Auteur : Lyly[u]

Fandom : SG-A

Bêta-lectrice : Fire Serendipity, mon adorable. Ce ne serait même pas lisible sans elle, remerciez-la !


Le grésillement désormais familier lui parvint malgré la cacophonie des coups de feu.

[Sheppard à SGA1.]

Peur, angoisse, espoir, soulagement, s'amassèrent à l'entente de sa voix. Toute une pléiade de questions emplit soudainement son esprit. L'as-tu récupéré ? Comment va-t-il ? L'ont-ils blessé ? 0ù êtes-vous ? L'as-tu retrouvé ?

[J'ai récupéré Rodney.]

Ancêtres tout-puissants !

Le soulagement afflua. Le quatrième membre de leur corps blessé venait d'être restitué. Bientôt, l'intégrité de l'organisme serait retrouvée. Savourée.

Un petit sourire ourla ses lèvres.

[0n dégage. Préparez-vous à nous ouvrir le passage.]

« Je suis prête, John.

(Ramène-le vite, John, je suis impatiente.)

Honnêtement, il n'y ait pas grand-chose à faire ici. Mais elle comprenait qu'il fallût garder la Porte et que Ronon était plus apte à aider à transporter Rodney qu'elle en cas d'incapacité physique.

Elle prit donc son mal en patience et attendit, aux aguets près du DHD, le retour de ses compagnons.

Elle n'aimait pas être ainsi coupée de l'équipe. Ils étaient un ensemble coordonné qui fonctionnait à son maximum une fois ses quatre membres réunis.

John pour les jambes,

Rodney pour la tête,

Ronon et elle pour les bras armés.

Bien que John fût bien moins idiot qu'il ne tentait de le faire croire, que Ronon pût se montrer d'une impressionnante compréhension, et qu'elle s'occupât davantage des négociations que John.

Rodney était la tête – le cerveau, les oreilles et la bouche. Il réfléchissait, parlait et entendait de trop.

Cela lui valait bien souvent d'être la victime des taquineries générales, principalement de John et Ronon.

(Être la seule femme dans une équipe d'hommes caractériels n'était pas toujours facile. Elle avait parfois l'impression d'être l'adulte responsable d'un groupe de grands enfants.)

Être le seul scientifique d'une équipe de guerriers puissants n'était pas tous les jours facile.

Ronon et John ne se privaient pas de grand-chose.

Sûrs d'eux et de leurs compétences physiques, ils taquinaient le scientifique sur son singulier dénuement en la matière.

Néanmoins, ça ne devenait jamais cruel ou blessant.

Elle-même avait vu Ronon « entraîner » un Marine s'étant exprimé au sujet du docteur en termes peu flatteurs. Le pauvre homme avait visité le Docteur Beckett les trois nuits suivantes.

Ils détestaient tous qu'il arrivât quelque chose à Rodney (même si Ronon s'en récriait).

Elle retint un soupir. Ne devraient-ils pas déjà l'avoir rejointe ?

Elle voulait savoir qu'il allait bien. L'entendre râler parce que la forêt était encombrée, le soleil trop fort et l'eau trop fraîche.

Presque comme si on l'avait entendue, elle entendit fourrager dans les arbres, quelques mètres devant elle.

P90 prêt à l'usage, elle parcourut des yeux la lisière de la forêt.

Ronon jaillit soudainement devant ses yeux.

Ses bras entouraient et soutenaient fermement Rodney, placé dans la position de la femme le jour de l'union.

Un Rodney immobile, et silencieux.

Une pierre lui tomba dans l'estomac.

Un McKay geignard est un McKay au top de sa condition.

Ce Rodney-là ne grommelait même pas alors que sa tête dodelinait sur l'épaule de Ronon au rythme de sa course.

Par les Ancêtres.

Était-il seulement vivant ?

Ils devaient le ramener à Atlantis.

Elle composa rapidement le code d'Atlantis, utilisant ses deux mains pour aller plus vite.

Il leur fallait ramener Rodney chez eux.

La Porte s'ouvrit dans son habituel rayonnement bleuté.

Elle composa son code d'identification.

Le Docteur Beckett saurait quoi faire.

Ronon ne ralentit même pas, il traversa la Porte sans un regard pour elle.

Le Docteur Beckett saurait soigner Rodney.

Elle l'espérait.

Game over