Disclaimer : Je sais que vous avez compris, mais je suis obligée de le répéter. Naruto ne m'appartient pas !
Beta Reader : Yasei no Aijin
Réponse aux reviews anonymes :
Djeneba : Salut, merci pour ton commentaire. Pour ce qui est des reviews, je pense que ça viendra avec le temps. Je n'ai publié que deux chapitres, alors ça ne me perturbe pas plus que ça. Bien sûr, c'est toujours agréable d'en recevoir :D
Mina : Merci pour ton commentaire ainsi que pour la question. Pour ce qui est de la période de la première génération, les couples principaux sont [Mito Uzumaki x Hashirama Senju] et [Madara Uchiha x Sukeko Hyûga]. Je parlerai d'Izuna et de Tobirama quand ça sera le moment. Pour ce qui est de la génération de Naruto, j'en parlerai aussi lorsque j'aurai publié un chapitre, parce que c'est assez compliqué. Mais quel couple aimerais-tu voir ?
Guest : Coucou, merci pour ton commentaire. Alors je ne vais pas répondre à tes suppositions, car tu auras la réponse à tes questions dans ce chapitre et dans le suivant. Mais j'ai l'impression qu'on pense de la même façon. Oui, je suis passée rapidement sur leur envie de créer le village, car c'est du déjà vu. On connaît l'histoire.
Marion : Salut Marion, merci beaucoup pour ta review et tes compliments. J'espère continuer à te divertir. Et oui, maintenant, on entre dans leur adolescence qui possédera plus de chapitres que la partie enfance, le temps de bien même mettre les choses en place avant qu'ils ne deviennent adultes. Si raconter l'histoire du Mangekyou Sharingan de Madara ou bien de la manière dont Hashirama a développé le Mokuton sert à l'intrigue, je le ferai.
Guest 2 (désolée, mais je ne savais pas trop comment vous différencier) : Coucou, et merci d'apprécier. Merci pour ta review.
Guest 3 (idem) : Salut, merci pour ton commentaire, voilà la suite.
Un grand merci à Djeneba, Mina, Guest, Kyomi-hime, Alaysinmyheart51, Marion, Guest 1 et Guest 2 d'avoir pris le temps de laisser un avis. J'ai été tellement surprise par vos gentils mots ! Mais du coup, j'ai une pression de dingue sur les épaules ! J'espère juste que la suite ne va pas vous décevoir et qu'elle saura toujours vous divertir.
Pacte de sang III - L'ouverture
Trois années passèrent après ces événements qui martelaient toujours le cœur de l'Uchiha comme un poignard en fusion, à chaque fois que son esprit se perdait à cette époque. Il ne parvenait pas à oublier l'affront qu'il avait subi, persuadé qu'il s'agissait d'un coup monté. Jamais, il ne le pardonnerait à Hashirama Senju ! Assis dans l'habitation principale du domaine Uchiha, il attendait la venue d'une personne importante. Enfin, c'est ce qui était dit. Et profondément ennuyé, il patientait en lisant calmement quelques parchemins dont on affublait à son clan diverses missions sans intérêt. Lorsqu'il estimait qu'elles n'étaient pas assez pertinentes, il les jetait par-dessus son épaule, manquant de toucher la pauvre domestique, chargée de les ramasser. Son genou droit gigotait nerveusement trahissant ainsi son état d'esprit, alors qu'il tentait de se concentrer comme il pouvait sur sa lecture. Non, décidément, l'humiliation qu'il avait subie durant cette mascarade de duel ne passait pas. Et pourquoi ces désagréables souvenirs ressurgissaient aujourd'hui, alors qu'il n'y avait plus pensé depuis plusieurs années ?
Il soupira par le nez.
— N'oublie pas de les brûler, ordonna-t-il la voix légèrement irritée. Je ne veux plus voir ces âneries sous mes yeux.
— Oui, Madara-sama, cela sera fait comme vous le souhaitez, répondit-elle docilement. Elle se courba pour ramasser le dernier parchemin déchiré et balancé à terre, puis se redressa dans l'attente d'une nouvelle projection.
Sa voix était si aiguë et empreint d'une politesse si formelle qu'elle en fit grogner le brun. Il parcourut un nouveau parchemin des yeux, d'un clan se trouvant non loin du Pays des Tourbillons. Ils avaient besoin d'hommes pour reconstruire le village, détruit par un éboulement de terrain et en appelaient donc à la bonté des guerriers. Bâtis comme des titans, cela irait rapidement avec les forces et les dons, dont ils avaient été octroyés par la nature. Il froissa le document. Et puis quoi encore ? Ils ne voulaient pas des hommes pour prendre soin des jeunes enfants ou encore aider les vieilles personnes ? Le papier se retrouva rapidement à rouler sur le sol. Il se saisit d'un autre parchemin en expirant à nouveau bruyamment par le nez. Tout cela commençait à l'exaspérer sérieusement. Savaient-ils à qui ils s'adressaient ? Un peu de respect tout de même !
Mais non, en réalité, il n'était pas agacé par cela. C'est, l'avilissement qu'il avait subi cette fameuse nuit ne passait toujours pas.
— N'ai-je pas toujours tout fait pour protéger mon clan ? questionna-t-il soudainement.
La domestique mit un peu de temps à répondre, ne comprenant pas dans un premier temps que c'était à elle qu'il s'adressait. Alors, elle lui fit face, le regard bas.
— C'est le cas, Madara-sama. Vous avez toujours tout mis en œuvre pour notre bien à nous tous et pour que nous ne manquions de rien. J'en fais le témoignage.
— N'ai-je pas gravi avec succès les échelons afin de pouvoir accéder légitimement au titre de chef de clan, par ma seule force, sans me reposer sur mon hérédité ?
— Vous avez sué avec force, Madara-sama. J'en suis le témoin, même si ma parole ne vaut rien.
— Ne suis-je pas le plus grand guerrier que le clan Uchiha ait connu depuis longtemps ? Et cela malgré mon jeune âge ? poursuivra-t-il en croisant les bras, fier.
— Vous l'êtes, Madara-sama. Les clans vous craindront par la seule évocation de votre nom. Il résonnera au-delà des frontières du Pays du Feu.
— Ai-je déjà refusé quelque chose au clan ? J'ai toujours fait en sorte qu'on ait des vivres et de l'argent pour pouvoir vivre dignement, ne rechignant sur aucune mission qui m'a été donnée.
— Vous êtes l'incarnation même de la générosité, Madara-sama.
— Et, ne suis-je pas plus grand, plus fort et plus beau que ce Senju à l'horrible coiffure ?
— J'atteste que vous, Madara Uchiha, du clan Uchiha, l'êtes.
— Il va de soi que j'ai un sens du style beaucoup plus raffiné que lui, se dit-il à lui-même. Alors pourquoi cette satanée de Hyûga l'a choisi lui, plutôt que moi ?
— Je…
Elle s'arrêta, ne sachant quoi répondre. Elle ne savait même pas de quoi il pouvait bien parler. Qu'est-ce que le Senju et la "satané de Hyûga" venait faire dans la conversation ? Troublée, elle le regarda ne sachant quoi répondre, mais tomba sur ses pupilles noires exigeant une réponse.
— Je…
Paniquée, elle porta son attention aux rouleaux de papier qui traînaient sur le tatami sombre, abîmé et sali par les inlassables venues. Que dire à cela ? Elle ne savait même pas qui était la fille dont il était question.
— C'est bon, dispose, fit-il en agitant quelques doigts.
— Il en sera fait comme vous-
— Dehors ! rugit-il. Ta voix est insupportable. Je l'ai assez entendu pour aujourd'hui.
Elle s'inclina et disparut aussitôt. Il tenta de retrouver un souffle calme.
Aujourd'hui, cette jeune domestique lui sortait par les yeux, pourtant, elle répondait comme d'habitude, sans faire plus ni moins. Il ne lui avait jamais fait la remarque avant aujourd'hui. Mais il n'était pas d'humeur à supporter cette voix, monstrueusement irritante pour l'ouïe. Cela ressemblait à un couinement entre la chèvre et le lapin. Il essaya de se concentrer sur son ouvrage lorsqu'il entendit une douce mélodie venant de l'entrée du village. Il se leva et se rendit à la fenêtre la plus proche et vit les gens se ruer à l'orée du domaine. Ils devaient être enfin arrivés. Ses invités. Sans plus de cérémonie, il retourna à son coussin et continua à lire les parchemins l'un après l'autre faisant fi du vacarme.
On frappa à la porte puis celle-ci glissa lentement laissant apparaître des domestiques du clan Uchiha. Ils s'excusèrent pour le dérangement et entreprirent de préparer la pièce à l'accueil des nouveaux arrivants.
On lui prie de donner les manuscrits afin de les ranger ailleurs, mais il refusa avec force. Qui allait lui en empêcher de toute façon ? Père était en voyage depuis quelque temps et Takuma Uchiha, son régent n'avait pas encore l'audace de lui dicter sa conduite. Autour de lui, on s'affairait à faire une belle décoration, avec un service à thé de couleur pastel, des bonbons sucrés multicolores et enfin, des coussins mauves, lui rappelant les yeux de Sukeko. Car oui, c'était bien elle sa prestigieuse invitée.
Il y a trois ans, il avait remporté le combat contre Hashirama Senju et de ce fait, le Roi de la Lune lui-même avait été particulièrement enthousiaste à l'idée de lui donner sa fille à épouser. À l'époque, ils n'étaient que de jeunes enfants. À peine treize ans. Mais désormais l'âge du mariage atteint, elle était officiellement sa fiancée. Les épousailles allaient sûrement être pour les prochains jours, car les deux camps ne souhaitaient pas faire traîner les choses.
En réalité, pour lui, ce combat contre le Senju ne comptait pas comme une victoire. Il avait littéralement perdu conscience, tout en restant debout à combattre férocement. Il aurait infligé des coups mortels à son adversaire, si bien qu'il se demandait encore aujourd'hui si ce dernier était encore vivant. Les deux familles avaient continué à s'affronter, mais on lui avait interdit le champ de bataille, car il devait encore s'entraîner à manipuler son Sharingan avec aisance. Quoi qu'il en était, il attendait avec empressement le jour où lui et son vieil ami se retrouveraient au front, dans un réel duel à mort cette fois-ci. Enfin, si l'autre vivait toujours. Izuna l'avait remplacé auprès de son père durant les combats. Et comme de leur côté, chez les Senju, Hashirama manquait également à l'appel. C'est Tobirama qui combattait à la droite de l'actuel chef du clan Senju.
Rapidement, la pièce fut accueillante et débarrassée de ses déchets. Tous sortirent par la petite porte de derrière qui emmenait vers le grand jardin, afin de vaquer à nouveau à leurs tâches domestiques. Sauf une servante. Enfin, elle ouvrit la porte et invita les convives à pénétrer à l'intérieur. Un premier visage fit son arrivée devant un Madara qui toujours assis face une table basse brune, n'allait pas se donner la peine de se lever ou bien de gaspiller sa salive en de fausses salutations. Non, il garda son regard suspendu à son papier, faisant maintenant mine de le lire avec attention. Il jeta au passage un coup d'œil à la pièce qui était à son goût, dépourvu du moindre charme, sombre malgré la forte lumière du soleil qui pénétrait dans celle-ci. On avait même grossièrement posé un service à thé sur la table, aux couleurs dégoûtantes. Il ne fit aucun commentaire, mais admit effectivement que la pièce manquait de charme et de raffinement. Et pour cause, ils se trouvaient dans un clan guerrier. Ajouter des couleurs féminines n'allait pas changer ce fait.
— Voici présente La Princesse Sukeko Hyûga, héritière du clan de la Lune et Tsumiya ! Faites révérence ! Faites révérence ! Annonça une voix nasilleuse et dépourvu du moindre charisme. Son accent lui rappela immédiatement la manière dont sa prétendante articulait les mots à l'époque.
Aucune réponse.
Alors, l'homme racla sa gorge et s'annonça une nouvelle fois, le visage haut. Il était Hungaro, désigné par le Roi en personne pour accompagner la Princesse Sukeko sur les terres extérieures afin qu'elle puisse enfin s'entretenir avec son prétendant au mariage, depuis trop longtemps ravi à ses yeux.
L'Uchiha daigna enfin lever le menton, las.
— J'avais entendu la première fois, répondit-il simplement.
L'homme était vêtu d'une longue tunique à la couleur éclatante et décorée par des tomoes noirs au niveau de son col, relevé avec élégance. De son œil dépourvu de pupille, il analysa froidement la pièce sombre où le jeune homme qui venait de lui répondre, siégeait tranquillement à même le sol. Qui était cet homme ? Où se trouvaient donc les responsables du clan, pardi ? C'était intolérable. Il allait à nouveau prendre la parole, mais la jeune fille qui l'accompagnait, avança.
Fidèle à elle-même, Sukeko pénétra à son tour dans la pièce en fronçant du nez, le menton haut et le regard droit. Elle n'avait rien perdu de ses reconnaissables manières. Ses traits de l'enfance avaient disparu, laissant place à des joues légèrement creusées et un visage en forme de cœur, dont le menton pointu pointait dédaigneusement vers le haut. Un jeune homme apparut en trompe derrière eux, manquant de la bousculer. Il s'arrêta à sa hauteur, légèrement essoufflé. Il passa rapidement la main dans ses cheveux sombres et mi-longs afin d'y mettre un peu d'ordre. Se raclant la gorge, il s'annonça :
— Veuillez pardonner les manières un peu rudes de mon frère, je vous prie, fit-il en se courbant légèrement vers ces deux invités. Je suis Izuna Uchiha, le frère cadet de Madara Uchiha, ici présent, dit-il en le désignant de la main. C'est moi qui serai chargé de vous guider et de vous informer le temps de votre visite dans cette demeure.
La blonde se tourna vers son accompagnateur.
— Dis-moi, Hungaro, est-ce que cet être a osé s'adresser directement à Sukeko-sama ? demanda la Princesse.
Madara remarqua - en plus du fait qu'elle parlait d'elle à la troisième personne - que son accent était beaucoup plus prononcé que par le passé. Les mots sortaient rapides et aussi tranchants qu'une lame de rasoir de ses lèvres, au point où il comprit avec difficulté ses propos.
— Non, Princesse, c'est à moi qu'il causait. Mais ne vous en faites pas, je vais clairement énoncer les règles lorsque nous serons enfin invités à prendre place, piqua-t-il.
— Ah, je vous en prie, affirma Izuna à l'homme, comprenant qu'il ne devait sous aucun prétexte adresser la parole à cette jeune femme.
Il montra la table complètement en désordre sur laquelle Madara avait posé sa besogne. S'approchant de celle-ci, il retira les parchemins un à un en fustigeant un regard lourd de reproche son frère aîné.
— Je vous en prie, prenez place.
Le petit homme invita sa Princesse à prendre place. Elle hésita un instant avant de s'y résoudre. Plus vite elle terminait cette entrevue, plus vite elle en serait débarrassée. Alors, avançant de toute la grâce dont elle était capable, elle plia ses genoux et se posa, droite, face à l'Uchiha qui avait bien grandit depuis le temps jadis, mais tourna le visage vers la droite afin de ne pas l'avoir dans son champ de vision. L'homme qui l'accompagnait se plaça à sa gauche et semblait être habitué à son comportement particulier.
— Nii et siin on kuulus Madara Uchiha ? {Voici donc, le fameux Madara Uchiha ? }, demanda-t-il tout haut.
Il prit le silence de Sukeko comme une confirmation. Il s'était attendu à un homme, un vrai. Avec du poil et une carrure imposante. Il ne voyait qu'un gamin qui devait sûrement toujours réclamer le sien de mère. Secouant la tête de gauche à droite avec dédain, il affirma :
— Je serai le principal intermédiaire entre vous et La Princesse Sukeko, Madara Uchiha annonça-t-il froidement. Cette première entrevue a pour but de vous énoncer les devoirs que vous aurez envers la Princesse. Nous voulons que la Princesse détienne un confort similaire ou du moins qui se rapproche le plus possible de son lieu d'habitation naturel. Bien que nous savons que la vie sur Terre est des plus lamentable, alors essayons d'arranger cela du mieux que nous pouvons.
Le corps de Madara se secoua légèrement, lorsqu'il ricana, amusé. Mais il continua à écouter avec attention et patience.
— C'est pourquoi, nous aimerions, pour commencer par vous annoncer que lorsque la Princesse Sukeko pénètre dans une pièce, vous devez vous lever et lui faire une révérence, un genou posé sur le sol et la tête basse. C'est ainsi que nous faisons chez nous. Le comportement que vous venez de nous montrer à l'instant est pardonnable, car vous ne le saviez peut-être pas, mais à l'avenir, tâcher de l'avoir à la tête.
Le regard de Madara se dirigea vers son jeune frère, qui d'un geste apaisant de la main lui demandait de rester calme. Alors, il serra les dents, se demandant combien de temps, serait-il capable de garder le silence, avant d'exploser.
— De plus, poursuivit Hungaro, je ne vois nullement le maître et la maîtresse du lieu. La Princesse Sukeko ne se montre que devant les plus hautes instances d'un clan. Où sont-ils donc ? s'agaça-t-il.
— En déplacement, mais ils seront de retour rapidement, certifia Izuna.
L'homme répondit par un bruit de gorge réprobateur, pendant qu'Izuna, ayant soudainement pris conscience qu'il n'avait rien apporté pour se restaurer, servit le thé, s'excusa et quitta la pièce.
— Aussi, nous aimerions faire apporter des objets provenant de la Lune, pour que la Princesse ne soit pas trop dépaysée, reprit-il. Il s'agit de petits mobiliers comme…
— Je refuse, le coupa-t-il sèchement. Finalement, il en avait assez entendu.
— Je comprends votre méfiance, Madara, mais il ne s'agit que de petites reliques qui ne compromettront pas votre espace. N'oublions pas que le confort de la Princesse est ce qui compte le plus. Je suis sûr qu'il vous incombe aussi bien à vous qu'à nous qu'elle soit heureuse, ici.
— Si Sukeko doit vivre sur Terre, elle vivra comme nous autres, terrestres. Je ne ferai aucune concession dessus. Mais si vous avez d'autres choses à me soumettre, comme le fait que nous devrons quitter la pièce lorsqu'elle entrera ou encore lui céder ce qu'elle exige, je suis tout ouïe, finit-il narquois.
— Hungaro, peux-tu dire à ce sinistre individu que je ne tolérerai pas une seconde de plus qu'il m'appelle une nouvelle fois par mon prénom. Cela sera Princesse pour lui. Il est hors de question qu'il souille ce nom qui m'a été gracieusement attribuer par le Roi et la Reine avec sa bouche.
— Je scellerai la tienne avec du fil chirurgical si tu ne changes pas de ton immédiatement, sale impertinente la réprimanda-t-il. Ici, tu es dans mon domaine. Et j'y fais la loi.
— Vous me menacez ? Je vois que vos manières de rustre non pas changé. Et, ne vous adressez pas directement à moi ! Insolent !
— Ah ! fit-il étonné. J'ai le droit au vouvoiement maintenant ? Est-ce une forme de respect de ta part ?
— Hungaro, dit à ce malfrat que je souhaite mettre le plus de distance possible entre lui et moi. Voilà pourquoi j'utilise le vouvoiement.
Son accompagnateur fut consterné par tant de mépris et de négligence de la part de simple humain. Savait-il au moins où était sa place ? Défier la Princesse ainsi, sans le moindre scrupule ? Le Roi, était-il tombé sur la tête lorsqu'il décida de cette union qui se devait d'être capitale pour leur clan ?
Un toussotement se fit entendre et Madara leva les yeux vers son frangin qui entrait dans la pièce. Le moins qu'il ait aperçu, lui donnait déjà le ton sur les relations que les deux prétendants entretiendraient dans l'avenir.
— J'ai apporté des encas, le temps que nous discutions. Bien sûr, vous aurez droit à un repas digne de ce nom ce soir, fit-il en posant le plat sur la table.
Il s'agissait de gâteaux de riz ainsi d'une autre chose à la couleur rouge foncé dont le nom échappait au petit homme qui accompagnait Sukeko. Pourtant, il agit comme s'il savait de quoi cela était composé et se servit en premier pour prévenir tous risques d'empoisonnement. Il n'avait pas eu l'occasion de se rendre souvent sur terre, mais comme il aimait leurs délicieux mets. C'était fortement goûteux.
— Qu'ai-je raté durant mon absence ? s'informa Izuna, en prenant place près de son frère, se tenant aussi tendu qu'un arc.
— Pas grand-chose, ils nous soumettent les conditions d'accueil de Sukeko, répondit calmement Madara.
— C'est Princesse, pour vous, renchérit la jeune fille, devenant de plus en plus agacée.
— Mais j'ai bien sûr refusé. Il est hors de question que des étrangers viennent faire leur loi chez nous.
— Des étrangers ? Je vous rappelle que la Princesse sera bientôt votre légitime épouse et vous refuser de faire ce geste qui prouvera votre bonne foi ? questionna Hungaro en se léchant les doigts sans aucune tenue. Décidément, cette chose était vraiment exquise.
— Je refuse. Elle vivra comme nous tous. Et il va sans dire également qu'aucun Uchiha ne posera le genou à terre lorsque Sukeko entrera dans une pièce. Vous vous prenez pour qui au juste, se mit-il à lever le ton.
Ça commençait à bien faire. Ils se croyaient où au juste ?
— Nous sommes les Séléniens ! Notre race est supérieure à la vôtre ! On ne devrait pas à avoir à quémander quoi que ce soit ici. On exige et vous exécutez ! s'emporta-t-il.
— Hungaro, cela suffit, intervint Sukeko. Elle ne voulait pas soulever un débat puéril et inutile qui allait durer des heures et des heures. Être ici était déjà assez irritant comme ça. Ce n'est pas comme s'ils avaient le choix.
De son côté, Izuna tentait également de calmer les choses.
— Madara, dit son petit frère en réprimant un soupir. On peut faire quelques concessions pour rendre le séjour de Suk- de la Princesse chez nous plus agréable, voyons. Pardonnez à mon frère, comme je vous l'ai dit plus tôt, il est un peu dur et n'est pas très sensible au confort des autres.
— Si tu n'es pas contente, Sukeko, tu peux toujours rentrer chez toi, car tout comme moi, tu ne sembles pas apprécier ou vouloir cette union !
Elle daigna enfin le regarder droit dans les yeux, le menton toujours haut.
— Je ne la désire pas !
— Princesse, la réprimanda Hungaro. Vous ne pouvez pas dire cela. Vous savez qu'elle est d'une nécessité capitale, s'adoucit-il en prenant conscience que si ces deux-là rompaient le pacte, une catastrophe allait arriver. Il devait sauver ses fesses.
— Parfait, alors pourquoi sommes-nous ici à discuter et à perdre notre temps ? reprit Madara, décidé à s'en aller et à couper court à tout.
— Je me le demande bien, voyez-vous ? Me faire quitter ma Lune chérie pour l'oxygène pollué de votre Terre. C'est infâme !
— Dans ce cas, fit l'homme aux cheveux longs en se relevant, tout est dit. Je ne vous retiens pas plus.
Et sur cela, il quitta la pièce, sans demander son reste. Izuna resta bouche-bée une fraction de seconde, avant de s'excuser une énième fois. Il quitta la pièce les laissant seuls. Il alla à la rencontre de son frère qui déambulait dans les couloirs. Il se dirigeait à l'extérieur, dans le grand jardin où les premiers bourgeons du printemps germaient timidement.
— Madara, qu'est-ce que tu fais là ? Tu souhaites vraiment faire capoter ce mariage ?
— J'étais prêt à faire des efforts, mais tu l'as vu comme moi, elle est butée.
— Père nous fait confiance ! Et puis cette union a été décidée, il y a trois ans, ni elle, ni toi ne pouvez la refuser ! Un contrat a été scellé. Comment réagira-t-il à ton avis, s'il venait à découvrir que tu as fait fuir la fille ?
— C'est elle qui refuse, pas moi, se défendit-il. Elle va en assumer les conséquences. Tu es mon témoin.
Izuna le prit par les épaules et le força à le regarder.
— Elle peut assurer la prospérité de notre clan, Madara. Imagine seulement les fruits de votre mariage. Vos enfants seront les plus puissants qu'il ait été donné d'avoir sur cette Terre. On vaincra tous les clans un par un ainsi et la paix régnera enfin. N'est-ce pas ce que tu veux plus que tout au monde ? La paix ? Ne me dis pas que tu y as renoncé ?
Il souffla. Son frère avait les bons mots qui achevèrent de le convaincre. Il n'était pas complètement réfractaire à cette union et pouvait s'en accommoder, mais…
— Qu'est-ce que tu penses d'elle ? demanda finalement le grand frère.
— Je ne la supporte pas. Je dirais même que je la déteste déjà.
— Ah ! Alors, comment veux-tu que je procède avec elle ?
— Accepte ces caprices !
— Jamais !
— Au moins jusqu'au mariage. Après, elle sera à notre merci et seule. Il n'y aura personne pour t'interdire de faire quoi que ce soit. Corrige-la si cela est nécessaire et fais lui des enfants. C'est tout ce qui importe. Au moins un enfant… Ça serait bien, je pense.
— Et c'est moi que tu traites de dur, le regarda-t-il, faussement outré.
— Je ne reculerais devant rien, pour la sauvegarde de notre clan !
— Moi non plus, tu le sais !
— Bien sûr, alors prends sur toi, et vois cette épreuve comme un défi. Apprivoise-la et fais la tienne. Lorsque tous les membres du clan Senju auront péri, nous serons les gagnants. La victoire est à portée de main !
Izuna tendit son poing à Madara qui cogna dedans dans un long soupir qui affirmait clairement que les choses n'allaient pas être simples. Il allait devoir faire de gigantesques efforts pour ne pas la tuer avant la cérémonie.
Et tandis qu'il retournait à l'intérieur, Madara lui demanda :
— Combien de femmes tu as réussi à tromper avec cette technique et ta gueule d'ange ?
Les commissures des lèvres de son frère se soulevèrent dans un drôle de sourire.
— Pardonnez-nous pour ce petit contretemps, s'excusa Izuna en pénétrant à nouveau dans la pièce.
Madara reprit place, en croisant les bras. Il tenta de se détendre en expirant bruyamment.
— Voilà ce que je vous propose, Hungoro.
— C'est Hungaro, corrigea le concerné.
— Hungaro, excusez-moi. Allons faire un petit tour. Je vais vous faire découvrir notre clan un peu plus en détails et ainsi, vous pourrez me soumettre vos recommandations que nous aurons la joie d'accepter.
L'autre jeta un coup d'œil à sa Princesse peu sûr de lui.
— Kas ma saan sind üksi jätta ? {Puis-je vous laisser seule avec lui ?}
— Mis sa arvad, et ta suudab minuga teha? {Que crois-tu qu'il pourra me faire ?}
Il acquiesça.
— Kui teil on probleeme, võtke minuga ühendust. Kuid palun, hoolitseme. {En cas de problème, n'hésitez pas à m'appeler, mais en attendant s'il vous plaît, ne faites rien d'inconsidéré.}
Elle ne répondit rien, se contentant de pincer ses lèvres amèrement.
— Je pense qu'il vaut mieux qu'ils s'entretiennent intimement. Ils ne semblent pas disposés à communiquer de toute façon. Voyons les détails ensemble, je vous prie, renchérit Izuna.
— Je ne peux que vous donner raison, Izuna. Pour le moment, le confort de la Princesse est ce qu'il y a de plus important. Allons donc en discuter dans un endroit calme, acquiesça-t-il n'omettant pas de prendre le plateau d'encas avec lui.
— Essayez de ne pas vous entretuer avant notre retour, ironisa l'Uchiha en sortant.
La porte coulissa lentement dans un bruit sec.
Madara jeta un œil à Sukeko qui ne daigna même pas le regarder. Elle avait les yeux fixés sur le mur dépourvu du moindre élément de décoration. Pourtant, elle trouva un intérêt particulier aux fissures qui ornaient un point d'impact. Il soupira. Comment entamer la conversation avec une tête de mule ? Ce qu'il aimerait lui demander, c'est pourquoi, elle avait choisi Hashirama plutôt que lui ? À quel moment de sa vie, lui avait-il fait défaut ? Il avait beau se creuser la mémoire, il n'en trouvait aucun. Enfants, ils étaient plutôt bons amis ? Il gardait précieusement dans son cœur, des souvenirs imperméables à sa colère, où le sourire de Sukeko à son égard était éclatant et pleins de malice. Alors, d'où provenait cette sévère rancœur qu'elle avait à son attention ? C'était à lui de lui en vouloir non ?
Il était hors de question qu'elle inverse ainsi les rôles.
Il referma son parchemin.
— Qu'elle est donc cette langue que vous parlez ?
Il posa la question sachant pertinemment qu'il n'obtiendrait pas de réponse.
— On sera lié éternellement dans quelques jours. Il est mieux pour nous deux de nous accommoder dès maintenant, l'un de l'autre. J'ai beaucoup de te choses à te reprocher, mais je suis prêt à faire des concessions pour que cela se passe pour le mieux. Remercie ma bonté d'âme.
Sa bonté d'âme ? Et puis quoi encore ? Elle resta murée dans le silence, mais se dandina légèrement sur son siège. Leur particulière manière de s'asseoir commençait déjà à engourdir ses genoux, mais elle ne laissa rien paraître. Et puis c'était étrange, mais son ventre commençait à se nouer, comme lorsqu'une terrible angoisse naissait au creux de l'abdomen.
— Je sais pertinemment, que ce n'est pas moi que tu voulais. Mais, j'ai gagné ce combat, s'agaça-t-il. Tu me reviens de droit. Alors, dis-moi, une bonne fois pour toute, quel mal ai-je bien pu te faire ? Qu'on en finisse !
Il ne se rendait même pas compte de la portée que ses mots pouvaient avoir dans l'esprit de Sukeko, qui l'écoutait sans répondre. Alors, pour lui, elle n'était qu'un trophée dûment gagné ? Tout cela parce qu'il avait gagné un ridicule combat qui n'avait que pour but de divertir le Roi ? Car même si Hashirama l'avait emporté, le roi ne l'aurait pas cédé au Senju, qu'il considérait comme trop lisse de caractère. Elle l'avait appris à son retour de la Lune. Et si cela avait déclenché une violente bataille au sein même du palais du Daimyo, il s'en serait délecté avec exultation.
— Je ne t'ai jamais fait le moindre mal. Et tu sais que j'en serai jamais capable.
Un shinobi ne devait pas montrer ses sentiments, mais comment faire autrement pour toucher le cœur d'une femme ? Si toutefois, elle en possédait un. Il la vit se tourner vivement vers lui. Il ne lui avait jamais fait le moindre mal ? C'est ce qu'il venait d'affirmer ? Elle en sera les poings au point où ceux-ci se mirent à trembler de rage.
— Venez-vous de dire que vous ne m'avez jamais fait de mal ? Alors que cette nuit-là, j'ai ressenti une frayeur telle que je ne peux même pas l'exprimer, avoua-t-elle, la voix enrouée par l'émotion.
Il la dévisagea. C'était quoi son problème encore ?
— Ce fut la première fois de ma vie que je vis les yeux d'un homme rougir de colère et de détresse… Tout bonnement terrifiant.
Il écarquilla le regard. C'est de lui qu'elle faisait mention. Ses mains agrippèrent le papier si fortement qu'elles le froissèrent. Il attendit qu'elle poursuive. Enfin, on allait lui donner un autre point de vue, ainsi que d'autres détails concernant cet affrontement.
— Vous rugîtes comme un animal blessé et vous vous élançâtes vers lui, avec la ferme intention de le déchiqueter. Ou devrais-je dire le dévorer, se corrigea-t-elle. Lorsque vous lui assenâtes un coup d'épée dans l'abdomen, puis que vous enlevâtes lentement votre épée de son corps ecchymosé, pour le couper aux bras, il tomba à terre mutilé. Et là, vous dirigeâtes votre regard vers moi.
Des tremblements menaçaient de secouer son corps. Elle essaya de les contenir du mieux qu'elle put, ne voulant lui dévoiler l'effet qu'il avait sur elle. La blonde porta également une main au bas de son ventre, qui commençait à lui être sérieusement douloureux. Sa terreur était si palpable qu'elle en retint sa respiration inconsciemment.
— Durant ces dernières années, poursuivit-elle, je n'ai jamais oublié avec quelle force ces pupilles rougeoyantes m'ont fusillées un bref instant. C'était comme si j'avais été transpercée par de milliers de lames glaciales, lacérant mon visage, mes poignets… Tout mon corps. Ça n'a duré qu'un bref instant, mais ma chair n'a pas oublié la froide douleur que cela m'a procurée.
— Mais de quoi tu parles ? Demanda enfin ce dernier. Cette scène dont tu parles n'a jamais eu lieu. Tu as dû halluciner, ce qui ne serait pas surprenant, car je me demande parfois si tu es vraiment saine d'esprit.
On lui avait raconté que cette nuit-là, il avait perdu le contrôle de lui-même, ainsi que la manière dont il avait battu le Senju. Mais, d'elle, on ne lui avait fait aucune mention.
— A ce moment-là, j'ai compris que tu allais remporter le combat et que je serai condamnée à vivre avec un démon, capable d'infliger de la souffrance même à distance. Vous m'avez fait subir cela, simplement, car je ne vous avais pas choisi… Après tout cela, vous vous demandez pourquoi j'agis ainsi avec vous ? Vous n'arrivez pas à comprendre une chose aussi simple que je sois obligée de l'expliquer ?
Il en perdit la voix. Son regard sombre se posa sur le corps frêle de la jeune fille qui trahissait sa terreur. Elle ne pouvait que dire la vérité. C'était la première fois qu'il avait éveillé son Sharingan sans aucune maîtrise. Alors, en effet, il est possible qu'il lui ait infligé quelque chose, inconsciemment, tant son cœur avait explosé de fureur cette nuit-là.
Il se racla la gorge. Il n'allait pas s'excuser pour quelque chose qu'il avait certes fait, mais sans intention.
— Je ne tiens pas à revenir sur ça, répondit-il simplement, troublé.
— Car vous vous savez coupable ! rétorqua-t-elle.
— On va jouer franc jeu tous les deux, car je commence vraiment à en avoir assez. Souviens-toi que tu resteras tout une partie de ta vie avec moi, si tu ne meurs pas avant. Alors je te conseille d'apprendre le respect dès maintenant !
— Celui qui a le plus de chance de succomber face à la mort ici, c'est toi ! Alors je te déconseille de me provoquer, s'énerva-t-elle, en fronçant ses sourcils aussi blonds que sa crinière.
— Ta bouche, menaça-t-il en se levant brutalement. Il cogna de ses mains la table avec tant de brutalité qu'elle se fissura dans un sinistre craquement. Sa mâchoire fut si crispée que sa veine jugulaire, se gorgeant de sang, était maintenant perceptible à travers sa peau tannée par le soleil.
— Ose seulement penser à poser les mains sur moi. Ose seulement me défier, et tu verras que le clan de la Lune peut-être d'une redoutable rancune à l'égard de ses ennemis.
Il rit franchement.
— Parce que tu penses que ton clan en a quelque chose à faire de toi ? Redescends de ton piédestal ! Tu n'as d'intérêt que pour ton utérus, Princesse, cracha-t-il.
— Je te hais !
Il la regarda surpris puis sourit narquoisement.
— Ce qui te fais le plus mal c'est que tu es toi-même consciente de cette vérité ! C'est désolant. A vrai dire, je dirais même que tu me fais pitié.
Pitié ? Non, elle n'accepterait pas ce terme si lourd et douloureux à porter. Dans son esprit, se dessinèrent les images de personnes dont elle aimerait oublier l'existence. Elle les revoyait se moquer de son défaut de naissance, à savoir son manque d'énergie spirituelle et sa faible constitution. La pitié, le dédain, le mépris, la moquerie, tant de sentiments contradictoires étaient perceptibles dans leurs regards de lait.
— Jamais, je ne porterai vos enfants ! annonça-t-elle d'une voix qu'elle aurait souhaitée plus ferme.
— Par la force même, s'il le faut ! Tu mettras bas, ici même dans cette maison. Je veillerai personnellement à ce que cette tâche soit exécutée avant le prochain hiver ! Alors, dépêche toi de saigner, car je commence déjà à perdre patience !
Ces paroles l'offusquèrent tellement qu'elle se leva à son tour le menton bien haut, bien décidé à le remettre à sa place d'humain. Mais le mal à l'intérieur de son ventre s'accrut. Elle plaça sa main au bas de son abdomen. Son utérus lui brûlait littéralement depuis ce matin, sans qu'elle ne sache pourquoi. Et, depuis que ce dernier l'avait évoqué, la douleur se faisait plus agressive, plus rongeante, plus destructrice. Elle en trembla de rage et de douleur. Il se passait quelque chose d'étrange à l'intérieur de son corps. Une sensation nouvelle, inconnue jusqu'à lors, mais si angoissante.
Sukeko aurait aimé lui répliquer, mais elle ne put tenir plus longtemps sur ses jambes. Elles se plièrent mécaniquement sur le coussin et son autre main vint trouver la table qu'elle agrippa vigoureusement. Elle y posa tout son avant-bras, et la tête basse, elle commença à respirer avec difficulté comme si quelqu'un lui comprimait ses organes internes à mains nues. C'était si dolent. Il ne fallait pas qu'elle laisse ses plaintes traverser sa gorge et se diffuser dans la pièce à travers sa voix.
Le grand brun regardait la scène, sans oser intervenir dans un premier temps. Qu'est-ce qui lui prenait encore, fut la première pensée qu'il eut à son égard.
— … Quelque chose ne va pas ? Se risqua-t-il à demander.
— Ai-je l'air de bien aller ? rétorqua-t-elle sèchement.
Il s'approcha d'elle, lentement, avec l'envie de la caresser, de la rassurer.
— Ne m'approche pas. Je n'ai pas besoin de toi. Vous en avez suffisamment fait comme ça.
— Qu'est-ce que tu racontes ? Je vais te porter jusqu'à la salle de soins. Tu n'y arriveras pas toute seule.
— Je peux me débrouiller sans toi… répliqua-t-elle avec difficultés.
Son corps fut pris de légères convulsions rapidement suivies par un excès de transpiration, humidifiant son visage au point où celui-ci ruissela abondamment, faisant glisser des gouttes translucides le long de l'arête de son nez droit.
— Hé, s'inquiéta Madara. Tu es bien sûre que ça va ?
Elle tenta de se remettre sur ses jambes, mais échoua lamentablement, grimaçant de plus belle.
— C'est beaucoup trop douloureux, sanglota-t-elle finalement. Qu'est-ce qui m'arrive ?
Elle releva la tête afin de reprendre un peu d'air, et dévoila à Madara, un visage déformé par la sourde douleur qu'elle ressentait. Ses yeux habituellement froids et fiers grimaçaient de peine et sa mâchoire fine et lisse trahissait ses dents serrées avec force.
Sans réfléchir, le brun bondit vers elle et rapidement, il lui retira la coiffe qui tenait ses cheveux exagérément emprisonnés sur le sommet de son crâne, pour commencer. Ceux-ci s'étalèrent le long de son corps, mais cela n'améliora pas son état. Pire, lorsque Madara la prit par l'épaule, un cri strident et poignant résonna dans la pièce comme si, on lui avait violemment planté une dague dans le ventre.
Sukeko se plia en deux, et commença à hurler intensément. Quelque chose s'était soudainement déchiré à l'intérieur de son corps. Elle serra son vêtement là où la douleur était ciblée et retenant à nouveau ses cris, elle grogna de désespoir.
Totalement abasourdi, le brun ne sut que faire. Il fallait dire que c'était la première fois qu'il était confronté à ce genre de situation. Comme il aperçut plutôt qu'elle se tenait le ventre, il en déduit que la douleur devait être ciblée en cet endroit. Alors, il tenta tant bien que mal de la coucher sur le dos, afin d'effectuer un massage au niveau de son bidon, sans y parvenir. Elle ne se laissait vraiment pas faire, lui donnant ainsi du fil à retordre. Alors, Madara la plaqua sur le dos, au sol et lui tint fermement les mains au-dessus de sa tête. Ses cris se firent plus sonores et douloureux pour ses propres oreilles. Elle se débattait comme un lion, lui donnant coups et griffures. Il finit par monter à califourchon sur elle, afin de l'immobiliser le plus possible.
De son autre main, il essaya de relever son kimono, le long de ces jambes, afin de dévoiler son abdomen.
— Arrête ! Arrête ! se mit-elle à hurler. J'ai trop mal ! suppliait-elle.
Il ne l'écouta pas et poursuivit sa besogne. Sa main ne tarda pas à rencontrer un liquide gluant, collant et chaud. Instinctivement, il l'enleva et la plaça devant lui. Du sang. Sombre et épais comme il n'en avait jamais vu. Sukeko, n'en rata pas une miette. Cela la fit cesser tout mouvement, tout bruit. Son regard était aussi écarquillé que celui du brun. Ce dernier se releva vivement, et écarta le vêtement de la jeune fille qui laissa apparaître en plus de sa nudité, une mare de sang presque noire. L'odeur était loin d'être âcre et désagréable. Au contraire, au nez du jeune homme, elle exultait l'essence du cœur des fruits mûrs, cueillis aux meilleures semaines de l'été.
Mais terrorisé et dégoûté, il fit quelques pas en arrière.
Alors les menstruations ressemblaient à ça ? Il reporta son regard à sa main et sans savoir comment ni pourquoi, il eut la folle envie de passer sa langue sur le liquide à la couleur de jus de grenadine. Cette lubie passa en une fraction de seconde dans son esprit. Il se reprit rapidement et réprouva cette dégoûtante idée.
La blonde se mit de nouveau à hurler dans la langue dans laquelle, elle communiquait plus tôt avec son accompagnateur, tout en essayant de ramper sur le sol. La porte coulissa brusquement, faisant apparaître Hungaro, Izuna ainsi que d'autres membres du clan interpellé par ce vacarme.
— Que se passe-t-il ici, à la fin ? se précipita Hungaro. Il manqua un infarctus lorsqu'il découvrit sa Princesse complètement recroquevillée sur elle-même, gisant sur le sol. Sa mâchoire tomba et ses yeux menacèrent de quitter ses orbites tant ceux-ci s'écarquillaient exagérément. Elle était couverte de sang, de son bassin à ses jambes.
— Mais… Mais qu'avez-vous donc fait à Ma Princesse ? sanglota-t-il nerveusement.
Hungaro n'avait pas été le seul ébranlé par cette terrible découverte. Izuna en resta sans voix et lança un regard apeuré à son grand frère l'air de dire : "Mais qu'est-ce que t'as foutu, bordel ?!"
Madara leva simplement ses mains ensanglantés vers le haut et affirma, la voix émue :
— Je jure que je n'ai rien fait !
Notes : Le chapitre ne devait pas s'arrêter ici, mais prise d'un élan d'écriture, j'ai écrit, écrit, jusqu'à atteindre les 6500 mots. Il devait y avoir la partie avec Mito Uzumaki et le clan Senju, mais ça sera dans l'autre chapitre, désolée Guest.
Petites précisions : C'est normal que Sukeko passe du vouvoiement au tutoiement, ce n'est pas une erreur de ma part. (Elle ne sait pas vouvoyer).
Aussi, la langue que Hungaro et Sukeko parlent est de l'estonien. On va dire que c'est la langue officielle des habitants de la Lune.
Les protagonistes sont adolescents donc, 16 ans pour Madara et 15 pour Izuna.
Si vous avez des questions, surtout n'hésitez pas. Ça peut vous servir autant qu'à moi.
