~ Abigail Griffin ~

Je me réveille aux côtés de l'homme que j'aime pour la deuxième fois depuis Jake. Qui l'eut cru ? Marcus Kane et moi... Il dort paisiblement, son bras sur mon ventre, son corps collé au mien. Il est là, malgré tout. J'ai essayé de le rejeter, en vain. J'ai voulu nier mes sentiments à son égard, mais j'en suis incapable. Il est devenu mon tout. Un matin, je me suis même surprise à me demander pourquoi je ne l'avais pas épousé lui, à la place de Jake. Ce genre de pensées me font me sentir terriblement mal envers mon ex mari. Kane a appuyé sur le bouton pour éjecter Jake. Kane a failli m'éjecter également. Puis Marcus m'a sauvé la vie après le départ de L'exodus. Marcus m'a accompagné sur Terre, il m'a tenu la main pendant tout le trajet. Et Kane m'a condamnée à dix coups de bâton électrique. Et désormais, Kane a disparu. Il ne reste que Marcus, mon Marcus. Celui qui m'accompagne à travers les épreuves les plus difficiles. Le Marcus qui me raisonne et me console. Le Marcus que j'aime plus que tout au monde. Il a déjà prouvé plusieurs fois qu'il serait capable de tout et n'importe quoi pour moi. Et je me sens incapable de lui rendre la pareille.

Il ouvre lentement les yeux, et je ne peux retenir un sourire. Il caresse ma joue, et m'embrasse tendrement, longtemps, comme s'il venait de me retrouver. Hier encore il m'a sauvé.

- Que tu es belle quand tu souris, murmure-t-il.

Je me lève, nue, et marche jusqu'à l'armoire. Marcus a déjà rangé toutes nos affaires. Je sens son regard dans mon dos, ses yeux qui me dévorent... Comme je l'aime...

- Marcus, tu devrais te lever, nous allons être en retard pour manger.

En effet, il est déjà neuf heures et demi. Je prends des vêtements et me rends dans la salle de bain. Je me glisse sous la douche, lorsque la porte s'ouvre. Marcus entre. Nous nous retrouvons à deux dans la toute petite cabine, collés l'un à l'autre, l'eau chaude coulant sur nos corps.. Il m'embrasse tendrement, ses mains sur mes hanches, tandis que mes doigts se perdent dans ses cheveux mouillés. Il me plaque contre la paroi du mur froid, je frissonne.

- Marcus… Je suis déjà en retard au travail !

- Quelques minutes de plus ou de moins ne changeront rien, murmure-t-il à mon oreille. Et puis personne ne te le reprochera, tu es Abby Griffin.

Je souris, sans cesser de l'embrasser. Marcus est le seul à pouvoir me retenir ainsi. Il maîtrise complètement mon entêtement. Il se colle à moi, caressant mon ventre du bout des doigts, mes seins, prenant mon visage entre ses mains, il me possède entièrement. Je tremble à chaque fois qu'il me touche, et je n'ai d'autre choix que de m'accrocher à lui, à ses cheveux, ses épaules, ses bras, pour ne pas tomber. Il entre en moi, je gémis.

- Marcus…

Il parsème mon cou de baisers, je me mords la lèvre pour m'empêcher de crier. La chaleur de nos corps créé de la buée partout sur le carrelage, sur la paroi vitrée de la douche, et mon dos glisse contre le mur. Je ne tiens plus sur mes jambes, je me sens vaciller. Au dernier moment Marcus m'attrape les cuisse et m'empêche de tomber. J'enroule mes jambes autour de ses hanches, il me tient. Il me sauve, comme d'habitude. Je suis folle de lui…

Notre passion atteint son paroxysme, il colle sa bouche contre la mienne, étouffant un cri. Il se recule légèrement, souriant, et dépose un dernier baiser sur mes lèvres.

- Marcus Kane vous êtes une terrible influence…

Il rit.

- Ne rejette pas la faute sur moi… Ton corps est un argument de taille dans ce genre de situation !

Il attrape le savon et commence à parcourir mon corps avec. Lentement il me lave, puis rince la mousse. Je fais de même pour lui, déposant des baisers un peu partout dans son cou, sur son torse.

Une fois propres, je le pousse un peu et sors de la cabine.

- Déjà ? Demande-t-il d'une petite voix.

- Je crois que nous sommes déjà en retard pour le petit déjeuner, donc je vais aller travailler. Nous ne sommes pas en vacances Marcus !

Il fait une petite moue ennuyée, mais me rejoint. Je cherche partout mais ne trouve pas ma serviette. Je me tourne alors vers lui, il la tient dans la main.

- C'est ça que tu cherches ? Viens la chercher !

Il rit comme un enfant, mais je n'arrive pas à lui refuser quoi que ce soit. Je me jette sur lui et l'embrasse. Surpris, il baisse sa garde. J'en profite alors pour attraper la serviette. Je l'enroule autour de moi, et maintenant, il ne rie plus.

- C'était méchant, murmure-t-il.

- Tout à fait.

Je me sèche, m'habille, et sors. Il me rejoint quelques secondes après dans le couloir et m'accompagne jusqu'à l'infirmerie. Mon ventre produit alors un gargouillement d'une élégance démesurée qui déclenche un fou rire chez Marcus.

- C'est de ta faute !

Il hausse les sourcils.

- N'importe quoi ! S'exclame-t-il. Si tu n'étais pas aussi jolie je ne te ferais pas perdre autant de temps !

Il m'embrasse tendrement et repart.

- Vous êtes en retard Docteur Griffin.

Je me retourne et me retrouve nez à nez avec Octavia. Elle est assise sur un des lits, les bras croisés. Je m'excuse et m'approche d'elle.

- Puis-je connaître la nature de votre retard ? Demande-t-elle un sourire au coin des lèvres.

Je rougis et esquive la question.

- Madame la commandante, que faîtes-vous ici ?

Elle soupire.

- Ne m'appelez pas comme ça s'il vous plaît, je suis toujours la Octavia de la cellule 12.

- Non, tu as bien changé depuis. Tu es devenue une femme forte Octavia, et appelle moi Abby, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? Bon, que puis-je pour toi ?

Elle sourit et hoche la tête.

- Je… Je ne dors pas, articule-t-elle difficilement.

Je soupire. Je vis exactement la même chose qu'elle. Certes, hier soir j'étais occupée, bien occupée… Mais sans ça…

- Est-ce que tu fais des cauchemars ?

Elle fait oui de la tête.

- Tu as du mal à t'endormir ?

- Oui. Mais ce n'est pas la peine d'en parler, donnez moi des cachets et le problème sera réglé, dit-elle pour couper court à la discussion.

- Je ne peux pas. Nous n'avons pas de somnifères ici. Seulement des anesthésiants pour les chirurgie, mais je peux te prescrire des calmants si tu veux. Un chaque soir après le repas.

- D'accord, merci.

Je lui donne une ordonnance, et une boîte de cachets. Elle me remercie une fois de plus et quitte la pièce. Je me fais du soucis pour elle, elle essaye de le cacher mais souffre énormément.

Quelques minutes plus tard les guérisseurs terriens viennent me voir. Nous échangeons sur nos différentes techniques, j'en apprends beaucoup sur les herbes médicinales de la Terre, et je leur montre comment fonctionne notre technologie.

Assise à mon bureau je vérifie les stocks de médicaments, les trie, les range, lorsque soudain une main se pose sur mon épaule. Je me retourne et tombe nez à nez avec Marcus. Il me tend une pomme, un sourire au coin des lèvres.

- Autant me rendre utile, Octavia m'a donné un métier où je ne fais presque rien, mais j'ai accès partout, dit-il en secouant la carte magnétique dans sa main.

Je ris et l'embrasse.

- Ne recommence plus jamais Marcus Kane, sinon tu auras affaire à moi.

- Ces pommes étaient au menu du petit déjeuner, j'ai vérifié. Donc c'est comme si tu l'avais mangé ce matin.

Je lui lance un regard réprobateur mais prends tout de même le fruit, affamée. Je me remets au boulot, en mangeant. Il s'assoit en face de moi, et m'observe de longues minutes.

- Tu me perturbes dans mon travail !

- Mais, je ne fais même pas de bruit. Je ne touche à rien, se justifie-t-il.

Je le regarde avec insistance.

- Je sais, je suis d'une beauté démesurée et tu ne peux pas t'empêcher de me regarder, donc tu n'arrive pas à travailler. De plus, je sens terriblement bon à cause de ce matin, et je dégage une aura de sensualité qui t'attire inexorablement, dit-il très sérieusement.

J'explose de rire, cet homme est insupportable.

- Marcus Kane vous avez un ego surdimensionné.

Il dépose un baiser sur mon front, et finit par quitter la pièce. Je me remets alors au travail.

Je le rejoins ensuite pour déjeuner, à la bonne heure cette fois ci. Nous discutons de notre courte matinée, je lui parle de Octavia. Il ne peut pas faire plus que moi mais me promet de garder une œil sur elle. À la fin du repas, il me raccompagne à l'infirmerie, main dans la main. Il se penche alors pour m'embrasser, mais s'arrête au dernier moment, et recule. Je fronce les sourcils.

- Tu as du yaourt au coin de la lèvre.

Il l'essuie avec son pouce et le met dans sa bouche. Je soupire et le regarde avec insistance. Il finit par m'embrasser, passionnément. Dans notre élan d'amour il me plaque contre le mur, et je m'accroche à lui. Il se colle à moi, passe sa main sous mon tee-shirt et caresse mon ventre.

Soudain, la porte s'ouvre. Je sursaute, il se pousse.

- Docteur Griffin, Monsieur Kane, nous salue Indra.

Je pousse Marcus et m'approche d'elle. Elle fait entrer deux terriens. L'un a l'œil bien amoché, l'autre a le nez cassé. Je soupire et leur demande de s'asseoir chacun sur une chaise.

- Que s'est-il passé, demande Marcus.

- Ils se sont battu, je ne sais pas pourquoi. Heureusement que votre équipe de gardes surveillaient bien les couloirs, dit-elle.

Marcus hoche la tête et quitte la pièce après m'avoir embrassé une dernière fois. Je remercie Indra, qui part à son tours. Je m'approche alors des deux terriens. Je m'occupe de celui qui a le nez cassé en premier, puis soigne l'œil du suivant. Je leur demande de rester calme, assis sur leur chaise. Cependant, la dispute reprend quelques minutes après, dans leur langue native évidemment. Ils crient l'un sur l'autre, sans que je ne comprenne quoi que ce soit, si ce n'est un mot de temps à autre. Je leur demande de s'arrêter, j'essaye, mais ils ne m'écoutent pas. Alarmés par les cris, les gardes entrent et les emmènent avec eux, probablement pour demander à Octavia comment les punir. Je les remercie et prends une petite pause, assise sur un des lits. L'infirmerie est vide, pour l'instant. Je m'attends déjà à recevoir plusieurs personnes en manque de vitamine D, possiblement des virus, des naissances… Je suis prête.

Tout à coup, une voix résonne dans mon dos.

- Comment oses-tu ? Après ce que tu as fais à papa ?

Je me retourne. Clarke se tient au centre de la pièce. Elle me lance un regard plein de haine. Ma tête me fait mal…

- Tu as tué papa ! Et maintenant tu couches avec Kane ? Comment oses-tu seulement vivre ? Tu ne mérites pas tout ce que tu as ! Je te déteste… Tu m'as abandonnée sur Terre, tu m'as condamnée à mort en m'envoyant ici, et maintenant, où suis-je ? J'ai subis les radiations à l'extérieur…

Son visage commence à rougir, brûler, elle hurle.

- Clarke ! Non !

Je cours vers elle, trébuche et tombe par terre.

- Tout est de ta faute !

Je pleurs, je lui crie d'arrêter.

- As-tu seulement pensé à moi aujourd'hui ? Non ! Trop occupée avec ton petit Marcus n'est-ce pas ?

Je hurle de douleur, j'ai l'impression que ma tête va exploser. J'essaye de combattre cette vision, mais elle me paraît si réelle… J'arrive à me coucher sur le côté, avant de m'évanouir.

~ Octavia ~

Je sers la petite boîte de cachets dans ma main et regagne mes quartiers. Un après le repas du soir… Je m'assois à mon bureau, et prends ma tête entre mes mains. Bellamy me manque, Lincoln me manque, Ilian aussi, même Raven et Clarke me manquent… Je me sens happée par l'obscurité, je suis incapable de combattre ma tristesse. Je suis rongée par la culpabilité. Mon peuple me respecte, certes, mais je les effraie. Après tout, je suis celle qui a remporté le dernier conclave. Je suis celle qui tuait pour Roan. Ils me respectent, mais n'osent même pas m'approcher, ni me parler comme à un être humain. Je suis leur leader, pas leur amie. Si seulement je pouvais parler à Lexa, pour savoir comment elle faisait, elle, pour gérer ce sentiment. Lexa avait Clarke, pendant un temps. Mais entre Costia et Clarke ? Comment a-t-elle fait sans attache ?

Paniquée, je prends un cachet. J'attends un peu mais ne sens aucun effet. Je devrais aller déjeuner. Je soupire, épuisée. Comment tenir cinq ans ? Seule. Je me lève, et rejoins la cantine. Les gens baissent la tête en guise de salut lorsqu'ils me croisent. Personne ne croise mon regard. Abby mange avec Marcus. Je suis heureuse pour eux. Indra est au milieu de son clan, racontant une de ses histoires de guerre. Je prends un plateau, des couverts et une assiette, puis je m'assois à une table vide, toutes les autres étant occupées.

Je commence à manger, lorsque soudain, quelqu'un prend place en face de moi. Étonnée, je lève les yeux. Ryen est là. Il me salue et commence à manger sans un mot de plus. Je continue alors mon repas, et, arrivée au dessert, il commencer à parler, dans sa langue natale.

- Qu'est ce qui vous a poussé à rejeter votre peuple, le Skaikru ?

Je prends une seconde, surprise.

- Et bien… Je ne me sentais pas comme eux, je suis différente. Je n'appartiens à aucun clan, c'est tout.

Remarquant mon ton un peu sec je m'excuse. Il sourit, et commence à me parler un peu de lui. Il a commencé son entraînement de guerrier à cinq ans, il n'a jamais connu ses parents qui sont décédés alors qu'il n'était qu'un bébé, c'est sa grand-mère qui l'a élevé. Nous parlons alors de tout et de rien, longtemps, jusqu'à ce que la cantine soit entièrement vide. Je le prie alors de m'excuser, et me lève.

- Vous savez, vous devriez essayer de vous asseoir avec votre peuple. Ce ne sera pas facile, mais vous êtes quelqu'un de bien, ils ne tarderont pas à le comprendre. Vous avez beaucoup de points communs avec Lexa.

Je le remercie, et quitte la pièce. Je me surprends alors à sourire, légèrement.

Un peu plus tard, dans les couloirs, on m'interpelle. Le contact radio a été réparé, et amélioré. Désormais, je peux aussi contacter Bellamy. Avant, il fallait que ce soit lui. Mais il ne le faisait pas. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Il doit être bien occupé sur l'arche. Je regagne mon bureau, pleine d'espoir. Je cours presque. Les mécaniciens me laissent seule, après m'avoir expliqué le fonctionnement. Je mets alors le casque sur mes oreilles, branche le micro, et appuie sur le bouton vert.

- Ici Octavia Blake, je demande l'Arche. Vous me recevez ?

J'attends un peu et recommence.

- Ici Octavia Blake, je demande l'Arche. Vous me recevez ?

J'essaye une troisième fois, une quatrième, mais personne ne répond. Je commence alors à paniquer. Et si le système d'oxygénation a cessé de fonctionner ? Et si il y a une fuite sur l'Arche ? Ma respiration s'accélère, et je suis incapable de retenir les larmes qui coulent sur mes joues. J'appuie sur le petit bouton pour lancer le message en boucle. Celui-ci s'arrêtera lorsque l'Arche répondra. Je charge mes gardes de surveiller le signal, et de me prévenir en cas de changement.

Je retrouve ensuite Marcus Kane, deux soldats, et deux terriens. Ces deux derniers se sont battus, et ont recommencé à l'infirmerie. Je les condamne donc à faire le ménage dans les couloirs, accompagné de quatre gardes. Je n'aime pas m'occuper de ce genre de problèmes. Une idée apparaît soudain dans mon esprit. Une bonne idée. Une idée qui m'aidera à avoir un peu de temps pour moi, à tester la confiance de certains.

- Kane, pour les prochaines fois, vous vous occuperez de choisir les punitions pour ce genre de choses. Je n'ai pas le temps. Mais que nous soyons bien d'accord, aucune violence de votre part ne sera tolérée. Pas de coups de bâtons, et, de toute façon, ici personne ne peut être éjecté. Vous êtes donc en charge du bon respect de la loi, entièrement. Ne me demandez conseil qu'en cas de problème grave. Je suppose que je dois vous faire confiance, alors que vous avez éjecté ma mère. Je n'ai pas vraiment d'autres choix, je ne connais pas suffisamment les terriens. Et puis, vous avez Abby maintenant, il serait dommage de la décevoir en choisissant la violence.

Il hoche la tête, me remercie, et quitte la pièce, lorsque soudain, un hurlement retentit dans tout le bunker.