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sS/En gras/Ss : parole en fourchelangue
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Une semaine après son arrivé, Harry ne fût pas réveillé par de l'eau glacée mais eut la surprise d'être observé par un homme de grande stature dégageant une forte aura noire de pouvoir et de charisme. Il avait de courts cheveux bruns, une peau blafarde et le plus marquant des yeux à la pupille fendu verticalement, les iris rouges tirant sur le noir. En se concentrant assez, Harry lui trouva un coté assez reptilien dans ses traits, notamment avec ce nez fin. Le garçon ne sut dire si c'était un bel homme, mais il se dégageait de sa personne une telle fascination qu'il était dur de ne pas le contempler. Déterminer son âge était hasardeux mais Harry ne lui donnait pas trente ans.
« Bellatrix semble contrariée par ton absence de cris mon ssS/cher survivant/Sss »
En entendant le fourchelangue, Harry se rendit compte qu'il avait devant lui Voldemort. Comment cela était-il possible ? Il y a un an, celui-ci avait un physique de serpent très marqué alors que maintenant il n'en restait que quelques traces comme les yeux rouges fendus.
Le seigneur noir se délectait de la stupeur du garçon, il avait hâte de jouer avec lui.
« Mais ne t'inquiète pas mon cher… nous allons régler ce problème rapidement »
C'est en terminant sur ces paroles sibyllines que le mage noir lui lança un doloris des plus douloureux. Il était vraiment d'un niveau supérieur à ceux que lui avait envoyés Bellatrix. Voldemort enchaina, sans lui laisser le temps de reprendre son souffle, avec une multitude de sorts qui eut finalement raison de la résistance d'Harry.
Voldemort se faisait plaisir à entendre ces cris tout au long de la semaine, parfois accompagné des mangemorts de son fidèle cercle de guerre, qui appréciait et commentait le spectacle offert par leur maitre, quand ils n'y participaient pas aussi.
Pour faire durer le plaisir, le seigneur noir avait imposé que le dimanche serait un jour de récupération pour le Survivant, lui donnant même des potions - toutes infectes soit dit en passant - pour l'aider à se remettre en forme.
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Les séances de torture à coup de sortilège continuèrent ainsi, tout le mois de septembre, laissant Harry tremblant à cause des doloris et de toutes les douleurs occasionnées par ses bourreaux. Mais avec le temps il commençait à s'habituer aux châtiments, criant de moins en moins au grand malheur de Bellatrix.
Voldemort s'en aperçu mais ne s'en formalisa pas, la torture ne faisait que commencer et il avait d'autres idées.
La première était de toucher au mental. Pour cela il avait prévu de lui faire un petit check-up chaque fin de mois sur le monde extérieur, histoire de lui montrer l'avis négatif, accentué par ses partisans, du public à propos de leur Sauveur. Mais aussi lui montrer que pour son camp il n'était qu'une arme, de la chair à canon.
C'est pourquoi en ce dernier jour de septembre, le lord arriva avec plusieurs exemplaires de la gazette du sorcier. Il s'arrêta face à sa Némésis, un sourire narquois sur les lèvres. Il jeta un sortilège de nettoyage sommaire au sol, enlevant le sang et la saleté le recouvrant, puis jeta au sol et à portée de mains d'Harry les journaux.
Harry, toujours enchainé, le regardait suspicieusement puis jeta un œil en direction des journaux sans pour autant les prendre. Il se demandait quelle mouche avait piqué Voldemort pour lui apporter de la lecture. De toute façon, il ne pourrait les lire vu que ses lunettes gisaient en morceau dans un coin de la cellule.
Se rendant compte de son dilemme, le seigneur sombre sorti sa baguette, formula un REPARO sur les lunettes qu'il déposa ensuite sur les papiers, puis métamorphosa un mouchoir en une chaise confortable sur laquelle il s'installa.
« Je me suis dit que tu aimerais avoir des nouvelles du monde extérieur… Bien évidemment, Je peux t'assurer qu'ils sont authentiques et qu'ils n'ont jamais été modifiés. Si tu veux bien te donner la peine... Cher invité... » Ajouta Le seigneur noir un léger sourire en coin... »
Ne comprenant pas pourquoi il agissait ainsi, Harry se pencha néanmoins pour prendre ses lunettes et débuter la lecture tout en gardant un œil sur Voldemort qui suivait ses réactions. Les journaux avaient été disposés par ordre chronologique pour garder tout le suspense. Il se décida à lire au moins les gros titres de chaque parution, histoire de se faire une idée générale.
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-Le Garçon-qui-à-survécu disparu ! Fuite ou enlèvement ?
-Toujours pas de nouvelle du Survivant ! Une envie de faire l'école buissonnière ?
-Notre sauveur nous aurait-il abandonné ? Fuite ou futur mage noir ?
-Les attaques de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom s'intensifient comme si ce dernier abordait une phase finale ! Harry Potter aurait-il succombé à l'attrait de ce nouveau pouvoir ?
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Harry avait perdu les quelques couleurs qui lui restaient à cette lecture. Les autres coupures disaient toutes à peu près la même chose : l'opinion publique pensait qu'Harry s'était soit enfuit soit avait rejoint le Lord.
Lui qui croyait qu'on se faisait du souci pour lui, et qu'on essayait de le sauver…
Durant quelques minutes Harry tenta de remettre de l'ordre à ses pensées tourbillonnantes :
Il se rassura en se disant que Dumbledore devait le chercher activement avec l'ordre du phénix, ce qui lui remonta le moral d'un cran. Si cela se trouvait, Rogue n'avait juste pas encore pu trouver l'endroit où il était enfermé – Harry ayant toujours vu que les cinq même mangemorts – il ne pouvait donc pas remonter l'information à Dumbledore. Quant à Remus et les Weasley il était assuré en lui-même qu'ils remueraient ciel et terre pour le trouver ! Ils étaient une famille pour lui !
Il n'oubliait pas ses amis qui devaient mourir d'inquiétude pour lui.
Oui, il se persuada de ses pensées positives et il était plus que certain que le directeur et ses compagnons n'abandonneraient jamais !
« Je vais te laisser à ta lecture, j'espère qu'elle te sera riche de satisfaction. »
Sur ces sarcastiques paroles, Voldemort s'en alla, le laissant cogiter. Harry fut amèrement surpris de réaliser que le monde sorcier commençait déjà à lui tourner le dos avec tout juste un mois d'absence. Mais il s'en moquait bien, il savait que l'on viendrait l'aider. Ses proches le connaissaient ! Jamais il ne s'enfuirait par lâcheté – il était un gryffondor - et jamais il ne s'abandonnerait au côté obscur ! L'espoir lui permettait de garder la tête haute et de tenir dans les geôles sombres et humides du seigneur des ténèbres.
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Voldemort revint le premier octobre, comme à son habitude, mais cette fois ci au lieu d'avoir sa baguette en main il avait avec lui une petite valise qu'il posa sur la chaise de la veille, non loin d'Harry. Il ouvrit la petite valise de manière à ce que le garçon ne voit pas le contenu. Le sorcier noir se retourna alors vers son prisonnier un sourire narquois sur ses lèvres minces.
« J'espère que tu as apprécié ta lecture d'hier car aujourd'hui il y a du changement et je t'ai concocté un programme différent. Vois-tu mon garçon, même si je déteste les moldus il faut savoir admettre qu'ils ont des méthodes de torture très intéressantes. »
Le seigneur regarda le jeune homme pâlir, et sourit plus franchement, satisfait de sa mise en bouche. D'un geste de sa baguette, les chaines s'enroulèrent dans le mur. Il se dirigea vers la valise, cherchant du regard ce qu'il allait prendre tout en restant face à Harry. Il sortit un push-dagger, une lame assez courte mais qui semblait très tranchante avec un manche fait pour être tenu dans le creux de la main, dépassant entre l'index et le majeur. Puis finalement, il le rangea pour sortir une simple dague pour commencer tout en précision.
« J'aime particulièrement les armes blanches » énonça t'il sur le ton de la confidence. « D'ailleurs j'ai apporté ici quelques pièces de ma collection. »
Tout en parlant, il passa en douceur la lame sur la joue du survivant occasionnant une nette coupure. Ce dernier avait les yeux grands ouverts d'effroi. S'il avait un doute sur la santé mentale du lord, maintenant il était fixé.
« J'ai un bel assortiment à tester avec toi. » Ricana-t-il une flamme dans le regard avant de commencer son œuvre.
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Voldemort se fit un plaisir d'user de toutes les manières possibles ses lames sur Harry durant le mois d'octobre. Allant de la simple coupure à des entailles plus... savamment travaillées ! Il ne passa pas une semaine sans qu'il l'écorche à vif que ce soit d'un petit lambeau de peau à tout en membre, le tout fait avec une délicatesse telle qu'aucun muscle ne fut endommagé. Son plus beau chef d'œuvre ? Une dissection précise de la main d'Harry, sans anesthésie bien sûr, sur laquelle il détaillait d'un ton professoral la physiologie et l'agencement des tissus tout en empêchant Harry de s'évanouir par quelques gifles stimulantes !
Par la suite il se délectait d'effectuer toutes sortes d'expériences avec la vive participation de son sujet d'étude. Ainsi Harry pouvait – et devait ! - assister à la dissolution de la peau de sa main mais sans rien attaquer d'autre. Les souffrances du jeune sorcier étaient au-delà de la simple brûlure. Tout son corps se révulsait et convulsait. Il put même assister à une nécrose accélérer d'une partie de sa main avant qu'elle ne soit traité rapidement pour qu'il ne la perde pas. Dans ces moments de supplice, la conscience d'Harry travaillait ardemment à s'évader. Il n'était qu'une chose...un jouet agonisant se laissant achever.
Tous les soirs on lui faisait boire une potion de reconstitution sanguine avec son maigre repas, et à chaque fin de semaine on le soignait pour mieux recommencer. Mais même avec ses soins, il garda une certaine raideur au niveau de sa main droite. Il ne pourrait surement plus être aussi précis avec ses doigts, mais ce n'était pas ici, dans les cachots, qu'il en aurait besoin.
A la fin d'octobre, le lord lui apporta à nouveau les journaux en lui prouvant leurs authenticités, minant toujours plus le moral de l'adolescent. Harry se raccrochait à l'espoir qu'on le sorte de là, c'était sa ligne de survie.
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Voyant qu'Harry s'habituait au nouveau traitement, Voldemort décida d'instaurer de nouvelles dispositions : chaque mois il se mit à tester un nouveau type de torture sur son prisonnier, tout en faisant quelques piqûres de rappel de temps en temps sur les anciennes passées. Le dernier jour était consacré aux informations du monde extérieur qui ne pouvaient que le briser mentalement. Il lui avait même fait visionner des souvenirs montrant ses proches, comme Ron qui paradait comme le nouveau chef des griffondors heureux de l'absence d'Harry. Il y eut également Remus qui ressassait d'un ton amer que la mort de Sirius était la faute de Harry et que si le garçon avait disparu c'est qu'il devait se cacher ne voulant plus assumer ses actes et ses responsabilités. Une autre fois, les images montraient sa chère Ginny davantage contrariée à l'idée que l'absence d'Harry allait la priver d'un mariage intéressant d'un point de vue statut et conditions matérielles que chagrinée par l'absence d'une personne chère.
Harry finit par basculer dans un pessimisme grandissant car il se rendait compte (à tort ou à raison, il ne savait plus) que son entourage ne semblait pas vraiment s'inquiéter de son absence, comme s'il était juste parti en vacances. Même Dumbledore, dans les étranges souvenirs insufflés par Voldemort, qui était la rare personne auquel il rattachait ses pensées les plus saines ne semblait pas perturbé par la perte de Harry.
Le plus dur à vivre était les commentaires de son entourage qu'il avait pu lire dans les journaux :
« Le pauvre ne semblait plus aller bien mentalement depuis le retour de Vous-Savez-Qui, je pense que cela a fini par le terroriser. » Déclara un gryffondor proche de lui.
« Il est vrai qu'il a subi une possession par Tom lors de son retour au ministère de la magie. » Avait avoué le directeur de Poudlard.
« Il n'a jamais ni voulu ni aimé respecter les règles. » Avait dit le professeur Rogue. Celui-là devait être bien content de le savoir dans les cachots de son maitre.
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Le jeune Potter avait vu progressivement ses espérances partir en fumer. Tout le monde semblaient soit l'accuser de traitrise, soit de lâcheté et certains – comme Ron – semblaient heureux qu'il ne soit plus là… Harry accusait ce contrecoup plus âprement que ses douleurs physiques...
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Le seigneur des ténèbres prenait un grand plaisir à essayer de le détruire que ce soit physiquement ou mentalement. C'était tous ce qui l'intéressait pour le moment, il profitait du moment présent de pouvoir torturer sa Némésis. Il éprouvait, en amenuisant petit à petit son golden boy, la sensation de se venger de Dumbledore qui s'était toujours placé en travers de son chemin.
Le mage noir avait bien pris soin de le soigner physiquement, ne laissant principalement sur lui que des cicatrices et une résistance de plus en plus grande à tout type de douleur. Il avait expérimenté sur lui un large panel de tortures: les sortilèges ; les armes blanches ; les potions ingérées avec divers effets avec le maitre des potions Faust ; les outils de torture médiévaux ; les supplices physico-psychiques tel que celui de la goutte d'eau, l'électricité… Tout un délicieux panel des plus variés… Et pourtant, il appréciait la résistance du jeune homme. Il aurait fait un redoutable mangemort songeait-il...
