Mise à jour - 30 juin 2017
Mise à jour - 2016
La semaine dernière Deneb m'a fait remarquer une énorme erreur temporelle. J'ai failli à ma tâche… Je m'étais fiée au site Encyclopédie HP où l'histoire de la prison d'Azkaban est nébuleuse. J'aurais dû chercher plus loin, c'est ma faute! Merci beaucoup à Deneb!
Donc, selon Wiki Harry Potter, la forteresse est bâtie au 15e siècle en étant soumise à de puissants sortilèges ayant pour but de la rendre incartable. Le premier résident à la forteresse d'Azkaban est un mage noir du nom de Ekrizdis qui utilise Azkaban comme sa demeure et y attire les marins moldus pour les torturer et les tuer. À sa mort, les charmes de camouflage auxquels il avait soumis l'îlot se dissipent, ce qui permet au ministère de la Magie de découvrir l'île et le fort.
Alors j'ai choisi le château d'Édimbourg comme prison. Voice ce qu'en dit Wikipédia; les origines du site sont tellement anciennes et méconnues qu'il est difficile d'en établir la véritable date sans spéculation ou contradiction. Des archéologues ont trouvé des signes d'une occupation romaine, créant ainsi un lien avec la théorie de Ptolémée qui suppose que cet endroit fut le théâtre de la capitulation des Votadini face aux Romains au IIe siècle av. J.-C.
Bonjour mes lecteurs et lectrices!
J'espère que vous avez passé un super Halloween! Moi, pas vraiment... un super mal de tête à la place... Merci à tous et à toutes pour vos reviews!
Réponse aux Reviews Guest:
Rigel: Voici la suite tant attendue! Et, s'il te plaît, ne me vouvoie pas je t'en pris! On est tous égaux ici! J'espère que cet épisode te plaira tout autant que les deux premiers!
Bonne lecture!
AimCy -xx-
:: Chapitre 3 ::
De grosses mains l'empoignèrent sous les bras pour la traîner sans ménagement sur le sentier menant du château aux grilles de l'enceinte de l'école de sorcellerie, où deux voitures noires enneigées les attendaient patiemment, attelées à quatre sombrals. Malfoy, qui était emmené quelques mètres devant elle, se fit pousser à l'intérieur de l'une des voitures, pendant qu'on la tirait vers celle du devant pour l'y faire monter brutalement avant qu'un autre auror, qui l'attendait à l'intérieur, lui mette un sac de toile sur la tête. Aveuglée, elle se sentie bousculée quand les hommes prirent place sur les sièges capitonnés autour d'elle. Le bruit du claquement de la porte se fit entendre et la voiture se mit en marche doucement, ses grandes roues de bois et de fer frappant les roches du sentier gelé de terre battue. Elle sentit l'augmentation de la vitesse suivant le passage du trot au galop, puis le décollage brusque. Hermione refoula un haut-le-cœur et fit le vide dans sa tête pour le reste du voyage.
Éveillée le voyage durant, elle entrevit au travers des mailles du sac les hommes manger, parler et rigoler, sans jamais se soucier d'elle. La descente fut amorcée près d'une heure après le décollage, selon ses estimations, et ils atterrirent si durement qu'elle fut projetée au sol, le visage collé aux chaussures crasseuses des aurors. La porte s'ouvrit et on la tira à l'extérieur. Le vent et la pluie, d'une puissance hors du commun, la frappèrent de plein fouet, trempant ses vêtements et emmêlant ses jupes dans ses jambes. C'est l'absence de bruit qui caractérisa son entrée dans le bâtiment. Ils descendirent ensuite une multitude de marches où elle aurait pu cent fois se rompre le cou si on ne l'avait pas soutenu et se demanda à quel moment elle pourrait enfin se servir de ses yeux. Le son strident d'une lourde grille en fer qu'on ouvre lui donna la chair de poule. Finalement, on lui retira le sac de jute râpeux de sur la tête, ébouriffant ses cheveux, et on s'empressa de la pousser dans la cellule avant de l'y enfermer.
La lueur bleutée du patronus, réfléchissant sur les murs de pierres trempés de condensation, lui indiqua qu'elle se trouvait bel et bien en prison. Azkaban? Non, probablement pas... La jeune femme se tourna vers la source des bruits de pas et assista, impuissante, à la mise en tôle de Malfoy.
« Où est-ce que vous nous avez enfermés!? » s'exclama-t-elle, s'élançant sur les barreaux. Hermione ne réussit pourtant qu'à leur soutirer des éclats de rire. Puis, espérant les déstabiliser, elle cria dans un français impeccable; « Answer me! ».
Les hommes quittèrent le corridor de leurs cellules comme si de rien n'était avant que l'un d'eux lui réponde qu'ils étaient au château d'Édimbourg. C'est lorsque les derniers faisceaux lumineux des patronus disparurent que l'ambiance lugubre des lieux assaillit leurs corps et leurs esprits.
Aucun des deux n'osait parler. Hermione se déplaça dans la minuscule pièce faiblement éclairée par la torche près de l'escalier. Un amas de paille sale trônait dans un coin, l'odeur aigre d'urine et de défécation flottant dans l'air. Un sceau avait été mis à disposition près de l'entrée, à la vue de tous. C'était dégradant, humiliant, c'était ça la vie des prisonniers.
Des lamentations et cris de désespoir retentirent en écho jusqu'à eux, les prévenant de l'arrivée imminente des détraqueurs. Le froid humide et glacial s'installa, refroidissant les barreaux de fer des cellules, givrant l'eau qui suintait sur les murs de pierres. La flamme de la torche s'éteignit lorsqu'un courant d'air désagréable souffla sur l'étage, puis vinrent les lambeaux flottants de ce qui revêtait ces créatures. Ils se nourrirent de toutes sources de chaleur, tel un esprit qui tente de se recharger avant une manifestation surnaturelle. Chaque souffle quittant son corps se transformait instantanément en bué. Un son désincarné ressemblant à un grondement les cloua sur place. Le détraqueur s'arrêta devant ses nouvelles victimes, fraîches et pleines de vie, passant lentement ses bras maigrelets au travers des barreaux, bougeant ses doigts décharnés, ses ongles longs, noirs et griffus raclant le devant de la robe trempé d'Hermione. Elle ne pouvait rien faire contre le vol de son bonheur, quittant son corps par fragment. Puis, elle ne fut tout simplement pas assez forte pour combattre cette intrusion massive et se laissa tomber à moitié dans le tas de paille, à la merci du souvenir sanglant de la mort de ses amis.
Elle dut perdre conscience, car elle fut réveillée par un rat qui fouillait ses cheveux à la recherche de je ne sais quoi. S'assoyant un peu trop rapidement, elle porta la main à sa tête avant de s'avancer, à quatre pattes, près de la grille qui la séparait de Malfoy. Il était étendu de tout son long sur la pierre froide et sale, ses yeux gris fixant quelque chose d'inexistant au plafond. Sa cage thoracique se soulevait et s'abaissait à un rythme régulier, la libérant d'avoir sa mort sur la conscience. La jeune femme souffla, une larme roulant sur sa joue, et rampa jusqu'à son lit de paille pour y rester jusqu'à ce qu'elle trouve une solution.
Son corps criait famine depuis plusieurs heures déjà quand on glissa sous leur porte un plateau de porridge accompagné de pain ranci et d'un gobelet d'eau. Le goût était infect et le pain dur comme de la roche, pourtant, Malfoy mangeait avec son masque d'indifférence.
« T'aimes vraiment ça? » s'entendit-elle demander avec la voix si enrouée qu'elle ne se reconnut pas tout de suite.
« C'est la pire merde que j'ai jamais mangée… » et la conversation se termina ainsi.
XXXXXX
Au rythme des repas, Draco en déduit qu'ils étaient enfermés depuis deux jours, même s'il en avait juré le quadruple sur la tête de sa mère. Il remercia secrètement Merlin que les détraqueurs n'était pas aussi présent qu'à leur époque, sinon il y aurait longtemps qu'il ne resterait d'eux que des loques humaines. Le problème était que si lui se sentait capable de tenir encore quelques jours, Granger, elle, il en doutait fort. Et pour sortir d'ici, il avait besoin d'elle.
Le troisième jour, au quatrième passage du détraqueur, il la vit s'effondrer pour de bon. Tant physiquement que mentalement, Hermione Granger baissait les armes. Il ferma son esprit, tentant de dissuader la faucheuse flottante et se précipita sur le mur de fer qui le séparait de Granger. Passant son bras au travers des barreaux, il réussit à frôler les doigts de la jeune femme vide d'énergie positive. Il réussit à coincer son pied dans un joint de mortier effrité et poussa de toutes ses forces, à s'en déboiter l'épaule, pour saisir sa main, ce qu'il réussit. Refermant ses doigts difficilement autour de son poignet, il la tira vers lui. Quand il put atteindre sa manche, il enroula sa main dedans pu forcer efficacement. Son visage près du sien au travers du grillage, il serra ses mains dans les siennes pour les réchauffer.
« Granger, souviens-toi de la fête à Teddy… »
« … »
« Tu sais, quand tu lui as apporté le gâteau que tu avais passé tant de temps à préparer et qu'il a détruit en quelques minutes! »
« … »
« C'est fou ce qu'il y en avait partout! J'ai dû me laver les cheveux trois fois! »
« … »
« Granger, tiens bon. »
« … »
« Granger, on va s'en sortir. On va demander une audience avec le Ministère de la Justice et tu… »
« … a pas de ministère… » répondit-elle, faiblement, le regard toujours dans le vague.
« Pas de ministère? Mais de quoi parles-tu?! »
« Il n'y a pas de ministère de la magie à cette époque, Malfoy. » Répéta-t-elle, le regardant maintenant franchement. « C'est avec le Conseil des Sorciers que nous allons devoir communiquer. »
« T'es sérieuse, là? »
«…», Puis plus rien.
XXXXXX
Ils passèrent exactement huit jours enfermés dans des cellules séparées de la prison du château d'Édimbourg. Ils subirent pendant une semaine et un jour les effets négatifs des Détraqueurs sur leur mental et leur physique. Hermione tenue trois jours tandis que Malfoy, lui, réussit à tenir six jours. Au neuvième jour, des aurors accompagnés de patronus pénétrèrent dans leurs cellules afin de les en libérer. On leur fourra des morceaux de chocolat dans la bouche avant de les recouvrir de lourdes couvertures chaudes, puis on les mena trois étages plus hauts dans un bureau chaleureux éclairé par un immense feu de cheminée et de quelques bougies.
Un homme corpulent les y attendait assis derrière un énorme bureau en acajou orné de dorure. Il ne leva même pas les yeux des parchemins étalés sur son bureau quand ils entrèrent, mais les invita tout de même à s'asseoir dans les fauteuils près du feu d'un geste de la main. Un elfe apparu portant un cabaret, deux grandes tasses de thé fumantes y trônant. Se postant devant eux, il posa le cabaret sur une table basse et disparu avec une petite détonation. Hermione tendit une main tremblante vers les tasses et en empoigna une quand quelqu'un frappa à la porte. L'homme derrière le bureau sortit enfin de sa concentration et se précipita en se dandinant vers l'entrée pour laisser entrer la personne qui attendait de l'autre côté. Une femme aux cheveux bruns dans la trentaine entre en trombe, passant devant le maître des lieux, l'air hautain, et alla se poster devant la fenêtre.
« Miss Helena, voulez-vous prendre place? »
« Non. Sont-ils prêts? »
« Oui, bien sûr. Mais… vous ne voulez pas… »
« Non. Allez, levez-vous. Nous partons! »
Draco et Hermione encore sonnés se levèrent de leur fauteuil, le corps encore tremblant, et suivirent la femme jusqu'au toit de la prison. Il ne pleuvait plus, mais le vent était toujours aussi persistant. Le ciel gris, parfois orageux, ne prévoyait rien qui vaille. La dame ne se retourna jamais pour voir si on la suivait, comme si tout lui était dû. Elle monta dans une voiture au blason de Poudlard et Hermione réalisa que la personne qui venait de les délivrer de leur enfer sur terre était en fait la Dame Grise. Hermione et Draco montèrent à la suite de la fille de Rowena Serdaigle et prirent place sur la banquette de velours noir.
« Merci, mada… » dit Hermione.
« Ne me remerciez pas. Je n'ai pas eu le choix, c'est tout. »
« Mais vous êtes venu nous cherch… » ajouta Draco.
« On me l'a imposé, qu'est-ce que vous ne comprenez pas? Je ne vous connais pas et n'en ai rien à faire de vous. Maintenant, je ne veux plus vous entendre jusqu'à Poudlard. »
Les deux jeunes gens échangèrent un regard lourd de sous-entendus qu'elle ignora superbement. Les sombrals prirent leur envol dans une forte secousse et le silence plana autant qu'eux pour l'heure qui suivit.
