Voilà un troisième OS du point de vue de cette jeune fille cette fois. Je me suis permise de le faire puisque je n'ai reçu aucune review pour mon OS précédent... enfin j'espère que ca vous plaira sinon manifestez vous ! Il est plus long celui-ci, ca devrait contenter ce qui avait trouvé le premier trop court puisqu'il fait plus du double... enfin dites le moi, ca me ferait vraiment plaisir ! Salut et bonne lecture !
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Encore une fois elle était plongée dans un livre, mais après tout, un bon roman était une porte d'accès vers le monde de son imaginaire, monde bien moins cruel que celui où elle avait eu la malchance de naître. Seulement elle n'arrivait pas pour l'instant à se concentrer suffisamment pour quitter ce dernier. Elle n'arrivait pas à lire ne serait-ce qu'une phrase sans lever les yeux.
Il était là, l'objet de ses souffrances mais aussi de ses plus beaux rêves, l'élément devenu indispensable à sa vie et constamment présent dans ses pensées. Quand elle s'imaginait dans un monde meilleur elle s'y voyait avec lui, quand elle s'amusait de trois fois rien c'était parce qu'elle se croyait dans son monde féérique avec ce jeune homme à ses côtés. Et oui, elle était bien devenue dépendante à un garçon malgré le nombre de fois où elle s'était promis qu'elle ne se laisserait jamais avoir, qu'elle éviterait les flèches de Cupidon mieux que personne. Elle avait failli, elle était tombée amoureuse, et pas de n'importe qui : du grand Sirius Black ! Lui qui ne connaissait sûrement pas son prénom et ne l'avait probablement jamais remarqué et pour cause ! Il était la plupart du temps entouré par une horde des filles les plus voluptueuses de l'école et dont on dirait qu'elles seraient les prochaines compagnes d'une nuit ajoutée à sa liste déjà bien longue.
Comment avait elle pu tomber sous le charme de ce garçon, elle qui s'était toujours imaginée être faite pour une romantique histoire d'amour qui durerait dans le temps, de celles qui marque une vie...deux vies ? Elle releva la tête et se rendit compte que la réponse était évidente. Elle avait craqué devant ce corps d'athlète par lequel elle aurait aimé être protégée et contre lequel elle aurait voulu se blottir, devant cet air insouciant, désinvolte qui ne faisait pas de lui un de ces lourds personnages sans cesse angoissés ou déprimés et qui finissent par vous étouffer sous leurs ennuis. Son sourire aussi l'avait faite fondre, il arrivait à lui seul à faire cesser son cœur, à la rendre assez légère pour qu'elle puisse s'envoler jusqu'au paradis, comme le faisait son regard qu'elle avait déjà croisé quelques fois. Elle aimait aussi son caractère enfantin qui l'amenait souvent à rire et à faire rire. Il était le premier à dire une bêtise pour détendre l'atmosphère, elle devinait qu'il avait besoin d'en faire pour ne pas céder à la monotonie du quotidien, pour ne pas sombre dans la tristesse comme tant d'autres autours de lui. Elle appréciait qu'il ne se sente jamais malheureux mais cela lui prouvait qu'il n'était pas amoureux, pas comme elle qui ne se sentait parfaitement bien que lorsqu'elle dormait ou rêvassait. Il était si différent d'elle ! Toujours entouré il partageait son temps entre ses admiratrices et ses amis, il profitait de la vie et des délices de l'adolescence alors qu'elle, plutôt solitaire, vivait dans son monde parallèle. Il donnait l'impression de n'avoir peur de rien, tel un super héros invulnérable, elle, elle se sentait timide et fragile.
Comment pourrait-il alors la remarquer ? Elle n'avait jamais fait un pas vers lui, redoutant la moquerie et sa propre maladresse. Il n'en avait jamais fait non plus, pour lui elle en était certaine, elle était transparente. Quand il regardait vers elle, c'est qu'il réfléchissait et qu'il la fixait comme il aurait fixé un mur. Il ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait. Il faut dire qu'elle était assez insignifiante et que jamais personne ne l'avait jamais comme une bimbo. Elle n'avait pas la silhouette pour en être une, sa poitrine était moins imposante que la leur, et elle était plus petite qu'elles. Elle ne s'exhibait pas non plus, mais ca, c'était son choix. Il était hors de question qu'elle devienne une marchandise, un passe-temps comme un autre. Si elles arrivaient à se contenter d'une nuit avec un séducteur qui les oublierait dès le matin revenu, elle savait que ca ne serait jamais son cas à elle. Avant d'être un corps elle était un être, un être doté de sa propre personnalité et qui se refusé de devenir comme les autres, de ressembler à toute, de devenir une poussière parmi un tas de poussières. Elle n'avait pas besoin d'être bien vue, d'être aimée, elle ne voulait pas jouer de rôle. Elle existait sans les autres, elle n'avait pas besoin qu'ils fassent attention à elle. Enfin... c'était le cas avant. Maintenant Il était entré dans sa vie, sans qu'il ne le sache d'ailleurs.
Mais elle était fière et si après tout ce temps elle s'était enfin avoué à elle-même qu'elle l'aimait, elle n'acceptait pas pour autant de changer pour lui, de renier tout ce qu'elle était pour une nuit à ses côtés. Pour une nuit qui serait destructrice car jamais renouvelée. Elle aurait perdu son innocence pour ce garçon qui ne l'aimait pas et ne la respectait pas, elle aurait aussi perdu sa possibilité de rêver de lui et de le rejoindre dans le pays merveilleux qu'elle s'était créé et où tout n'était qu'amour, loyauté, tendresse et bonheur. Elle aurait perdu ses illusions sur lui et serait condamnée à aimer un type qu'elle saurait loin d'être parfait. Elle perdrait aussi l'infime espoir, qui vivait en elle sans qu'elle ne ait conscience, qu'un jour il éprouverait les mêmes sentiments qu'elle avait pour lui. Bref elle se serait plus rien, plus qu'une loque au cœur et à l'âme déchirée.
Elle le regarda, assis contre son arbre sous les derniers rayons de ce soleil de novembre, entourés des autres Maraudeurs, et écouta son rire sans pouvoir partager avec lui son accès d'hilarité. N'était elle pas déjà assez torturée pour ne pas s'en rajouter ?
