Chapitre 3
Abi sortit de sa cachette en voyant que la tempête s'était arrêtée. Tout était saccagé, tout semblait mort, même si le soleil brillant comme il ne l'avait pas fait depuis des jours et des jours.
Était-elle la seule survivante ? Non, au loin elle vit des Zangas qui s'occupait de tout ranger. Que faisait-elle aussi loin d'Inland Sea ? Elle ne le savait, mais elle s'était enfuie en voyant les monstres vouloir l'attrapper.
Elle vit des Sirènes, des Anges et plein de peuples qui étaient en train de tout reconstruire avec leurs pouvoirs. Des Avalons qui faisait réssussiter certains arbres même. Mais aucun signe de ses parents.
Au loin, quelqu'un semblait mourrant. Elle s'approcha et vit Anna Fleur mal en point. Elle refusait qu'on la guérisse.
Elle approcha timidement.
- Anna…
- Abi. Approche.
Abi s'approcha de la jeune femme mourrante et Anna lui sourit.
- Tu es blessée ? demanda la fillette
- C'est trois fois rien. Écoute Abi. Tu vas aller vivre avec les Amazones, tu comprends ?
- Mais et papa et maman ?
- Ils sont… ils sont allés dans un endroit très beau.
- Ils… ils ne m'aiment plus ? demanda la petite fille les larmes aux yeux
- Tu te souviens de ce que ton père a dit ?
- Qu'ils m'aiment plus que tout au monde.
- Voilà. S'ils t'ont laissé ici, c'est parce que là-bas, ce n'est pas pour les enfants tu comprends ? Ici tu es sûre de vivre très très longtemps.
- Je ne comprends pas… S'ils m'aiment ils devraient…
- Tu vas devoir finir leur travail maintenant qu'ils sont partis. Ils ont étés obligé de partir. Ils te voulaient près d'eux mais c'était impossible…
Anna Fleur ressentit une douleur horrible et essaya de le cacher. Elle fit signe à un des anges d'emmener la petite loin d'elle.
La petite essaya de se débattre mais elle n'en fut pas capable et se mit à pleurer à la place. Anna grimaça et se laissa mourir lentement, sentant les autres l'appeler…
*-*-*
Véronica s'éveilla doucement. Il pleuvait encore. Elle s'était endormie environ vers midi, épuisée de sa journée précédente. Marguerite était assise non loin et lisait. Elle ne semblait pas vraiment se concentrer pourtant. La preuve, c'est qu'elle ferma le livre rageuse et le repoussa. Quelque chose la tracassait.
Véronica s'approcha.
- Quelque chose vous tracasse ?
- Non.
Véronica leva un sourcil et Marguerite soupira.
- Je ne suis pas Morigan ou sa réincarnation Véronica. C'est impossible.
- Et pourquoi pas ?
- Parce qu'elle était bonne.
Véronica fut surprise par cette révélation et regarda son amie intriguée. Elle fronça les sourcils et arriva pour ajouter autre chose mais… à bien y réfléchir, qu'est-ce qu'elle pouvait vraiment dire ? Elle connaissait Marguerite, mais pas son passé. Enfin, pas tout son passé.
Elle ne pouvait pas commencer à lui dire « Ne dites pas cela voyons », qu'est-ce qu'elle en savait ? Elle ne pouvait pas non plus lui lancer un « Pourquoi vous dites cela ? », c'était le meilleur moyen de refermer Marguerite dans sa bulle.
Elle réfléchit un instant.
- Morigan, c'est elle qui a failli trépasser du côté du mal en premier.
- Oui. Mais elle était tout de même bonne, répéta Marguerite
- Marguerite, Morigan n'était pas une sainte. Personne ici ne l'est. Je ne sais pas ce que vous avez fait dans le passé pour qu'une chose comme celle là vous tracasse, mais je vous connais assez pour vous dire que vous êtes quelqu'un de bien… ou alors que vous l'êtes devenu. Bon, c'est vrai que vous êtes un peu grincheuse, légèrement peureuse, fatiguante parfois et…
- Arrêtez, rit Marguerite en poussant faiblement Véronica
Toutes deux éclatèrent de rire et Marguerite murmura un merci entre deux rires.
Finn passa à côté des deux autres femmes et cette fois ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Elle appréciait Véronica comme une sœur et n'avait pas du tout envie que cela change. Elle ne voulait pas Véronica et Marguerite se rapprochent trop…
Elle secoua la tête. Qu'est-ce qu'elle venait de penser ? C'était horrible ! Et puis, Marguerite connaissait Vee depuis trois ans maintenant, c'était sûr que la protectrice du plateau l'apprécie plus, qu'elle aie tissé plus de liens… mais…
Si la peur de Finn sembla fondée en ce moment-là, le soir même, l'atmosphère qui régnait entre les deux femmes aurait dû la soulager… Enfin.
Marguerite et Véronica se chicanaient. Et pas qu'un peu. Elles en seraient venues aux poings si Malone et Roxton ne les en avaient pas empêcher.
- Qu'est-ce qui se passe ici nom de Dieu ! fit Challenger en s'approchant
- Elle m'a traîtée de garce !
- C'est elle qui a commencé ! Elle a…
- Oh c'est pas vrai, on dirait des enfants de trois ans !
- Lâchez-moi Roxton je vais lui régler son compte une fois pour toutes !
- Laissez-moi Malone, je vais nous débarasser d'elle !
- Euuuh, il y a quelque chose de pas normal. Je sais bien que Véronica et Marguerite, ce n'est pas l'amour fou, mais pas à ce point… commença Finn
- Oh je vais la décapiter !
- Oh, je les préférerais quasiment en amour ! grogna Finn
Malone et Roxton éclatèrent de rire.
Marguerite et Véronica cessèrent de se débattre et regardèrent autour d'elles étonnées.
- Hum, Roxton, commença Marguerite, Je peux savoir ce que font vos bras autour de ma taille ?
- Et bien ma chère, vous étiez sur le point de décapiter Véronica, si j'utilise vos mots.
- Elle… quoi ?
- Et vous Véronica, vous vouliez vous débarrasser d'elle aussi.
Les deux femmes se regardèrent et quelque chose d'étrange se passa.
Marguerite s'agita dans les bras de Roxton et le repoussa. Elle eut un air effrayé et sortit de la pièce. Véronica agit de la sorte, mais dans l'autre direction.
- Euh…
Ce fut tout ce que les quatre autres trouvèrent à dire ce soir-là.
Le lendemain matin, il pleuvait encore. Et lorsque Marguerite entra dans la cuisine et qu'elle vit Véronica, elle fit demi-tour immédiatement.
Toute la journée elles évitèrent d'être dans la même pièce, rougissant à la vue de l'autre et devenant nerveuse en entendant quelqu'un s'approcher. À la fin de cette journée, elles étaient chacunes dans leurs chambres respectives, qui étaient éloignées et refusaient d'en sortir.
Roxton et Malone se regardèrent inquiets lorsqu'ils entendirent les deux femmes refuser de venir manger.
- Il y a un truc bizarre, déclara Challenger
- Wow, vous êtes perspicace mon cher ! se moqua Finn
- Non, je veux dire, tout ça a commencé hier, quand Finn a souhaité que Marguerite et Véronica tombent amoureuses…
Les trois jeunes gens éclatèrent de rire à cette déclaration.
- Vous croyez vraiment qu'elles…
Mais Finn ne finit pas sa phrase étant trop tordue de rire. Elle en tomba quasiment de sa chaise et les deux autres hommes aussi.
- Mais je suis très sérieux…
Les rires redoublèrent et ce n'est que quelques minutes après qu'ils cessèrent.
- Finn, s'il-te-plait, fais un souhait. Un souhait pour le contraire…
- Bon euh… Je souhaite que les relations entre Marguerite et Véronica redeviennent normales.
Deux minutes après pourtant, quand les deux concernées entrèrent dans la cuisine, Finn en avait la machoire qui décollait.
Marguerite gémit en s'asseyant à côté de Roxton.
- Oh, j'ai l'impression d'avoir rêvé toute la journée…
- Moi aussi, maugréa Véronica, j'ai peine à me souvenir de la journée.
L'héritière remarqua que Malone et Roxton se retenaient de rire et que Finn la regardait éberluée.
- Euh… qu'est-ce qu'il y a ?
- Je souhaite avoir un chien ! déclara Finn
Véronica la dévisagea et Marguerite haussa les sourcils.
- Ça ne fonctionne plus ! maugréa Finn, Ça a fonctionné seulement pour faire tomber Marguerite et Véronica en amour, quel gâchi !
- Quoi ! hurlèrent presque les deux autres filles
- Je crois Finn que ça ne fonctionne que pour les vœux reliés aux sentiments. Hier soir quand Marguerite et Véronica étaient sur le point de s'entre-tuer, l'avais-tu souhaité ?
- Euh non… ah si, murmura Finn en se souvenant des événements de la veille
- Quelqu'un pourrait nous expliquer ? demanda la brunette
Challenger soupira en entendant les deux hommes repartirent à rire. Décidément, le sérieux n'avait pas sa place dans cette maison. Ils étaient en présence d'un phénomène rare et intriguant et tous les autres semblaient en rire.
Il secoua la tête.
- Nous croyons que Finn aurais un certain don pour… euh comment dire…
- Pour imiter Cupidon, vulgarisa la jeune femme du futur
- Voilà !
- Et alors ? continua l'héritière, Qu'est-ce que moi et Véronica avons à voir dans tout ça ?
- Vous ne vous souvenez vraiment pas de votre journée ? demanda Challenger, Ou même d'hier soir ?
Véronica fronça les sourcils.
- Ah oui ! Je suis entrée dans sa chambre et elle m'a traîtée de garce ! Et là je l'ai frappée et lui disant la même chose…
Elle eut l'air surprise de ses propres mots.
- Bizarre…
- Et ensuite ? incita Challenger
- Et bien, continua la jeune blonde, Roxton et Malone nous ont séparés et puis après j'ai… aaah !
Marguerite recracha presque le café qu'elle était en train d'avaler et fit de gros yeux à Malone et Roxton qui se retenaient de rire. Elle se tourna de nouveau vers le scientifique et soupira de colère.
- Et pouvez-vous m'expliquer comment est-ce possible ?
- Aucune idée.
- On a un problème. Hier, je n'ai même pas demandé à voix haute que Marguerite et Véronica se querellent et elles l'ont fait. De ce fait, je risque de provoquer des désastres…
- Je ne sais pas… peut-être que c'est seulement quand tu le souhaites vraiment.
- Alors si je souhaites là comme ça, sans trop de conviction que Roxton demande Marguerite en mariage qu'est-ce qui va se passer ?
- Finn ! s'écria Marguerite
Tous se tournèrent vers Roxton. Celui-ci sourit.
- Non, je n'ai pas une soudaine envie de me mettre à genoux et de demander la main de Marguerite…
