Ici seront regroupés les résultats des différents défis avec limite de temps qui m'ont été posés et que je ne souhaite pas publier séparément.
Cette série-ci sera composée d'OS Gen ou Het
Rating: T
Disclaimer: Seule l'histoire est à moi, les personnages de la série Supernatural ne m'appartiennent pas.
Bêtalectrice: Anda
Pairing : Destiel
Thème : Placard
Temps : 30 minutes.
Le Placard.
Son père lui serra le poignet à lui faire mal. Il sentait les os se déplacer entre ses tendons et ses muscles souples de petit enfant. A cet âge-là, les os de la main et du poignet n'étaient pas encore soudés entre eux, un peu comme la fontanelle des bébés. Il y en avait moins que chez l'adulte, c'était beaucoup de cartilage.
Il s'arqueboutait, résistant comme il le pouvait. Son père le souleva alors tout entier, pendu par le bras au-dessus du sol. Il glapit de terreur et de douleur.
Dans la pièce d'à côté, Sammy pleurait.
Sammy avait faim depuis un moment déjà. Dean était sûr qu'il avait faim. Alors quelques minutes avant il l'avait pris dans ses bras et lui avait donné un cookie au chocolat. Un morceau s'était coincé dans sa gorge et il s'était mis à tousser. Effaré, Dean s'était mis à crier. Leur père bien que comatant à moitié avait eu la présence d'esprit d'intervenir. Il avait fait recracher le morceau de biscuit à Sam et aussitôt que celui-ci était sorti d'affaire, il l'avait reposé dans son landau et s'était mis dans une colère noire. Il avait hurlé des horreurs à Dean et l'avait globalement fait se sentir le fils et le frère le plus indigne au monde.
Maintenant il enfermait Dean à double tour dans un placard. Pour lui rappeler qu'on ne donnait pas de gâteau à un bébé, mais seulement des biberons. Sammy était trop jeune pour la nourriture solide. Pourtant Dean mangeait bien des cookies. Après il n'avait plus faim. Mais oui, il savait que son frère était trop petit pour ça. Papa et Maman lui avaient déjà expliqué auparavant. C'était de sa faute si Sammy avait failli s'étouffer, il aurait pu mourir comme lui avait bien fait comprendre son père. Mais Dean n'avait que quatre ans... et Sammy pleurait en silence depuis plus d'une heure sans que son père n'ait rien fait. Dean était venu le voir, le secouer un peu dans le canapé, mais son père l'avait repoussé en lui disant que ce n'était pas le moment. Il fallait bien qu'il fasse quelque chose, non ? Il savait que Sammy avait faim. Lui aussi il avait faim. Mais les biberons, il savait les donner mais pas les préparer... Et il ne savait même pas s'il restait encore du lait en poudre.
Dans son placard, dans la chambre, Dean entendait Sammy pleurer, et pleurer encore, comme si on l'assassinait. Il était effrayé, et tout seul... Il était tout seul parce que Dean avait entendu la porte extérieure claquer et John s'en aller. Et Sammy pleurait, et pleurait... Et Dean pleurait aussi. Il avait fait une bêtise, mais il ne savait plus quoi faire. Maman était partie, Papa n'était plus vraiment Papa, il ne croisait que des étrangers. Il savait qu'il devait prendre soin de Sammy mais il ne savait pas comment. De haut de ses quatre ans il n'avait que quelques bases, ce que les parents acceptent de bien laisser faire leurs autres enfants avec le dernier né...
Dean pleurait dans son placard, de peur, de rage, de désespoir, de tristesse... Il pleurait en écho aux pleurs de Sammy... il aurait tant voulu le prendre dans ses bras et le rassurer... Il aurait voulu que quelqu'un d'autre puisse le faire à sa place au moins. Tout plutôt que son petit frère soit malheureux.
C'était tout noir dans ce placard, les parois étaient rêches, c'était trop étroit pour qu'il puisse rester assis très longtemps, les genoux repliés sous le menton, pas assez d'espace pour que sa poitrine aspire assez d'air pour pleurer, alors il se tenait debout... mais il avait l'impression qu'il n'y avait pas assez d'air non plus, qu'il étouffait...
Soudain la porte du placard s'entrebâilla... une lumière douce et diffuse, presque bleutée s'en dégagea. Dean renifla. Ses pleurs cessèrent quand il n'entendit que le silence. Sammy ne pleurait plus... Son père était rentré sans qu'il l'entende et s'occupait de Sam en ayant ouvert le placard ?
Dean rampa à quatre pattes hors du réduit et se mit debout. Il se dirigea vers le petit salon et tomba sur une jeune fille brune de peut-être dix ans qui tenait son Sammy contre elle et le berçait doucement. Aussitôt Dean se jeta sur elle
-Repose le ! Repose mon frère ! S'exclama-t-il, plein de colère et de peur, serrant ses petits poings, prêt à en découdre.
S'il y avait une chose qu'il avait comprise, c'est qu'il ne fallait pas laisser Sam à des étrangers.
La petite fille reposa Sam dans son landau et sourit à Dean. Un doux sourire comme il n'en avait plus reçu depuis que sa mère était venue le border la dernière fois dans son petit lit... C'était il y a si peu de temps et pourtant une éternité.
La petite fille se tourna et prit un biberon posé sur la table.
-Tu veux lui donner son biberon ? Demanda-t-elle à Dean.
Elle sentait un léger parfum de vanille, elle était belle, avec de longs cheveux, la peau laiteuse et des yeux bleus profonds comme un océan. Dean se sentait attiré dans ces yeux mais secoua sa petite tête blonde et bouclée.
-Qui êtes-vous ? Demanda-t-il. Comment êtes-vous entrée ?
-Je m'appelle Castiel. Et j'ai toujours été là Dean. Je suis présent même quand tu ne me vois pas.
La réponse déconcerta Dean.
-Vous êtes un ange ? Demanda-t-il.
Sa mère lui avait appris que les anges veillaient sur lui.
-Oui. Répondit Castiel.
-Alors pourquoi avez-vous laissé ma maman mourir ?! Cria Dean, plein de rage et de désespoir.
Son cri de colère effraya son frère et il se remit à pleurer. Castiel le pris délicatement dans ses bras, comme s'il était un objet extrêmement fragile qu'il n'avait pas l'habitude de manipuler, et le donna à Dean qui le berça.
-Je suis là Sammy, ça va aller... chut, chut... tu as faim pas vrai ? Je vais te donner à manger.
Castiel tendit le biberon à l'enfant et Dean le pris malgré son air méfiant.
Dean alla s'asseoir sur le bord du canapé, cala la tête de Sam contre son épaule, elle-même calée avec l'accoudoir du canapé par son coude, et commença à lui donner à manger. Il avait très faim, il avalait goulûment chaque gorgée, trop vite, et Dean fut obligé de l'arrêter au milieu du biberon pour lui faire faire un premier rôt.
Castiel regardait la scène sans sourire, juste statique, ses longs cheveux raides ne bougeaient pas, sa poitrine n'était soulevée par aucun souffle. Pourtant quand les deux enfants s'endormirent ensemble sur le canapé, un fin sourire éclaira vraiment le visage de son vaisseau, et il valait tous les éclairs du paradis.
Quand John rentra, il avait tout oublié. Et fut rassuré de trouver ses fils tranquillement endormis, sans se poser plus de questions. Castiel avait agi, Castiel était toujours là, mais caché, comme à son habitude. Il n'avait pas eu le cœur à laisser Dean dans son placard, et il avait agi alors qu'il devait simplement observer. Cela lui vaudrait des remontrances de la part de ses supérieurs. Et plus jamais il n'apparaîtrait au regard de Dean. Observant son protégé de loin en loin sans pouvoir faire quoique ce soit. Il était si seul... Il priait secrètement son Père pour un jour pouvoir l'aider, pouvoir l'aimer comme personne ne semblait vouloir le faire. Et il attendait ce jour avec espoir...
Note : Mouais on peut pas dire que j'ai respecté "destiel"...
