Chapitre 3 L'accident
Bella POV:
Cette première semaine fût fatiguante mais satisfaisante dans l'ensemble. J'avais réussi à mettre tous mes cours à jour grâce à Angéla et rencontré d'autres élèves. Le point négatif qui tâche un peu ma bonne humeur fût la tentative de séduction d'un certain Mike à mon égard. Je m'en étais vite débarassée sous le regard amusé de mes camarades de classe. Quelle bande d'immatures!
Je m'apprêtai à monter dans ma voiture pour rentrer chez moi et apprécier le calme d'un bon week end. Mon casque sur les oreilles et une chanson de Muse défilant au travers de mes pensées, je regardai encore une fois vers la volvo grise entourée de ses propriétaires dont la petite brune aux allures de lutin. J'avais rêvé d'elle cette semaine, pratiquement tous les soirs. Je me réveillais la nuit en sursaut, m'attendant quelquefois à la voir me toiser au pied de mon lit. Mais évidemment elle n'y était jamais. Pourquoi mon subconscient était-il lui aussi si intrigué par Alice?
Mon visage de nouveau tourné vers ma portière, je n'entendis pas le vanne d'un élève glisser derrière moi. Cependant le visage d'un lycéen inconnu que j'aperçevais par la fenêtre de l'autre côté de ma voiture m'incita à me retourner pour savoir ce qui l'éffrayait tant.
Et là tout s'accéléra et ralentit à la fois. Je voyais cet engin m'arriver dessus et étant sur le point de me plaquer fatalement contre mon propre véhicule. Je n'avais pas le temps de bouger et pourtant un tas de pensées eurent le temps de traverser mon esprit. J'avais peur, je savais que je ne pourrai pas survivre à un tel accident. Ce vanne était si imposant et se rapprochait à une vitesse folle. Mon coeur battait, mon souffle se coupa et je fermai les yeux dans un ultime tremblement.
Je sentis une pression sur mon corps délicat et quelque chose de froid et lisse toucha la peau découverte de ma hanche. Je ne ressentais aucune douleur, alors tout en pensant que je devais être morte j'ouvris les yeux et ce que je vis me stupéfia.
Alice était là..
Elle me serrait contre elle, un bras autour de ma taille et sa main posée sur ma hanche tandis que son autre bras était tendu vers le vanne stopé. Il ne nous avait pas touché. Avec une vitesse que je ne peux expliquer, elle était arrivée près de moi et avait de toute évidence arrêté la camionnette sur le point de m'écraser. Je n'osais pas bouger ni même parler. Notre proximité était réduite, je pouvais sentir son souffle frais sur mon nez alors qu'elle me dévisageait avec un air inquiet. Je la fixai abasourdie quand elle me demanda doucement:
-Isabella?... Est ce que ça va? Tu as mal quelque part?
C'était la première fois que j'entendais sa voix féminine et elle sonnait à mes oreilles comme un air de comptine. Je sentis ses yeux insister n'entendant pas de réponse de ma part alors je me repris.
-Euh...je...crois que non. Je...je préfère Bella. Isabella c'est un peu trop...romantique.
Elle m'envoya un sourire divin, apparemment amusée et rassurée par mes mots. J'entendais un vacarme collectif s'avançer vers nous mais je ne pouvais en voir les émetteurs et j'en conclus qu'eux ne nous voyaient sans doute pas non plus.
Elle désserra son étreinte pour me poser délicatement au sol et avant de disparaître de mon champ de vision elle plongea son regard dans le mien.
-Ne dis à personne ce que j'ai fait.
Ses yeux étaient presque suppliants. Je n'eus pas le temps de répondre, la foule d'élèves m'entourait déjà alors qu'elle était partie.
Alice POV:
Rosalie était furieuse. Les autres ne disaient rien mais d'après elle j'avais pris un risque qui n'en valait pas la peine.
Je n'avais aucune excuse ni raison valable à lui donner à vrai dire parce qu'en effet, sauver la vie de Bella publiquement était un risque énorme que je n'avais pas anticipé. Je n'avais même pas eu de vision de cet accident. Mais voyant ce vanne sur le point de la percuter je n'ai pas réfléchi.
Le jour de son arrivée j'avais entendu ses propos dans le réfectoire, ce qu'elle avait dit sur moi en réponse à la phrase irréspectueuse d'un de nos camarades m'avait heurté. J'entendais tout ce qui se disait, à chaque table, sans le moindre besoin de me concentrer. Et entendre des paroles si tendres de la part de la nouvelle était une surprise pour moi. D'habitude les filles sont jalouses et lançent toute une liste de critiques à mon égard quand la conversation tourne "aux Cullen" et les garçons parlent aussi crûment que cet humain avec Bella. Alors mon attention s'était reportée sur elle.
Depuis le début de la semaine je la regardais aller et venir. Je me suis permise d'aller chez elle en pleine nuit et me suis engouffrée par sa fenêtre pour la regarder avec curiosité. Son esprit différent m'intriguait.
Je ne pouvais me résoudre à regarder mourir cette énigme que représentait cette douce humaine.
Carlisle qui s'était occupé d'elle à son arrivée aux urgences vint vers nous.
-Bon elle va très bien. Elle ne m'a parlé de rien mais elle est confuse, je pense qu'elle va vouloir des explications Alice.
Mes frères et soeurs me toisaient.
-Que dois-je lui répondre?
Mon père, pâle et ténèbreux, semblait pensif tandis que Rosalie prit la parole :
-Si jamais elle en parle Alice... Carlisle ne devrions-nous pas partir dès ce soir?
Il secoua la tête.
-Non. Attendons de voir ce qu'il en est .Alice?
Je relevai la tête pour appréhender ses conseils.
-Fais ce qu'il te paraît le mieux mais reste prudente sur ce que tu diras et sur ce qu'elle est apte à entendre et à comprendre de nous. Préserve nous et cache notre nature si tu entrevois le moindre danger.
J'acquiesçai. Mon père repartit voir ses patients et le reste de ma famille partit rejoindre notre villa pour la soirée. Je restai, attendant que le chef Swann n'arrive pour ne pas laisser Bella seule. J'étais dans le couloir, assise lorsque je le vis arriver, paniqué mais visiblement rassuré de retrouver sa fille. Rien que pour cette image je fûs heureuse de mon acte, une famille allait dormir soulagée cette nuit.
Bella POV:
J'étais rentrée chez moi ce soir et normalement je pourrai retourner en cours dès demain. Je m'allongeai sur mon lit tout en me remémorant cette journée passée. Je revisualisais la scène du parking dans ma tête et des dizaines de questions se bousculèrent.
Pourquoi? Comment? Qui est-elle?
Je sentais mon esprit se perdre dans des scénarios rocambolesques et tandis que je tentais de reprendre des pensées plus sèrieuses, je repensais à la main d'Alice. A cette sensation glacée sur ma peau découverte par le choc. A ses yeux, à son souffle. Dans une situation pareille j'aurais sans doute été reconnaissante envers n'importe qui de m'avoir sauvé mais j'étais sincèrement heureuse et touchée que ce geste vienne d'elle. Même s'il impliquait une remise en question de tout ce que j'avais toujours cru en ce monde. Pourvu qu'elle m'apporte des réponses, pourvu qu'elle soit au lycée demain. La nuit allait être longue.
