Titre : Beloved Misfit
Auteur : FanofBellaandEdward
Traductrice : HiMaboroshi
Bêta et conseillère : Onirybrius, que je remercie infiniment (je me devais de la dédommager, pour les yeux qui saignent, toussa, toussa).
Disclaimer : Les personnages et l'univers d'Harry Potter appartiennent à Joanne Rowling, et l'histoire ci-dessous à FanofBellaandEdward. Je ne suis, malheureusement, que la traductrice.
Avertissements de l'auteur : Attention, présence de slash, de MPREG, et d'angoisse.
Note de la traductrice : Et voilà ! Voici la dernière partie attendue de Beloved Misfit. Je suis désolée d'avoir mis si longtemps à vous la poster, notamment parce que je n'ai pas eu beaucoup le temps. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, et que vous avez autant apprécié cette histoire que moi !
Ah, le chapitre n'est présentement pas encore corrigé par les grands soins d'Onirybrius, ma bêta, mais je le remplacerai sous peu avec la version définitive (à part des maladresses, je pense que la lecture reste malgré tout compréhensible!).
Je vous souhaite, sur ce, une excellente lecture ! Et merci à tous pour vos reviews !
Beloved Misfit : Partie 3
Le reste de sa grossesse se déroula sans aucun problème. Harry fit en sorte de se reposer et de se ménager, et Draco de rentrer tôt à la maison à chaque fois, afin de pouvoir prendre soin de son mari enceint et de son fils.
Le quinze avril, aux premières heures du matin, Harry se mit en travail et à trois heures et demi de l'après-midi, ils accueillirent leur deuxième fils. Ils avaient décidé de le nommer Cain Sirius – Sirius, en raison de la connexion d'Harry avec son parrain et à cause des racines grecques de la tradition Malfoy, et Cain, parce que cela signifiait « fort » et que cela rappelait à Harry combien son bébé l'avait été pour survivre à sa magie.
Harry et Draco convinrent tous deux de ne pas tenter la chance une troisième fois et décidèrent de ne pas essayer d'avoir d'autre enfant, de peur que cette fois, Harry ne puisse survivre.
Ils étaient heureux des enfants qu'ils avaient.
Harry n'avait jamais pris la peine de se soucier de son apparence corporelle. Il savait qu'il avait été maigre au point que ce fut malsain quand il fréquentait l'école. Jouer au Quidditch et les repas décents de l'école avaient joué un rôle dans sa prise de muscles et de poids. Son travail comme Briseur de Sort ne n'exigeait pas de lui qu'il soit en grande forme – seule sa magie importait, mais il faisait toujours en sorte de s'exercer quand il pouvait, histoire de rester en forme. Au cours de sa grossesse avec Scorpius, il n'avait pas pris beaucoup de poids et la tension ressentie après la naissance l'avait rapidement débarrassé de l'excès.
Encore une fois, au cours de sa seconde grossesse, il n'avait pas pris plus de poids que nécessaire, mais après la naissance il n'avait pas perdu l'excès de pois aussi rapidement que la première fois. Lorsque Cain avait atteint l'âge de cinq mois, il avait lentement commencé à s'exercer à nouveau chaque fois qu'il avait du temps libre, mais même avec l'aide d'Andromeda, prendre soin de ses deux enfants l'occupait toute la journée.
Son emploi du temps comprenant faire le ménage et prendre soin de leurs deux fils l'amena à avoir un petit vendre quand Cain fut âgé de dix mois.
En temps normal, cela ne l'aurait pas trop dérangé – bien sûr, son corps d'avant lui manquait, mais prendre soin de ses enfants était prioritaire – sauf qu'une fois de plus, cela prouva à Narcissa qu'elle pouvait creuser ses insécurités autant qu'elle voulait, et Harry n'était pas en mesure de se détacher de ses commentaires si facilement…
Pour célébrer la Saint-Valentin, Lucius et Narcissa avaient décidé d'organiser une grande fête au manoir. Non seulement les Parkinson et les Zabini étaient invités, mais il y avait aussi d'autres familles de Sang-Pur prestigieux comme les Greengrass, et des membres importants du Ministère.
Naturellement, ils invitèrent leur fils et son mari, et Harry avait accepté avec réticence d'y assister. Andromeda avait offert de garder Scorpius et Cain pour le week-end, permettant à Draco et Harry d'enfin profiter de quelques jours sans avoir les enfants autour, comme cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls pour la dernière fois.
La fête commença à six heures et il n'y avait pas d'heure fixe pour le dîner les invités pouvaient prendre leur repas ensemble à partir de plaques remplies de plats délicieux qui avaient été placées sur les longues tables contre les murs.
« Je ne peux pas attendre que nous soyons à la maison, » murmura Draco à son oreille, ses mains s'immobilisant sur ses hanches avant de les attraper fermement.
« Oh ? Et qu'envisages-tu de faire une fois que nous serons à la maison ? » sourit Harry, et il prit une gorgée de son vin rouge.
Les mains quittèrent leur place discrètement et ses doigts se glissèrent à l'intérieur de son pantalon, lui caressant les hanches et le faisant respirer fortement.
« Oh, je connais un certain nombre de choses que nous pouvons faire, » dit Draco humblement. « Je vais te déshabiller lentement et embrasser chaque centimètre de ton corps. Je te tourmenterai jusqu'à ce que tu me supplies d'aller plus loin. » Il pressa ses hanches contre les fesses d'Harry. « Mais je n'irai pas plus loin jusqu'à ce que tu me supplies, jusqu'à ce que tu me pries de te baiser. Ensuite, je te baiserai jusqu'à ce que tu ne saches rien d'autre que mon nom, jusqu'à ce que tu ne sois même plus capable de marcher normalement ce week-end. » Les derniers mots avaient presque été sifflés et ses dents s'étaient resserrées autour du lobe de son oreille, qu'elles tirèrent doucement.
« Oh putain, » siffla Harry entre ses dents et gémissant presque quand il sentit l'intérêt évident de Draco s'appuyer contre lui.
Il ne pouvait nier qu'il se réjouissait à l'idée de foutre le camp d'ici et laisser Draco faire ce qu'il voulait avec lui. Ils avaient eu plusieurs moments intimes ces derniers mois, mais ceux-ci étaient principalement limités à un certain pelotage au plus, parce qu'ils n'avaient jamais assez de temps pour faire plus que cela.
Mais maintenant, Scorpius et Cain étaient à une soirée pyjama chez Andromeda, afin qu'ils aient toute la maison pour eux sur la durée du week-end.
Il se retourna pour faire face à Draco et sourit malicieusement. « Je ne peux pas attendre d'être à la maison, » murmura-t-il et il pencha la tête pour verrouiller leurs lèvres en un baiser, qui commença rapidement à devenir indécent, compte tenu de l'endroit où ils se trouvaient.
Ils furent interrompus pas un Blaise Zabini amusé. « Draco, si je peux obtenir de toi que tes mains soient hors de ton mari pendant une minute, j'aimerais te présenter un de mes amis. »
Draco poussa un soupir de souffrance et fronça les sourcils en direction de son meilleur ami. « Zabini, par l'Enfer, tu ne sais jamais quand rester loin, hein ? »
Harry rit et recula, serrant rapidement les mains qui s'attardaient sur ses fesses. « Va avec lui. Je vais chercher quelque chose à manger. »
Draco roula des yeux, mais après avoir partagé un baiser rapide, il suivit son ami.
Harry se dirigea vers la table la plus proche sur laquelle étaient disposés divers plats contenant des fruits : en dés, en tranches, trempés dans le chocolat… Il essayait de choisir quel genre de fruit il allait prendre quand il entendit une voix très familière près de lui, et il se figea.
Lucius et son épouse se tenaient à quelques mètres de lui. Ils discutaient entre eux et ne l'avaient apparemment pas remarqué, mais il ne doutait pas une seconde qu'ils n'ignoraient pas qu'il était debout près d'eux.
Alors que ses yeux dansaient d'un plat à l'autre, il ne put s'empêcher d'entendre ce que Narcissa disait :
« Et as-tu déjà vu Daphné ? Elle a accouché de sa fille il y a trois mois et elle a pourtant déjà retrouvé sa silhouette, » fit-elle remarquer avec désinvolture, et les différents bracelets d'or sur ses poignets brillaient à la lumière de la bougie.
« C'est remarquable, » Lucius réfléchit et fit claquer sa langue. « Dommage qu'on ne puisse dire la même chose de la fille Blueweed. Ses parents sont plutôt embarrassés par le fait que leur beau-fils ait déposé une demande de divorce après qu'elle se soit laissée aller. »
Narcissa soupira doucement. « Est-il si difficile pour certaines personnes de se rendre compte que s'ils souhaitent conserver le désir de leur partenaire, ils doivent rester désirables ? Personne ne veut de quelqu'un qui ne soit pas en bonne forme dans son lit, après tout. Chaque Sang-Pur le sait. »
« Ses amis se composent essentiellement de Sang-mêlés et de nés-Moldus – vous pouvez difficilement en attendre un quelconque bon sens, » ricana Lucius.
« Je suis heureuse que nous ayons réussi à bien élever Draco. Au moins, il suit nos traditions, » murmura Narcissa et sans daigner adresser un regard à Harry, ils partirent leur conversation déviant déjà sur la robe qu'une femme portait.
Harry resta figé devant la table, les bras croisés sur son estomac. Il déglutit et pinça la peau de ses bras, posant un regard vide sur les plats devant lui. Il ne devrait pas laisser cette conversation le déranger. Alors que faire si un gars avait divorcé de sa femme car elle n'était pas restée en bonne forme ? Cela ne le concernait pas. Draco l'aimait pour qui il était, pas seulement pour son corps. Draco n'était pas aussi superficiel.
Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher de penser que lui et Draco n'avaient encore jamais fait l'amour alors qu'il était toujours un peu grassouillet à cause de la grossesse. Bien sûr, ils avaient couché ensemble à plusieurs reprises au cours de sa grossesse, mais il y avait une différence évidente entre avoir un ventre parce que l'enfant grandissait et avoir un petit ventre parce qu'il n'avait pas encore eu le temps de se débarrasser de l'excès de poids.
Mais ce n'était pas grave, si ? Il n'était pas en surpoids – son estomac n'était seulement pas encore redevenu complètement plat. C'était seulement évident à travers des chemises serrées et ainsi, quand il était nu, mais encore une fois, cela n'avait pas d'importance, parce que Draco l'aimait pour lui, pas pour son corps.
Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de tirer consciemment sa chemise, se demandant s'il était évident qu'il n'était pas encore en bonne forme.
Il ne se sentit pas à l'aise le restant de la soirée et même s'il avait essayé de se distraire en parlant à Kingsley, qui serait au poste de Premier Ministre l'an prochain, son esprit n'arrêtait pas de penser à la conversation de ses beaux-parents.
« Que dis-tu de foutre le camp d'ici, hm ? » souffla Draco à son oreille en se glissant derrière lui. « Nous avons été ici assez longtemps et je te veux maintenant. »
Prenant une profonde inspiration et se forçant à arrêter de penser à la conversation, Harry leva les yeux vers lui et sourit légèrement. « Allons-y. »
Ils déguerpirent hors de la grande salle de bal, ne s'arrêtant que brièvement pour dire au revoir aux parents de Draco, et transplanèrent immédiatement, atterrissant en face de la maison cachée. Le 12, Square Grimmaurd se matérialisa devant eux dès qu'ils pensèrent à l'adresse et à la seconde où la porte se refermait derrière eux dans un doux « clic », Draco sauta sur Harry comme lion aurait sauté sur sa proie.
Le dos d'Harry était durement pressé contre la porte et leurs dents s'entrechoquèrent, avant qu'ils réorientent leurs visages et s'embrassent avidement. Leurs langues se taquinaient l'une l'autre, tandis que leurs mains s'affairaient à faire sauter les fermetures des manteaux et qu'ils enlevaient leurs chaussures avec hâte.
« Putain, le lit, maintenant, » haleta Draco et, sans donner à Harry le temps de protester, lui attrapa le poignet et le traîna presque dans le couloir, des escaliers jusqu'à leur chambre à coucher. Ils se poussèrent dans la chambre, leurs lèvres verrouillées ensemble à nouveau, et Harry eut la possibilité de poser ses lunettes sur la table de nuit, de sorte qu'elles ne soient pas brisées.
La pleine lune brillait pas la fenêtre, illuminant leurs corps.
Les vêtements furent arrachés avec impatience et Draco poussa Harry sur le lit, le suivant immédiatement après.
Harry grogna bruyamment quand une bouche chaude commença à lécher son cou, et ses doigts tremblants déboutonnèrent la chemise de Draco. Cette dernière fut jetée, atterrissant sur le sol, et quand Draco fut à moitié en train déboutonner la sienne, Harry repensa à la conversation de ses beaux-parents et il se figea, ses mains saisissant Draco pour l'arrêter.
Draco recula et le regarda, confus et haletant. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Je vais juste, euh… » Les yeux vert émeraude s'égaraient dans la pièce avant de s'arrêter sur la fenêtre ouverte. « Je vais juste fermer les rideaux, rapidement. »
Draco gémit en signe de protestation et laissa tomber sa tête sur un oreiller quand Harry glissa de sous son corps et se dirigea vers la fenêtre.
« Sérieusement ? Tu dois le faire maintenant ? » Draco grogna et arracha sa baguette de sa poche pour allumer une bougie qui se trouvait sur la table de nuit.
Satisfait que la fenêtre soit désormais fermée, coupant l'éclat de lune, Harry défit son pantalon et le laissa tomber.
« Je tenais à te déshabiller, » se plaignit Draco, mais il se débarrassa rapidement de ses vêtements et sous-vêtements, de sorte qu'il était complètement nu.
Harry roula des yeux, mais sa respiration s'accéléra – et il n'était pas sûr que ce soit du désir. Il était toujours vêtu d'une chemise déboutonnée à moitié et de ses sous-vêtements, et il se sentit soudainement incertain. Ses mains effleurèrent sa chemise, mais il ne put se résoudre à l'enlever. La retirer signifiait être nu. Être nu signifiait que Draco serait en mesure de voir comment il était bâti, même à la lueur des faibles chandelles.
Même s'il avait été convaincu jusqu'à aujourd'hui que Draco l'aimait pour qui il était, il se sentit soudainement en insécurité et commença à douter du fait que Draco serait encore attiré par lui après avoir vu son corps. Draco avait suivi un grand nombre de traditions Sang-Pur – il était devenu plus indulgent après avoir épousé Harry, mais à quel point ces traditions pouvaient être enracinées ?
Serait-il repoussé par le corps d'Harry, parce qu'il n'avait pas été en mesure de retrouver son poids d'avant ? Repousserait-il Harry et prétendrait-il qu'il était trop fatigué pour faire quoi que ce soit ? Serait-il toujours prêt à le toucher après avoir vu son corps ?
La différence entre lui et Draco était flagrante malgré son emploi plutôt inactif, Draco était encore en forme : bras musclé, torse bien dessiné… alors que le corps d'Harry s'était un peu adouci au cours de la grossesse qui lui avait laissé un petit ventre.
Draco pencha la tête et tapota le lit. « Hey, pourquoi restes-tu là ? Ramène tes fesses ici ! » s'exclama-t-il, et ses yeux brillaient de désir et de convoitise, voyageant sur le corps d'Harry avec gourmandise.
A pas hésitants, Harry se dirigea vers le lit et se glissa lentement dessus, se retrouvant assis sur ses genoux face à Draco.
« Maintenant, pourquoi ne pas te débarrasser de ces vêtements, de sorte que le plaisir puisse vraiment commencer ? » suggéra Draco avec un sourire narquois, et il se déplaça vers l'avant afin d'aider Harry à se déshabiller.
« Hé, est-ce que je peux garder la chemise ? » demanda Harry en se léchant les lèvres. Peut-être que s'il cachait son ventre avec le vêtement, Draco ne verrait pas le réel état de son corps. De cette façon, ils pourraient toujours s'amuser. Harry devait juste s'assurer qu'il se débarrasserait rapidement de son excès de poids.
Draco se moqua et poussa contre les épaules d'Harry jusqu'à ce qu'il tombe en arrière, rebondissant légèrement sur le lit. Ses bras l'entouraient, formant une cage autour de lui, tandis que ses yeux gris l'étudiaient.
« Pourquoi voudrais-tu faire cela ? On ne fait pas un coup rapide, il n'y a donc pas besoin de garder les vêtements, » dit-il sur un ton de réprimandes. « Maintenant, débarrassons-nous-en. J'ai promis d'adorer chaque centimètre de ton corps, et j'ai l'intention de le faire. »
« Très bien, permets-moi d'éteindre la bougie, » Harry commença à se soulever quand une main, à plat sur sa poitrine, le repoussa.
Cette fois, la taquinerie dans les yeux de Draco avait disparu et il avait l'air en partie confus, en partie troublé. « Quel est le problème ? Les bougies ne t'ont jamais dérangé, avant. »
« Tout va bien, j'ai juste, tu sais, peur qu'elle ne tombe soudainement et allume un feu ou autre, » rétorqua faiblement Harry et il recommença à pousser contre les épaules de Draco.
Les sourcils blonds se froncèrent et son mari se déplaça vers l'arrière, s'asseyant sur ses genoux entre les jambes d'Harry. « Tu sais que j'utilise des sorts pour les bougies afin d'empêcher ça, » rappela-t-il à l'homme aux cheveux sombres. « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Rien ne se passe, vraiment, je… ARRÊTE CA ! » s'exclama Harry, et il repoussa les mains de Draco par réflexe quand il essaya encore de déboutonner sa chemise.
Merde. Il n'aurait pas dû réagir comme ça. Cela avait été un geste stupide. Il grimaça et résista à l'envie de fermer les yeux. Lentement, il s'assit et rapporta ses jambes contre son torse, presque comme pour former un bouclier.
« Y a-t-il une raison pour laquelle je ne peux pas te voir nu ? » La voix de Draco était d'un calme trompeur, et ses yeux assombris par la frustration.
« C'est jusque que… pourquoi faut-il que ça ait tant d'importance ? Pourquoi ne puis-je garder ma chemise ? » Le joues d'Harry commençaient à s'embraser et il ne pouvait qu'espérer qu'il n'avait pas l'air aussi rouge qu'il pensait. L'amusement, l'atmosphère de séduction qui régnait depuis qu'ils étaient rentrés avait complètement disparu, laissant un Harry mal à l'aise et un Draco frustré dans son sillage.
Harry commençait à ressentir le froid, malgré la présence de sa chemise et de son sous-vêtement, et il voulut tout à coup que Draco abandonne, ils pourraient ainsi se coucher et dormir. Il ne pouvait pas dire la vérité sans avoir l'air de se sentir en insécurité. Et d'avoir peur d'être rejeté par son mari.
« Peut-être parce que je veux sentir complètement le corps de mon mari sans chemise pour te cacher ? » répondit brusquement Draco, et il fronça les sourcils.
Harry garda le silence ses bras se resserrèrent.
« Harry, s'il-te-plaît, dis-moi ce qui ne va pas, » dit doucement Draco en mettant ses mains sur les genoux d'Harry. « Tu n'as jamais eu de problème avec le fait d'être nu, avant. Je veux juste te voir, s'il-te-plaît ? »
Harry secoua la tête et cacha son visage derrière ses mains, serrant les dents. Si seulement il n'avait pas écouté Narcissa, alors il pourrait être en train de s'amuser avec Draco. Mais non, ce n'était pas de la faute de Narcissa, cette fois il aurait dû ignorer ses craintes.
« Harry, allez, dis-moi ce qui… »
« Je n'ai pas encore eu le temps de me remettre en forme, c'est tout ! » craqua finalement Harry et il laissa retomber ses mains, révélant son visage rouge et humilié. « J'ai commencé à m'exercer, mais entre prendre soin de Scorpius et Cain et les tâches domestiques quotidiennes, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour le faire convenablement, donc je suis encore… j'ai encore… » Il fit un vague geste de la main vers son ventre, pas prêt à le dire à haute voix.
Merlin, depuis quand était-il devenu si pathétique.
Il resta silencieux pendant un long moment.
Enfin, Harry trouva le courage de regarder Draco et il se figea quand il fut happé par son regard étrange. Un bras se tendit et une main se posa sur sa joue, le pouce tirant légèrement sur sa lèvre inférieure pour la libérer de ses dents.
« Penses-tu que je sois aussi peu profond pour que je puisse être rebuté par la façon à laquelle tu ressembles ? » demanda Draco, et il s'approcha lentement. Ses yeux gris coulèrent vers le bas et patiemment, oh si lentement, il attira les jambes d'Harry à lui, les faisant entourer ses hanches. Encore refroidi, Harry ne fit aucun mouvement pour interrompre Draco et il déboutonna calmement le reste de sa chemise, la laissant grande ouverte.
Désormais, la poitrine et l'estomac d'Harry étaient mis à nu et il déplaça ses bras afin de les mettre en travers de son estomac, cachant son ventre. Cependant, Draco ne voulait rien de cela et en douceur, mais avec fermeté, ses mains encerclèrent les poignets d'Harry et les garda contre le matelas, à côté de ses hanches.
« Ce corps s'est jeté devant moi pour me défendre quand les gens ont essayé de nous attaquer quand nous leur avons dit la vérité sur nous, » murmura Draco et tout en soutenant le regard d'Harry, il posa doucement un baiser au milieu de sa poitrine. « Ce corps a fait l'amour avec moi de nombreuses fois avant, m'a donné deux beaux enfants, » le second baiser fut déposé juste au-dessus de son nombril, « comment pourrais-je ne pas te trouver désirable ? »
Harry ouvrit la bouche, mais rien n'en sortit. Ses yeux restaient bloqués sur la position de Draco, entre ses jambes, embrassant encore et encore son estomac.
« Je me fiche de ce à quoi tu ressemble, je t'aime pour la personne que tu es, pas seulement pour ton corps. Je ne suis pas si peu profond, Harry, » Sa voix se fit plus grave. « Je te trouve toujours aussi désirable que la première fois que je t'ai vu nu. J'ai encore envie de faire l'amour avec toi et de te montrer combien je t'aime. »
Il se redressa et pressa leurs lèvres, les caressant lentement ensemble, approfondissant le baiser à chaque seconde qui s'écoulait.
« Puis-je te voir, s'il-te-plaît ? »
Sa dernière hésitation dissoute et rassuré par les mots de Draco, Harry enleva sa chemise et son sous-vêtement, le laissant complètement nu devant son amant depuis la première fois en près de dix mois.
« C'est ça, » murmura Draco en le tirant plus près.
Harry glissa ses doigts dans les cheveux blonds, les décoiffant légèrement tandis que ses lèvres étaient à nouveau happées par celles de Draco. Ils retombèrent sur le lit dans un enchevêtrement de membres et leurs corps bien serrés ensemble. Aucun des deux ne voulait laisser un centimètre de peau à découvert.
Leurs mains dansaient sur la peau de l'autre, caressant, frottant, touchant partout où ils pouvaient. Leurs bouches entrouvertes, leurs lèvres gonflées, un peu meurtries, s'occupaient de laisser des traces dans le cou et sur la poitrine.
Alors que les mains d'Harry se glissaient sur un ventre ferme, Draco ne s'attarda pas sur le sien ses caresses confirmaient qu'il n'avait pas été rebuté par ce qu'il avait vu et touché.
Harry enroula ses jambes autour de la taille de Draco, rapprochant un peu plus leurs deux corps.
Un gémissement s'échappa de leurs lèvres lorsque leur désir fut pressé l'un contre l'autre et ils s'arrêtèrent, se regardant dans les yeux.
Harry acquiesça à la question implicite de Draco et sans détourner le regard, le blond invoqua la bouteille de lubrifiant qu'ils avaient tenu enfermée au cas où Scorpius serait devenu trop curieux.
Le son d'une bouteille qu'on débouche rejoignit le bruit de leurs respirations et le gel clair brillait doucement à la lumière des bougies quand Draco en appliqua sur ses doigts. La bouteille fut négligemment jetée sur le sol, et les longs doigts fins se frottèrent pour réchauffer le lubrifiant.
Sa bouche recouvrit la sienne tandis que Draco cajolait doucement son entrée, aussi doux qu'il l'avait été lors de leur première fois, en prenant soin de toucher cet endroit profondément caché en Harry, qui le faisait gémir et soupirer.
Harry était frémissant et gémissant quand Draco retira sa main et il joignit ses bras tremblants autour du cou de Draco pour le tirer plus près.
« Es-tu prêt ? » murmura Draco, et il prit la tête d'Harry avec une seule main, l'inclinant pour l'embrasser profondément.
Harry se recula avec un soupir et ses yeux – pupilles dilatées au point que seul un petit cercle vert était visible – brillaient de désir, rougeoyant d'un feu caché.
« Oui, » souffla-t-il, puis sa respiration se fit hachée, s'arrêta pendant quelques secondes et s'échappa en un sifflement lorsque Draco le pénétra complètement, patientant pour que son amant s'habitue à la sensation d'être complet à nouveau.
« Oh. » Ses yeux s'écarquillèrent et il déglutit bruyamment. Il avait presque oublié comment c'était d'être complètement connecté à Draco, de rejoindre leurs corps de manière si intime.
Draco rit légèrement et commença à se déplacer lentement, sans aller loin.
Harry l'embrassa à nouveau et sa langue se pressa avec insistance contre les lèvres fermées jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent et l'accueillent dans sa bouche. Leurs baisers devinrent plus passionnés, plus difficiles tandis que leurs corps bougeaient plus vite, retombant dans un rythme familier, se perdant l'un dans l'autre.
Harry ne savait pas combien de temps cela avait duré – toute notion du temps l'abandonnait quand il était entouré par le corps de Draco, par son odeur, tandis que l'homme le réclamait et le laissait sentir combien il le désirait, combien il l'aimait.
Finalement, ils ne purent plus se retenir et ils se libérèrent ensemble, frissonnant et tremblant, leurs gémissements emplissant l'atmosphère autour d'eux.
Draco resta au-dessus de lui un peu plus longtemps, jusqu'à ce que leurs respirations se soient stabilisées et leur cœurs calmés. Alors seulement, il se retira délicatement, faisant frissonner Harry en réponse il ne pouvait se rappeler la dernière fois que son corps avait été aussi sensible.
Draco se laissa tomber à côté de lui et Harry se tourna sur le côté, la tête appuyée contre l'épaule de Draco.
Il passa ses doigts dans ses doigts dans ses cheveux et Harry ferma les yeux, profitant de la légère caresse.
« Je t'aime, » murmura Draco.
Harry déposa un baiser sur sa clavicule. « Je t'aime aussi. »
Le sommeil tomba ensuite sur eux comme une ouverture et la dernière pensée cohérente qu'eut Harry avant qu'il ne s'abandonne à l'obscurité, c'est qu'il ne douterait plus jamais de Draco et de ses sentiments à nouveau.
Quelques années passèrent et Lucius et Narcissa lui faisaient toujours autant de remarques dès qu'ils en avaient l'occasion et à Teddy chaque été lorsqu'il rentrait de Poudlard.
Harry avait décidé d'ignorer les remarques sarcastiques de ses beaux-parents, notant en effet que peu importait ce qu'il ferait, il ne serait jamais assez bien, et son énergie était mieux dépensée en prenant soin de sa famille et à son travail en tant que Briseur de Sort (auquel il était retourné quand Cain eut trois ans).
Cependant, Narcissa n'avait apparemment pas de limites quand il s'agissait de faire du mal à Harry…
Peut-être avait-il été plutôt inconscient pendant sa scolarité – Merlin savait combien de fois Hermione et Draco avaient insisté sur ce fait – mais devenir père l'avait fait changer. Il était à l'écoute de ses fils et savait instantanément quand quelque chose s'était passé. Il ne dirait pas qu'il était le père parfait – il faisait des erreurs, comme tout le monde – mais il pensait faire du bon travail en tant que tel. Ses fils savaient qu'ils pouvaient venir le voir à chaque fois qu'ils étaient perturbés et ainsi, il savait que Scorpius ne se sentait pas à l'aise avec ses grands-parents. Scorpius n'avait jamais donné de véritable raison pour expliquer pourquoi il n'était pas à l'aise, mais Harry avait deviné qu'il y avait un rapport avec le fait que Lucius et Narcissa étaient concentrés sur l'idée d'en faire un parfait enfant Sang-Pur.
Harry et Draco avaient effectivement discuté de la possibilité pour leur fils d'étudier les traditions des Sang-Pur plus tôt, et ils avaient convenu que Draco lui enseignerait celles qu'il croyait importantes à savoir, mais qu'il ne serait pas trop stricte à leur sujet.
Alors, quand Scorpius eut sept ans, Draco commença à lui donner des leçons sur les traditions des Sang-Pur un jour par semaine, ce qui rendit ses parents heureux car ils avaient craint que Scorpius grandisse sans avoir la moindre idée de son héritage et ils faisaient en sorte que Scorpius retienne bien ses leçons, l'interrogeant occasionnellement.
Connaissant les sentiments de Scorpius envers ses grands-parents, Harry essayait de les tenir à distance autant que possible, mais il ne pouvait pas refuser leurs visites occasionnelles.
Cain était plus calme que son frère, mais même à son jeune âge, son visage exprimait clairement ses sentiments et ses pensées, et Harry avait remarqué que Cain semblait ne pas aimer être avec ses grands-parents. Il avait aussi remarqué que Lucius et Narcissa étaient sensiblement plus froids envers son plus jeune fils qu'avec le plus âgé, mais il tentait de se dire qu'il devait se tromper et encourageait Cain à s'amuser avec ses grands-parents lors de leurs visites.
Harry aurait dû écouter son instinct lui dire que quelque chose n'allait pas entre Cain et ses beaux-parents...
Ils célébraient le neuvième anniversaire de Scorpius au Manoir Malfoy, lorsque le dernier coup s'abattit.
Le rassemblement était restreint cette fois : Narcissa, Lucius, Harry, Draco, Scorpius, Cain, Adromeda et Blaise avec sa femme et leur fille de deux ans.
Le gâteau avait été coupé et les présents avaient été ouverts, et les invités commençaient à se mêler aux autres, bavardant.
Harry parlait à l'épouse de Blaise – une belle femme nommée Isabelle, une Espagnole d'un bon parti qui avait déménagé en Angleterre quatre ans plus tôt – quand sa main fut soudain saisie et il baissa les yeux sur le regard plein de détresse de Scorpius.
« Scorpius, qu'est-ce que qui ne va pas ? » demanda-t-il avec inquiétude.
Le jeune garçon se mordit la lèvre et détourna la tête. « Papa, je crois que Grand-père et Grand-mère sont méchants avec Cain à nouveau. »
Harry se figea, tant à cause de la réponse qu'à l'utilisation du terme « à nouveau ». Il leva les yeux et vit ses beaux-parents, debout devant Cain âgé de cinq ans, qui était assis derrière une table sur laquelle restait un morceau de gâteau à moitié mangé. Ses petites mains étaient serrées sur ses jambes et il avait l'air au bord des larmes.
« Scorpius, reste ici avec Tante Isabelle, d'accord ? » murmura-t-il et il se dirigea vers le trio. Il ne prit pas le temps de regarder autour pour trouver Draco, parce que l'homme avait quitté la salle plus tôt pour régler une situation d'urgence dans son laboratoire.
La colère commença évidemment à bouillonner dans ses veines et il se demandait ce qu'ils disaient à son fils pour qu'il ait les larmes aux yeux.
Il s'arrêta brusquement devant Cain, le cachant de ses jambes.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? » demanda-t-il froidement, et il regarda le couple en face de lui.
Lucius leva un sourcil. « Nous discutions simplement de la magie avec votre fils. A son âge, Scorpius la contrôlait assez pour faire léviter de petits objets, mais votre plus jeune fils ne semble même capable de faire preuve de simple magie accidentelle. »
« La magie accidentelle ne peut bien sûr pas intervenir à la demande, parce qu'elle est après tout, accidentelle, » intervint Narcissa avec un sourire froid. « Mais je ne peux pas m'empêcher de remarquer que votre fils n'a jamais montré la moindre magie accidentelle. »
« Nous avons donc pensé qu'il avait réussi à avoir un certain contrôle sur elle, comme son frère aîné, » reprit Lucius d'un ton ennuyé. « Cependant, il ne semble pas capable de faire quelque chose d'aussi simple que de faire léviter une plume. »
« Mon cher, êtes-vous certain qu'il n'est pas un Cracmol ? » demanda Narcissa en regardant le garçon caché derrière Harry, qui laissa échapper un faible gémissement.
« Il n'y a pas de problème avec la magie de Cain, » siffla Harry, sa colère commençant lentement à grandir.
« Avoir un enfant Cracmol est assez honteux, je comprends donc pourquoi vous le cachez, » répondit nonchalamment Narcissa. « Il n'y a aucune cause connue expliquant exactement l'existence des Cracmols, mais je suppose que ce cas particulier est arrivé à cause de votre accident survenu lors de votre grossesse. D'après ce que j'ai entendu, il n'aurait pas dû survivre. Honnêtement, je sais que peu de gens aiment entendre ça, mais il est préférable de ne pas avoir d'enfant plutôt qu'en avoir un Cracmol. »
Il en avait assez. Il ne se souciait pas du fait qu'ils l'avaient rabaissé par le passé, ne se souciait pas du fait qu'ils l'avaient insulté et avaient encore essayé d'enrailler sa confiance en son couple, encore et encore. Il pouvait écouter leurs insultes, il pouvait traiter avec eux.
Mais il ne pouvait pas les laisser s'attaquer à son fils, lui faire du mal, le rabaisser et souhaiter vivement qu'il soit mort au cours de la grossesse.
Cette fois, il jugea qu'il n'était pas nécessaire de se retenir plus.
Ils étaient allés trop loin.
« Mon fils n'est pas un Cracmol ! Et même s'il l'était, je ne m'en soucierais pas du tout, parce qu'il est mon fils et que je l'aime, peu importe ce qu'il est ou fait ! » Harry haussa la voix, ne se souciant pas du fait que les bavardages s'étaient arrêtés autour de lui et qu'un silence choqué s'était abattu sur la pièce. « Je ne tolérerai pas que vous lui fassiez du mal ! Je me fiche de ce que vous dites de moi, de combien de fois vous m'insultez, mais vous la fermez à propos de mes enfants ! Vous avez un problème avec moi ? Très bien, agissez comme des adultes et prenez-vous-en à moi, mais ne touchez pas à mes enfants. » Il se retourna et récupéra son fils qui pleurait doucement, le plaçant sur sa hanche tout en frottant son dos. « Vous êtes allés trop loin cette fois. Vous ne pouvez pas me supporter ? Bien, vous ne me verrez plus – mais vous ne verrez plus non plus vos petits-enfants, parce que je ne vous laisserai pas les blesser. »
Sans leur laisser une chance de dire quoi que ce soit – mais à voir leurs visages choqués, ils ne savaient pas quoi répondre à cette petite tirade – Harry s'éloigna.
« Viens, Scorpius, on rentre à la maison, » dit-il et Scorpius sourit, simplement soulagé, suivant son père à l'extérieur.
« Accrochez-vous bien, mes chéris, » murmura Harry en embrassant ses deux fils, avant de transplaner à leur domicile.
« Suis-je un mauvais garçon, papa ? » pleura Cain, sa lèvre inférieure tremblante.
Harry s'assit sur le canapé, le plaçant sur ses genoux, tandis que Scorpius grimpait à côté de lui. « Bien sûr que non, mon chéri, tu n'es pas un mauvais garçon. » murmura-t-il doucement en caressant son dos tremblant.
« Pourquoi Grand-mère et Grand-père ne m'aiment pas ? » gémit le petit garçon et Harry soupira, déposant un baiser sur sa tête.
« Je ne sais pas, Cain, mais c'est tant pis pour eux. Tu es un garçon merveilleux et ils sont stupides de ne pas voir ça. »
« Ils ne l'aiment pas parce qu'il ne leur ressemble pas. » Scorpius prit la parole de manière inattendue.
« Quoi ? » Harry le regarda, berçant encore l'enfant sur ses genoux d'avant en arrière.
Scorpius désigna les cheveux noirs indisciplinés de Cain. « Je les ai entendus parler de Cain quand ils pensaient que personne ne les entendait. Ils disent qu'il n'est pas un vrai Malfoy, parce qu'il n'est pas blond et ne montre pas sa magie comme je l'ai fait, » répondit-il en fronçant les sourcils. « Ce qui est stupide, si tu veux mon avis, parce qu'il montre de la magie et qu'il a les yeux de papa, pas vrai ? »
« Oui, en effet, » répondit doucement Harry, regardant dans les yeux gris larmoyant. Alors que Scorpius avait hérité de ses yeux vert, Cain avait les yeux gris de Draco mais les cheveux noirs en désordre d'Harry.
« Écoute, Cain, tu n'as rien fait de mal, d'accord ? » dit-il d'une voix forte, exhortant le jeune garçon à le regarder. « Vous n'avez fait aucun mal. Vos grands-parents sont ceux qui ont fait quelque chose de mal, maintenant. »
« Est-ce que je dois retourner avec eux ? » demanda Cain et sa lèvre inférieure tremblait. Ses petites mains vinrent frotter ses yeux.
Harry les repoussa et utilisa ses pouces pour essuyer soigneusement ses larmes. « Non, vous n'avez pas à y retourner ils sont allés trop loin. Ils n'ont pas le droit de dire ce genre de choses. »
« Bien, parce que je n'aimais pas vraiment leur rendre visite. Ils sont plus strictes que papa, » se plaignit Scorpius et il fit légèrement la moue.
Harry sourit faiblement. « Ne le dites pas à Papa, il pourrait vous donner plus de tests, » dit-il, amusé, puis rit un peu quand Scorpius grimaça.
La porte d'entrée s'ouvrit puis se referma et Harry leva les yeux quand des pas approchèrent.
Quelques secondes plus tard, Draco apparut à la porte, ses yeux sombres et indéchiffrables.
« Je pense que nous devons parler, Harry, » dit-il d'un ton plat.
Harry déglutit et prit une profonde inspiration. « Scorpius, Cain, pouvez-vous aller dans vos chambres, s'il-vous-plaît ? Papa et moi avons besoin de parler seuls. »
Scorpius pencha la tête, regarda son père debout dans l'embrasure et hocha la tête légèrement. Il tendit la main à Cain, qui s'était calmé et saisit fermement celle de son frère.
« Allez, Cain. »
« Tes cadeaux sont dans ta chambre, » murmura Draco à leur fils, et ils quittèrent la salle rapidement.
Dès que le bruit d'une fermeture de porte à l'étage retentit, Draco entra complètement dans le salon et ferma la porte derrière lui.
Harry se leva et croisa les bras devant sa poitrine, se demandant qui serait le premier à commencer à parler.
Cela s'avéra être Draco.
« Il paraît que tu t'es disputé avec mes parents, » commença-t-il, et il appuya son dos contre la porte. « Je n'ai pas tout compris, mais je t'ai entendu leur dire qu'ils ne reverraient plus leurs petits-enfants... ce que je trouve curieux. Qu'est-il arrivé ? »
« Est-ce que tes parents ont dit ce qui s'est passé ? » répondit Harry en déplaçant ses pieds.
Il ne pouvait plus se taire, maintenant. Pendant des années, il avait gardé le silence sur le traitement qu'il subissait, parce que ses parents semblaient le mépriser. Il n'avait vu aucune raison de soulever un conflit entre Draco et ses parents, s'il lui avait dit la vérité – ou pire, de se disputer avec Draco, parce que le blond ne tolérerait pas qu'il dénigre ses parents.
Mais désormais, son mari l'avait entendu dire qu'il avait l'intention de garder les enfants loin de Lucius et Narcissa, et l'homme aux cheveux sombres s'était rendu compte qu'il n'avait pas d'autre choix que de dire la vérité s'il voulait garder ses enfants en sécurité.
Comment devait-il commencer, pourtant ? Comment était-il censé avouer à son mari qu'il avait été raillé et insulté par ses parents chaque fois qu'ils allaient les voir ? Comment était-il censé dire combien il s'était senti humilié chaque fois que Lucius et Narcissa présentaient de belles femmes Sang-Pur à leur fils, dans l'espoir qu'il se rendrait compte qu'il avait fait une énorme erreur en épousant Harry ? Comment informer son amant du fait que même leurs enfants avaient été détestés, simplement parce qu'Harry les avait portés ?
Comment était-il supposé parler de toutes ces années à se sentir mal, se sentir inadéquat, essayant d'ignorer les insultes et les railleries, toutes ces fois où il ne s'était pas senti assez bien pour être avec Draco ?
Comment était-il censé lui dire qu'il n'avait pas osé se confier à lui, de peur de le perdre ?
« Ils m'ont dit que tu as commencé à crier sans raison, parce qu'ils parlaient à Cain, » murmura Draco en levant un sourcil. « Cependant, après presque quinze ans de mariage, j'aimerais penser que je te connais bien. Et je sais que tu n'aurais pas simplement commencé à leur hurler dessus sans aucune raison. Je sais aussi combien la famille compte pour toi, donc quelque chose de grave a dû se produire si tu leur refuses le contact avec nos fils. Ce que je veux savoir, c'est ce qui s'est exactement passé. »
Harry se mordit la lèvre, mais après avoir pris une profonde inspiration, il commença à expliquer ce qui s'était passé. « Ils ont provoqué Cain, parce qu'il ne leur a pas montré sa magie. Narcissa a dit qu'il devait être un Cracmol, parce qu'il ne parvenait pas à faire léviter un objet léger, alors que Scorpius était capable de le faire à cet âge. » dit-il avec raideur en fixant le sol. « Puis elle a continué en disant que s'il était un Cracmol, c'était à cause de ce qui était arrivé durant la grossesse et qu'il était préférable de ne pas avoir d'enfant plutôt que d'en avoir un Cracmol. Elle a essentiellement dit que Cain aurait été mieux mort et elle est allée trop loin. Je me fiche de ce qu'ils disent de moi, mais ils ne peuvent pas attaquer mes enfants. Je leur ai donc dit qu'ils ne les verraient plus. » Il leva enfin les yeux. « Je sais combien tu tiens à tes parents, mais il n'y a aucun foutu moyen que je leur laisse à nouveau mes fils après ce qu'ils ont dit. »
Draco semblait être devenu plus pâle et il avait l'air de ne pas savoir quoi faire de ses mains. « Je – ne savais pas qu'ils avaient dit quelque chose comme ça, » a-t-il finalement dit, d'un air atterré, « je ne peux pas croire qu'ils aient dit ça à propos de notre fils ! »
« Oui, et bien, ils l'ont fait. Donc je ne leur laisserai pas Scorpius ou Cain à nouveau, » cracha Harry en serrant les poings.
Les yeux gris s'assombrirent d'une étrange façon – cette couleur qu'ils prenaient quand Draco se rendait compte de quelque chose. « Qu'est-ce que tu veux dire quand tu dis que tu te fiches de ce qu'ils disent de toi ? » demanda-t-il, hésitant quand Harry se tendit.
Il ne voulait pas vraiment avouer. C'était assez difficile d'informer Draco de la manière dont ses parents avaient traité ses fils, mais poursuivre et parler de ce qu'ils avaient dit à son propos ? Harry ne savait pas comment il allait réagir et cela l'inquiétait.
Harry sursauta violemment quand deux bras forts l'entourèrent et le tirèrent contre son torse chaud.
« S'il-te-plaît, Harry, dis-moi ce qu'ils ont dit sur toi, » murmura Draco.
Caché dans son étreinte, ne pas avoir à chercher et à regarder comment le visage de Draco allait changer, était en quelque sorte plus facile pour avouer et avant même qu'il ne réalise ce qu'il faisait, il commença à raconter tout ce qu'il avait sur le cœur : il dit au blond comment il avait été insulté le premier jour où il avait officiellement rencontré Lucius et Narcissa comment il avait été raillé pendant des années comment ils avaient insulté ses compétences parentales les fois où ils avaient bloqué ses messages pour Draco quand il avait essayé de le joindre les moments où ils lui avaient rappelé qu'il serait bientôt jeté et qu'il serait très vite sous-évalué et oublié...
Au moment où il s'arrêta, sa gorge était douloureuse d'avoir tant parlé et ses épaules tressaillaient sous les sanglots tandis que ses mains s'affairaient à essuyer ses larmes.
Le silence retomba sur eux et le ciel s'était obscurci d'un rouge foncé au moment où Draco, agité, conduit Harry à s'asseoir sur le canapé.
« Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de ça plus tôt ? » murmura Draco et il tendit sa main pour essuyer les larmes sur la joue d'Harry.
Harry laissa retomber ses mains sur ses genoux et laissa échapper un soupir. « Je pensais que tu croirais que je mentais. Je sais combien tu tiens à la famille et j'avais peur que tu... tu me quittes, » finit-il avec une petite voix.
« Oui, la famille a beaucoup de valeur à mes yeux, » Draco parlait presque distraitement et il glissa sa main de la joue d'Harry à son cou, son pouce caressant sa jugulaire. « C'est exactement pourquoi tu aurais dû me le dire plus tôt. Je ne savais pas qu'ils te traitaient comme ça ! Putain, j'aurais dû savoir ! Si j'avais fait plus attention, alors peut-être qu'il ne serait rien advenu de mauvais ! »
« Ce n'est pas de ta faute, Draco, » protesta Harry en le regardant d'un air incrédule. « C'est moi qui ai décidé de ne pas t'en parler et... »
« Harry, nous sommes mariés depuis plus de dix ans – j'aurais dû remarquer que quelque chose n'allait pas beaucoup plus tôt ! » Draco secouait la tête et le regarda d'un air frustré. « Si tu m'avais dit plus tôt, je les aurais détrompés. Ils ne peuvent pas te traiter comme ça, juste parce qu'ils sont mes parents ! »
Harry ouvrit la bouche, mais fut interrompu par le son d'un appel de cheminette.
« Harry, es-tu à la maison ? » appela Hermione.
Draco lui donna un doux baiser. « Va parler avec Granger, » murmura-t-il, et il se leva.
« Attends ! Où vas-tu ? » demanda Harry avec inquiétude en se levant aussi.
« Ne t'inquiète pas, je serai bientôt de retour. Je vais juste un peu marcher à l'extérieur, » le rassura son mari, et il partit tranquillement.
Harry était en train de préparer le dîner quand Draco rentra finalement à la maison. Il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et des pas s'approcher de lui. Il mettait des tranches de fromage sur les hamburgers qui cuisaient dans la casserole – Cain avait demandé s'ils pourraient avoir des hamburgers pour le dîner et Harry n'avait pas été capable de dire non, négociant une salade et des frites aussi – quand deux bras encerclèrent sa taille et des mains froides se glissèrent sous son chandail.
Un nez froid s'enfouit dans son cou et il ne put réprimer un frisson à la sensation de froid dans son cou et sur sa taille.
« Que voulait te dire Granger ? » demanda Draco en commençant à légèrement caresser les côtes d'Harry.
« Elle a demandé si cela nous dérangeait que la fête commence plus tard, demain, car apparemment, Hugo a attrapé une fièvre et ils ont besoin de laisser agir les potions avant de pouvoir l'amener avec eux, » répondit Harry en laissant tomber la dernière tranche de fromage sur le hamburger.
Draco fredonna, mais ne dit rien.
Harry se retourna pour lui faire face, glissant ses mains autour de son cou. « Où es-tu allé ? Tu rentres tard, » murmura-t-il.
« Je suis allé chez mes parents, » répondit Draco à sa grande surprise. « Je leur ai dit que je savais la vérité maintenant et que je ne les considérerai plus comme mes parents tant qu'ils n'auront pas accepté le fait que je t'ai choisi et que je n'ai pas l'intention de te quitter, peu importe combien d'imbéciles de Sang-Pur ils me présenteront à leurs soirées. »
Harry était en état de choc et n'arrivait pas à se ressaisir. « Mais, Draco, es-tu sûr ? Je veux dire, ils sont tes parents, alors... »
Il fut coupé par un baiser profond.
« Harry, toi et nos fils êtes les personnes les plus importantes dans ma vie, maintenant, » murmura Draco et il déposa un autre baiser sur son nez. « Même mes parents n'ont pas le droit de te faire du mal et de t'humilier comme ça. S'ils ne peuvent pas voir qu'ils ratent un merveilleux beau-fils et des petits-enfants incroyables, alors tant pis pour eux. Tant qu'ils ne changeront pas d'attitude, ils ne seront plus les bienvenus ici et n'auront pas à attendre que nous leur rendions visite. S'ils décident de changer, nous verrons. Maintenant, ils doivent se rendre compte qu'ils ne peuvent pas vous blesser, toi et nos fils. »
Le soulagement le parcourut et Harry se rappela une des raisons pour lesquelles il était tombé amoureux du blond : sa volonté de faire les bonnes choses, son désir de protéger ceux qu'il aimait.
« Merci, » murmura Harry et il pencha sa tête pour embrasser son mari.
Les lèvres de Draco se retroussèrent vers le haut et il lui rendit son baiser.
Si Harry serait un jour capable de pardonner Lucius et Narcissa était une question à laquelle il ne pouvait pas répondre. Pour l'instant, il se concentrerait sur sa famille et sa carrière, vivant sa vie sans avoir ses beaux-parents sur le dos.
FIN
