Troisième version, un peu plus étoffée. Il est fort probable, me connaissant comme je me connais, que d'autres versions voient le jour au fur et à mesure... Rédigée en janvier 2006.
Un champ de bataille, l'aube qui se lève. Le soleil qui déjà chauffe les corps étendus.
L'odeur qui prend à la gorge, le bruit des mourants et des charognards qui vrille les oreilles.
La fin d'une amoureuse bataille, l'aube qui
se lève déjà.
Le jeune soleil qui chauffe nos
corps étendus sur les draps froissés.
L'odeur du
désir assouvi flotte dans l'air miroitant.
Le bruit de la
nature qui renaît me ramène lentement à la vie.
D'abord un œil gris, qui se referme bien vite. Le monde peut
encore attendre.
Deux yeux verts grands ouverts. S'il te plait,
juste encore un peu.
Un sourire. Un souffle sur ma joue.
Plénitude.
Mon cœur éclate de joie quand ta main
timide se pose sur mon ventre.
Un soupir. Un rire. Bonheur,
j'écris ton nom sur sa peau brune.
Il ne marche
pas, il court, du plus vite qu'il peu, ses pieds nus martelant le
sol.
Ses compagnons, ses soldats, les rares survivants, courent
derrière lui.
Il ne marche pas, il court, du plus
vite qu'il peu, ses pieds nus martelant le sol.
Riant à
gorge déployé, ses cheveux bruns sont ébouriffés.
Sa
peau dorée reçoive avec bonheur la caresse du jeune
astre solaire.
Ses yeux verts plissés par la joie, sa
bouche tendue une moue réjouie que je connais bien.
Il
s'amuse follement.
Oh Grand Marlin. Si jeune, si vif, si beau,
si pur.
Je vais t'attraper petit lion ! Cours, cours encore. Je
te tiens !
Presque nu, il est couverte de sang. Le sien ?
Celui d'un autre ?
Peu lui importe, son âme est tendue
vers une quête bien plus importante.
Tous cherchent, tous
espèrent encore. Juste encore un peu d'espoir. S'il te
plait !
Presque nu, il est couvert d'une fine
couverture.
A quoi penses tu ? Silence. Sourire.
Je t'aime.
Encore ? Toujours.
Dernière nuit. Chut, ne dis rien.
Juste
encore un peu d'amour. Espoir.
Aimes moi !
Parfois, un
homme s'abat sur le sol, s'écroulant à côté
d'une silhouette immobile et un cri retentit.
Un cri qui glace
l'âme, un cri qui mène à la folie.
Son
corps léger mais ardent s'abat sur le mien.
Deux cœurs
qui battent à l'unisson. Deux bouches qui se quittent
enfin.
Son cri résonne encore dans ma tête et dans
mon cœur.
Un cri qui brûle l'âme, un cri qui mène
à la joie.
Douleur dans ses poumons, dans son ventre
encore brûlant de la présence de son amant.
Douleur
dans son cœur encore palpitant de leur dernière nuit
d'amour.
Douleur dans ses jambes maculées de boue et de
sang, dans son âme qui sait déjà.
Il court. Il
ne peux faire que ça.
Mon cœur à toujours
su.
Front contre front, yeux dans les yeux, main dans la main.
Noir passé contre riant futur.
Nos doigts emmêlés.
Nos souffles qui se cherchent.
Ma bouche sur la tienne, rieuse
puis sérieuse.
Après ? Ici. Toujours. Avec toi.
Ma
peau sur ta peau. Te délivrer petit lion.
Une autre vie. Un
peu de paix.
Mon cœur sur ton cœur.
Il court
toujours.
Il court sans but, sans voir ses fidèles
compagnons qui tendent la main vers lui.
Sans voir le terrible
chagrin qui emplit leurs yeux. Sans comprendre leurs cris douloureux.
J'étais tombé, moi, le fils de
Mangemort.
Intouchable. Dangereuse incarnation des Ténèbres.
Mais,
enfant de la Lumière, tu as tendu la main vers moi.
Et j'ai
vu tout l'amour du monde dans tes yeux.
Fils du Soleil aux yeux
verts. Fils de la Lune aux yeux gris.
Amour improbable. Amour
interdit.
Une pluie fine caresse la plaine, comme si le
ciel pleurait ses enfants perdus.
Tous ont trouvés celui ou
celle qu'ils étaient venus chercher.
Pas lui. S'il
te plait !
J'ai trouvé celui que j'était
venu chercher.
Moi ? Toi. Je t'ai toujours cherché. Je
t'aime.
Ses yeux verts qui brillent doucement.
Ses mains sur
ma peau, son souffle qui annihile ma raison.
S'il te plait. Le
temps.
On a toujours le temps quand on aime, petit dragon.
Il
pleut. J'ai peur.
Sa course ralentit, il trébuche,
se relève, trébuche à nouveau, se relève
encore.
Baisse la tête, il a comprit. Non !
Baisse
la tête. Bientôt ? Oui.
Une larme coule. La sienne, la
mienne, quelle importance.
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux
amour. Aujourd'hui et à jamais.
Ma raison trébuche.
Ne me quitte pas. N'y allons pas.
Nous le
devons. Un pauvre sourire. Il le faut.
Un larme coule, puis une
autre. Les miennes, chaudes et salées.
Sa bouche, devenue
froide, contre ma bouche, inlassablement. Non !
Il a
comprit que jamais plus il ne le reverra.
Il a comprit qu'il ne
verra jamais plus le sourire de celui qu'il aime, qu'il ne
sentira plus jamais son souffle sur ses lèvres. Il a comprit
qu'il ne le provoquera plus jamais, juste pour le plaisir de voir
scintiller deux émeraudes dans la pénombre tiède
de leur couche, leur unique refuge contre la réalité.
J'ai compris que je l'aimais. Mon cœur s'ouvrait à
la vie.
Son sourire. Ses cheveux fous. Sa rage de vivre. Ses
yeux. Son âme.
Qu'avais-je à lui offrir ? Tout, et
plus encore.
J'ai compris que je l'aimais. Contre tous.
Années
sans lumière. Avant toi.
Sanglots.
Il a
comprit.
Il a comprit qu'il ne pourra jamais lui donner une
sépulture décente. Jamais.
Il ne reste rien de lui.
Rien, si ce n'est le souvenir. Plus jamais !
J'ai
compris que je l'aimais. Que le temps n'y changerais rien.
Je
lui ais tendu mon cœur. Il a pris mon âme. Plus jamais sans
lui.
Ses yeux qui me guettent. Sa bouche qui me sourit.
A moi.
Comme si le passé n'existait pas.
Ne compte que le futur.
Notre futur.
Son corps, épuisé, le trahit.
Il
se retrouve à genoux, dans la boue et le sang mêlé
de ces deux factions en guerre.
Draco rejette la tête en
arrière, hurle vers la lune, encore visible, et le cri qui
s'échappe est le cri d'une bête à l'agonie.
-
Harry !!!
Ma tête éclate. Douleur. Je
savais.
Harry !!!
Plus de passé, plus d'avenir…
