Quand pleurent les ombres.

Disclaimer: je ne possède aucun d'entre eux. Ils sont à JK Rowling.

NdA: cette histoire prend fin à ce chapitre. J'espère que vous l'avez aimée autant que moi.

Il y a un dessin sur la « scène d'écoute » du second chapitre. Pour le voir, allez dans mon profil et cliquez sur le lien « homepage » ; il vous conduira à ma galerie deviantart. Là, cherchez l'image appelée « The shadows cry », ou quelque chose comme ça. Ce n'est vraiment pas ma meilleure œuvre, et mon scanner l'a un peu dégradée, mais je pense qu'elle est bien pour la scène.

Oh, et Blinkelf, je dois vraiment compléter mes fics avant de les poster, moi aussi. Malheureusement, ce n'est le cas que pour mes réponses FQF, comme tu peux le voir à ma longue liste de fics en cours.


Back then I just smiled at you,

Pulled you closer still,

Told that I was now with you

And that I'd always will.

You knew that I didn't believe

But you didn't mind

You snuggled up to me and tried

To sleep through the dark night.


- Severus! s'exclama Remus, effrayé. Que fais-tu ici?

- Je suis venu pour parler avec toi, répondit le Slytherin avec désinvolture.

Il restait debout au milieu de la chambre de Remus et de Black, l'examinant d'un œil désapprobateur. Le salaud était vraiment désordonné. Il savait que Remus aimait l'ordre, mais qu'il était bien trop effrayé pour toucher à quoi que ce soit appartenant à Black. D'où le désordre.

Black était vraiment un salaud.

- Si Sirius t'attrape ici, ça va être l'enfer pour nous deux », fit Remus nerveusement en jetant un regard à la porte comme si il s'attendait à ce que Black entre d'un moment à l'autre. » Il m'a donné un coup de pied à l'estomac hier simplement parce que j'avais parlé à Kingsley pendant trop longtemps, d'après lui. Bien sûr il s'est excusé auprès de moi plus tard, et je ne crois pas vouloir faire face aux conséquences si il te trouve ici avec moi !

- J'ai une potion qui fera en sorte qu'il ne me trouve pas », dit Severus en montrant la petite fiole qu'il avait dans sa poche. « Non seulement elle me rend temporairement invisible jusqu'à ce que je prenne la contre-potion, mais elle cache aussi mon odeur. Il ne me remarquera pas même sous sa forme canine.

- Tu es sûr qu'elle fonctionne ? demanda le loup-garou, toujours nerveux.

- Bien sûr que j'en suis certain », renifla Severus. » Je suis un Potion Master, après tout. C'est ma propre recette, et je l'ai testée. Je sais qu'elle fonctionne.

- Si tu en es certain, fit Remus d'une voix hésitante.

Il fit un geste indiquant que Severus devrait s'asseoir.

- Quelque chose s'est passé récemment ? » demanda Severus en dissimulant soigneusement l'inquiétude qui perçait dans sa voix. « Autre que la jalousie de Black et son comportement de salaud sadique, bien sûr.

Remus gloussa d'un air fatigué.

- Pas vraiment », dit-il en secouant la tête. » J'ai essayé de prendre contact avec un groupe en Irlande mais il est apparu que leur ancien leader, un homme loyal et astucieux, a été défait et que le nouveau meneur va conduire tout le groupe à Voldemort. » Il secoua la tête à nouveau, cette fois-ci plus lentement. » Les loups-garous sont des créatures des Ténèbres », fit-il doucement.

Severus fut silencieux pendant un instant. Puis, d'un ton plus doux que celui qu'il se rappelait avoir utilisé pendant des années, il dit :

- Tu n'es pas des Ténèbres, Remus, quelles que soient les foutaises dont Black a bien pu t'abreuver. Tu es un des plus purs du camp du Bien que je connaisse, honnêtement. Il n'y a pas de raison pour que quelqu'un en pleine possession de ses moyens te dise que tu fais partie des Ténèbres.

- Peut-être que je ne le suis pas », dit Remus amèrement, »mais le loup en moi l'est. Il… », Soudain, il écarquilla les yeux. » Sirius arrive », fit-il d'une voix pleine de terreur. » Vite, prends la potion, ou il nous tuera tous les deux !

Severus n'eut pas besoin d'un autre ordre. Il ingurgita la potion, sentant le liquide frais le parcourir tandis que la porte s'ouvrait.

Un gros chien noir entra, renifla un moment le seuil, puis se retransforma en humain.

- J'ai senti l'odeur de Snape », gronda Black d'un ton accusateur dès qu'il eut retrouvé sa forme humaine. » Et qui ne date même pas d'une heure. Qu'est-il venu faire ici ?

- Il est juste venu pour discuter de ma potion Tue-Loup », fit Remus calmement. » J'ai réussi à perdre un peu de poids dernièrement, alors nous avons dû compter de nouvelles doses pour moi afin d'être sûrs qu'elle fonctionne correctement.

Malheureusement, c'était vrai. Il était vraiment devenu encore plus maigre dernièrement. Severus aurait à réaliser de nouvelles doses un de ces jours. Ça le blessa, car il savait que c'était la conduite abusive de Black et le stress que cet homme causait qui étaient responsables de la perte de poids maladive de Remus.

Black renifla sous le coup de l'incrédulité.

- Comment je sais que tu n'as pas couché avec lui ?

- Sirius ! » s'exclama Remus. Il parvint à peine à prendre un ton affecté. »Je ne te tromperai jamais. Surtout pas avec Severus ! Comment peux-tu vraiment croire que quelqu'un pourrait coucher avec lui ?

Dans son cœur, Severus souhaita, non, pria que Remus était seulement en train de dire ça pour duper Black.

- Les animaux ont des désirs bizarres », déclara l'Animagus sans émotion. » Mais tu as raison. Pas un humain ne pourrait coucher avec Snape. » Puis il grimaça. » Ce qui ne prouve pas que tu ne l'as pas fait.

Severus tressaillit à ses paroles, bien plus blessé par l'insulte lancée à Remus, l'homme que Black prétendait aimer, qu'à cause de celle qui était dirigée contre lui. Il vit dans un geste déroutant Remus faisant un pas en avant et enroulant ses bras autour du cou de l'homme le plus grand.

- Mais je suis tombé amoureux de toi, n'est-ce pas ? » ronronna-t-il, puis il déposa un petit baiser dans le cou de Black. » Ce qui prouve que j'ai un goût parfait pour les hommes. » Par-dessus l'épaule de Black, il lança un regard vers l'endroit où Severus se tenait, lui signifiant silencieusement de partir.

- Vraiment », ricana Black. » Et tu as aussi une grande chance. Pour quelle autre raison l'homme dont tu es tombé amoureux serait-il le seul qui peut te supporter dans son lit ? » Sur ces mots, il repoussa le petit brun jusqu'au lit et se jeta sur lui.

Ravalant un sentiment d'écoeurement, Severus quitta la chambre sans bruit.


But no matter how I try,

It's you, me, and shadows those.

You always tell "The shadows cry…"

They tease you, whom they chose.


Severus se trouvait à Square Grimmaurd à l'insu de tous. Il était là parce qu'il voulait travailler en paix sur quelques objets de Dark Arts qu'il avait découvert dans une des pièces de la maison, et il ne désirait certainement pas être dérangé.

Il avait placé des sortilèges anti-intrusion tout autour de la pièce qui leur permettait à eux seuls de rentrer –lui et une autre personne. C'est pourquoi il sut instantanément qui entrait quand il entendit la porte grincer.

- Remus », dit-il en se retournant. Il haleta quand il vit l'expression terne du loup-garou. Terne et évidemment douloureuse. « Quoi encore ? » demanda-t-il, sincèrement inquiet. De quelle façon ce bâtard avait-il bien pu blesser Remus, maintenant ? « Il ne t'a pas préparé cette fois-ci non plus ?

- Non, il l'a fait », murmura Remus avant d'éclater en sanglots. » Il m'a effectivement préparé, Severus…Plus que bien…Mais il … ». La voix du loup-garou se brisa alors qu'il murmurait quelque chose d'une voix si basse que Severus ne put l'entendre.

- Qu'as-tu dit ? » demanda-t-il doucement. » Tu peux me le dire, Remus. Tu n'as pas à avoir honte. Je sais que c'est Black qui s'est encore comporté comme un salaud, pas toi.

Les yeux dorés à présent pleins de larmes se levèrent vers lui.

- Il m'a préparé », répéta Remus, « mais il avait un anneau en argent à son doigt.

Le Potion Master inspira profondément, puis il marmonna un juron. Il dut faire appel à chaque parcelle de self-control pour ne pas sortir et aller tuer Black sur le champ. Le bâtard l'avait en effet mérité une centaine de fois pour tout ce qu'il avait fait à Remus.

- Il n'a même pas semblé remarquer », dit Remus à voix basse. « Pendant tout le temps il a glissé à l'intérieur de moi, à chaque fois, et Merlin, ça faisait mal… Je ne pouvais même pas parler de façon suffisamment cohérente pour lui dire. J'avais trop mal pour pouvoir former des mots compréhensibles. Et quand…quand il en est arrivé à la véritable pénétration… ». Le petit brun se pencha soudain sur Severus, pleurant comme un bébé, ses mains cramponnées aux robes du Slytherin.

Severus ne dit rien. Il tint simplement Remus comme ça et le laissa se vider de ses larmes, sachant qu'il en avait besoin.

- Tu ne devrais pas retourner vers lui », fit-il doucement. »Plus jamais.

- Quelles options ai-je ? », demanda Remus en levant les yeux vers lui. « Il est mon mari. Et bien sûr, il a demandé à être la partie dominante du lien consolidé. Même si je 'en allais, il pourrait me demander de revenir, et par la loi je devrais obéir – à moins que nous divorcions, chose pour laquelle il ne sera jamais d'accord.

- Il t'a lié au moyen du lien consolidé ? », demanda Severus, n'en croyant pas ses oreilles.

Le lien consolidé dans le mariage, aussi connu sous le nom de Lien de l'Esclave, n'avait pas été utilisé en général depuis deux cent ans. Dans les temps anciens, il avait été utilisé lorsque le partenaire soumis était réticent au mariage. Le lien les plaçait alors complètement sous le contrôle du dominant. Severus avait seulement entendu parler de deux cas de ce lien dans le siècle passé ou presque –et maintenant d'un troisième.

D'une manière ou d'une autre, ça semblait correspondre à l'image qu'il avait de Sirius Black.

Remus hocha la tête en se mordant la lèvre.

- Il a dit qu'il voulait être certain que je ne m'en irais pas », chuchota-t-il. « Il a dit qu'il ne voulait pas me laisser partir, jamais. Qu'il m'aimait trop… ». Sa lèvre inférieure trembla, puis il fit : » Ce n'est que maintenant que j'ai remarqué ce qu'il voulait…Combien peu il se souciait vraiment…

- Je suis content qu'au moins tu l'aies remarqué, maintenant, » murmura doucement Severus. »Mais il y a sûrement un moyen de rompre le lien –il doit exister. Ne t'inquiète pas, Remus. Je t'aiderai à sortir de là.

- Tu peux faire ça ? « demanda Remus d'une voix déformée par les larmes. « Une personne peut-elle en tirer une autre de l'Enfer ?

Severus étreignit le loup-garou encore plus étroitement contre lui. Il s'apprêtait à dire quelque chose quand un son aigu résonna à ses oreilles.

Il se retourna et vit Kreacher sur le seuil. L'elfe de maison fou était en train de rire sans pouvoir s'arrêter, un sourire mauvais sur le visage.

- Qu'y a-t-il de si drôle ? demanda brusquement Severus.

Il ne se sentit pas mal à l'aise que l'elfe de maison puisse le voir si près de Remus –il avait ensorcelé la créature pour qu'elle ne soit pas capable de dire quoi que ce soit les concernant. Le sortilège était une légère variation de l'Imperius –pas suffisamment fort pour fonctionner sur des humains d'où le fait qu'il n'était pas interdit, bien qu'il fasse vraiment partie des Dark Arts, mais il fonctionnait bien sur les elfes de maison. Á Remus, bien sûr, il avait juste dit qu'il avait administré une potion d'Obliviate à la chose. Évidemment il aurait pu faire ça, mais il n'était pas certain de la façon dont il aurait réagi, parce que ses connaissances des potions et leurs doses appropriées concernaient principalement les humains, pas les elfes de maison.

- Le fils Potter est tombé dans le piège», fit Kreacher avec un autre sourire mauvais. »Potter est tombé dans le piège…

- Dans quel piège ? demanda Severus brutalement.

Il sentit Remus se raidir dans ses bras lui aussi.

- Kreacher a envoyé le garçon au Ministère », ricana l'elfe de maison. » Au Département des Mystères. Alors le maître verra ce qui arrive aux Mudbloods !

Severus se figea.

- Va-t'en », renifla-t-il puis, desserrant sa prise autour de Remus. »Va-t'en avant que je t'étrangle.

L'elfe de maison prit sa menace au sérieux –comme elle devait l'être- mais le rire ne cessa pas. Il rit tout le long du chemin hors de la pièce, le regard vif de Severus et celui effrayé de Remus dans son dos.

- Harry est… », fit Remus avant de se taire, incapable de terminer sa phrase.

- Va voir les autres maintenant. Dis-leur que tu as reçu un appel urgent venant de moi », conseilla Severus. » Dis…dis que j'ai vu le garçon disparaître vers la Forêt. Je vais aller informer le Headmaster. »Il resta silencieux pendant un moment, puis il dit : » Dis à Black de se tenir en retrait, ou sinon je pourrais bien le tuer.

Remus ne dit répondit même pas à ça et acquiesça simplement.

Severus prit une nouvelle fois une dose de sa potion d'invisibilité. Puis il quitta la maison sans que quiconque ne le remarque.


The shadows cry into your ears,

Cover my words of warmth,

I kiss away your bitter tears,

Shelter you from their claws.


Tout était très calme à Square Grimmaurd après la nuit fatale au Département des Mystères.

Les gens marchaient sur des œufs, particulièrement autour de Remus. Ça rendait le loup-garou simplement malheureux, et Severus en fut très ennuyé.

- Voudrais-tu quelque chose, Remus ? demanda doucement Molly Weasley.

La plupart des membres restants de l'Ordre étaient dans la cuisine pour dîner –même Severus était là, bien que personne en dehors de lui et de Remus ne sache pourquoi.

- Je…je crois que je vais juste sortir maintenant, » murmura Remus, puis il se glissa hors de la pièce comme si il avait le diable à ses trousses.

Ses soi-disant amis échangèrent des regards inquiets.

- Pauvre Remus, » fit Tonks doucement. » Il doit se sentir si mal maintenant que Sirius est mort.

Á la fin, Severus en eut assez.

- Je crois que Remus est vraiment content de savoir Black mort », cassa-t-il brusquement. » Et il est certainement mieux qu'il ne l'a jamais été quand le bâtard vivait. Alors arrêtez de vous agiter autour de lui et de lui rappeler ce salaud !

L'Ordre tout entier se tourna vers lui pour le regarder, choqué et incrédule.

- Comment pouvez-vous dire ça ? hurla Molly Weasley, complètement terrifiée. Ils étaient amants, pour l'amour de Merlin !

- Oui, ils étaient amants, « dit-il sèchement, essayant de conserver son habituel masque froid même si il fulminait intérieurement. » Mariés, même. Ils dormaient ensemble, c'est aussi vrai. Ils couchaient ensemble. Et que se passait-il quand Remus refusait ? Cette saleté de Black le violait ! Je ne crois pas parler d'amour venant de Black, seulement d'un besoin de sexe !

Ils pâlirent à ses paroles accusatrices. Arthur Weasley parvint à bégayer : »Mais sûrement que Remus…

- Croyait que personne ne l'aiderait, que personne d'autre ne le désirait. Pensait qu'il était un animal, qu'il ne méritait pas le nom d'humain. C'était ce que Black lui disait toujours pendant qu'il le violait. Vous saviez ça ? Saviez-vous qu'il avait battu Remus, et pas seulement une ou deux fois ? Bordel, il couvrait Remus de bleus et le battait jusqu'au sang à chaque fois qu'il refusait de se faire sauter par lui ! Black lui a brisé la mâchoire une fois, le poignet à deux reprises, et sept de ses côtes rien que durant le dernier mois !

Cette fois, aucun d'entre eux n'osa dire quelque chose. Ils le fixaient simplement, ravalant les paroles qui leur venaient, réalisant évidemment qu'il était préférable qu'ils gardent le silence.

- Vous ne saviez pas. Ou si vous saviez, vous refusiez de l'admettre. C'était Sirius Black, votre foutu précieux Gryffindor, après tout. Celui à qui tout le monde avait causé du tort. Celui qui avait été en prison pendant des années pour rien. Et bien il a sacrément mérité chaque seconde de tout ça ! Des gens ont des peines plus longues que douze ans à Azkaban pour des viols répétés et des abus !

- Alors pourquoi n'avez-vous rien dit plus tôt ? « le cassa Tonks d'un ton accusateur, apparemment remise de son premier choc. » Si vous le saviez vraiment depuis tout ce temps, pourquoi n'avez-vous rien dit ?

- Et vous m'auriez vraiment cru ? « répondit Severus en grognant. »Regardez la vérité en face, Nymphadora, »dit-il en insistant sur son prénom, sachant que la jeune sorcière le détestait. » Aucun d'entre vous ne m'aurait écouté. Vous auriez seulement dit que j'éprouvais de la rancune d'écolier, que j'aurais dû dépasser ça et arrêter d'accuser de tout votre maudit précieux Black. Remus aurait gardé le silence, trop effrayé pour se révolter de lui-même. J'aurais été surveillé, et après ça, vous m'auriez écouté encore moins. Et Black aurait battu Remus comme plâtre pour avoir laissé échapper son petit « secret », et vous vous seriez dit qu'il était tombé dans les escaliers ou quelque chose du genre.

Cette fois encore, personne ne dit rien. Ils gardaient leurs têtes baissées sous la honte, n'osant pas lever les yeux. Ils savaient tous aussi bien que chaque mot qu'il avait prononcé était vrai.

- Regardez à présent quels bons amis vous avez été pour Remus », gronda-t-il, » et ce que vous avez laissé Black faire sans vous en mêler. Je vais parler avec Remus, et j'espère pour votre propre bien qu'aucun d'entre vous ne le blessera plus, à moins que vous ne vouliez recevoir la mort de ma baguette.

Il appuya ses paroles en tapotant sa baguette dans sa paume.

- Pourquoi faites-vous ça ? demanda calmement Kingsley.

Les yeux de Severus sautèrent jusqu'au sorcier noir.

- Peut-être que j'aime à m'appeler l'ami de quelqu'un », fit-il d'une voix douce, puis il ajouta d'un ton cassant. » Bien que je doute vraiment que je puisse faire quoi que ce soit pour mériter ce titre moins que n'importe lequel d'entre vous.

Avec ces mots, il tourna les talons et quitta la pièce.


In the still of the night,

I hold onto you tight,

You cry as the shadows cry.


- Remus? demanda Severus dans la chambre sombre.

Même sans voir la forme noire dans le coin le plus sombre, ou entendre les sanglots discrets, il avait su que le loup-garou était là. C'était la première pièce, et la seule, qu'il avait vérifiée.

La chambre où ils avaient parlé la première fois.

Le loup-garou ne répondit pas, mais ses sanglots se calmèrent un peu. Severus prit ça comme une invitation et s'approcha de son ami. Il s'assit à côté du petit brun, attendant qu'il dise quelque chose.

- Je me sens si vide maintenant », chuchota Remus les yeux baissés. « Comme si j'avais été privé de tout.

- Il ne t'aimait pas », lui rappela Severus d'une voix ferme. » Il ne t'a jamais aimé, quel que soit le nombre de fois où il t'a dit que c'était le cas. Il t'utilisait juste à son avantage.

- Peut-être », répondit doucement le loup-garou, » mais au moins il disait qu'il m'aimait. Qui d'autre pourrait même jamais dire ça ? Qui d'autre pourrait prétendre aimer un monstre ?

- Je t'aime », dit Severus simplement, n'étant pas capable d'arrêter les mots avant qu'ils aient franchi ses lèvres.

Pas qu'il l'ait vraiment voulu, d'un autre côté.

Les yeux dorés de Remus le fixèrent.

- Quoi ? » demanda-t-il avec précaution. »Qu'as-tu dit ?

- Je t'aime », répéta Severus, et c'était même plus facile maintenant qu'il l'avait déjà dit une fois. « Ça dure depuis un moment déjà. » Il soupira. » Tu n'es pas un monstre, pas plus que tu n'es un animal, Remus. Quoi que ce fils de pute t'ait dit, tu es parfaitement et entièrement humain. Tu te transformes seulement à la pleine lune et même à ce moment-là, ton cœur est celui d'un humain, ton âme est l'âme d'un humain.

- Tu croies aux âmes ? » demanda Remus avec un sourire en coin. « Intéressant.

Severus sentit qu'il était juste en train de cacher son choc et sa nervosité par des plaisanteries.

- Bien sûr que je crois aux âmes », répondit-il, donnant à Remus la protection dont il avait besoin dans l'immédiat. « Comment ne le pourrais-je pas ? J'ai fait face à suffisamment de Dementors pour savoir pertinemment qu'ils existent. Et qu'ils peuvent être déchirés, eux aussi.

Remus se mordit la lèvre sans dire quoi que ce soit. Severus attendit patiemment, le laissant prendre son temps.

Finalement, les yeux ambrés et troublés se levèrent vers lui.

- Tu le penses vraiment ? « demanda le loup-garou, sa voix à peine plus élevée qu'un murmure. « Tu m'aimes vraiment ?

- Oui, je le penses vraiment », répondit-il, essayant d'assurer le lycanthrope incertain de la véracité de ses paroles. « Je t'aime, Remus. Pas de la façon dont Black prétendait t'aimer, mais je t'aime vraiment et sincèrement. Du fond de mon cœur.

Pendant un moment, Remus le regarda juste intensément, les traces de larmes asséchées toujours sur ses joues. Puis Remus dit doucement « Je te crois », et se pencha en avant pour capturer ses lèvres dans un baiser ému, chaleureux et tendre.

Au début, Severus fut prudent en répondant au baiser, ayant peur qu'il puisse effrayer l'autre homme. Puis, quand la langue de Remus lui lécha les lèvres, demandant l'entrée, il ouvrit la bouche, permettant ainsi à l'autre homme d'entrer.

Ils s'embrassèrent pendant un bon moment avant de rompre le baiser, recherchant tous les deux l'oxygène dont ils manquaient. Ils s'entourèrent mutuellement la taille de leurs bras, appuyant meurs fronts l'un contre l'autre.

Puis, rompant un silence pas si inconfortable que ça, Remus dit :

- Il y a une chambre au deuxième étage ; c'était la mienne. Elle l'est toujours, je suppose. Personne ne l'a prise quand je me suis installé dans la chambre de Sirius parce qu'il refusait de quitter sa propre chambre pour moi. La plupart de mes affaires doivent encore y être.

- Black n'y est jamais allé ? demanda Severus avant d'avoir pu s'en empêcher.

Il ne pouvait tout simplement pas supporter l'idée de coucher avec Remus dans une chambre où Black l'avait violé, avait blessé cette magnifique et délicate créature de la pire façon imaginable.

Á son grand soulagement, Remus secoua la tête.

- Pas une seule fois », répondit-il. « Il est resté sur le seuil une fois, a jeté un coup d'œil et a dit : » Tu ne resteras pas ici. Viens dans ma chambre », et depuis lors, je vivais là-bas.

Severus maudit Black dans sa tête pour tout ce qu'il avait fait à Remus. Quand Remus commença à prendre le chemin de la sortie, pourtant, tout idée de Black fut évacuée de son esprit. Il y avait juste eux, lui et Remus, et Black n'avait plus aucune raison de se tenir entre eux. Il ne blesserait plus jamais Remus.

Avec cette pensée à l'esprit, il suivit volontiers Remus dans la chambre qui n'avait pas été souillée par la sale personnalité de Black.

Severus s'assura que leur première fois ensemble soit douce et lente. La façon dont ils firent l'amour fut agréable et leur apporta du plaisir à tous les deux, grâce à la lubrification et aux préliminaires attentifs. Severus ne douta pas que les gémissements venant de Remus étaient dus au plaisir, pas à la douleur.

Quand finalement ils retombèrent, vidés de toute énergie, Remus lui dit que ça ne lui avait fait qu'un peu mal. Il ajouta que le plaisir avait été cent fois supérieur à la douleur.

Severus le crut.


When I hold you at night

I want to make them go,

To destroy shadows, light a light

And tell I love you so.


Ils se mirent rapidement ensemble. Severus passa bientôt toutes ses nuits à Square Grimmaurd, vu que c'était les vacances d'été. Il pensa même demander à Dumbledore si il pourrait amener Remus à ses appartements dans les cachots de Slytherin quand l'automne viendrait. La maison dans laquelle ils vivaient contenait trop de souvenirs douloureux de Black.

Malgré tout, ils furent heureux de ce qu'ils avaient dans l'immédiat. Les autres commencèrent à être habitués à voir Severus autour de la maison à toute heure du jour, et Molly Weasley ne sursautait plus qu'un peu quand elle entrait dans la cuisine et voyait Severus assis à la table et parlant avec Remus.

La prochaine pleine lune approchait. Quatre jours avant, Severus s'allongea simplement près de Remus, ne faisant aucune tentative pour toucher le loup-garou. Après un moment, Remus se pelotonna contre lui, laissa échapper un soupir de contentement et s'endormit. Dans la matinée, Severus s'éveilla pour voir les yeux dorés le regarder amoureusement et avec reconnaissance. Tout en montrant un visage heureux à Remus, il jura intérieurement que si quelque chose ramenait jamais Black de derrière le voile, il tuerait ce salaud à mains nues et s'assurerait qu'il n'e reviendrait pas cette fois-ci.

La nuit suivante, Remus dormit encore roulé en boule contre lui. La suivante, pourtant, le loup-garou ne fit pas un mouvement pour venir plus près de lui, et Severus ne l'approcha pas non plus. Il savait qu'en ce moment Remus ne se sentirait pas à l'aise même avec une simple caresse.

Le troisième jour après la pleine lune, Remus revint à nouveau à ses côtés. Et la cinquième nuit qui suivit, il sauta pratiquement sur Severus, qui s'était pleinement préparé à une autre nuit de relation complètement platonique.

Ce n'est pas qu'il s'en plaignait, d'un autre côté.

Á présent, c'était une des dernières nuits d'août, quelques temps après la nouvelle lune, bien que la lune soit déjà croissante. Il restait encore plus d'une semaine et demi avant la prochaine pleine lune. C'est pourquoi Severus ne fut pas effrayé de laisser sa main errer sous les couvertures, la glissant le long du flanc nu de Remus vers la cuisse douce.

Remus, pourtant, repoussa la main de Severus de sa cuisse.

- Pas ce soir, Severus », fit-il doucement. » S'il te plaît.

Severus ne dit rien, ne demanda rien. Il s'allongea simplement et ne toucha plus Remus.

Ils restèrent allongés en silence pendant un moment. Puis, soudainement, Remus demanda :

- Pourquoi t'es-tu arrêté ? Tu ne me désires plus ?

Severus leva un sourcil tout en sachant que Remus ne pouvait pas le voir dans les ténèbres.

- Tu as dit non », rappela-t-il au loup-garou. Après une seconde, il réalisa ce que cherchait Remus. » Oh, par l'amour de Salazar », fit-il, puis il soupira. « Je t'aime toujours, Remus, et je te désire toujours. Je veux te faire l'amour et te sentir me faire l'amour. Mais si tu dis non, quelle que soit l'occasion, quelle que soit la phase de la lune, je ne te pousserai pas plus loin. Je ne suis pas Black.

- Bien.

Remus se blottit plus proche encore de lui, appuyant son corps nu contre celui de Severus dans une position très inconfortable. Ou plutôt trop confortable.

Severus inspira profondément.

- Remus », dit-il d'un ton tendu, parvenant à peine à garder le contrôle de sa voix, »je ne suis peut-être pas Black, mais je ne suis pas un saint non plus. Si tu continues à frotter ton sexe contre le mien, je ne crois pas que je serai capable de me retenir.

- Ce n'est pas grave », déclara Remus, et Severus sentit son sourire étouffé contre son épaule. « Je te désire aussi. Tu n'es pas obligé de te retenir.

- Mais tu as dit… », commença Severus sous le coup de la confusion, mais Remus la coupa.

- J'ai dit non. Je sais. Je ne le voulais pas. » Remus inspira profondément, puis il continua. » Je crois…je crois que j'essayais de te tester, en quelque sorte. D'essayer de voir si j'avais effectivement fait le bon choix.

- Tu n'as pas à me tester », répondit Severus d'une voix enrouée. « Comme je l'ai dit, je ne suis pas Black. Je ne m'imposerai pas à toi, Remus. Jamais.

- Je sais », répondit Remus en couvrant les lèvres de Severus avec un baiser exigeant. Puis il dit, d'une voix teintée autant d'amour que pleine de luxure : » Mais si tu ne fais rien relativement rapidement, je pourrais bien m'imposer à toi.

Severus sourit légèrement et commença à combler les souhaits de Remus.

Aucun d'entre eux ne se retint cette nuit-là.


I try to make you forget forget them,

Holding you every night,

To bring your nightmares to an end.

In vain I struggle, fight.


Nymphadora Tonks ferma doucement la porte de la chambre de Remus, satisfaite de ce qu'elle avait vu. La scène était très similaire à celles qu'elle avait vues de nombreux matins avant la mort de Sirius – deux têtes, l'une d'un doré clair avec des mèches argentées, l'autre noire, se trouvant l'une à côté de l'autre. Les deux hommes étaient seulement couverts par des draps fins, leurs membres entremêlés ensemble sous les couvertures. La silhouette pâle et mince du sorcier aux cheveux sombres était calée contre le corps le plus menu. Si ça n'avait pas été les traits de l'autre homme, elle aurait pu jurer que c'était Remus et Sirius dans le lit, comme ça l'avait été tant de fois avant.

Seulement une chose était différente, autre que la chambre, bien sûr. En voyant cette chose, elle sut qu'à présent tout allait mieux pour Remus que ça l'avait jamais été pendant le temps que le loup-garou avait passé avec Sirius.

Elle avait vu Remus sourire dans ses rêves.


FIN.


NdA: si vous avez lu jusque là, vous devez reviewer, sinon je viendrai et je vous jetterai un sort…

Ci-dessous se trouvent les paroles complètes de la chanson. Et je sais qu'elle est mauvaise mais hey, ma langue maternelle n'est pas l'Anglais, je fais seulement de mon mieux…Et au moins elle convient à la mélodie que j'ai créée pour elle.


One night as we just lay back,

Holding each other close,

You finally found out that

I could not hear those.

That voices that were nagging at

You through the day and night,

Weren't to me. I asked what

You heard that one might.

You asked : "Don't you really hear

When the shadows cry?

Don't you see a silver tear,

Do you even try?

In the still of the night,

Like a light far too bright,

I hear as the shadows cry…

The shadows of our pasts, never to be told,

Shadows of our future on to which we hold,

Shadows of the darkness that around us is,

They cry. You are the only one I have ever told this.

Back then I just smiled at you,

Pulled you closer still,

Told that I was now with you

And that I'd always will.

You knew that I didn't believe

But you didn't mind,

You snuggled up to me and tried

To sleep through the dark night.

We knew that any moment now

Might tear us apart,

The darkness fallen always knew

How to hit us hard.

In the still of the night,

When there's no hint of light,

You tell me that the shadows cry.

The shadows of our pasts, never to be told,

Shadows of our future on to which we hold,

Shadows of the darkness that taints our present,

Shadows and their cries that to you will never end.

Your past is full of darkness,

Crying bitter tears,

Forced to a willingness

To face what you most fear.

Whenever I hold you at night

I want to make them go,

To destroy shadows, light a light

And tell I love you so.

The shadows cry into your ears,

Cover my words of warmth,

I kiss away your bitter tears,

Shelter you from their claws.

In the still of the night,

I hold on you tight,

You cry as the shadows cry.

The shadows of our pasts, never to be told,

Shadows of our future on to which we hold,

Shadows of the darkness that our present is,

Knowing always better than us where to hardest hit.

I try to make you forget them,

Holding you every night,

To bring your nightmares to an end.

In vain I struggle, fight.

But no matter how I try,

It's you, me, and shadows those.

You always tell "the shadows cry…"

They tease you, whom they chose.

Your eyes dwell with sudden tears

As you whisper what you hear,

You see, you hear all your fears

And I hold you near.

And in the still of the night,

I know that you were right,

I hear as the shadows cry…

The shadows of our pasts, never to be told,

Shadows of our future on to which we hold,

Shadows of the darkness that is our present,

And as I lie I know their crying's nowhere near an end.

The shadows of our pasts, never to be told,

Shadows of our future on to which we hold,

Shadows of the darkness that is our present,

And as I lie I know their crying's never going to an end.