Grâce battit des paupières. Où était-elle ? Elle se força à ouvrir les yeux. Des jeunes la regardaient. Elle se leva brusquement et leva sa baguette.
Un jeune homme se leva lentement vers elle.
-Eh. Calme-toi. Tout va bien. Tu as eu petit évanouissement mais c'est bon maintenant.
Une femme avec de longs cheveux un peu sales se leva à son tour et demanda tout en désignant les blessures de Grâce :
-Mais qu'est-ce que tu t'es fait ?
Grâce suivit son regard.
Elle saignait à la cuisse droite et aux bras. De plus elle avait de nombreuses égratignures.
Le jeune homme reprit la parole.
-Tout va bien hein. Tu peux baisser ton… Euh, ton bâton.
Grâce baissa sa baguette en se sentant particulièrement stupide.
Les jeunes la regardaient toujours. Même si certains d'entre eux étaient trop défoncés pour comprendre quelque chose, les autres commençaient à se rendre compte de l'état de la jeune fille.
-Eh ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? T'es pas une keuf ?
-Regardez ! Elle saigne !
Le jeune homme, qui semblait être le leader de toute cette bande se retourna et leva ses mains pour les calmer.
-Vous inquiétez pas. Personne a l'air de la suivre.
Il se retourna vers Grâce
-Tu t'es fait ça comment ?
La jeune femme se renfrogna. Que pouvez-t-elle inventer ?
-Je suis tombée répondit-elle d'une voix plate.
C'était pathétique. Ils ne la croiraient jamais.
Le garçon hocha la tête d'un air compréhensif.
-Si tu le dis. Je veux pas avoir de problèmes c'est tout.
-Tu n'en auras pas.
Grâce avança dans la pièce et serra les dents. Sa cuisse lui faisait un mal de chien.
Elle s'assit dans un coin et reprit.
-Je veux juste me reposer quelques secondes.
-C'est ok. En fait, je m'appelle Nathanaël.
Grâce hésita quelques instants avant de répondre :
-Moi c'est Jenny.
Elle étira doucement ses jambes.
La blessure à sa cuisse était plutôt profonde mais au moins la plaie était nette.
Nathanaël s'assit à ses côtés et regarda sa cuisse.
-Eh ben ! Tu es sure que tu veux juste te reposer ?
Grâce acquiesça. Les aurors ne mettraient pas beaucoup de temps à découvrir sa trace une fois qu'ils auraient trouvés les aurors stupéfixiés. Elle n'avait aucune envie qu'ils trouvent la vieille maison avec elle dedans. Si seulement il n'y avait pas tous ces jeunes ! Elle allait devoir leur effacer la mémoire et ils étaient au moins une vingtaine. Et avant ça, elle devait se guérir du mieux qu'elle pouvait. Pas question d'utiliser de la magie noire. Cela pouvait causer des dommages irréversibles sur la peau.
Elle se pencha. Elle avait le choix entre se barrer tout de suite ou se soigner et partir après. Mais elle ne pouvait pas utiliser de la magie devant des moldus. Ce serait encore plus facile pour les aurors de leur faire se rappeler d'elle. Elle ferma les paupières et soupira. Elle se donnait cinq minutes pour se reposer et ensuite elle partait. Elle n'avait pas le choix.
Soudain, elle sursauta. Nathanaël venait de poser ses mains sur les épaules de la jeune femme.
-T'as l'air d'être dans une belle merde hein ? T'es vraiment sure que tu veux pas rester longtemps ?
Grâce lui sourit d'un air un peu absent. Il ne dirait pas ça s'il savait dans quelle situation elle était. Il se pencha encore vers elle et lui demanda, la voix soudain plus basse :
-Tu créchais dans la maison à côté de la forêt non ?
Grâce se tourna vers lui, effrayé.
Il connaissait cette maison. Mais c'était un moldu non ? Comment…
-Comment tu le sais ?
-Je t'ai déjà vu y entrer. Hier ou avant-hier.
-Et personne ne t'a vu ?
-Bien sûr que non. Je peux être discret tu sais.
Le cerveau de Grâce se mit à tourner à fond. Il était arrivé à les espionner sans se faire voir. Un moldu. Ils avaient été trop confiants. Mais des jeunes qui ne faisaient rien pour être silencieux ne s'étaient même pas fait découvrir par des sorciers. Si les aurors tombaient sur ces jeunes, ils auraient trop d'informations. Elle se releva en tentant de prendre un air détendu et tendu sa main vers Nathanaël.
-Dis, tu peux sortir dehors quelques minutes avec moi ? Je voudrais te parler.
-Pourquoi moi ?
-Tu m'as l'air d'être le leader non ? Et puis je crois que les autres ne sont pas trop en état de comprendre ce que je veux te dire.
Nathanaël se rengorgea, fière d'être considéré comme le chef.
Il se leva à son tour et tira Grâce par la main.
Ils arrivèrent dehors.
-Alors tu veux me dire quoi ?
Grâce prit son temps avant de répondre et examina le jeune homme. A la lumière du jour, il paraissait beaucoup plus mince qu'elle ne l'aurait pensé. Ses cheveux étaient tout poisseux et ses mains décharnés.
-Tu ne m'as pas l'air d'être très en forme.
Le jeune homme eut un rire jaune.
-Bien vu. Ici, plus personne n'en a plus pour longtemps de toute façon.
-Et ça ne te révoltes pas ?
Nathanaël la regarda avec mépris.
-T'es qui toi ? L'assistante sociale ? Me fais pas la morale. On veut juste se barrer c'est tout.
-Se barrer hum ?
Grâce plissa les yeux et eut un vague sourire. Elle reprit d'une voix douce
-Alors dis-toi que je suis ta marraine la bonne fée. Avada Kedavra.
-Hein ?
Le garçon ouvrit de grands yeux surpris et s'effondra quand le sort le toucha en plein ventre.
La mangemorte s'accroupit à côté de lui et murmura :
- Je ne sais pas si je dois m'excuser pour avoir fait ça. Ça nous sert à tous les deux de toute façon. Faux mieux mourir d'un coup que mourir lentement à cause d'une saloperie que tu t'injectes, crois-moi.
Elle ferma ses paupières et lança un Incendio pour brûler son corps.
L'herbe était trop humide pour prendre feu, alors il n'y avait pas de risque d'incendie. C'était bien la seule chance qu'elle avait eu pour l'instant.
Elle se tourna vers la maison et se dégoûta pour ce qu'elle allait faire. Mais elle ne pouvait pas se permettre de laisser des gens au courant de son existence derrière elle. Elle entra dans la maison, monta l'escalier d'un pas pesant et rouvrit la porte. Personne ne tourna la tête à son arrivée.
Elle déglutit. Il fallait mieux qu'elle les tue d'un coup. Elle n'allait pas brûler la maison avec eux vivants dedans. Elle ne s'appelait pas Bellatrix Lestrange.
Elle s'avança et s'assit à côté d'un jeune aux yeux dilatés. Elle pointa sa baguette vers lui et il tomba sur la côté doucement, mort.
Personne n'avait rien remarqué.
Elle se relava et marcha aux milieux des gens lançant des Avada Kedava au hasard. Certaines personnes commencèrent à se rendre compte que quelque chose clochait mais avant qu'ils aient pu réagir, ils étaient morts.
Quelques minutes plus tard, Grâce ferma la porte et sortit de la maison. Il n'y avait pas eu un bruit quand ils étaient morts. Les oiseaux chantaient toujours comme si rien ne s'était passé. Elle se pencha sur le côté et vomit. Elle n'avait jamais tué autant de gens en même temps.
Elle fit apparaître un verre d'eau et le but pour essayer de se débarrasser du mauvais goût dans sa bouche.
Elle se posa doucement dans l'herbe à côté des cendres de Nathanaël qu'elle dispersa dans le vent. Elle entreprit ensuite de guérir l'éraflure sur son bras et la blessure bien plus douloureuse sur sa cuisse.
Elle avait perdu beaucoup de sang. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres et elle se sentit soudain fatiguée, tellement fatiguée. Ce n'était pas censé se passer comme ça. C'était quand qu'il y avait eu un problème dans ses choix ? Elle avait été lâchée dans la vie comme ça, sans personne pour répondre à ses questions. Elle faisait quoi là ?
Un soudain accès de panique la submergea. Il n'y avait pas d'issue heureuse pour elle. Elle avait le choix entre retrouver Le Seigneur des Ténèbres et subir sa punition puis se fondre dans les rangs des mangemorts... OU... Fuir. Mais ou ? Elle n'avait aucune aide. Pas de famille. Pas d'amis.
La jeune fille jeta un coup d'œil vers la maison en cendres. Elle était capable de tuer. Alors elle était capable de se défendre. Elle pouvait trouver un endroit calme, paisible et surtout hors de l'emprise du Seigneur des Ténèbres. Il fallait qu'elle quitte l'Angleterre.
Grâce se leva lentement et inspira profondément en essayant de se donner du courage.
Elle avait décidé. Elle ne retournerait pas vers Voldemort. Elle fuyait.
