Bonjour ! Un nouveau chapitre ! Merci beaucoup, à tous, pour vos commentaires... ça me touche beaucoup.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Encore dans le sommeil, Dean grogna alors qu'il sentait vaguement quelque chose essayant de l'en tirer inexorablement. Peu à peu, il réalisa qu'on le secouait et la voix qui l'appelait se fit de plus en plus pressente.
- Dean ! Dean ! Dean, réveille-toi ! Dean !
Bordel de merde. Tête de plume ne pouvait pas le laisser dormir un peu, non ?
- CAS ! Fous moi la 'aix…
Il le secoua avec plus de vigueur encore.
- Dean ! Asséna-t-il d'une voix sévère qu'il n'utilisait qu'en de rares circonstances, Sam est parti, réveille-toi !
Il ouvrit les yeux d'un seul coup et se redressa si vite que sa tête se mit à tourner. Il fronça les sourcils, une main sur le front, tandis que Castiel agenouillé devant lui gardait une main sur son bras.
- Quoi ? Grogna-t-il d'une voix rauque de sommeil. Qu'est-ce que t'as dit ?
Castiel releva ses sourcils en une expression inquiète et tout en le dévisageant, répéta d'une voix basse et calme :
- Sam a disparu, Dean. Il est parti.
Dean leva les yeux vers les siens, bouche entrouverte, sourcils froncés. Il tourna la tête pour constater l'emplacement vide là où était placé le sac de couchage de Sam la veille au soir. Le jour était à peine levé et les autres dormaient toujours. Son cœur se mit à battre plus fort et en un instant, il bondit sur ses pieds, la respiration forte et précipitée, tournant sur lui même pour regarder inutilement tout autour d'eux.
- Sam !
Il passa une main dans ses cheveux, l'angoisse se réveillant au fond de son coeur et progressant en lui à une vitesse alarmante. Castiel se leva derrière lui et lui mit la main sur l'épaule.
- Dean, c'est inutile, il est loin maintenant.
Dean fit volte-face.
- Comment tu peux le savoir ?!
Castiel soupira et Dean poussa un petit rire soufflé ironique avant de lui tourner le dos, se baissant pour inspecter le sol.
- Ah, oui, c'est vrai. J'avais oublié vos petites confidences nocturnes. Je suppose que t'étais avec lui, cette nuit, juste avant qu'il se tire ?!
Les mots et la froideur de Dean percuta Castiel qui fixa intensément son dos, déstabilisé. Il cligna des paupières.
- Nos... confidences nocturnes ?
- Fait pas semblant de pas comprendre, marmonna Dean, véhément.
Puis il se releva et en désespoir de cause, plaça ses mains en porte-voix.
- SAM ! SAM ! SAAAAAM !
- Dean ! Chuchota l'ange avec empressement, chut, tu vas réveiller tout...
- Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est quoi ces hurlements ?
Castiel soupira et se passa une main sur le visage, mais Dean n'écoutait visiblement plus rien.
Assise, Donna poussa un long bâillement fatigué tandis que les filles remuaient sous leurs couvertures, marmonnant des insultes et refusant visiblement d'en sortir. Jody attrapa son pull qu'elle enfila silencieusement et se leva pour les rejoindre.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle d'un air inquiet en passant tour à tour du dos de Dean au visage de Castiel qui la dévisagea.
- Sam a disparu, lui expliqua-t-il et le regard de la femme se voila aussitôt.
Ils échangèrent un long regard puis elle détourna la tête en avalant sa salive sous les cris de Dean qui scandait toujours le nom de frère.
- SAAM ! SAAAM !
Elle posa une main sur son épaule.
- Dean... il n'est plus là. Ca ne sert à rien de l'appeler.
Il se tut, se retourna d'un trait et sans un regard, sans un bonjour, marcha à pas rapides vers ses affaires qu'il commença à ranger, méthodiquement, le regard froid, fixe et anxieux.
Castiel et Jody se regardèrent de nouveau et il s'avança vers lui tandis que Jody allait dire quelques mots aux filles sous le regard soucieux de Donna.
- Dean... s'il te plaît, écoute, intervint Castiel. Tu ne peux pas partir comme ça, il ne faut pas qu'on se sépare, attend juste que tout le monde soit prêt, d'accord ?
Dean se releva d'un trait pour lui faire face, le regard furieux.
- Je vais chercher mon frère, Castiel, maintenant. Et ne t'avise pas de te mettre en travers de mon chemin.
Alors, Castiel serra les poings et baissa légèrement la tête, menaçant.
- Ne m'oblige pas à me souvenir de certaines choses que je préférerais oublier, murmura-t-il d'une voix étrangement grave. J'ai fait mon possible pour te pardonner parce que ce n'était pas de ta faute et qu'il y avait d'autres problèmes plus urgent à gérer, mais tu m'as frappé, humilié, et laissé derrière toi comme un chien à qui on jette un os. Je suis peut-être un ange, Dean, mais les émotions ne me sont pas étrangères. Et ça ne te donne en aucun cas le droit de me traiter de la sorte et encore moins de me menacer. Alors, si je fais partie de ta famille comme tu l'as dit un jour, ne me parle plus jamais, plus jamais, comme tu viens de le faire.
Il soutint le regard de Dean et fit un pas dans sa direction malgré leur différence de taille, ses yeux bleus fouillant furieusement les prunelles vertes de son vis-à-vis.
- Et je vais te dire une dernière chose : au lieu de me reprocher mes confidences nocturnes avec Sam, tu devrais plutôt te demander si c'était vraiment à moi de jouer ce rôle. Parce qu'au cas où tu ne t'en serais pas rendu compte, Sam va très mal depuis votre altercation. Et de toute évidence, ça ne t'a pas empêché de rester là à nous écouter au lieu de bouger tes fesses et de venir toi-même engager la conversation avec lui. Tu savais très bien que c'était ce qui fallait faire, bien avant que je me lève pour essayer de m'en charger à ta place. C'est facile de rejeter la faute sur les autres, mais tu n'avais pas à faire payer à Sam la mort de Charlie. Elle était en sécurité là où elle était, Sam m'avait demandé de la surveiller et j'ai dû m'absenter pour m'occuper de Rowena. Charlie savait les risques qu'elle encourait et elle les a pris quand même, en toute connaissance de cause. Je suis d'accord avec toi, c'est malheureux et totalement injuste, mais ce n'était pas de la faute de Sam. Tu ne peux pas faire tout pour lui jusqu'à mettre bien souvent ta propre vie et celles des autres en péril et le lendemain, lorsqu'il dépasse les lignes que tu as dépassés bien souvent, lui balancer de telles horreurs à la gueule avant de faire comme si vous ne vous connaissiez plus ! Tout ça parce que les ténèbres ont envahi la terre ! Oui, les ténèbres ont envahis la terre, Dean, oui c'est à cause de Sam, mais c'est aussi grâce à lui que tu n'as plu cette maudite marque sur le bras. Je te connais suffisamment pour savoir que tu aurais fait exactement la même chose que lui si les choses avaient été inversées. Qu'est-ce que tu lui reproches, exactement ? De t'aimer ? Il t'a choisi au reste de l'humanité, il était prêt à mourir de tes mains sans cesser d'avoir foi en toi une seule seconde. Peut-être que tu devrais reconsidérer les choses : si tu ne t'étais pas comporté comme le dernier des cons et étais allé chercher ton frère avant qu'il ne soit trop tard, tu n'aurais pas besoin de le faire aujourd'hui.
Il marqua une courte pause.
- Alors on reste tous ensemble. Et tu vas attendre que tout le monde soit prêt avant de partir. On a tous besoin les uns des autres ici, et ce n'est pas en se séparant qu'on réussira à établir quelque chose de constructif.
Sur ce, il le contourna pour aller ranger ses propres affaires sous le regard ébahi des quatre femmes, laissant un Dean sonné, figé par le choc. Ils rangèrent tous leurs affaires sous un silence lourd, se préparèrent rapidement et déjeunèrent en se lançant des regards timides, hormis Dean qui fixait droit devant lui, soucieux, absent.
Lorsqu'il reprit connaissance, il était allongé sur le ventre à même la terre que son corps détrempé transformait en boue, le bas de ses jambes encore dans l'eau. Il y avait du bruit autour de lui, des voix, mais il n'entendait qu'un brouhaha confus dominé par le bourdonnement de l'eau grondant à ses oreilles. Il se sentait si faible qu'il ne pouvait tenter le moindre mouvement. Quelqu'un lui agrippa brusquement les cheveux pour relever sa tête. Un râle continu sortait de sa bouche, sans former de mots. Il essaya d'ouvrir les yeux mais ne parvint qu'à les entrouvrir une demi-seconde, pour apercevoir les contours flous d'un visage penché sur le sien et d'autres silhouettes qui bougeaient, au fond. On le lâcha et il retomba face contre terre, ses cheveux ruisselants sur son visage maculé de boue, jusque dans sa bouche ouverte par laquelle s'écoulait un filet d'eau. Il resta là un moment, ne pouvant rien faire d'autre qu'essayer de respirer. Les voix autour de lui continuaient à bourdonner sans qu'il ne puisse en saisir le sens. Il toussa enfin, crachant une gerbe d'eau. Les voix s'arrêtèrent avant de reprendre. Puis peu à peu, elles s'éclaircirent jusqu'à devenir tout à fait nettes.
- … Winchester ! C'est un Winchester ! Cria l'un d'entre eux, il doit payer ! Comme tous les chasseurs de son espèce !
- Jack a raison ! Vous savez combien des nôtres il a tué, cet enfoiré de fils de putes ?! On doit le tuer ! On doit le faire souffrir !
- Non, hors de question !
La voix était froide, tranchante, sifflante. Il y eut un silence.
- On ne va pas le tuer. Max le veut vivant.
De nouveau, le silence, mais celui-ci était différent, comme lourd de sous entendus.
Sam tenta de se redresser mais ses bras lâchèrent et il retomba.
- Qui… êtes… vous… souffla-t-il, à bout de force.
En réponse, il reçut un coup de pied de pied dans les côtes qui le fit rouler sur le côté et il se tordit de douleur. Celui qui l'avait frappé se pencha alors – il entendit ses genoux craquer – et lui agrippa de nouveau les cheveux. Il sentit son souffle sur son visage, un souffle qui avait le goût de sang. Il battit des paupières pour apercevoir, pas flash, un visage émacié au large sourire pourvu de plusieurs rangées de dents acérées.
- On peut dire que je fais partie des proies que tu chasses, Winchester. Et crois-moi, tu vas payer très cher pour tous ceux d'entre nous que tu as massacrés et torturés.
Un courant d'air glacé parcouru Sam et le fit frissonner tout entier. La créature éclata de rire et s'emparant de ses poignets, le traîna derrière lui.
Ils avaient marché toute la journée, traquant les traces de Sam. Mais ils avaient perdu la piste et après plusieurs heures de recherches vaines, ils avaient fini par capituler à la tombée du jour. Ils avaient rallumé un feu et tandis que Castiel et les filles commençaient à faire cuir la viande du gibier qu'ils avaient chassé pendant la journée, Dean se tenait à l'écart, accroupi un genoux à terre sur la berge du fleuve. Castiel, qui était en train de rire d'une blague de Claire, leva les yeux et rencontra le dos tourné de Dean. Son sourire s'estompa et sa fille lui lança un regard.
- Va-y, va lui parler, lui glissa-t-elle doucement.
Il échangèrent un sourire tendre, puis il se leva dans un soupir et s'éloigna de la lumière du feu pour s'avancer dans l'atmosphère plus sombre et plus froid vers la berge où Dean était posté.
Debout derrière lui, les bras ballants le long de son corps, il avala sa salive, puis s'éclaircit la gorge avant de s'asseoir à côté de Dean, sans voir le coup d'oeil que celui-ci lui lança. Un silence tendu s'installa, troublé par la musique apaisante du fleuve. Castiel ouvrit la bouche et mit un instant avant de pouvoir former des mots.
- Dean. Je ne veux pas que...
- Cas, le coupa ce dernier d'un ton sans appel.
Castiel se tourna vers lui. Dean avait fermé les yeux et il avala sa salive avant de les rouvrir et d'enchaîner en regardant droit devant lui :
- Je sais ce que tu vas faire, Castiel, tu vas encore t'excuser parce que tu te soucies toujours trop du bien être des autres, mais...
Il marqua une pause, une expression de vulnérabilité évidente sur le visage.
- Mais ce n'est pas à toi de t'excuser ou de faire un pas vers moi, d'accord ?
Il se tut et Castiel détourna le regard pour fixer l'eau de nouveau, les bras appuyé sur ses genoux.
- Je suppose que je dois prendre ça comme des excuses ? Demanda-t-il enfin d'un drôle de ton, les mots dépassant sa pensée dans un éclair de témérité qui ne lui était pas coutumière.
Dean se tourna vers lui pour le dévisager intensément et Castiel ne put que tourner la tête à son tour pour lui rendre son regard, hésitant, puis troublé. Les yeux de Dean luisaient étrangement dans la pénombre, sans plus aucune barrière, sans protection. Castiel soupçonna ses larmes de menacer de couler mais ça ne fut pas le cas.
- Non, Cas, tu mérites de vrais excuses, souffla-t-il enfin. Pour t'avoir frappé, humilié, pour t'avoir fait du mal, pour... tout. Je te te demande... pardon.
Castiel cligna plusieurs fois des paupières, les joues rosies, un sourire irrépressible naissant sur ses lèvres. Attendri par la fragilité de Dean, il leva la main pour la mettre sur sa joue, et celui-ci avala sa salive mais ne le repoussa pas, son regard rempli de remord et d'inquiétude fouillant le sien. Mais Castiel, comme en de précieux instants, débordait d'amour.
- Et je te l'accorde, Dean.
Dean sourit sans pouvoir se retenir. Leur vie était toujours en mouvement, bouleversées par des forces qui les dépassaient bien souvent et auxquelles ils devaient se confronter tous les jours. Par monts, par vaux, culpabilité, peine, rancoeur, ténèbres. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas réellement croisé le regard de Castiel. Et il oubliait trop souvent sa réelle nature.
Pourtant, comme à chaque fois, il se trouva bouleversé par l'essence divine douce, solennelle et puissance qui débordait de l'Ange, même alors qu'il ressemblait plus que jamais à un humain.
A vrai dire, Dean préférait ne pas rencontrer Dieu. Car il était certain qu'il l'assassinerait sur place. Mais si l'amour divin avait un visage, alors c'était celui de Castiel. Cette douceur, cette lumière, ce regard bleu pétillant de compassion, de mélancolie et d'un humour particulier.
Non pas qu'il considérait Castiel comme un dieu. Ne lui faites pas dire ce qu'il n'a pas dit, non plus.
Mais de tous les êtres et les créatures qu'il ait rencontré, de tous les anges, il était le seul à travers lequel il avait perçu l'essence divine. Et l'enfant en lui voulait s'y laisser aller, y plonger tout entier. Se noyer dans ses bras et pleurer. Pleurer à n'en plus finir. Vider toute cette noirceur, toute cette douleur, toute ces épreuves. Pleurer pour toutes les fois où il avait serré les dents, pleurer dans ses bras pour chaque moment où seules ses propres mains avaient essuyé ses chagrins solitaires. Castiel retourna sa paume et ses doigts, très doucement, vinrent caresser sa joue. Il avait été un monstre et peut-être même qu'il le restait. Mais Castiel était toujours là, toujours là à lui accorder le pardon et à lui vouer une confiance aveugle quand bien d'autre auraient fuit ou l'aurait condamné sans al moindre hésitation.
Les yeux humides, Dean cligna des paupières, bouche entrouverte. Ses larmes lui brûlaient la gorge mais refusaient de réellement sortir.
- Oh, Dean... souffla Castiel
Il se rapprocha et, à genoux, passa ses bras autour des épaules pour l'attirer contre lui. Dean se figea d'abord, par automatisme, puis finit par se laisser faire et sans l'entourer posa son front contre son épaule, comme on laisse tomber les armes. Castiel posa la main droite sur sa nuque, la gauche traçant des cercles au milieu de son dos.
Dean éclata en sanglots. Sans bruits. Juste ses épaules et son dos secoué de spasmes. L'ange ne dit rien, pas le moindre mot. Il continua à le caresser en silence, sans jeter le moindre regard aux filles qui devaient les regarder fixement. Puis soudain, sans qu'il ne s'y attende, Dean passa ses bras autour de sa taille et le pressa contre lui. Il ne sanglotait plus. Ne tremblait pas.
Castiel sourit et ferma les yeux.
Je suis heureux de te retrouver, Dean.
Oui, il l'était. C'était tellement étrange, pour un ange, même tombé, de ressentir ça. Mais le sentiment était là, nichée dans sa poitrine. Et soudain, l'émotion le submergea. Panique et joie entremêlées, confondues au milieu des palpitations de son cœur – son cœur presque humain.
Ca y est, il avait trouvé sa véritable famille. Claire, Dean, Sam. Il appréciait même Jody et Donna et puis Alex aussi, bien sur. Oui, il aimait bien Alex et le bonheur qu'elle apportait à sa fille. L'amour qui se dégageait d'elles.
C'était fascinant et bouleversant à observer.
Oui, il aimait sincèrement tous ces humains. Ni supérieur, ni inférieur. A sa juste place.
Il enfouit son visage dans le creux du cou de Dean, ses mains le pressant avec force et il ne put contrôler ses brusques tremblements. Dean bougea un peu contre lui, comme essayant de le regarder, surpris, mais ne recula pas.
- Ca va ?
Castiel hocha la tête et répondit seulement avec une sincérité étonnante :
- Vous êtes ma famille...
- Bien sûr qu'on est ta famille, crétin, répliqua Dean en posant une main sur ses cheveux. Tu en doutais ?
Il mit un certain temps à répondre et le cœur de Dean se mit à battre plus vite, ses yeux grands ouverts attendant impatiemment une réponse.
- Hé bien, s'expliqua enfin Castiel d'une voix étrange et un peu étouffée à cause de sa position, tabasser quelqu'un à vouloir l'en tuer n'est pas vraiment une preuve d'amour. J'avais juste oublié que tu faisais la même chose avec Sam.
Dean lui donna un coup dans le dos.
- Enfoiré !
Castiel sourit, paisiblement. Si Dean le traitait d'enfoiré, c'est que tout allait bien. Moi aussi je t'aime, Dean.
- Cas !
Dean marqua un léger sursaut et posa les mains sur sa taille mais l'ange ne fit pas mine de reculer. Il était très bien, ici.
- Hum ?
- Castiel ! Répéta Dean, pressant.
Dean l'écarta de force, brutalement et se leva instantanément pour s'avancer dans l'eau du fleuve, avec ses chaussures et le reste de ses vêtements. Castiel ouvrit les yeux en grand en le regardant faire, comprenant qu'il venait de se passer quelque chose.
- Dean, qu'est-ce que tu fais ?
Le dos tourné, Dean s'avançait toujours plus loin, puis il se baissa et ramassa quelque chose sur une pierre avant de revenir, les poings serrés, sourcils froncés. Castiel se leva et lui tendit la main pour l'aider à sortir mais Dean l'ignora et il ne put que le regarder le rejoindre, dégoulinant.
- Qu'est-ce que c'est ?
Dean leva les yeux vers lui, le visage ravagé par l'inquiétude et il ouvrit la paume, dévoilant un morceaux déchiré de tissus de chemise bleue à carreaux.
- Ca appartient à Sam. J'en suis sur, déclara-t-il d'une voix brisée par l'angoisse.
Il y eut un instant de blanc durant lequel, muets de stupeur, ils ne purent faire autre chose que de se dévisager. Puis Dean fourra le tissus dans sa poche et il fit volte face vers le fleuve. Castiel se rua en avant pour le retenir, mais le chasseur lui échappa.
- Dean ! Qu'est-ce que tu fais ?!
Il fut bientôt rejoint par Jody et Donna qui accoururent tandis qu'il enlevait ses chaussures et retroussait hâtivement son pantalon. Dean ne répondit pas. Accroché à une pierre pour ne pas être emporté par le courant, il fouillait les flots du regard, le souffle court et les yeux révulsés. Castiel s'avança dans l'eau, difficilement, et luttant contre la force de l'eau, il s'accrocha à l'épaule de Dean, autant pour se retenir que pour capter son attention.
- Dean ! cria-t-il pour couvrir le bruit du torrent, si Sam est passé ici, il n'y ai plus ! Nous allons suivre le courant par la terre, d'accord ?
Dean tourna la tête dans sa direction. La panique luisait dans ses yeux, il était essoufflé, serrant les dents, lèvres retroussées, comme sous l'effet d'une souffrance physique insupportable.
- Cas, si jamais... si jamais le chaos l'a touché, si jamais il s'est fait attaqué, si jamais il s'était fait... si jamais il avait fait exprès de... de se laisser... noyer...
A cause de moi, lit Castiel dans ses yeux, mais le chasseur ne le prononça pas.
Castiel lui adressa un sourire rassurant.
- Dean, nous sommes une famille. Et la famille ne laisse jamais tomber, jamais. Nous allons retrouver Sam. Comme il en a toujours été.
Il était trempé, fouetté par la force du courant et avait du mal à tenir debout. Mais il était là, devant lui, à le soutenir. Derrière lui, Jody, Donna, Alex et Claire les attendaient, les vêtements sales, déchirés par endroit, les mines épuisés, mais toutes présentes, l'arme au poing, prêtes au combat, prêtes à le suivre, prêtes à se battre jusqu'à la mort pour sauvegarder cette bulle de sûreté et d'amour qu'ils avaient réussi tant bien que mal à construire au milieu de l'horreur. Et Dean fut submergé par une bouffée d'amour d'incroyable pour chacun d'entre eux. Alors il leur rendit rendit son sourire et leva le bras pour saisir celui de Castiel et il l'aida à remonter jusqu'à la berge.
Fin de ce chapitre, j'espère que ça vous a plus. Belle journée !
