Chapitre 3

Il avait de magnifiques yeux noirs, entourés par des cheveux aussi sombres, assez long qu'il avait attaché. Les traits de sont visages étaient fins, rendant sa beauté encore plus surnaturelle. Ses lèvres étaient elles aussi fines ainsi que ses mains, mais on devinaient aussi une force monstrueuse. Il était habillé d'un jean foncé, et malgré le temps froid du dehors portait un t-shirt kaki.

-Comment vas-tu? Me demanda-t-il.

-Bien, marmonnai-je, le rouge aux joues. Je te remercie de m'avoir amenée ici.

-C'est tout naturel, me répondit-il en faisant un sourire qui aurait pu faire fondre les anges les plus coriaces.

J'avais deviné aisément que c'était lui qui m'avait amené ici.

-Pst, Itachi, murmura quelqu'un de derrière la porte, Shizune revient!

Itachi sourit et m'expliqua:

-Normalement, tu n'as pas le droit aux visites. Récupère bien, me souhaita-t-il.

Et il s'en alla. Mes joues prirent une teinte rosée et mon coeur accéléra son rythme, une douce sensation avait prit possession de mon ventre et mes jambes étaient en coton. Je soupirai et mit ça sur le compte de la fièvre et me rendormit, emportée dans de doux songes grâce à cette visite surprise.

Qui dit grippe dit semaine totale d'arrêt, ce qui m'arriva. Je passai donc une semaine entière entre mon ordinateur, la télévision, mon lit et le traditionnel chocolat chaud autour de mes mains. Ah, mes pensées allaient soit entre mes « amies » et le ténébreux Itachi Uchiha. Vraiment, les mystères ne me réussissaient pas.

J'avais pris une décision, la seule qui me convenait réellement: pour le cas Itachi, je verrai sa réaction lorsque je reviendrai en cours, et ainsi me fixerait sur son comportement. Amitié, amour ou bien pitié?

Pour mes amies, je ne savais pas. Que pouvait-il bien me cacher? Était-ce important, ou bien quelque chose de futile? Deux options s'offraient à moi: soit je fonçais dans le tas en leur avouant tout, soit j'attendais que ce soit eux qui viennent à moi. Et la deuxième me semblait la plus envisageable, car ils avaient été si gentil avec moi, ils m'avaient accueillit dans leur groupe les bras ouverts. Si ils avaient quelque chose à me dire, je me devais donc d'attendre que ce soit eux qui viennent, et non moi qui provoquent cet événement.

Je me levai de mon fauteuil en soupirant (je regardais Mulan) pour aller me faire un autre chocolat chaud, ouvrit le frigo et découvrit qu'il n'y avait plus de bouteille de lait. J'ouvris donc la porte à gauche de la cuisine, qui conduisait à la cave ou ma mère entreposait toutes les boissons en tout genre. Je descendis les escaliers, ouvrit la lumière et me dirigea vers les packs de lait quand un meuble attira mon attention. Au fond de la pièce se trouvait une sorte de grande étagère ou était entreposé des outils à mon père. Bizarre, pensais-je au première abord, je pensais que ces outils étaient dans le garage. Puis, je remarquais un écart assez fin entre le mur et cette étagère. Troublé, je décidai de bien la coller contre le mur pour éviter un quelconque accident. Je pris mes petits bras pour la pousser, mais elle ne bougea pas d'un seul pouce.

-Oh, faut pas non plus abuser, je ne suis pas si faible, grognais-je.

Je la tirai alors vers moi, pensant ainsi pouvoir réussir à mieux la recoller contre le mur. Mais elle tangua et commença à pencher dangereusement vers l'avant. Paniqué, je m'écartai d'un bond agile sur le côté, évitant ainsi de me faire écraser par cette masse. Mais à mon plus grand étonnement, elle pencha seulement vers l'avant et ne bougea plus. Je m'approchai alors d'un pas lent, craintive, et la tira encore vers moi et elle s'ouvrit.

Comme une porte.

Mais le plus intriguant, c'était qu'il y avait une porte, une vraie, juste derrière. Prenant mon courage à deux mains et évitant de penser à ce qui pouvait bien se cacher derrière je l'ouvris. Tout d'abord la pièce était plongé dans le noir et je dus pencher mes deux mains sur le côté pour trouver un interrupteur, que j'enclenchai lorsque je le sentis.

Eh bien, un mystère venait de s'ajouter un plus sur ma liste des mystères. Dire qu'en plus ce genre de chose ne me réussissait pas.

C'était une sorte de gymnase. Des tatamis sur le côté, quelques machines pour se muscler de l'autre et un énorme espace vide au centre. Et, le plus intriguant, un énorme symbole était peint sur le mur du fond. C'était une paume de main avec en son centre un trou. Flippant. C'était totalement flippant. Une goutte de sueur s'échappa de mon front et s'écroula sur le sol, aussi lourde que les martèlements de mon coeur. J'avalai ma salive et fit un pas. Puis d'autres, me conduisant ainsi au centre de la salle. Mon regard fut attirer par une forme difforme et noire.

Je crois que, ce soir, je demanderai quelques explications à mon chère père. Car ce qui était roulé en boule à côté d'une machine était un de ces t-shirts.

J'attendis patiemment le diner pour en parler à mon père. Que ma mère soit présente ou pas m'importait peu, j'allais attaquer de force et bien viser. Je débutai mon plan lorsqu'il se servit de la salade pour la seconde fois.

-Cet après-midi, j'ai dû descendre à la cave pour aller chercher une autre bouteille de lait, lorsque j'ai remarqué une chose étrange, débutais-je.

Râpé. Mon père continuait de manger, imperturbable. Je me grattai la gorge, prête à reprendre.

-Je ne savais pas que tes outils du garage étaient en bas, papa. C'est un peu inutile, remarquai-je.

-Je les rangerais lorsque j'aurai le temps, répliqua-t-il, je les aies laissés là avec le déménagement.

-Mais alors à quoi sert cette étagère?

Sa fourchette crissa sur son assiette et ses sourcils se froncèrent. BINGO!

-Tu as raison, approuva-t-il, je la changerai de place et la mettrai dans le garage, approuva-t-il.

Et merde, il avait bien retourné la situation à son avantage. Je jetai un coup d'œil à ma mère qui nous regardait, interloqués.

-Tout va bien alors, concluais-je.

Mais ce que mon père ne savait pas, ce que j'allais faire en sorte de le prendre sur le fait. Si monsieur ne voulait pas me faire des confidences, alors quoi de mieux que de le forcer sans échappatoire?

Lorsque la nuit arriva, je les surveillais, l'oreille collé à ma porte. Je les entendis se coucher, se souhaiter bonne nuit puis éteindre la lumière. Et une heure passa. Puis deux. Puis trois. Courbaturé, fatigué et impatiente, j'étais toujours contre ma porte, attendant un signe de vie. Puis un crissement de drap, et des bruits de pas se firent attendre. Enfin, ma joie retomba bien vite car c'était juste mon père qui allait aux toilettes. Mais il ne retourna pas dans sa chambre et je l'entendis descendre les escaliers pour aller en bas. Fière de moi, je me levai et attendit une dizaine de minute pour être sûre qu'il ne remontait pas. Lorsque ce laps de temps passa, je sortis de ma chambre et tel un chat pistant sa proie, je descendis les escaliers, allai dans la cuisine et découvris la porte de la cave ouverte. Un énorme sourire s'étira sur mes lèvres et j'entrepris de descendre les escaliers qui menaient à cette pièce étrange.

Lorsque je m'avançais et collais mon oreille à la porte, je n'entendis pas seulement la voix de mon père mais d'autres que je ne connaissais pas.

-Allez, Akihito, on a besoin de toi, supplia une voix grave.

Mon père grogna.

-Vous savez bien que j'ai fais une croix sur cette vie. Et ce n'est pas pour y revenir, marmonna-t-il.

-Alors pourquoi être revenu dans cette ville? Pour Amaya?

-Elyna, corrigea mon père, et mes raisons ne vous regardent pas.

Bon Dieu! Amaya était mon second prénom, sur mon code civil. Je ne savais pas que des personnes l'utilisaient et encore moins qui le connaissaient.

-Cela nous regarde, et plus que tu ne le penses.

Un silence. Puis j'entendis mon père marcher et ouvrir la porte en grand, me découvrant ainsi aux regards de tous.

La surprise et le choque passé, je levai la main et ne put faire qu'un:

-Yo!

Peut convaincant.

Mon père me releva et me cracha au visage:

-Que fais-tu ici?

-Je t'espionnais, répondis-je, directe.

Son visage prit une mine stupéfaite.

-Et arrête de faire le gars choqué, car ça ne te va pas. Tu savais très bien que j'avais des soupçons, je t'ai laissé plusieurs indices, ce soir. A moins que tu ne voulais vraiment que je vienne, et qu'en fin de compte c'est moi qui suis tombé dans le panneau...

Ma réponse passé, je me permis de regarder les personnes présentes.

Il y avait un grand Naruto, un grand Shino, un grand Choji... Bref, leurs parents, quoi.

-Ah, la fougue de la famille Aoki, soupira la copie conforme de Shikamaru.

-Et leurs discrétions, rigola la mère de Kiba, je n'avais rien sentit, grogna-t-elle ensuite, gênée.

-Je sens que l'on ne va plus s'ennuyer, sourit le père de Ino.

Mon père se tourna vers eux, le visage sévère.

-Bon, laissez-nous, nous reprendrons cette discussion plus tard. J'ai quelques petites choses à clarifier avec ma fille, ordonna mon père.

Ils partirent tous par la fenêtre, comme si c'était naturelle.

Mon père s'assit sur une des machines, son regard bleu turquoise dont j'avais hérité posé sur moi.

-Es-tu prête à entendre tout ce que je vais te dire? Car à partir de ce moment, tu ne pourras plus reculer. Ta vie changera du tout au tout, et tu devras en assumer les pleines conséquences, m'avertit-il.

Je marchai jusqu'à la fenêtre, la fermait puis répondit d'une voix claire et forte:

-Je suis prête.