleurs pas cette responsabilité comme un fardeau. Je l'aime tellement vous savez.J'ai l'impression d'avoir un triple rôle : celui d'une reine, d'une soeur et d'une mère. Hier, alors qu'elle était ivre elle m'a appelé "maman" à plusieurs reprises. Même si c'était surement lié à l'alcool je pense que cette appellation n'était pas anodine. J'ai parfois tendance à la maternité et à la surprotéger mais je ne sais pas si je suis à la hauteur."
"Il est tout à fait normal de vous posez des questions. Vous avez été isolé pendant de nombreuses années et vous apprenez peu à peu à rattraper le temps perdu. Vous avez encore un long chemin à faire mais ce dont je suis sûre, c'est de l'amour que vous portez à Anna. Et réciproquement, la princesse voit en vous votre mère et elle vous aime tout autant. Vous incarnez l'autorité parentale et c'est donc de votre devoir de la gronder lorsque c'est nécessaire. Cela ne remet pas en cause votre amour pour elle, bien au contraire, cela montre que vous tenez à elle."
Gerda avait toujours su trouver les mots pour réconforter Elsa et Anna. Elle a une écoute attentive et sait prodiguer des conseils. Et c'est ce dont Elsa avait justement besoin après cette discussion avec sa soeur.
"Vous avez raison Gerda. Je me sent un peu mieux. Merci pour ces paroles, je vais retourner travailler un moment." dit Elsa avec un maigre sourire.
A SUIVRE
Je me suis inspiré d'un des chapitres du roman "les petites filles modèles" pour écrire cette partie. Le prochain chapitre sera le dernier et clôturera cette histoire.
