Oyé oyé demoiselles!
Il s'est fait attendre, mais il est là, le 3eme chapitre.
Pas mal de bouleversements dans ma petite vie paisible ces dernières semaines qui m'ont complètement bloqué niveau écriture. Mais je retrouve peu à peu mes sensations et mon envie alors me revoilà.
Ce chapitre n'est pas parfait mais il est sorti ainsi de mon clavier.
Je n'ai pas l'habitude de fonctionner ainsi, sans abuser de la relecture. Aussi, préparez vous à ce qu'il y ait des fautes, plus que d'habitude à mon avis. Et des répétitions.
Pardonnez moi donc pour ces fautes et ces répétitions (n'hésitez pas à m'en parler dans vos reviews d'ailleurs si vous en avez envie.)
Et il fait moins de 5000 mots, donc plus courts que les précédents...
Merci pour vos reviews, elles font du bien, elles font avancer. Elles me sont précieuses.
Enjoy it!
Rappelez vous que précédemment, Santana et Brittany ont eu une petite discussion dans l'ascenseur et Santana était chamboulée.
3- Rapprochement...
Tu ne sais pas trop comment elle a fait, comment elle a toujours fait, mais tu vas mieux.
Elle a toujours eu le don de te redonner le sourire.
Elle était à l'origine de ton mal être quelques heures plus tôt, mais elle a su dissiper ton chagrin. Tu as suivi ses conseils et tu as passer sans embûche la matinée.
Pourtant, tu as beau avoir repris un peu de contenance ces dernières heures, tu as toujours en toi cette tristesse qui ne te quitte pas depuis dix ans, depuis que tu as abandonné ton rêve d'amour avec elle.
Brittany a pris les rênes de la réunion qui se déroule en ce moment même, expliquant ses ambitions pour la nouvelle campagne de pub. Tu es fière de ce qu'elle est devenue, de l'assurance qu'elle affiche, de sa volonté, de son professionnalisme.
Tu es fière d'être une des artisanes de cette évolution. Tu as toujours eu confiance en elle et en ses capacités, tu as toujours tout fait pour qu'elle croit en elle autant que toi tu le faisais. Tu t'es, chaque jour durant, efforcée de lui communiquer ta force et la vision que tu avais d'elle. Au fur et à mesure du temps tu l'as vu s'épanouir et devenir une femme forte et consciente de ses capacités, en mesure de se servir à bon escient de ses qualités. Elle a su appréhender ses défauts ou plutôt ses différences et s'en servir pour devenir quelqu'un de meilleur encore. Tu l'admirais pour tout ça, quand toi même tu étais incapable d'avancer.
Près d'elle tu t'oubliais complètement et c'est en partie pour ça que tu t'es finalement enfuie. Tu es partie pour te retrouver, pour avancer par toi même et pour toi même, sans avoir a penser à elle avant de penser à toi. Tu l'aimais mais tu devais admettre que cet amour te consumait de l'intérieur à petit feu. Lentement tu es devenue déprimée et incapable d'aller de l'avant pour t'offrir un avenir radieux. Alors tu es partie et tu en es là aujourd'hui. Tu sais que si tu étais restée, cet amour secret t'aurait tué. Se mentir à soi même est une chose, mais mentir à celle qui vous fait confiance mais que l'on aime en silence est pire encore, c'est destructeur. Le plus simple aurait était de lui dire la vérité ce soir là mais tu t'es dégonflée, lamentablement. Tu n'as pas su dire ces quelques mots qui auraient pu changer toute ton existence. Tu ne regrettes pourtant rien car subir un refus t'aurait sans doute tué sur le coup. Tu as préféré fuir pour une nouvelle vie loin d'elle, loin d'une souffrance destructrice, c'était toujours mieux que de rester. Pourtant aujourd'hui c'est un retour à la case départ, comme si ces dix dernières années venaient de s'envoler subitement. L'avantage que tu as à présent c'est que tu es une adulte et que la vie t'a renforcé. Tu te sens bien plus à même de supporter tout ça, bien que ce sera extrêmement compliqué. Et puis tu as Sarah à présent. Comme cette dernière te l'a dit ce matin, tu peux compter sur elle, et cette idée te rassure. Tu te sens en même temps coupable de la traiter comme la cinquième roue du carrosse, elle mérite tellement mieux.
« Et dans ma tête, cette égérie ne peut être que Santana.»
Tu sors soudainement de tes pensées les plus profondes, prise par le choc des mots que tu viens d'entendre. Tu sais bien que pris hors du contexte ces mots peuvent paraître banals mais pour toi c'est choquant, c'est assourdissant, c'est même absolument ahurissant. Tu n'as écouté que d'une oreille peu attentive ce que Brittany et les autres avant elle ont dit pendant la réunion, mais cette phrase là a au moins eu le mérite de te faire redescendre sur terre.
« P...Pardon? Mais de quoi tu parles? » dis tu, complètement abasourdie et au bord de l'implosion. Tu sens tes joues bronzées se colorer d'une teinte rouge. Tu ne le vois pas, mais tu le sens. Rouge de colère mais surtout rouge de peur. Car tu as peur en cet instant. Peur de ce que tout ça signifie pour la suite. Peur de ne pas pouvoir tenir tête à cette femme que tu désires depuis des millénaires, peur de ne pas savoir lui dire non, peur de la décevoir en même temps. Tu es Santana Lopez mais tu trembles de peur.
Ton regard se porte timidement sur Brittany, debout face à l'assemblée de six personnes prenant part à la réunion de projet de la campagne de publicité du nouveau parfum. Elle est là, sûre d'elle et rayonnante au milieu de cette salle de réunion immense, bien trop grande et pas assez chaleureuse pour le peu de monde présent. C'est elle qui a prononcé cette phrase et tu as besoin qu'elle revienne dessus, besoin qu'elle se corrige, qu'elle avoue s'être trompée, que ça n'est pas ton prénom qu'elle voulait prononcer. Tu te dis qu'elle pensait tellement fort à toi que sa langue a fourché. Tu aimerais occuper ses pensées comme elle occupe les tiennes. Tu aurais alors un espoir, un mince espoir de pouvoir conquérir son cœur.
Tu te dis aussi que tu es une idiote de penser ça. Brittany t'aime comme elle t'a toujours aimé, en amie sincère et fidèle, rien de plus. Elle est mariée, si elle pense à toi c'est seulement parce qu'elle s'inquiète, parce qu'elle est pleine d'empathie. C'est tout elle ça. C'est plus réaliste que tes fantasmes absurdes.
« Tu en penses quoi Santana? » te dit-elle, attendant sérieusement une réponse, le regard plein d'espoir.
Sa langue n'avait donc pas fourché. Elle était sérieuse. Elle attend ta réponse comme si elle attendait les résultats d'un examen important.
« Tu n'es pas sérieuse Brittany? » Ton ton est emplie d'ironie et un sourire crispé se lit sur tes lèvres.
« Tu es parfaite pour ce rôle, je le sais. Quand Arthur m'a montré les trames de la publicité hier soir, j'ai su que ça devait être toi. A mes yeux, tu es l'image de la marque. »
« Tu as perdue la tête ma pauvre! » Tu voudrais ne pas avoir dit ça car à peine les mots ont franchi tes lèvres tu les regrettes déjà.
« C'était méchant ça Santana! » se plaint Brittany avec sa moue adorable. « C'est juste que j'ai encore l'image de toi chantant et dansant devant une salle remplie de gens enthousiasmés par ta voix et ta présence. Alors peut-être que tu n'es plus cette fille là. Peut-être que je me trompe. Peut-être qu'effectivement tu n'es plus celle que j'imaginais. Et tu as raison, j'ai peut-être perdu la tête mais avant de te braquer, on peut en parler ? On peut imaginer une seconde que tu acceptes et voir ce que ça pourrait donner non? Il est temps que tu te détende Sanny!»
Tu pourrais redevenir celle que tu étais et t'absoudre de la méchante Santana que tu es devenue aux yeux de certains, tu pourrais dire ''Amen'' à ses paroles et foncer tête baissée dans ce projet mais ce serait un suicide professionnel. Tu ne peux pas te permettre de la laissé te parler sur ce ton devant tes collaborateurs, même si c'est elle, même si ton cœur te cris d'accepter et que tu pourrais être prête à tout pour elle.
Tu pourrais , mais au lieu de ça tu agis comme tu es supposée agir en de telles circonstances. Ici tu n'es pas San, la meilleure amie de Brit. Ici tu diriges une entreprise.
« Brittany, dans mon bureau, tout de suite! »Ta voix est dure, elle cri ton mécontentement, mais ton regard lui est doux, empreint d'une excuse déguisée. Tu voudrais ne pas être fâchée mais ce sentiment te domine à cet instant. « La réunion est suspendue, on reprend dans une heure. » En colère de la laissé prendre le dessus sur toi, qu'elle puisse t'affecter de la sorte sans que tu puisses y faire quoi que ce soit.
Tu voudrais qu'elle ne soit jamais revenue mais tu es reconnaissante qu'on l'ait ramené dans ta vie.
Tu l'aime autant que tu la déteste d'avoir ce pouvoir sur toi.
Tu entres à pas effrontés dans ton bureau, sentant la présence de ta meilleure amie dans ton dos.
Elle est imperturbable. Elle referme calmement la porte derrière elle, et avant que tu n'aies le temps d'entamer la conversation, elle te désarme déjà.
« Tu es toujours aussi belle quand tu t'énerve San.» annonce t-elle placidement.
Tu te retourne, les bras croisés, en appui sur ton bureau, la tête penchée et les sourcils retroussés par l'incompréhension et la surprise.
« Pardon? »
« Tu es toujours aussi belle qu'avant. Ce que je n'avais jamais remarqué par contre c'est ta démarche sulfureuse et là je peux te dire que j'en ai pris plein les yeux. Ce tailleur te va à ravir au fait. » Tu crois deviner un air malicieux mais tu as peur de te faire des idées. Son regard te déshabille pourtant. Son clin d'œil terminant sa phrase te déroute. Tu lis un ''whaou'' silencieux sur ses lèvres pendant qu'elle lève son pouce droit pour appuyer sa remarque.
C'est pas possible, pas elle.
Elle te fait marcher.
Elle se joue de toi.
Fausse joie.
C'est évident.
Crétine.
Tu dois en avoir le cœur net.
« Brit, éclaires moi s'il te plaît, depuis quand tu matte le derrière des femmes? »
Tu la sens amusée et victorieuse d'avoir ainsi évité le sujet de ta colère.
« Pas DES femmes, juste le tient... à l'instant. Au moins tu ne me cris plus dessus. » termine t-elle, contente de sa supercherie.
Tu pourrais te perdre dans son sourire.
« C'était donc un leurre...Et moi je plonge dedans. »
« Pas vraiment. J'étais sincère en te disant ça et en même temps j'ai changé de sujet l'air de rien. Mais je confirme, tu es magnifique. » confirme t-elle.
« Tu es au courant que ce que tu dis pourrait me donner des idées et me pousser à te sauter dessus, là, maintenant, sans te laisser une seule chance de t'échapper? » tu oses, prise dans son jeu et dans son piège, consciemment et délibérément.
Il n'y a jamais eu de gêne entre vous, pas même lorsque ton amour et ton désir pour elle étaient à leur paroxysme. Vous doucher ensemble, dormir ensemble, vous câliner le soir devant un dessin animé de Walt Disney, emmitouflées sous une couette épaisse dans ton lit n'a jamais été un problème pour toi, ni pour elle. Tout était si naturel entre vous que les automatismes reviennent vite. Les taquineries, les sous entendus...
« Tu n'as donc pas peur de prendre ce risque là? » ajoutes tu.
« Je suis mariée Santana, donc tu n'oserais pas » réplique une Brittany faussement sérieuse.
« C'est pas le genre de chose qui m'arrête tu sais... » dis tu, espiègle et sincèrement amusée à l'idée de t'imaginer refrénant tes ardeurs simplement pour une raison morale. Pas ton genre.
« Tu n'as donc aucune morale? » s'interroge t-elle, feignant la consternation. Elle croise ses bras et plante ses yeux sur le sol en bois centenaire.
« Ça t'étonne tant que ça? » lui demandes tu, cherchant son regard.
Elle relève la tête, et esquisse un sourire amusé.
« Non, c'est vrai...Alors disons qu'il n'y a qu'avec moi que tu fais appel à ta morale. » répond Brittany, sérieuse.
« Et pour quelle raison j'agirais différemment avec toi? » tu l'interroge, vraiment intéressée par la réponse.
« Parce que tu me respectes plus que n'importe qui et que si tu avais du me sauter dessus tu l'aurais fait bien avant, quand tu en avais l'occasion. » affirme t-elle, certaine de ce qu'elle avance.
Et elle a raison.
Ta morale que tu croyais évanouie pour toujours dans les tréfonds de la dépravation, refait surface parce que c'est elle.
Parce qu'il est vrai que tu la respecte plus que n'importe qui . Tu ne peux que l'admettre volontiers. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle tu n'entreprendrais rien avec elle, ta morale. Alors qu'il y a dix ans, c'est la peur qui t'en empêchait.
« C'est vrai, tu as totalement raison. Je vais donc me contenter de te remercier pour le compliment et j'attendrais que tu aies divorcer pour te faire l'amour sauvagement sur ce bureau.» plaisantes tu, poussée par un vent de liberté et décomplexée.
« Pourquoi faudrait-il que ce soit sauvage? » dit-elle, amusée.
« Heu... » Aucun autre son ne sort de ta voix et tu sens à nouveau tes joues se colorées. Elle a ce don de te laisser bouche bée.
Elle a son sourire éclatant et son air de nouveau vainqueur de t'avoir fait taire. Si elle savait ce qu'elle est en train de te faire. Quelle torture c'est. Que toi tu ne blagues pas. Que tu ne fais qu'exprimer une envie que tu refoule tant bien que mal.
« Je t'en prie pour le compliment...Et si je peux me permettre de rajouter quelque chose? » te demande t-elle, la timidité faisant une apparition surprise sur son visage.
« Fais donc. » Tu l'invite à poursuivre, prête a tout entendre, prête a te disloquer à chacune de ses paroles.
« Tu as le corps et l'esprit parfait pour l'image que je veux donner à ta campagne. » dit-elle, précipitamment. Le débit qu'elle a mis dans cette phrase montre son appréhension et tu la trouves encore plus craquante à présent.
« Briiiiit! »
« Ok ok...Je me tais...Pour le moment. »
Tu es amusée et en même temps ennuyée de ne plus être en colère contre elle. Cette fille défit toutes les lois que tu t'imposes, elle est étonnante. Détonante même.
Tu tentes de redonner un sérieux à la discussion car tu veux vraiment qu'elle comprenne que tu ne peux pas te permettre certaines familiarités entre ces murs, quelque soit la relation que vous entretenez.
« On doit quand même parler de ce qu'il s'est passé en réunion. » lui dis tu, non sans la crainte de la décevoir, parce que chacune de ses réactions donne le ton à ton état d'esprit.
Elle fait la moue, déçue de ne pas avoir su changer complètement de sujet mais pas vexée. Tu es soulagée parce que te disputer avec elle n'est plus dans tes options. I peine cinq minutes tu étais prête à exploser mais ça c'était avant. Avant son numéro de charme, avant de te mettre le cerveau en miettes.
« Tu ne peux pas me parler comme ça devant mes collaborateurs. Tu ne peux pas te permettre d'être aussi... » Tu cherches les mots à mettre sur son comportement. Tu dois admettre qu'elle n'a fait que laissé parler son cœur, ce n'est pas une faute grave. Ce n'est pas méchant.
« D'être aussi toi.. » tu conclues.
Elle te regarde, interloquée.
« C'est quoi être aussi ''moi'' San? »
Tu mordilles ta lèvre d'hésitation, cherchant les mots les plus justes pour lui expliquer ce que tu essayes de lui dire.
Tu te rapproche d'elle, imperceptiblement.
Elle ne bouge pas, se contentant de te regarder t'approcher et attendant ta réponse.
Tu as envie de la prendre dans tes bras, d'enfouir ton visage au creux de son cou, respirer l'odeur de sa peau, caresser sa nuque, appuyer ton corps brûlant contre le sien, déposer tes lèvres sur les siennes.
Mais tu ne peux pas te permettre ça avec elle.
Pas même de l'enlacer. Tu perdrais tous tes moyens et tu ne pourrais pas t'arrêter de ta propre volonté.
Tu gâcherais tout et tu ne veux pas.
Tu te contente d'enlever une mèche de cheveux venue chatouiller son joli minois, tes doigts vibrant au contact de sa peau. Elle te regarde faire, impassible, alors que tout ton corps lui, frémis.
Tu pourrais parier que ton regard trahis ton désir, qu'il parle à la place de tes lèvres, si elle ne restait pas là sans réaction.
Elle ne partage rien de ce que tu ressens.
Elle est à mille lieux d'imaginer la trahison qu'elle subit. Car c'est une trahison de l'aimer ainsi.
« Être aussi toi c'est être d'une sincérité désarmante. J'admire ça chez toi, tu es tout ce que je ne serais jamais. Je sais que ça n'était pas méchant de ta part, je le sais mieux que quiconque. Excuses moi d'avoir été aussi brusque dans cette salle de réunion, mais j'ai un ordre à maintenir ici. Tu comprends ce que je veux te dire? ». Ta voix est d'une douceur que tu ne soupçonnais plus.
Elle te fixe, abaissant la tête en signe d'entendu et un sourire léger dessiné sur ses lèvres fines.
Elle a un effet magique sur toi qui te surprend à chaque fois. Toi, si survoltée et piquante, tu redeviens malléable entre ses mains, telle une marionnette. Avec elle, ton esprit ressemble au corps d'un pantin désarticulé. Pourtant tu as l'impression d'être vraiment toi en sa présence.
« Tu dis que tu as changé mais en fait tu es toujours la même San, sauf qu'avant tu ne me parlais pas comme ça. Pas à moi. C'est la seule chose qui a changé. Je te mentirais si je te disais que ça ne me fait rien, mais je ne peux pas m'attendre à ce que tu tiennes toujours autant à moi après dix ans d'absence, ce serait bête de ma part et égoïste. Je ne suis plus la petite Brit que tu protégeais et c'est tellement normal. Mais quelque part, j'avais espéré que rien ne change»
Tu la sens blessée par cette idée de ne plus compter à tes yeux. Si elle savait pourtant.
Si elle savait ce que tu ressens, ce que son retour dans ta vie a provoqué comme dégâts dans ton cœur.
« Brit, crois moi je tiens toujours autant à toi, là n'est pas la question. Tu ne dois pas penser en ces termes là d'accord? C'est juste qu'ici je suis le capitaine d'un bateau, c'est le monde du travail, c'est du sérieux. J'ai des responsabilités qui sont énormes et parfois même effrayantes. Tu comprends ? »
Tu lis de la gêne dans son regard et elle s'en veut de t'avoir déçu.
« Je comprends et je tiens à te présenter mes excuses car tu as raison, j'aurais du me contrôler et ne pas laisser parler mon cœur. Je n'ai pas pensé à tout ça et je t'ai mis dans une situation délicate. Pardon. »
Ton esprit s'éloigne à l'entente de ces quelques mots, dans des contrées fantasmatiques où tout est permis, surtout les rêves inaccessibles.
C'est son cœur qui a parlé.
Son cœur qui la dirige.
Son cœur qui devrait être à toi depuis toutes ces années.
Tu te sens tellement faible face à elle, tellement vulnérable. Tu sens ta carapace se fissurer à chaque parole qui sort de sa bouche. Chaque mot te donne de l'espoir et en même temps tout te ramène à la réalité qui est la tienne, celle que Brittany ne sera jamais tienne. Tout ça restera pour toujours de l'ordre du fantasme.
Tu dois retourner à la vraie vie, celle où Brittany est simplement ton amie. Tu devrais cependant remercier les anges qu'elle soit au moins ça pour toi et qu'elle fasse encore partie de ton existence.
« Tu es toute pardonnée Brit. Depuis que tu m'as dit que j'étais toujours aussi jolie tu es pardonnée. » plaisantes tu, même si c'est cruellement vrai.
« Je ne savais pas qu'il était aussi facile de t'amadouer. » réplique t-elle, de nouveau charmeuse et taquine.
« Si tu savais à quel point... » admets tu.
« Alors je te le redis, tu es toujours aussi belle Santana Lopez, et tu serais magnifique dans la pub pour le parfum... » insiste t-elle de nouveau, n'abandonnant jamais.
Elle ne lâche rien, elle résiste, elle te mène là où elle a envie, là où son idée se trouve, sans relâche, sans faillir.
« Tu n'abandonne jamais? » lui demandes tu.
« Je te l'ai dit, je ne t'abandonnerais jamais, et je m'y tiens. Je te veux Santana...Heu...Je te veux dans cette pub. J'ai dans ma tête l'image de toi dansant dans les étoiles avec la femme que tu aimes. Je t'imagine tellement bien qu'il me tarde qu'on s'y mette. »
« Moi avec la femme que j'aime? » dis tu, perplexe. Tu pourrais ajouter '' Tu nous imagines donc danser ensemble dans les étoiles? '' mais tu peux pas.
« C'est une image San, c'est de la comédie. Tu n'as pas besoin d'être amoureuse pour tourner cette pub. Bien que la fille de ce matin me paraisse très bien, mais j'ai besoin de quelqu'un qui saches danser. Je vais te trouver la femme idéale pour être ta partenaire imaginaire. Comptes sur moi! »
Tu la sens tellement passionnée, tellement excitée par l'idée que tu ne peux qu'abdiquer. Cette envie de lui faire plaisir et la combler ne te quitte pas. Tu es si faible que tu pourrais bien te lancer dans une aventure rocambolesque et surréaliste, mais pour elle que ne ferais tu pas?
« Et tu vas la trouver où cette femme parfaite? » lui demandes tu.
« Je n'ai jamais dit qu'elle devait être parfaite. » te répond t-elle, toujours debout face à toi, à seulement quelques centimètres qui paraissent pourtant insurmontables.
« J'ai au moins mon mot à dire sur cette personne? » lâches tu, comme un indice que tu es en train de craquer et de dire oui.
« Bien sûre! Si tu as des femmes sachant danser parmi tes ex, je suis preneuse! »
« A une seule condition je fais cette pub Brit... » lâches tu.
« Sérieux? Tu vas la faire? Mon dieu c'est génial! » Elle te saute au cou, comme si elle n'avait entendu qu'une partie de ta phrase. Tu ne parviens plus à l'arrêter et tu n'en as pas vraiment envie puisqu'elle est dans tes bras. Toujours ce même effet sur toi. Tu sens tes jambes se dérober sous toi. Tu sens ton cœur rebattre de plus belle, comme pour t'avertir qu'il s'emballe de trop et qu'il pourrait te faire faux bon si tu continues ainsi à entourer sa taille de tes bras et à effleurer sa peau apparaissant sous son t-shirt légèrement remonté. Les effluves de son parfum te font tourner la tête, tu sens ta peau frémir à son contact. Tu perds le contrôle. Tu ne peux pas. Tu ne dois pas.
« J'ai dit à une seule condition Brit, me semble t-il... » précises tu à voix basse au creux de son oreille. Elle arrête subitement de manifester sa joie, sans pour autant quitter le confort de tes bras. Elle ne bouge plus, ne parle plus. Elle attend, bien sagement, ses bras autour de ton cou et son corps collé contre le tient. Tu sens ses formes contre les tiennes et cela t'enivre. Aucun son ne parvient a franchir tes lèvres closes, surprise par sa réaction. Tu t'attendais à ce qu'elle s'écarte de toi et qu'elle te regarde droit dans les yeux en attendant sa sentence. Au lieu de ça elle reste blottie là, dans la chaleur de tes bras, ce qui provoque une nouvelle fois un déferlement de sensations dans tout ton corps. L'avoir ainsi tout contre toi est un vrai supplice.
« Je t'écoute San... » dit-elle a voix basse, comme un souffle sur ta peau, te sortant de la bulle de rêve dans laquelle elle t'avait plongé.
« Mon boss doit approuver cette idée Brit, et crois moi, ça ne sera pas l'étape la plus facile. »
Elle se retire finalement, laissant un vide immense. Tu as envie de revenir en arrière et d'arrêter le temps pour toujours. Elle serait à toi...
« Ne t'inquiète pas pour ça, tu m'organises un rendez-vous avec lui et je me charge de le convaincre. Il ne pourra rien me refuser. » dit Brittany, sûre d'elle. Elle a raison, qui pourrait lui résister de toute façon ? Pas toi en tout cas.
« Je n'en doute pas Brit. » admets tu. « Tu auras ton rendez-vous avec lui dans la semaine, promis. »
Elle t'offre son plus beau sourire, celui qui t'avait tant manquer, celui que tu désespérais obtenir certains jours lorsque vous étiez jeunes. Tu faisais tout pour le provoquer et pour la rendre heureuse mais les jours où tu n'y arrivais pas, ce qui était rare, tu te couchais déçue et triste. Tu te faisais alors la promesse d'y parvenir le lendemain dès la première heure. Tu pouvais passer plusieurs heures avant de tomber de sommeil afin de trouver une solution pour arriver à tes fins, ce qui ne te dérangeais pas car son bonheur passait avant tout le reste.
Tu la sens en cet instant à deux doigts de te prendre dans ses bras mais elle n'en fait rien, comme si elle n'osait pas. Elle se contente de te sourire et te remercie avant de sortir du bureau, sans se retourner, sans geste tendre, sans se soucier de t'abandonner.
Tu te sens minable de ressentir tous ces sentiments pour elle après tant d'années. La réalité est pourtant là, tu es amoureuse de Brittany Pierce comme si c'était encore l'époque du lycée, voir plus amoureuse encore. Tu dois te sortir de cette situation, tu dois arrêter tout ça, tu dois passer à autre chose. Elle ne t'appartiendra jamais, elle est mariée, elle n'est pas lesbienne. C'est ton amie, rien de plus et tu ne peux rien espérer de mieux. Tu ne peux pas gâcher le peu que tu auras d'elle. Tu dois te concentrer sur celle qui t'a apporté un peu de bonheur ces dernières vingt quatre heures, Sarah. Sarah est sans doute l'avenir radieux que tu espères, celle qui saura combler le vide laissé par cette blonde aux yeux bleus qui sort à peine de la pièce. Sarah. Tu dois vite la revoir et passer à autre chose.
Si tu en es capable.
Si Brittany t'en laisse l'occasion.
Si elle arrête d'entretenir malgré elle le mince espoir qui te porte depuis presque toujours.
Mais quand?
