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— Pauline a dit vrai, déclara Van Pelt. Emilie Lefranc allait effectivement intégrer l'école de droit de Sacramento à la rentrée. Mais, j'ai découvert que Pauline s'est également inscrite dans cette école, mais elle est sur liste d'attente.
— Intéressant…
— Il suffit seulement qu'une place se libère pour qu'elle fasse partie des étudiants à la rentrée prochaine, rajouta la jeune agente.
— Emilie morte, elle peut désormais prendre sa place ! déduisit Cho.
— Exactement, confirma-t-elle.
— Vous avez réussi à mettre la main sur Johnny ? demanda Lisbon.
— Non patron, répondit Rigsby. Mais on a interrogé les personnes présentes à la soirée et elles ont effectivement croisé Pauline. Elles l'ont vue partir dans les alentours de 23h, comme elle nous a dit.
— Avec Johnny ?
— Avec Johnny.
— Ce serait bien de le trouver celui-là ! s'exclama Lisbon. Parce que ça lui fait un mobile à Pauline…
— On a réussi à avoir une description. J'ai lancé un avis de recherche, informa Van Pelt.
— Très bien.
Lisbon se tourna vers Jane, assis dans son divan.
— Je te trouve bien silencieux ? lança-t-elle. Qu'est-ce que t'en penses ? Tu crois que Pauline pourrait être coupable ?
— Je te l'ai déjà dit, je ne pense pas.
— Pourtant, elle a un mobile.
Jane pouffa.
— Tu crois vraiment qu'elle aurait tué sa meilleure amie pour intégrer une école !?
— C'est une prestigieuse école, lui fit remarquer Lisbon.
— L'une des plus prestigieuses écoles de droit des Etats-Unis, renchérit Van Pelt.
— Mouais, répliqua Jane, pas convaincu. Je pense pas qu'elle l'ait tuée… Mais si elle l'avait vraiment fait, je pense pas que ça aurait été pour cette histoire d'école…
— Pour quoi d'autre alors ? demanda Van Pelt.
— Pour quelles raisons les filles s'entretuent-elles ?
— Les garçons ?
— Les garçons.
— Marc Lefranc a dit qu'Emile était célibataire, déclara Lisbon.
— En même temps, qu'est-ce qu'il en sait ? répliqua Jane. Il ne t'a même pas parlé de l'école de droit !
Lisbon reconnut qu'il n'avait pas tord.
— Ça ne coûte rien de vérifier, soupira-t-elle. Van Pelt, cherchez à savoir si les deux amies avaient un petit ami ou si elles se sont disputées un petit copain par le passé. Cho, allez réinterroger Pauline et parlez-lui de l'école de droit. Profitez-en pour évoquer la théorie du petit ami. Et Rigsby, contactez le directeur de l'école pour savoir si Pauline a vraiment des chances d'intégrer l'école maintenant qu'Emilie est morte.
— Bien patron.
— Lisbon ?
Elle se retourna vers Jane.
— Je pourrais parler au père ? demanda-t-il.
— Qu'est-ce que tu veux lui dire ?
— Rien de spécial. Juste lui parler.
Lisbon hésita.
— T'as un truc derrière la tête ? soupçonna-t-elle.
— Non.
Lisbon le regardait, dubitative.
— Promis ! jura Jane.
— Ok, je vais le convoquer.
— Merci.
Lisbon s'éloigna vers son bureau. Aussitôt, Jane se retourna vers Van Pelt.
— Pssssit, Grace ! chuchota-t-il. Vous avez fait des recherches sur Marc Lefranc ?
— Pas vraiment. Qu'est-ce que tu veux savoir ?
— Il gagne beaucoup d'argent ?
— Sans doute, il est producteur. Mais ça peut se vérifier, sourit la jeune femme.
— Merci.
Lisbon réapparut alors dans l'espace de travail.
— C'était quoi ces messes basses ?
— Rien, répondit Jane, l'air innocent. On n'a pas fait de messes basses.
— C'est ça ouais…
Lisbon tourna les talons et regagna son bureau tandis que Jane lança un clin d'œil à Van Pelt, puis se rallongea sur son canapé, songeur.
* * *
Quelques instants plus tard, Marc Lefranc se retrouvait devant Jane et Lisbon.
— Je comprends pas. Qu'est-ce que je fais là ? demanda-t-il à Lisbon. Vous avez trouvé le meurtrier de ma fille ?
— Pas encore, répondit Jane. Dites-moi monsieur Lefranc, vous vivez en permanence à Los Angeles ?
— Les trois quart de l'année, pourquoi ?
— Ça doit être dur de vivre éloigner de sa famille si longtemps, non ?
— C'est pas évident tous les jours c'est sûr… Mais je vois pas très bien où vous voulez en venir.
— Vous rentrez régulièrement en France, ou votre femme vient vous voir des fois ?
— Bien sûr que je rentre ! Vous me prenez pour qui ? J'ai la chance d'avoir une femme très compréhensive. Agnès sait que je fais un métier que j'aime et puis ça rapporte de l'argent. C'est pas négligeable…
— C'est sur qu'il en faut pour payer les études de sa fille ! s'exclama Jane. L'une des plus prestigieuses écoles de droit du pays ! Félicitations.
Marc Lefranc sembla mal à l'aise.
— Vous n'étiez pas au courant ? demanda Lisbon.
— Vaguement. Vous savez, Emilie et moi, on s'entendait pas toujours bien. On a un peu le même caractère ! Ça provoquait parfois quelques tensions. Mais en aucun cas je voulais qu'elle meure ! C'était ma fille, ma petite fille…
— Merci d'avoir pris de votre temps, monsieur Lefranc, le remercia Lisbon en se levant.
Jane ne bougea pas de sa chaise. Il dévisageait Marc Lefranc, pensif. Lisbon lui donna alors un coup de coude. Jane se leva et suivit Lisbon. Au moment de franchir la porte, il se retourna :
— Répondez sincèrement. Vous avez une double vie ?
— Pardon ?
— Une double vie ? Deux femmes ? Deux familles ?
— Non ! s'offusqua Marc Lefranc.
— D'accord.
Lisbon lança un regard noir à Jane puis le poussa à sortir quand ils se retrouvèrent nez à nez avec Van Pelt.
— Patron, j'ai épluché les comptes de Marc Lefranc et j'ai remarqué qu'il effectuait un versement tous les mois vers un autre compte. Cela depuis cinq ans.
Lisbon fronça les sourcils.
— A qui appartient ce compte ?
— Une certaine Sonia Ramirez.
Lisbon se tourna vers Marc Lefranc, puis soupira. Elle retourna s'asseoir tandis que Jane et Van Pelt échangèrent un clin d'œil.
— Monsieur Lefranc, pourquoi versez-vous de l'argent tous les mois à une certaine Sonia Ramirez ? l'interrogea Lisbon.
Marc Lefranc avala sa salive, embarrassé.
— Je vous écoute, s'impatienta-t-elle.
— Une double vie peut-être ? insista Jane.
— Non ! rétorqua Marc Lefranc.
— Si. Vous avez une double vie. Pour tout vous dire, ça ne m'étonne qu'à moitié. Vous vous ennuyiez tellement à Los Angeles sans votre femme que c'est arrivé !
— Jane ! le reprit Lisbon. Monsieur Lefranc, qui est Sonia Ramirez ?
L'homme soupira et croisa les bras, pas décidé à parler.
— Monsieur Lefranc, vous taire ne sert à rien. Nous finirons par découvrir la vérité.
Marc Lefranc affrontait Lisbon et Jane du regard, puis il baissa la tête et soupira encore une fois.
— Je l'ai rencontrée quand je suis arrivé à Los Angeles, révéla-t-il. On a sympathisé. Quand j'ai monté ma boite, je lui ai proposé de devenir mon assistante.
— Vous avez eu une liaison avec elle ? demanda Jane.
— Non. On a sympathisé, c'est tout.
— Pourquoi lui versez-vous de l'argent régulièrement ?
— Elle a dû démissionner. Elle s'est retrouvée sans un sous avec son môme ! Comme je l'appréciais…
— Vous lui payez une pension en quelque sorte, souffla Jane.
Marc Lefranc le regarda droit dans les yeux. Jane esquissa un sourire, satisfait.
* * *
Lisbon regagna l'espace de travail.
— Rigsby, cherchez qui est cette Sonia Ramirez. Cette histoire n'est pas claire.
— Il a une double vie, lança Jane, qui les rejoignit.
— Ça y ressemble en effet…
— Oh, j'ai hâte de voir la mère et parler de tout ça ! s'exclama Jane, tout excité.
Lisbon se retourna vers lui.
— Hors de question ! rétorqua-t-elle. On n'a aucune preuve qu'il a une double vie.
— Pas encore… Mais je sais qu'il en a une.
— Jane, Agnès Lefranc vient de perdre sa fille. Elle souffre sans doute suffisamment pour en remettre une couche en prétendant que son mari à peut-être, et je dis bien peut-être, une double vie.
— Ok, ok. Comme tu veux…
Lisbon revint vers ses agents.
— Qu'a donné l'interrogatoire avec Pauline ? demanda-t-elle à Cho.
— Elle a bien confirmé qu'elle s'était inscrite dans la même école qu'Emilie, mais qu'elle n'était pas spécialement jalouse d'elle.
— Ouais, c'est ce qu'elle dit, commenta Rigsby.
— Et en ce qui concerne les garçons ?
— Elle n'a pas de petit-ami et elle affirme ne s'être jamais disputée avec Emilie à ce sujet.
— Je confirme, lança Van Pelt. J'ai réussi à joindre la famille de Pauline et des amis des deux filles. Elles n'ont apparemment jamais flashées sur le même garçon.
— Je vous l'avais dit ! s'exclama Jane. Pauline est innocente.
— Toujours pas de trace de Johnny ? demanda Lisbon.
— Non.
— C'est embêtant. Personne ne peut nous dire où elle était après 23h…
— Oh, patron ! s'exclama Rigsby. De mon côté, j'ai appelé le directeur de l'école de droit et il a confirmé qu'avec la mort d'Emilie, Pauline peut désormais entrer dans l'école.
— Bon, soupira Lisbon. Un alibi qui a disparu de la circulation et un mobile…
— Faut la relâcher ! lança Jane qui s'était installé dans son canapé.
— Pas question ! Sans alibi, elle est notre principale suspecte dans cette affaire.
— Oh, arrêtez ! protesta Jane. Son mobile ne tient pas la route. Vous pensez vraiment qu'elle aurait tué sa meilleure amie pour prendre sa place dans cette école ? C'est n'importe quoi ! Et pourquoi elle aurait dévasté la chambre ?
— Pour faire croire à un cambriolage.
— Si c'était le cas, elle nous aurait baratinés en nous disant qu'elle avait vu quelqu'un les suivre depuis leur arrivée en Californie ! Or, elle n'a rien dit. C'est bien la preuve qu'elle est dit la vérité. Qui plus est, quand on l'a interpelée, elle a avoué tout de suite qu'elle avait bu de l'alcool alors qu'elle n'a pas l'âge ! Je vous le dit, c'est fille est honnête, droite.
— Ou pas maligne ! rajouta Rigsby.
— Elle est honnête, affirma Jane. Elle n'a pas tuée Emilie.
Lisbon jeta un coup d'œil à sa montre.
— Bon, on va s'arrêter là pour ce soir. Vous pouvez rentrer chez vous.
— Et les recherches sur Sonia Ramirez ?
— On verra ça demain. On en saura peut-être un peu plus avec la mère de la victime.
— Cool, s'exclama Rigsby, qui rejoignit aussitôt Van Pelt.
Le couple échangea quelques œillades, qui n'échappèrent pas à Lisbon.
— Pas ici ! lança-t-elle, sèchement.
Van Pelt et Rigsby baissèrent la tête, confus. La jeune agente prit sa veste et ils se dirigèrent vers l'ascenseur.
— Bonne soirée ! lança-t-elle avant de s'y engouffrer.
Lisbon hocha la tête. Cho s'en alla à son tour. Lisbon allait faire de même mais remarqua Jane qui ne bougeait pas.
— Jane ?
— Oh, je vais rester là encore un peu…
— Ok, répondit Lisbon, un peu perplexe.
Elle s'éloigna. Jane s'allongea sur son divan et s'étira en poussant un long soupir de lassitude, puis il fixa le plafond. Son regard se troubla.
Le visage de John le Rouge à la morgue lui revenait. Il n'avait pas pu s'empêcher d'aller vérifier par lui-même… Cet homme était tellement fort qu'il en était venu à s'imaginer qu'il aurait très bien pu faire croire à tous qu'il était mort et se volatiliser encore une fois ! Mais non. John le Rouge était bel et bien mort. Il avait finalement succombé à ses blessures, et il ne nuirait plus. Jamais.
Les yeux de Jane se gorgèrent de larmes. Il revoyait le smiley peint du sang de sa femme sur le mur de sa chambre… Il s'était juré de l'effacer une fois qu'il aurait eu John le Rouge. Jane serra la mâchoire. Il ne l'avait toujours pas fait. Il avait peur d'oublier, d'avancer, de passer à autre chose maintenant que sa femme et sa fille avaient été vengées… Jane ferma les yeux. Une larme roula sur sa joue.
* * *
Dans la salle de bains, le robinet coulait à flots. Lisbon passa ses mains sous l'eau et s'aspergea le visage. Elle s'empara d'une serviette et l'épongea. Elle observa son reflet dans le miroir. Elle avait de petits yeux, signe évident de ses longues nuits d'insomnies. Son regard se posa alors sur la cicatrice qui marquait désormais son épaule. Ses yeux se perdirent dans le vague…
Elle sentait la lame du couteau glisser lentement sur sa peau et la main ferme de John le Rouge autour de sa taille pour la retenir. Ses paupières se fermèrent lentement. Elle entendit Jane crier, puis soudain, une violente douleur lui transperça l'épaule…
Lisbon revint brusquement à elle. Elle se regarda dans le miroir et se surprit d'avoir la main à l'épaule. Elle inspira profondément et continua d'éponger son visage.
Elle regagna ensuite sa chambre. Elle s'assit sur le rebord du lit et poussa un long soupir de lassitude. Elle regarda alors le flacon de médicaments posé sur sa table de chevet. Elle le saisit, l'ouvrit et versa un comprimé dans la paume de sa main. Elle hésita, puis en prit un second. Elle glissa ensuite les cachets dans sa bouche, saisit la petite bouteille d'eau posée au pied de son lit et but quelques gorgées pour les avaler. Elle soupira, le regard perdu, puis se faufila sous sa couette et éteignit la lumière. La fatigue la gagnait, pourtant, ses grands yeux couleur émeraude ne se détachaient pas du plafond…
J'espère que ça vous plaît toujours. Laissez-moi vos impressions ! ;)
