Chapitre 3
Merci beaucoup pour les reviews en particulier Madoka et Audrey puisque je n'ai pas pu le faire directement, ainsi que Greatlunatic pour celle sur « les chronique d'un toutou et d'un matou » (je prends note de tes critiques). Merci aussi pour les mises dans les favs et alert.
Bon il me fallait des prénoms pour le père de Kurogane et sa défunte épouse, pour rester dans l'ambiance du manga j'ai choisi Ginryu (le sabre de Kuro, héritage de son père) et Tsukuyomi (le deuxième nom de Tomoyo). Cela ne veut pas dire que Mme Suwa et Tomoyo sont la même personne, cette dernière sera (comme souvent) la cousine de Kurogane.
Etant donné les circonstances, le père de Kuro risque d'être un peu OOC par rapport au manga.
Pour celles qui s'inquiètent que les tensions entre Kuro et Fye semblaient s'aplanir trop vite au chapitre précédent, je vous rassure, ce ne sera pas le cas !
oOoOo
Fye était tétanisé, sentir dans son dos la chaleur du torse de Kurogane et sa respiration saccadée, rendait la situation encore plus surréaliste.
Dans le couloir, leurs parents continuaient leur conversation :
« Cela te plait ? »
« Bien sûr, j'apprécie l'ameublement à l'occidental. Malgré les années passées au Japon, je n'arrive toujours pas à me faire aux tatamis et de tout ce qui va avec… »
« Je ne t'ai pas montré le rez-de-chaussée »
Elle gloussa :
« Je préférerais voir d'abord ta chambre, Ginryu »
Kurogane n'avait jamais entendu une femme parler à son père ainsi et il n'aurait jamais voulu l'entendre !
La sexualité de ses parents est quelque chose de tabou pour un enfant. Les deux adolescents ressentaient une gêne intolérable… Fye aurait souhaité disparaître dans le sol, Kurogane s'enfuir par la fenêtre…
« Tu as peur que ton fils débarque ? »
« Non, je me souviens maintenant qu'il avait un entrainement spécial de kendo, il ne rentrera pas avant 18 h »
Kurogane maudit son entraineur de les avoir libérés beaucoup plus tôt. Voila que son père la faisait entrer dans la chambre… cette chambre où seule sa mère… il serra les poings de colère, broyant presque au passage, le bras de Fye qu'il tenait toujours. Le blond sursauta, cherchant à se dégager de cette poigne douloureuse… Et Kurogane reprit enfin conscience que le fils de cette femme était à poils dans ses bras !
Il le lâcha comme s'il venait de se brûler.
Fye recula et découvrit Kurogane tel qu'il ne l'avait jamais vu, la mâchoire douloureusement crispée, les yeux remplis de dégoût et de tristesse… il apparaissait presque vulnérable… au point qu'il éprouva de la compassion pour lui… mais il était la dernière personne au monde que le brun aurait voulu trouver devant lui à ce moment !
Fye baissa les yeux, incapable de supporter d'avantage l'hostilité de son regard…
Soudain un bruit un peu plus fort parvint à leurs oreilles et il crut que Kurogane allait le frapper…
Il avait l'impression d'être sans défense, enfermé dans la cage d'un fauve… il replia ses bras contre lui en tremblant, autant de nervosité que de froid…
Kurogane balança le dessus-de-lit dans sa direction, mais il n'y avait aucune trace de sollicitude dans son geste. Il signifiait : Cache toi avec, disparaît de ma vue !
Le blond s'enveloppa de la tête aux pieds dans cet épais tissu noir.
Kurogane s'assit par terre, le dos appuyé contre son lit et Fye chercha la place la plus éloignée de lui, pour s'y recroqueviller. La seule chose dont ils pouvaient remercier le ciel, c'était que la pluie se mettait à redoubler, leur offrant une distraction sonore…
Fye commençait à se réchauffer mais son cœur restait glacé... Quand il finit par jeter un coup d'œil hors de sa couverture, il vit que Kurogane avait enfoui son visage dans ses bras croisés sur ses genoux.
Je me demande quel genre d'homme est Mr Suwa ? Juste à l'entendre comme ça il paraissait plutôt gentil… mais je ne fais pas confiance aux choix de ma mère en la matière…
Pour emmener ses pensées à des années-lumière de ce qui se passait à coté, il balaya la pièce des yeux… Le sac de sport de Kurogane gisait au milieu, là où il l'avait abandonné. Il y avait des posters de kendo et un du film Princesse Mononoke, sur les murs. Le placard à portes coulissantes, ouvert, exposait son contenu mal rangé… et même une peluche bizarre de chien bleu (1) sur la dernière étagère… En d'autres circonstances, il se serait amusé de sa ressemblance avec son propriétaire…
Après ce qui sembla être des heures, leurs parents sortirent finalement da la chambre et un peu plus tard, ils quittaient la maison.
Avec l'impression d'avoir fait quelque chose de sale ensemble, les adolescents se relevèrent et descendirent dans la buanderie.
Fye récupéra ses vêtements et fila sans se retourner.
oOoOo
Kurogane restait KO, essayant de reprendre ses esprits… Il repensa à sa relation avec son père dernièrement… commander des pizzas pour regarder un match de base-ball à la télé, tirer au sort pour déterminer qui lirait en premier le magazine Shonen Maganian ou serait de corvée de ménage…
Cela ressemblait plus à celle de deux copains… Des fois il avait même l'impression que c'était lui qui le prenait en charge…
Oui, ce dernier avait besoin d'une femme et c'était bien pour ça qu'il s'était résigné à le lui dire en face. Il avait pensé que cela prendrait du temps, que d'ici là il aurait presque quitté la maison mais voila que le destin l'avait pris par traitrise. Et quelle traitrise !
La mère de FYE !
Quand son père rentra, Kurogane ne s'étonna pas d'entendre aussitôt :
« Fiston, il faut qu'on ait une discussion… »
C'était comme voir la scène d'un drama dont il aurait déjà lu le résumé.
« Hem… Bon… Je ne t'en avais pas encore parlé mais… depuis un moment je fréquente quelqu'un… elle aussi est veuve… d'origine américaine, mais parfaitement intégrée à la vie japonaise… et figure toi que son fils est dans ta classe : Fye Flowright ! »
« Hein ? Lui ? » Kurogane crut quand même bon de jouer la surprise à cet instant.
« Oui, tu vois ça tombe bien ! »
C'est bien un truc de parents de penser qu'on s'entend toujours avec ceux de sa classe.
Avant que Kurogane ne proteste, son père continua :
« Ecoute bien : je n'ai aucune intention de trahir la mémoire de Tsukuyomi. Je veux être bien clair sur ce point… Mais la vie continue… nous voulons commencer à habiter ensemble ici »
Il n'avait pas vu son père aussi heureux et excité depuis bien longtemps et ne voulait pas casser tous ses rêves maintenant…
« Nous nous rencontrerons tous les quatre au restaurant demain soir »
Arg !
oOoOo
Fye trouva sa mère dans le salon, absorbée par la liste de déménageurs que lui affichait son ordinateur portable.
« Je suis rentré »
« Prépare toi ce que tu veux, j'ai déjà mangé » déclara t elle avec son indifférence habituelle. Ce fut sur le même ton qu'elle le mit au courant de la situation.
Elle n'attendait aucunes objections ou remarques de sa part et il n'en fit pas, s'étonnant juste de connaître le fils de l'intéressé.
Elle ne lui dit pas ce qu'elle attendait de lui, mais il le savait : il connaissait les règles du pacte, même s'ils n'en avaient jamais parlé entre eux… Jusqu'à présent, il n'avait pas encore cherché à le rompre…
oOoOo
Kurogane n'arrivait pas à fermer l'œil. Dire que d'habitude il dormait comme une souche, cela faisait des heures qu'il fixait le plafond. En plus une odeur étrange flottait autour de son lit… pas désagréable, un parfum de gel douche au pamplemousse…
Ce traitre de dessus-de-lit avait gardé l'empreinte olfactive de Fye !
Kurogane rejeta rageusement le coupable, puis finit par se lever. Il descendit dans la cuisine, sans même allumer la lumière, n'ayant aucun mal à se déplacer dans le noir. Après avoir avalé un verre d'eau, il alluma une bougie pour se recueillir devant le portrait de sa mère.
À chaque fois, il en ressortait apaisé… Qu'il se souvienne d'un de ses conseils ou que, moins rationnellement, l'esprit de la défunte le lui suggère, il recevait généralement une réponse s'appliquant avec pertinence à la situation…
Et ce quand bien même il n'était pas toujours en mesure de l'accepter…
Celle qu'il reçut cette nuit ne dérogeait pas à la règle : On ne peut pas prétendre d'avance savoir comment les choses vont se dérouler…Rien n'arrive jamais par hasard, il faut laisser une chance à chacun…
Un diner presque parfait
Le lendemain matin au réveil, Kurogane aurait voulu croire que les événements de la veille n'étaient qu'un mauvais rêve. Hélas…
Malgré que le temps soit encore à la pluie, il sortit faire un footing, histoire calmer ses nerfs. Au bout du quartier, il passa devant une demeure cossue, appartenant à sa tante maternelle. Seulement les Daidoji étaient absents ce week-end, sinon il se serait bien arrêté pour voir ses cousines, Amaterasu et Tomoyo, afin de vider son sac.
La journée s'égrena jusqu'à l'heure fatidique.
Mr Suwa avait fait une réservation dans un restaurant réputé pour ses sushis. On voyait qu'il était un peu nerveux, réajustant sans cesse la cravate de son costume sombre. Kurogane, lui, se préparait déjà mentalement à subir l'une des pires soirées de sa vie.
« Oh les voila » dit soudain Mr Suwa en se levant.
Un murmure parcourut la salle alors que deux êtres, presque lumineux, faisaient leur entrée. Les convives contemplèrent, plus longtemps que le permet la politesse, l'étrange rencontre qui se déroulait sous leurs yeux. Tel le jour et la nuit, aussi beaux que différents, les Flowrigt et les Suwa offraient un magnifique contraste visuel.
Devant Mme Flowright, très élégante dans un ensemble blanc et turquoise, Kurogane dut avouer, qu'objectivement parlant, elle était belle. Elle ressemblait évidemment à son fils, si ce n'était un visage un peu plus long et des cheveux qui tombaient sur ses épaules. Son style était aussi beaucoup plus sophistiqué alors que la beauté de Fye était pure comme celle d'un ange.
Mais le plus frappant c'était son sourire ! Il le trouvait trop commercial, comme celui de Fye et pourtant différent…
« Voici Helen Flowright » présenta Mr Suwa avant d'ajouter « Enchanté de te rencontrer Fye, tu connais déjà mon fils »
Kurogane n'essaya même pas de faire semblant d'être poli, se contentant d'un bref salut de la tête.
De son coté, Fye, en découvrant de près Mr Suwa, reconnaissait combien Kurogane était son portrait tout craché. Bien sûr le paternel avait les cheveux qui commençaient à grisonner et les traits plus marqués. Pourtant, d'une certaine manière, il avait un coté plus naïf et enfantin que son fils… Peut-être parce qu'il souriait alors que Kurogane présentait un visage très sévère. En comparaison ce dernier paraissait bien plus mature.
Ils prirent place autour de la table que Mr Suwa avait choisie ronde pour plus de convivialité. Kurogane se trouvait entre son père et Fye, face à Mme Flowright. Sans entrer dans la conversation, il poursuivit son examen. Cette femme était tout le contraire de sa mère, déjà par son physique, mais surtout par son caractère.
Si Mme Suwa avait été l'incarnation de la douceur maternelle, celle-ci représentait un autre idéal : une femme de tête, brillante dans son domaine et indépendante.
Il n'appartenait pas à ceux qui, encore très nombreux dans la société japonaise, veulent réduire les femmes à un rôle traditionnel. Mais sous cet emballage attractif, il flairait un vice caché…
Kurogane reporta son attention sur Fye. En classe il avait eu le temps de faire une classification de ses sourires. Là il portait celui un peu sérieux réservé d'habitude aux professeurs.
Non mais quel fayot ! Hier il était anéanti… si un jour je comprends ce qui se passe dans cette tête blonde…
Au moment de la commande, Mme Flowright découvrit avec surprise que Fye ne mangeait pas de sushis et Mr Suwa se confondit en excuses pour son choix. Kurogane en était friand d'ordinaire mais une nourriture délicieuse n'offre aucun plaisir quand le cœur n'y est pas. Il aurait préféré avaler un bol de riz.
Comme d'usage dans ce genre de situation, les adultes tentent de d'apprivoiser l'enfant de l'autre.
Mme Flowright attaqua, tout sourire, par :
« C'est fou comme tu ressembles à ton père ! »
Entendre sa voix, rappela à Kurogane la scène de la veille, lui donnant la chair de poule. Mais elle ne se rebuta pas devant son attitude plus que bourrue, et enchaina les questions. Il ne répondait que par des grognements, alors son père se chargeait de compléter, tout en interrogeant Fye qui se prêtait poliment au jeu.
Soudain Kurogane s'étrangla avec un sushi quand Mme Flowright lui demanda :
« Tu dois avoir beaucoup de succès avec les filles ? »
Mr Suwa expliqua en riant :
« Ah ça ! Quand il est entré au lycée j'ai du mettre notre téléphone sur liste rouge car il n'arrêtait plus de sonner… Fye aussi doit avoir la côte ? »
« Oui, il plait à tout le monde » répliqua Mme Flowright d'un ton étrange.
Kurogane commençait à remarquer quelque chose… si son père guettait la moindre de ses réactions et faisait tout pour qu'il ne se sente pas délaissé, Mme Flowright, elle, ignorait son fils.
Bizarre, j'aurais parié que c'est le genre de fils dont une mère est gaga… à la base, elle ne dégage pas vraiment d'aura maternelle, mais quand même…
Les rares fois où elle avait adressé la parole à Fye, cela lui avait paru artificiel. Comme si J'ai un fils du même âge, était une carte d'atout qu'elle jouait dans ce jeu de poker menteur.
Ya un truc qui cloche…
En fait, la seule chose qui ne lui paraissait pas fausse, c'était l'intérêt qu'elle portait à son père.
Finalement, Mr Suwa se racla la gorge et entama un discours qu'il avait du préparer à l'avance :
« Voila cela fait deux mois qu'Helen et moi nous nous fréquentons… » Il posa sa main sur la sienne et elle la serra « Nous avons décidés de vivre ensemble. Je sais que cela vous parait sans doute précipité… que vous n'allez pas vous entendre du jour au lendemain comme des frères… La seule chose que je vous demande c'est de nous laisser une chance »
Anxieux, il attendit la réaction des garçons.
« Je te donnerai ma réponse en privé » répondit son fils, sortant pour l'occasion sa plus longue phrase depuis le début du repas. Il établissait aussi clairement une barrière entre eux et les autres.
Quant à Fye, Kurogane eut l'impression qu'il était à deux doigts de laisser tomber son masque, mais à la place il afficha un sourire éclatant faussement joyeux.
« Suwa-san je vous confie ma mère » puis il s'excusa et se dirigea vers les toilettes.
Le brun décida de le rejoindre dans une minute, pour faire une petite mise au point.
Je peux faire un pacte avec un ennemi si c'est pour en contrer un autre.
Fye se sentait extrêmement las et nauséeux… il mouilla ses tempes d'eau fraiche, fixa le miroir devant lui et soupira : Comme des frères ? Non plus personne ne tiendra jamais ce rôle !
Contempler son reflet l'aidait à se calmer. Non pas qu'il soit narcissique, bien qu'il puisse rivaliser de beauté avec le personnage légendaire, mais ce n'était pas lui qu'il regardait. C'était celui qui, s'il avait vécu, aurait aujourd'hui la même apparence : il imaginait que Yui était devant lui !
Enfants, un de leurs jeux préféré était celui du reflet. Ils se mettaient face à face et celui qui était le reflet devait reproduire les mouvements de l'autre. Ils étaient devenus très forts pour anticiper leurs réactions…
Maintenant, Fye continuait à jouer seul, considérant les miroirs, un peu à la manière de celui d'Alice, comme une fenêtre sur un autre monde… une ouverture par laquelle son frère pouvait venir à sa rencontre... alors cette surface glacée était la seule chose qui le séparait de lui…
La porte qui s'ouvrait l'arracha brusquement de son onirique mélancolie. Quelqu'un l'avait suivit, un homme d'une trentaine année avec des lunettes et le charme d'un serpent.
Fye savait déjà ce qu'il voulait. Chez les hommes, son champ de séduction involontaire ne se limitait même pas aux homosexuels. Nombreux étaient ceux qui le voyaient comme une expérience exotique. La seule chose qui les intimidait c'était la barrière supposée de la langue et certains hommes d'affaires l'abordaient d'ailleurs directement en anglais.
Mais celui-ci l'avait entendu parler japonais, alors il n'hésita pas :
« Difficile soirée n'est-ce-pas ? Rencontre avec le nouveau compagnon de ta mère et son fils aussi aimable qu'un bull-dog ? »
Excellent résumé de la situation mais cela ne me fera pas accepter la suite !
Fye essayait de demeurer impassible et surtout ne pas montrer qu'il avait peur. Quelque chose dans cet homme lui rappelait Ashura, réveillant ses anciennes terreurs.
« Tu vas avoir besoin de te changer les idées, je pourrais t'emmener quelque part » Il lui tendit une carte de visite portant la mention Sheishiro-san, Vétérinaire.
Fye ne la prit évidemment pas mais l'homme se fit pressant :
« Donne-moi ton numéro »
L'adolescent cherchait un moyen de repousser ce gêneur qui bloquait la porte sans faire de raffut, quand Kurogane débarqua.
Il foudroya du regard les deux protagonistes et Seishiro se hâta de quitter les lieux. Fye sentit une nouvelle vague d'angoisse l'envahir, mais avant que Kurogane ne fasse la moindre réflexion, Mr Suwa entrait à son tour.
« Je vous laisse discuter » s'écria Fye soulagé, en se dérobant.
Il reprit vite sa place à table. Sa mère ne lui jeta pas un regard, elle semblait perdue dans la contemplation de son bracelet en argent. Il savait qui lui avait offert ce bijou…
Je veux partir ! En fait il y a pleins de types comme celui de tout à l'heure qui voudraient m'emmener avec eux… mais personne ne viendra jamais pour me délivrer…
Inconscient de tous les drames qui lui étaient cachés, Mr Suwa demanda à son fils :
« Alors ? Qu'en penses-tu ? »
« Je n'approuve pas mais je ne m'y opposerai pas »
Kurogane ne se sentait aucun droit à interdire. D'un autre coté, il aurait voulu pouvoir développer ses objections, mais il n'avait pas de preuves concrètes…
La fin du diner porta sur des questions pratiques comme le déménagement des Flowright qui aurait lieu le samedi prochain.
Devant le restaurant, les adultes annoncèrent leur intention de finir la soirée dans un bar. Apparemment ils partageaient le même goût pour le saké.
« Allez les jeunes, on vous laisse entre vous, mais n'oubliez pas que vous avez école demain matin » lança gaiement Mr Suwa.
Les adolescents étaient sur la même longueur d'onde :
Si tu crois que je vais trainer avec ce crétin…
Néanmoins Kurogane ne voulait pas le lâcher tout de suite. Il l'entraina dans une ruelle adjacente, moins bruyante, et posa la question qui lui brûlait les lèvres :
« Hé, c'est quoi ton vrai avis sur la situation ? »
« Je l'ai déjà signifié à ton père, il me semble. T'as pas écouté ? » répliqua froidement Fye.
« Ok ! » grogna le brun « Une autre question : comment ça se fait que tu n'ais pas été au courant de la situation plus tôt ? » Il cherchait un moyen d'obtenir des détails sur sa relation avec sa mère.
« Hum quand elle fréquente quelqu'un, elle ne l'amène jamais à la maison… » Fye cherchait à clore cet interrogatoire inconfortable mais il regretta tout de suite cet aveu.
Repensant à la scène dans les toilettes, Kurogane jeta alors avec une méchanceté gratuite qui ne lui ressemblait pas :
« Ah bon, elle a peur que tu les lui piques ? »
VLAM !
La réponse de Fye fut un magistral coup de poing qui le laissa stupéfait. Personne jusque là n'avait jamais été assez téméraire (ou suicidaire) pour oser le frapper ainsi !
Fye en avait profité pour prendre la fuite en courant.
Tss, tu perds rien pour attendre…
Tout en reconnaissait que son accusation était odieuse, Kurogane ne sentait aucune raison de s'excuser.
Ça va être ta fête à la maison ! T'imagine pas que je vais laisser les deux menteurs que vous êtes, faire ce que vous voulez !
Le jeune homme blond était fou de rage :
Quel salaud ! Mais comment ai-je pu penser un seul un instant que j'étais amoureux de lui ou compatir sur son sort !
Je le hais, je le hais, je le hais…
Il claqua la porte de l'appartement et se précipita sous la douche, laissant longuement l'eau couler sur lui… comme si elle avait pu le laver de sa colère…
Puis ne voulant pas perdre de temps à écrire une lettre, il parla directement au miroir de la salle de bain :
Yui…
Que dois-je penser de Mr Suwa ? Il appartient à la catégorie d'homme dont je n'ai rien à craindre. C'est déjà ça !
Est-ce que mon vœu s'est réalisé ? Je ne sais pas… il est sincère dans ses sentiments, il veut vraiment prendre soin d'elle mais… c'est de l'image qu'elle projette dont il est tombé amoureux !
Enfin s'il n'y avait pas Kurogane je crois qu'il n'y aurait pas trop de problèmes pour vivre un moment, avec eux. Mais lui, il voit bien plus loin que son père et c'est sur moi qu'il va passer ses nerfs…
Si je demandais à maman de me mettre dans un internat, je suis sûr qu'elle dirait oui. Seulement la perspective de partager ma chambre, m'est encore plus désagréable, que de devoir supporter Kurogane au quotidien.
Entre le dortoir, voire même le trottoir, le choix est vite fait, mais dès que je pourrais je partirai…
Personne ne me retiendra ce jour là…
Il appuya ses mains sur celles de Yui dans le miroir… elles étaient aussi froides que l'ultime fois où ils les avaient touchées… il posa aussi son front sur la glace alors le reflet se brouilla dans la buée et les larmes…
À suivre…
Merci de votre lecture ! Je vous encourage à laisser des reviews, car savoir comment vous percevez l'histoire m'aide à faire des ajustements et bien sûr ça motive !
À suivre : la guerre froide !
Notes :
1 : Il s'agit bien sûr de Ioryogi. Dans la Vo de l'anime Kobato, sa voix est celle du même acteur que Kurogane. Cela donne lieu à des remarques marrantes de la part de Mokona dans l'épisode où la team Tsubasa débarque.
