Chapitre 3 : Garde du corps rapproché

Mon corps fut comme attiré instantanément par cette voix. C'était assez étrange d'avoir envie de se mettre au sol, sur le dos, et surtout à ses pieds… Pourquoi cette sensation de dominance me pesait-elle et m'écrasait ?

Fermant un peu les yeux, je laissais mon odorat ce complaire de cette odeur de miel, mais aussi d'une touche de sapin très plaisante. Tellement enivrant, alors que je voulais simplement retrouver mon calme pour l'affronter.

J'entendis Lee racler sa gorge pour tenter de détourner l'attention sur lui.

« Vous ne deviez pas venir avant qu'elle soit sorti… » Tenta-t-il.

« Le médecin m'a annoncé qu'elle pouvait sortir tout de suite, et je veux rapidement boucler ce cinglé dans une cellule. »

Bon dieu ! Sa voix était grave, puissante, vibrant dans ses oreilles avec un tel délice. Secouant la tête, je me réveillais pour affronter le regard de ce type d'un froncement de sourcil. Tournant mon visage pour le fixer, je fus surprise qu'il me regardait aussi intensément. Il ne semblait pas vouloir me lâcher des yeux. Mais je repris contenance, tirant un peu sur ma tunique pour penser à autre chose. Pourtant son regard ébène était si hypnotiseur, j'avais dû mal à détourner le regard.

Pourtant je le savais, c'était un homme séduisant, plaisant à la gente féminine mais aussi masculine. Et je les comprenais, que ce soit pour ce visage carré au ligne parfaite, ce regard hypnotisant, ses cheveux de la même couleur que son regard qui semblait aussi doux que de la soie mais aussi ce parfum enivrant. Et ne parlons pas de sa taille parfaite pour un homme et sa musculature… Il avait tout de l'homme idéale. Enfin, presque. S'il ne parlait pas, tout allait bien.

« Je suis encore dans l'hôpital, en tenue tout aussi sexy. Et vous allez tout de suite m'assaillir de question ? L'éthique, vous connaissez ou vous êtes toujours aussi irrespectueux Mr Uchiwa ? » Ma voix claqua, ne supportant pas son comportement qu'il avait envers moi.

« Dit celle qui vient juste de m'insulter alors que j'arrivais avec juste l'intention de vous saluer et de vous accompagner dans votre nouveau chez-vous. »

Il était vrai que je le jugeais sans le connaître, mais je ne pouvais pas le supporter. Tout en lui me disait de… venir à ses pieds les embrasser et lui demander ce qu'il voulait… C'était horrible d'être si sensible à cette odeur ! Pourquoi je craquais à ce point ? Et puis, pourquoi, moi, je n'arrivais pas d'imaginer une scène de soumission de la sorte ? J'étais devenu maso en une semaine ma parole ?

« Lee m'y emmènera, ça me suffit. »

Même si j'étais séduite par sa présence, je ne lui faisais pas confiance, il avait ce regard animal qui me détailler de haute en bas, refusant ce refus de tout son être. Mais il ne pouvait pas me forcer, et je le savais très bien.

« Et vous n'aurez rien de ma part, je n'ai rien pu voir, il m'a sauté à la gorge dans le simple but de me tuer ! Il puait le sang ! »

Je préférais éviter de venir le revoir, non, j'étais très bien loin de lui. Et ainsi il allait me lâcher. Et j'y réussis sans le vouloir, l'homme hocha la tête, s'inclina un peu avant de sortir par la seule porte et de disparaître de notre vue. Me tournant vers Lee pour essayer de comprendre, celui-ci semblait tout aussi surprit. Je n'étais pas plus avancé que ça.

« Tu as pris des habits ? Je ne supporterais pas une minute de plus dans cet hôpital ! Je veux absolument sortir et me dégourdir ! »

Un sourire de mon équipier me confirma ce que je pensais, il avait tout prévu.

L'air frais renversa toute tentative d'une jolie coiffure, les laissant glisser sur mes épaules, je profitais de rayon de soleil réchauffant mon cou dénuder. Je marchais d'un pas tranquille côte à côte avec mon collègue qui semblait plus trottiner.

Le trajet jusqu'à mon logement gardé fut bénéfique, j'appris beaucoup de chose sur mon collègue. Il avait vécu ici des années jusqu'à être muté à Suna. Son mentor se trouvait même ici, surement l'homme que j'avais croisé à l'hôpital. Mais j'appris aussi une chose assez importante.

« A Konoha il y a un couvre-feu, plus personne n'est de sortit à partir de 22 heures. Seul la brigade de police sous les ordres de Mr. Uchiwa peut sortir. » Lee l'avait dit de façon posée comme si c'était normal.

Pour moi ça ne l'était absolument pas. On privait les personnes de leur liberté ! Et comment faisait les personnes qui finissaient tard ? Elle était bloquée au boulot toute la nuit ? Non décidément cette ville ne tournait pas rond, on pouvait critiquer Suna, Konoha n'était pas non plus une ville de paix.

La porte de chez moi, du haut de son troisième étage était… tout ce qui avait de plus normal. Fixant la porte comme si je m'attendais à ce qu'elle me saute dessus, mon collègue prit les devant et ouvrit la porte. Tombant directement sur l'entrée qui menait au salon où je sentis l'odeur d'une femme. Un parfum de pin, très agréable.

« Elle doit déjà être là » chuchota la voix de Lee.

Tournant un regard en coin à mon ami, je me demandais qui était la personne. D'un pas lourd, j'avançais sans trop le vouloir jusqu'à la pièce principale. L'odeur se renforça jusqu'à en devenir envoutante, révélant une femme… Complètement avachi sur le canapé entrain de dévoré un paquet de chips comme si de rien n'était.

« Oh Salut Lee ! » Ajoute-t-elle en enfournant une nouvelle bouchée de chips entre ses lèvres.

Je haussais un sourcil en observant un peu plus la jeune femme. Elle ne semblait pas très grande, une peau un peu bronzée montrait qu'elle n'avait pas l'habitude de rester sur un canapé. Et à sa coupe de cheveux, bien attaché en deux macarons, on pouvait facilement deviner qu'elle faisait partie de la police. Surement ma garde rapprochée. Une supposition qui me fit interroger du regard mon collègue qui semblait tanguer sur ses pieds avant de sauter au cou de la jeune femme qui se leva pour le recevoir en souriant. Au final, j'avais mal jugé, elle était bien plus grande que moi.

« Oh ! Il faut que je te présente Sakura ! Ma collègue de travail que tu vas devoir surveiller 24h/24 ! » Lee avait toujours cette voix puissante, sourire à pleine dent qui me donner des fois des maux de tête.

Le faite d'avoir une personne qui me suit partout, je ne pensais pas que ce soit possible. J'aimais mon intimité et je ne supportais pas qu'on me suive à la trace. Surtout que je voulais retourner à Suna. Un tueur allait revenir à la charge, que je sois en vie ne changerait pas. C'était un loup garou qu'on parlait, et sa soif de sang n'était pas purgé. Un frisson d'effroi me prit, tentant de revenir à la réalité en détailler les deux personnes.

« Vous êtes ensemble ? » Ma question sembla choquée, mais je voulais savoir. « Vous avez l'air proche. »

« Lee et moi sommes amis depuis la maternelle, je le vois plus comme mon petit frère ! Je me présente, Tenten, ton nouveau garde du corps ! »

Elle me fit un grand sourire tendit que je fixais sa tenue duquel j'aurais dû faire bien plus attention, car sa tenue était typiquement chinoise, une tenue en soie qui lui permettait des mouvements souples mais je distinguais sur chaque recoin de sa peau des petits endroits où j'observais plusieurs armes. Elle avait un pistolet silencieux, une arme blanche, une paire de menotte. Et j'étais certaine qu'elle avait d'autre cachette pour ses armes.

Il ne fallait jamais se fier aux apparences, fut ma conclusion.

La soirée fut assez calme, Lee et Tenten m'avait rapidement montré les alentours et l'appartement. Puis on avait commandé des pizzas tout en commençant à jouer tel des adolescents alors que du haut de mes 25 ans, je profitais encore de cette jeunesse pour me coucher le plus tard possible et devoir se réveiller tôt sans aucune marque de fatigue.

Mais cette soirée ne fut pas très longue puisque Lee dût partir vers 1 heure du matin, me laissant avec Tenten qui arrêta de jouer dès qu'il avait traversé la porte. Au début je m'étais demandé comment ça se faisait qu'il puisse sortir mais je compris vite quand je vis qu'une équipe de police l'attendait en bas pour qu'il retourne dans son logement. Les règles semblaient plus que strict ici. Me retournant, je retrouvais face à un regard noisette un peu trop proche.

« Comment ça se passe à Suna ? Je veux dire, vous êtes deux inspecteurs connus, même ici on entend toujours parler de vos affaires résolus sans soucis. » Sa voix était entre la dureté et la curiosité, c'était assez étrange.

« Je ne vois pas en quoi… on cherche juste pendant des heures et des jours, on ne compte pas les heures, on interroge encore et encore… Je ne vois vraiment pas la différence entre nos deux villages… » Non, je n'arrivais pas à comprendre et tout ça me donner un mal de tête sourd et violent. Ça devenait insoutenable. Me relevant alors du canapé, j'écourtais la discussion d'un sourire avant d'aller rejoindre la salle d'eau. Avant toute chose un bon bain pourrait calmer ses maux de tête. Lançant l'eau chaude, je la laissais couler ne y mettant un peu de shampoing pour avoir des bulles. Pendant ce temps j'enlevais le chandail que je portais. Enlevant par la suite mon soutient gorge pour passer une main sur mon cou en premier temps.

Je sentais encore les crocs du loup s'enfoncer dans ma chair, alors que mon autre toucha mon ventre avec une légère égratignure qui passer en diagonale de mon corps, la lacération avait été si douloureuse qu'elle m'avait fait perdre toute notion de lucidité. Je voulais m'en sortir, je voulais me relever et lui tirer toute les balles d'un chargeur sur lui. Mais je n'étais pas armé, et aussi faible qu'un agneau.

Me réveillant par le bruit de l'eau, je coupais l'afflux pour venir y plonger mon corps. La chaleur détendit chacun de mes muscles. Mais au lieu de penser à autre chose que ce qu'il m'était arrivé. Mon cerveau réfléchissait encore et encore à cette attaque.

Je visualisais de nouveau la rue, je cherchais un détail qui aurait pu me mener au tueur, il avait tué un homme juste avant que j'arrives, mais non ! Il ne l'avait pas tué, comme moi ! Il avait laissé une petite chance de survie. Mais pourquoi ?

Passant un coup de jet sur mon visage, je me souvins alors du souffle de ses crocs encrer dans ma chère, mais son grognement semblait plutôt à des mots… il avait dit une chose, mais quoi. C'était vague, rien ne me revenez. Si ! C'était un homme ! La voix grave qu'il avait montrée bel et bien que c'était un homme, pas d'accent…

« Merde ! »

Je venais de perdre cet pensée. Me retrouvant dans mon bain qui commençait à tiédir, finissant rapidement ce que j'avais à faire, enfilant une chemise de nuit. Une longue nuit m'attendait. Une nuit cauchemardesque remplit de ce cauchemar qui tourner en boucle dès que je fermais les yeux : ma propre mort.