Ohayo!
Me revoilà pour votre plus grand plaisir (ou déplaisir ^^) après une trèèès longue absence. Mais voyez-vous, je suis tombée dans la plus odieuse des conspirations: colles et examens semestriels m'ont attaquée avec une rare violence, si bien que je n'ai pas eu une minute pour écrire. Et que j'ai galéré un max pour m'y remettre une fois les vacances arrivées. Mon inspiration étant en convalescence, j'espère que ce chapitre ne vous décevra pas trop et que vous aurez toujours envie de me suivre dans ma folie 8D
RETOUR A LA MAISON,
ou quand on ne rentre qu'avec une moitié d'ami...
Juillet 1897.
Allen fut interrompu dans son pharaonique repas par la voix nasillarde du Grand Intendant s'échappant des hauts-parleurs :
« Allen Walker est attendu au bureau du génialissime, talentueux et absolument...
- Faignantissime Komui Lee ! Posez immédiatement ce micro et retrouvez-moi cette lettre bon sang de... !
- Reever-san ! pleurnicha le chinois. »
Allen sourit puis finit rapidement, consciencieusement aidé de Timcampy. Le jeune homme se dirigea ensuite vers le bureau du Grand Intendant, Link le suivant comme une ombre malveillante. Depuis la mort de Lavi et la disparition de Kanda, Luberrier avait accru sa surveillance comme si le blandinet y était pour quelque chose. Ce fut donc avec un grand soulagement qu'il accueillit la mission avec Lenalee, jugée trop dangereuse pour que Link le suive.
« Vous partirez au nord du pays. lui expliqua Komui. Des traqueurs nous ont avertis qu'une tempête de neige faisait rage depuis deux semaines sur un petit village isolé, obligeant les villageois à rester cloîtrés chez eux.
- C'est inhabituel à cette période de l'année. déclara la jeune fille. Cela pourrait très bien être l'œuvre d'une Innocence.
- Effectivement. Cependant, en plus du blizzard, la forêt semble maudite.
- Maudite ?! s'exclamèrent en cœur les adolescents.
- D'après les dires des villageois et le rapport envoyé par l'équipe sur place, d'inquiétants murmures résonneraient à chaque fois que quelqu'un pénètre dans la forêt. D'étranges créatures la peupleraient également, attaquant tout ceux qui s'y aventurent trop profondément. Pris de peur, plus personne n'ose s'en approcher.
- Des Akumas sans doute. affirma Allen.
- C'est peu probable. Aucun traqueur n'a été tué et les quelques blessures sont légères : hormis une épaule démise, la plupart n'ont que quelques bleus. Un Akuma aurait fait bien plus de dégâts. »
Les exorcistes se regardèrent, interloqués. Là où il y avait une Innocence, il y avait toujours des Akumas. Ou pire, des Noahs.
« Normalement, continua Komui en se relevant, un seul exorciste aurait été dépêché sur place. Mais avec la récente disparition de Kanda... »
Le Grand Intendant se tourna vers la grande fenêtre et regarda au dehors, un air grave et soucieux étirant ses traits fins. Il donnait l'impression de guetter quelque chose au dehors, comme s'il craignait que ce quelque chose ne jaillisse à tout moment pour les attaquer.
« Lavi, et maintenant Kanda... murmura-t-il pour lui-même.
- Ne t'inquiètes pas ni-san, nous serons prudents. lui promit sa sœur en venant à son côté. »
Komui tapota affectueusement le sommet de son crâne... puis explosa en larmes tout en s'agrippant à sa taille.
« Lenaleeee ! Bouhouhouhou ! T_T
-Ni-san ! le gronda-t-elle. Je ne suis plus une enfant ! Et puis Allen-kun sera avec moi.
- Allen ? »
Les yeux du chinois étincelèrent tandis que de sombres tentacules s'étiraient dans son dos. Le jeune albinos émit le même son qu'une souris coincée par le chat en se renfonçant encore plus dans le divan.
« A...llen. appela le Grand Intendant d'une voix lugubre.
- Ou... oui ?
- Tu prendras bien soin de ma Lenalee chérie, n'est-ce pas ? Ou sinon...
- Bien sûr, comptez sur moi ! répondit la pauvre victime en se mettant au garde-à-vous.
- Je savais que je pouvais compter sur toi ! sourit Komui en posant ses mains sur ses épaules. Et bien évidemment, elle n'aura pas la moindre égratignure, n'est-ce pas ? »
Le sourire qu'affichait l'adulte à cet instant était encore plus effrayant qu'un Kanda de mauvaise humeur. Au moins avec le japonais avait-on droit à une mort rapide et décente...
oOoOo
Les deux exorcistes atteignirent le village en fin de soirée, éreintés et frigorifiés par la tempête qui les avait surpris un peu plus tôt. Après avoir pris possession de leur chambre respective et un bon bain chaud, ils se retrouvèrent pour le dîner.
« C'est tout de même curieux. déclara soudain Lenalee.
- Quoi donc ?
- Le ciel était dégagé et tout à coup, le blizzard s'est levé. As-tu remarqué les congères qui se dressaient, même sur la route ? Comme si personne n'était passé par là depuis des jours.
- Maintenant que tu le fais remarqué... il m'a semblé entendre la foudre tomber à plusieurs reprises.
- Moi aussi... Allons voir les traqueurs pour avoir plus de détails.
- Ok. »
Allen et Lenalee se dirigèrent vers un bâtiment faisant office d'hôpital de fortune où les victimes du froid et de la forêt se faisaient soigner.
« Peu de temps après être entrés dans la forêt, expliqua le chef des traqueurs qui faisait soigner son arcade fendue, nous avons entendu des bruits tout autour de nous.
- Quelle sorte de bruits ? interrogea le blandinet.
- Des craquements principalement. Mais, au fur et à mesure de notre progression, ces bruits s'amplifièrent : les troncs craquaient entre eux, les feuilles bruissaient et les branches se balançaient doucement alors qu'aucun souffle d'air ne perçait l'épaisse muraille végétale. Comme si les arbres se parlaient entre eux... »
Les jeunes gens échangèrent un regard entendu : cela ne pouvait pas être l'œuvre d'un Akuma.
« Des choses murmuraient à l'abri du feuillage, se déplaçaient dans l'ombre parallèlement à notre chemin. continua le traqueur qui s'était mis à trembler. La forêt conspirait contre nous. Et tout à coup, sa fureur a explosé. Des créatures faites de feuilles et de branches nous sont tombées dessus, sans prévenir. Il en jaillissait de partout, se dispersaient aussitôt qu'on les frappait pour mieux réapparaître dans notre dos. »
Le traqueur saisit sa tête à deux mains, ses yeux roulant dans leurs orbites sous l'effet de la terreur qui s'emparait petit à petit de lui.
« C'était comme se battre contre des fantômes ! Rien n'avait d'impact sur eux : ni les armes, ni les barrières ! Ils étaient partout, bruissant de rage !
- Calmez-vous. lui enjoignit le médecin en tentant de le faire s'allonger.
- N'y allez pas ! supplia-t-il en s'agrippant au bras d'Allen, qui fut incapable de se dégager tant la poigne de l'homme était serrée.
- Lâchez-le ! cria la jeune chinoise tandis que le médecin appelait ses collègues.
- Vous ne pouvez rien contre la nature ! éructa le traqueur en se débattant furieusement. La forêt vous attaquera aussi ! Elle ne veut pas de nous ici ! Fuyez ! Fuyez pour vos vies ! »
Ces exclamations attisèrent la peur des autres malades qui se mirent à hurler à leur tour, cherchant une cachette pour échapper à la forêt maléfique. Les exorcistes quittèrent rapidement l'hôpital, et retournèrent à l'auberge où ils discutèrent longuement de la situation. Ils convinrent de s'y rendre le lendemain en début de matinée, estimant qu'il était trop dangereux de s'y aventurer en pleine nuit, alors que le blizzard faisait toujours rage dehors.
Les deux amis se séparèrent et Allen s'installa à la fenêtre, incapable de s'endormir. Les paroles de Komui tournaient en boucle dans sa tête :
« Normalement, un seul exorciste aurait été dépêché sur place. Mais avec la récente disparition de Kanda... »
Tout comme le Grand Intendant, l'adolescent albinos pressentait que quelque chose se tramait dans l'ombre. Ce sentiment s'était renforcé depuis qu'ils étaient arrivés dans ce village, et la peur qui suintait des victimes n'avait pas diminué cette impression de mal-être. Cette forêt qui s'animait soudainement pouvait certes, être une manifestation du cristal divin, mais pouvait tout aussi bien être l'œuvre d'un descendant de Noé. Il en existait d'autres que Road ou Lulubell d'autres aux tout aussi terrifiants pouvoirs... Peut-être son Innocence cherchait-elle à le mettre en garde contre le même danger qui s'était abattu sur deux de ses amis ?
« Lavi et maintenant Kanda... »
Allen posa son front contre la vitre gelée et regarda dehors, comme s'il s'attendait à voir l'un d'entre eux percer l'obscurité et lui revenir.
Cela faisait un an que Lavi avait disparu. Il n'avait plus l'espoir de le retrouver vivant à présent, d'autant plus qu'il avait relevé des traces de cire sur les éboulis de murs. Si Bookman junior avait croisé Road à nouveau, il y avait peu de chance pour qu'il s'en soit sortit une seconde fois.
Le jeune homme repensa à la manière dont ils s'étaient quittés et les remords revinrent étreindre son cœur. Mana puis Lavi... était-il destiné à perdre tous ceux qu'il aimait dans ce combat ? Cette question, il se l'était souvent posée mais jamais il n'avait pu se résoudre à rester dans la solitude comme Kanda. Allen avait décidé de se battre pour les humains mais aussi pour les Akumas. Pourtant, il ne voulait plus sacrifier personne, pas même son meilleur ennemi...
« Où es-tu Bakanda ? murmura-t-il en fermant les yeux. »
Seul le souffle violent du vent lui fit écho.
oOoOo
Le lendemain, la tempête ne s'était pas atténuée et ne semblait pas prête de vouloir s'arrêter. Les adolescents étaient donc déjà épuisés à force de lutter contre les éléments lorsqu'ils pénétrèrent dans la forêt. Si quelques flocons parvenaient encore à percer l'épais toit végétal, le vent s'était, quant à lui, tu. Toutefois, loin de leur offrir le répit auquel ils aspiraient, ce silence laissait planer un calme pesant et lugubre. Bien qu'habitués aux démons et autres phénomènes divins, ils ne purent empêcher l'angoisse de s'emparer d'eux. Elle les saisit aux tripes, plantant ses crocs glacés dans leurs chairs, les gelant doucement mais sûrement.
Et l'ambiance qui régnait n'arrangeait pas les choses. En effet, des chuchotements et des bruits de pas étouffés résonnaient tout autour d'eux, et ils purent apercevoir des ombres furtives se déplacer d'arbres en arbres.
« Le piège se referme. chuchota Allen au bout de quelques minutes.
- Exactement comme le traqueur nous l'a décrit. confirma Lenalee. Est-ce que tu ressens la présence d'Akumas ?
- Non. puis, portant la main à son œil gauche, il ajouta : il ne s'agite même pas.
- Dans ce cas, qu'est-ce qui nous suit ? »
Le jeune homme lui renvoya un regard inquiet. Son sentiment d'appréhension s'était intensifié tandis qu'une étrange sensation de familiarité se développait. Il ne savait pas comment l'expliquer autrement : son Innocence luisait avec un peu plus d'intensité, diffusant comme un appel silencieux dans l'air. De fait, malaise et joie se mêlait étroitement en Allen, qui ne savait plus très bien distinguer ce qu'il éprouvait, de ce que l'Innocence lui faisait ressentir.
« Allen-kun ? appela Lenalee en s'arrêtant. »
Le blandinet sortit de sa réflexion intérieure et regarda ce qu'elle lui montrait : les branches se balançaient, leurs sifflements furieux faisant écho aux craquement sinistres des troncs d'arbres. Les chuchotements s'étaient amplifiés tout autour d'eux, comme un essaim de guêpes en colère. Les adolescents activèrent leurs Innocences et continuèrent prudemment à avancer.
Mais même ainsi, il n'étaient pas préparer au déchaînement de violence qui s'abattit soudain sur eux.
Les buissons et le feuillage des arbres explosèrent, déversant des êtres faits de feuilles et de brindilles, leurs yeux verts profonds pulsant d'une intelligence irréelle. Les créatures attaquèrent avec un synchronisme parfait, telle une multitude de parties d'un seul et même être.
Les exorcistes se défendirent immédiatement, se créant un passage entre les troncs grondant. Ils avaient l'impression que la forêt entière tremblait de rage, furieuse que des intrus osent lui résister. Elle redoubla ses assauts et bientôt, Allen et Lenalee durent reculer, couverts d'égratignures et de poussière. Car pour chaque ennemi tombé, 3 autres leur barraient le passage. C'était comme se battre contre des fantômes...
« On y arrivera jamais comme ça ! intervint Lenalee en coupant en deux l'être qui l'attaquait. Il faut passer par la voie des airs, c'est notre seule chance ! »
Allen approuva d'un bref signe de tête, trop essoufflé pour répondre. Il décima ses assaillants et passa un bras autour de sa taille fine. La jeune chinoise frémit un bref instant, puis fusa vers le ciel, trouant l'épaisse muraille végétale sans mal.
Ce fut à ce moment précis que le ciel se déchira, fendu par un formidable éclair. Le grondement tonitruant de la foudre résonna un long moment.
« Qu... qu'est-ce que... c'était que ça ?!
- Attention ! hurla Allen. »
Les deux jeunes gens ne durent leur survie qu'aux prodigieux réflexes de Lenalee. Dès que son compagnon cria, elle esquiva l'éclair d'un formidable salto arrière.
La terreur fit alors place à l'angoisse dans leurs regards.
Le foudre tombait partout à la fois, enflammant la cime des arbres ou les coupant carrément en deux. La chaleur des flammes, attisées par le vent, semblait nullement inquiétée par la neige qui continuait de tomber. Ils furent pris dans l'épaisse fumée noire que le vent rabattit sur eux et ne purent s'empêcher de tousser. Au loin, de gros nuages noirs se regroupaient au-dessus d'une petite montagne, formant ainsi l'œil de l'orage.
« Il...keuf keuf... faudrait aller... hhh hhh keuf ! vers l'œil ! S'il y a une Innocence... keuf keuf... c'est forcément là-bas qu'elle se trouve ! cria Allen en tentant de couvrir le grondement du tonnerre. »
Comme s'il l'avait entendu, l'orage redoubla de violence : le vent se transforma en ouragan et la foudre s'abattit sur eux. Lenalee virevoltait entre les éclairs, effectuant parfois de formidables acrobaties aériennes qui retournaient l'estomac de son camarade.
Pourtant, elle faiblissait à vue d'œil. Ses esquives se faisaient de moins en moins rapides et toujours au dernier moment, tandis que les éléments s'acharnaient à les chasser le plus loin possible de la montagne. Et toujours cet intense mal-être qui habitait Allen et augmentait au fil de leur approche.
Soudain, quelque chose prit forme devant eux. Quelque chose de si terrifiant qu'on ne l'évoquait que lorsqu'on parlait de la mort. Les deux exorcistes sentirent une même terreur les envahir. Un dragon de foudre venait de se matérialiser. La fantastique créature se cabra tout en poussant un effroyable rugissement qui fit trembler la voûte céleste. Presque aussitôt, cinq autres dragons se dressèrent, leurs queues claquant comme le tonnerre qui s'abat sur la terre.
Puis ils attaquèrent. Tous en même temps et avec la même synchronicité que les êtres de feuilles.
Lenalee s'élança à leur rencontre, louvoyant entre eux dans l'espoir de gagner au plus vite la montagne. Allen jura intérieurement de frustration. Il ne pouvait pas activer son épée car il devait toujours s'agripper à la jeune fille qui n'avait pas assez de force pour le soutenir toute seule. Malgré les efforts désespérés de la chinoise, la queue d'une des créatures les frappa de plein fouet.
« AAAAAAHHHH ! hurlèrent-ils en cœur en sentant les étincelles mordre leur chair et paralyser leurs muscles. »
Sonnée, Lenalee perdit connaissance et ils tombèrent en chute libre. Allen déploya son long manteau blanc afin d'atténuer leur chute, ce qui les empêcha de finir disloqués, et accessoirement broyés, sur le sol. Toutefois, leurs assaillants n'avaient pas l'intention de les laisser s'échapper. Ils s'abattirent sur eux comme une volée de charognards s'abattraient sur une carcasse puante.
« Crown Clown ! cria Allen en dégainant son épée. »
Il se baissa au moment où un dragon plongeait vers eux, et planta sa lame dans son corps. Emporté par son élan, la créature se fendit elle-même sur toute la longueur et s'écrasa dans la neige avec un hurlement déchirant. Aidant son amie qui peinait à reprendre ses esprits, ils coururent se réfugier dans une caverne à fleur de montagne tout en évitant les éclairs et les dragons qui leur pleuvait dessus. Une fois à l'abri, ils s'effondrèrent en haletant, leurs muscles toujours endoloris par la décharge électrique qui les avait frappés un peu plus tôt.
« Qu'est... ce que... ces... monstres... faisaient là ? interrogea Lenalee à bout de souffle.
- J'en ai... aucune... idée. Ha ! On a faillit...y... passer !
- Allen-kun. reprit-elle après quelques minutes de silence. C'est... étrange mais j'ai un drôle de pressentiment.
- Quel genre de pressentiment ? demanda celui-ci en se redressant, les traits soudain tirés en un masque soucieux.
- Je ne sais pas vraiment comment le décrire. Depuis qu'on est arrivé, je ressens une sorte d'appel venant de la forêt. Un appel si diffus que je rêve peut-être. Et pourtant, c'est comme un sentiment de nostalgie, de...
- Familiarité. compléta Allen dans un souffle.
- Tu le ressens aussi ?!
- Oui. Depuis la mort de Lavi, j'ai le sentiment que quelque chose se trame dans l'ombre. Ce sentiment n'a fait que s'accentuer avec les récents meurtres d'exorcistes et s'est fait encore plus intense depuis la disparition de Kanda. Je ne pense pas que ce qui se passe ici soit un hasard, toutefois, une sensation similaire à la tienne m'habite depuis notre arrivée. Je pense que l'Innocence cherche à nous dire quelque chose. »
À peine eut-il finit sa phrase que leurs Innocences se mirent à briller de concert. Elles émirent un son cristallin qui se répercuta sur les parois rocheuses. Ils attendirent quelques minutes puis un son identique leur parvint, lointain et étouffé.
« Ça venait du fond de la grotte ! s'exclama la jeune fille en se précipitant vers la source du bruit.
- Lenalee ! Attends ! »
Elle s'était déjà engagé dans un boyau, jusque là dissimulé dans l'ombre. L'adolescent lui courut après, la rattrapant sans mal. Ils débouchèrent finalement sur une immense grotte naturelle, ouverte sur le ciel. Les rayons lunaires éclairaient d'un halo argenté les quelques plantes qui poussaient au bord d'un petit lac intérieur. La pierre grise était parsemée d'un léger voile blanc totalement immaculé, sans aucune empreintes humaines ou même animales.
Trois serpents de feu sifflèrent à leur entrée et se dressèrent face à eux, menaçants.
« On... on dirait... chuchota Lenalee, sous le coup d'une violente émotion.
- Le Hiban de Lavi. termina Allen dans un souffle. »
Les deux adolescents se sentirent envahis par un même sentiment d'espoir. Toutefois, les reptiles ne leur laissèrent pas le temps de se poser des questions. Deux d'entre eux attaquèrent avec une vivacité étonnante compte tenu de leur taille, tandis que le troisième restaient enroulé sur lui-même, semblant dissimuler quelque chose entre ses anneaux.
Allen avait déjà combattu Lavi dans l'Arche et savait à quel point ses attaques pouvaient être redoutables. Il s'enroula donc avec sa camarade dans son long manteau blanc, et envoya des pointes de pouvoir pétrifier les serpents de feu. Quelques minutes plus tard, ils furent hors de danger.
« Merci, Allen-kun.
- De rien. Cependant, ne relâchons pas notre vigilance. prévint-il en désignant d'un signe de tête le troisième serpent toujours intacte. »
Celui-ci se contentait de les regarder, sa langue fourchue s'échappant parfois de sa bouche pour sentir leur odeur.
« Pourquoi n'attaque-t-il pas ? demanda Lenalee au bout de quelques minutes.
- Je ne sais pas. Il n'a pas l'air hostile non plus.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- On s'approche chacun de notre côté et on verra bien ce qui se passe.
- Oui. »
Ils s'approchèrent prudemment du gros reptile, qui ne broncha pas. Lorsqu'ils furent assez proches cependant, celui-ci baissa la tête vers Allen qui se mit en garde.
« Allen-kun ! s'exclama Lenalee en voulant se précipiter vers lui.
- Ne bouge pas. ordonna-t-il d'une voix calme. C'est curieux mais, il ne me brûle pas. »
En effet, le reptile n'émettait qu'une douce chaleur malgré les flammes ardentes qui le constituaient. Ses yeux flamboyants le fixaient avec intensité, comme s'il savait exactement qui il était et qu'il voulait lui dire quelque chose. Mû par un instinct dont il ne s'expliquait pas l'origine, le blandinet leva sa main faite d'Innocence et la posa sur son museau. La petite croix et le serpent se mirent à luire avec plus d'intensité dans un salut muet, et le jeune homme sentit l'étrange impression de familiarité qui s'était emparée de lui depuis qu'ils avaient pénétrer dans la forêt, prendre tout son sens : il savait ce que protégeait le reptile. Ce dernier se dissipa, dévoilant un cristal vert phosphorescent.
Lenalee émit un hoquet de surprise en reconnaissant le même cristal que son Innocence avait formé autour d'elle pour la protéger. À l'intérieur, deux silhouettes floues se dessinaient. Son cœur se souleva dans sa poitrine, battant plus vite sous l'effet du puissant espoir qui l'étreignait. Elle courut vers elles et tapa du poing sur la surface lisse lorsqu'elle les reconnut.
« Lavi ! Kanda ! »
Les deux jeunes hommes n'esquissèrent aucun mouvement. Des larmes s'échappèrent de ses yeux violets et elle frappa furieusement sur l'Innocence pour qu'elle s'ouvre. Alors qu'Allen se portait à son aide, un rayon de lumière jaillit vers le ciel, si puissant et aveuglant qu'ils durent reculer tout en se protégeant les yeux. Lorsqu'ils les rouvrirent, le cristal avait disparu et leurs amis reposaient toujours sans connaissance sur le sol de pierre. Leurs vêtements étaient déchirés et tâchés de sang, cependant que de nombreuses plaies marquaient leur peau. La jeune fille se précipita vers le kendoka et le prit dans ses bras.
« Kanda ! Kanda ! appela-t-elle en le secouant doucement. »
Le visage du japonais resta de marbre. Il avait horriblement maigri et son teint était encore plus pâle qu'à l'accoutumée. Et Lavi n'était pas en meilleur état. En effet, le rouquin pendait mollement entre les bras d'Allen, les traits crispés dans un masque de surprise souffreteuse.
« Lavi ? Est-ce qu'il...
- Non, il respire encore. la rassura Allen d'une voix fébrile tant l'émotion le submergeait. Il n'a pas l'air gravement blessé, seulement profondément endormi.
- C'est pareil pour Kanda. Mais... regarde ! s'exclama-t-elle en désignant le bras droit de l'archiviste. »
Une matière noire recouvrait sa main jusqu'au milieu de l'avant-bras et se poursuivait au-delà par des cercles qui marquaient sa peau jusqu'à l'épaule.
« Est-ce que c'est ce à quoi je pense ? interrogea Allen dans un souffle.
- C'est l'Innocence. confirma Lenalee. Elle a fusionné avec son corps comme pour moi lors de notre voyage au Japon.
- C'était avant qu'elle n'évolue, n'est-ce pas ?
- Oui. Mais elle ne se manifestait que pour me protéger elle n'a jamais attaqué qui que se soit.
- Chaque Innocence est différente et réagit en fonction de son compatible. Ce qui m'étonne le plus, c'est que nous le retrouvions ici, avec Kanda.
- Ramenons-les à la Congrégation. Nous aurons des réponses lorsqu'ils se réveilleront et de toute façon, il faut les soigner. »
Allen chargea tant bien que mal Lavi sur son dos tandis que Lenalee soutenait Kanda, l'un des ses bras musclés passé au-dessus de ses épaules frêles.
Lorsqu'ils sortirent de la grotte, la tempête de neige s'était levée et les gros nuages gris qui obscurcissaient le ciel laissaient à présent filtrer quelques timides rayons de soleil.
oOoOo
Quelques heures plus tard, Lenalee, Allen et les autres vinrent prendre des nouvelles de leurs amis auprès de Komui.
« Nous n'avons relevé ni lésions ni traumatismes internes. Leur pouls est stable et leur tension excellente. En somme, ils dorment d'un sommeil profond.
- Qu'est-ce qui a bien pu provoquer cela ? interrogea Krory.
- L'Innocence.
- L'Innocence ? répéta le vampire en fronçant les sourcils. Comme avec Lenalee-san ?
- Exactement. confirma le chinois en s'approchant du lit du rouquin. Voyez-vous, l'Innocence a fusionné avec le bras de Lavi. Il est donc très probable qu'elle les ait elle-même plongés dans un état d'hibernation avancé en attendant que quelqu'un les découvre. Grâce au récit de nos deux héros (il adressa un sourire radieux à sa sœur et au blandinet), nous supposons qu'elle vous attendait, vous.
- Ne trouvez-vous pas étrange qu'un tel phénomène se reproduise aussi rapidement ? intervint Bookman en entrant. Allen, Lenalee et maintenant mon imbécile de disciple : autant de candidats pour le cœur, ou bien autant de signes annonciateurs du danger à venir.
- En effet. Cependant, nous ne pouvons qu'émettre des hypothèses en attendant qu'ils se réveillent. »
Bookman acquiesça en silence et regarda Lavi, un air soucieux qu'il tentait de dissimuler sous un masque impénétrable peint sur le visage. Les autres s'avancèrent, chacun se répartissant au chevet d'un de leur compagnon. Allen s'installa à côté de Lavi, l'esprit torturé. Que devait-il faire une fois celui-ci réveillé ? S'excuser ? Cela allait de soi. Mais le rouquin accepterait-il de lui pardonner ? En temps normal, l'adolescent aurait eu tendance à répondre oui. Toutefois, son ami semblait vraiment remonté contre lui la dernière fois qu'ils s'étaient vus c'était d'ailleurs la première fois que le jeune albinos le voyait dans un tel état de rage. Rongé par le doute et les remords depuis sa disparition, Allen ne pouvait qu'attendre son réveil pour espérer se faire pardonner.
« Et s'il ne se réveillait jamais ? murmura-t-il pour lui-même. »
Une boule d'angoisse enfla dans sa gorge, si démesurée qu'il lui sembla qu'elle allait exploser. Il effleura son bras noir d'une main tremblante puis saisit sa main tout en priant intérieurement que le malheur ne les poursuive pas à nouveau. À ce moment précis, il sentit une légère pression s'exercer sur ses doigts. Relevant brusquement la tête, Allen constata que l'archiviste avait ouvert son œil.
« Lavi ! appela-t-il en se relevant. »
Aussitôt tous se rassemblèrent autour d'eux.
« Lavi ! Je suis si contente ! s'exclama Lenalee, des larmes de joie perlant aux coins des yeux.
- Comment te sens-tu ? demanda Krory, dans le même état. »
Le borgne ferma lentement la paupière, puis la rouvrit tout aussi lentement, comme si ce simple geste l'épuisait. Il ne répondit pas et se contenta de regarder droit devant lui sans les voir, tel un aveugle. Allen serra un peu plus sa main tout en se plaçant dans son champ de vision.
« Lavi ? »
oOoOo
Kanda sursauta en ouvrant les yeux. La lumière du jour l'éblouit et il mit sa main devant son visage pour tenter d'atténuer la luminosité ambiante. Une apaisante tranquillité baignait la pièce dans laquelle il se trouvait, seulement perturbée par un glouglou régulier juste à côté de lui. Le japonais tourna la tête en clignant des paupières, encore un peu endormi. C'était le bruit de sa perfusion. Il écarquilla les yeux et se redressa d'un coup, se tenant la tête pour diminuer le léger vertige qui l'avait assailli.
« Rallongez-vous avant de tourner de l'œil ! le gronda l'infirmière en chef.
- Il faut que je vois Komui. déclara Kanda en retirant l'aiguille de son bras et en se levant.
- Vous n'êtes pas en état de marcher !
- Je dois lui parler immédiatement ! répéta rageusement le kendoka.
- Allez-vous m'écouter à la fin ?! s'énerva la vieille femme en tentant de le retenir. »
C'était peine perdue. Malgré son état de faiblesse, le jeune homme l'esquiva souplement et courut jusqu'au bureau de Komui, dont la porte vola contre le mur lorsqu'il l'enfonça.
« Kanda ?! sursauta le Grand Intendant, une main sur le cœur. Tu m'as fait une peur bleue !
- Depuis combien de temps suis-je ici ? demanda-t-il abruptement.
- Allen et Lenalee vous ont ramené i jours.
- 3 jours ?! Mais ça fait un mois que nous nous sommes échappés ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ne sommes-nous pas revenus directement au QG ?! Et où est Mugen ?!
- Ca... calme-toi Kanda. chevrota le chinois tout en s'enfonçant dans son siège. Je vais t'expliquer à condition que tu te calmes.
- Je suis très calme ! cria Yû en croisant les bras d'un air de défi.
- Bien bien ! ^^'' Assieds-toi je t'en prie ! »
Le kendoka s'exécuta en grommelant.
« Et si tu commençais par me raconter où tu étais durant ces deux mois ? Tu as dit que vous vous étiez échappés, tu parles de toi et de Lavi ?
- Où est-il ?! rugit Kanda en bondissant sur ses jambes, sa main cherchant machinalement le manche de son katana. Où est cet abruti de lapin que je l'écorche de mes propres mains ?!
- Kanda, calme-toi s'il-te-plaît. ordonna Komui d'une voix sérieuse. »
Cela eut pour effet de calmer immédiatement l'impétueux japonais. Komui n'utilisait ce ton que lorsque la situation était grave et qu'il devait rentrer dans ses fonctions de Grand Intendant. Kanda jugula sa colère jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une petite boule de chaleur dans un coin de son esprit, et se rassit. Alors il lui raconta dans quelles circonstances il avait revu Lavi et comment ce dernier l'avait livré aux Noahs, où Road l'avait torturé mentalement. Au fur et à mesure de son récit, les traits de Komui s'assombrirent tandis qu'il prenait peu à peu conscience de l'horreur qu'ils avaient vécu.
« Si je t'ai bien suivi, déclara-t-il d'un ton anxieux, Lavi nous a trahi.
- Pas exactement. D'après ce que Road m'a dit, elle l'a torturé des jours durant pour s'emparer de lui et pourtant, il n'a jamais cédé. Ce n'est que grâce à l'aide d'une tierce personne qu'elle a enfin réussi à briser son esprit. Les Noahs le manipulaient depuis le début. »
Komui se leva de son siège et se plaça devant la fenêtre, les bras croisés dans le dos et les épaules basses. Il donnait l'impression de porter toute la misère du monde et d'être sur le point de céder sous la pression.
« Et ces étranges pouvoirs que tu as mentionné ? Quelle est leur nature ? »
Yû se renfrogna et détourna les yeux. Il avait volontairement occulté cette partie de l'histoire, sachant pertinemment ce qui arriverait à Lavi si les Grands Maréchaux avaient connaissance de sa transformation. En quoi s'était-il transformé d'ailleurs ? Si le rouquin avait l'œil doré des descendants de Noé, il était loin d'atteindre la terrible puissance de Skin Bolic ou des jumeaux, sans parler de Tyki Mikk ! Et pourtant, il était indéniablement plus fort que n'importe quel exorciste.
Kanda avait toujours fait ces rapports sans se préoccuper des préjudices qu'il pouvait causer aux autres. Pourtant, pour une obscure raison... bon d'accord pas si obscure que ça en fait, mais à laquelle il ne voulait pas penser tellement il était en colère contre l'archiviste, l'épéiste avait passé sous silence la nature démoniaque de ses pouvoirs. Il ressentait le besoin de prendre du recul par rapport à cette histoire afin de comprendre l'étendue de l'emprise maléfique que les Noahs exerçaient sur le rouquin.
Il avait donc également omis de mentionner le rôle du Noé du plaisir. Ou plutôt, son illusion puisque Tyki était mort. Kanda ne parvenait toujours pas à s'expliquer pourquoi Road avait utilisé son image pour corrompre Lavi, et pourquoi cela avait fonctionné. Qu'est-ce que le rouquin éprouvait réellement pour le portugais ? De la haine ? Ou bien un amour interdit soigneusement calfeutré par une haine apparente ?
Aussitôt, les souvenirs de leur étreinte refirent surface et une vive douleur lui déchira la poitrine. Il grinça des dents et croisa les bras pour les empêcher de trembler de rage. Mais toujours cet horrible doute qui continuait à se tortiller dans sa tête : était-ce vraiment un rêve créé par Road ?
« Il faut que je le vois. dit-il soudain. »
Komui ne lui demanda pas de qui il parlait. Il le savait très bien. Et ce fut la raison pour laquelle une soudaine tristesse se peignit sur son visage. Kanda le remarqua et lui jeta un regard perçant.
« Où est-il ?
- Kanda... commença le chinois en s'approchant de lui.
- Quoi ?! »
Le Grand Intendant ouvrit la bouche, puis la referma, incapable de continuer. Il le contemplait avec une telle peine dans le regard que s'en fut trop pour le japonais. Il tourna les talons et se dirigea rapidement vers l'infirmerie, Komui sur les talons. Le kendoka ouvrit la porte à la volée, ne prêtant aucune attention aux protestations des infirmières. Ses yeux se posèrent enfin sur une tête rousse, près de la fenêtre. Son sang ne fit qu'un tour et, avant même de savoir ce qu'il allait faire, il se rua sur Lavi.
« Qu'est-ce qui t'a pris baka usagi ?! hurla-t-il en l'attrapant par le col.
- Kanda arrête ! cria Komui en tentant de le faire lâcher prise.
- Je devrai t'égorger de mes propres mains pour ce que tu as fait ! continua Yû sans prêter attention à son supérieur tant il était aveuglé par sa colère.
- Arrête Kanda ! Arrête ! Il... Lavi n'est plus là ! »
Ces mots firent l'effet d'un électrochoc à Kanda. Il tourna la tête vers Komui et croisa son regard remplit de larmes. Le chinois secoua la tête dans un signe de dénégation tout en fermant les yeux. Le japonais le contempla quelques secondes sans comprendre puis regarda lentement Lavi, un désagréable sentiment montant en lui.
Le jeune homme pendait mollement entre ses mains, la tête et les bras négligemment rejetés en arrière telle une poupée de son. Son kimono blanc était presque entièrement défait par sa forte poigne, dévoilant des épaules qui avaient dues être finement musclées un jour. Aujourd'hui ce n'était plus que de la peau aussi fragile qu'une toile d'araignée reposant sur des os saillants. On ne savait pas s'il était vivant ou mort car on ne voyait aucun mouvement soulever sa cage thoracique. Ses longs cheveux roux, ternes et emmêlés, tombaient devant son œil en un voile sinistre.
Mais le plus effrayant était l'absence d'expression sur son visage. Le teint cadavérique, la paupière tombante, les lèvres sèches et craquelées, les joues creusées et émaciées, peinaient à le rendre vivant. Son regard était voilé : on ne distinguait plus l'iris de la pupille tout semblait figé dans un étrange mélange vert foncé. Et les grands cernes noirs qui marquaient ses yeux accentuaient leur absolue fixité. Alors qu'ils étaient censés représenter les fenêtres de l'âme, les siens étaient comme autant de volets clos. A moins que ce ne soit parce qu'il n'y avait plus d'âme à refléter...
Les doigts du kendoka cédèrent un à un et le corps retomba lourdement sur les oreillers, ses mains squelettiques aux ongles cassés et où l'on ne distinguait à présent plus les veines des os, pendant inertes à ses côtés. Le japonais avait connu la misère, la maladie et la mort, mais jamais il n'avait vu spectacle aussi désolant.
Absorbé par la contemplation de cet être famélique, il sursauta lorsque la voix du Grand Intendant l'interpella.
« Il est comme ça depuis son réveil. J'espérais que c'était à cause du choc, comme pour toi, mais nous n'avons noté aucune amélioration.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ? interrogea Yû, complètement tétanisé par cette vision d'horreur.
- Il ne mange plus, ne bouge plus, ne parle plus, ne reconnaît plus personne.
- C'est impossible ! Je l'ai vu combattre ! Il allait bien ! Il ne peut pas... »
Sa voix se brisa. Komui plaça une main compréhensive sur son épaule, qu'il ôta bien vite en croisant le regard fou furieux du japonais. Il connaissait bien ce regard : le regard d'une bête traquée qui refuse d'accepter la réalité. Trop souvent il l'avait vu dans les yeux de jeunes exorcistes; trop souvent il l'avait vu dans ceux de sa petite sœur alors qu'elle revenait seule de mission, après avoir vu mourir ses compagnons. S'il avait toujours eu la force de proférer des mensonges optimistes aux autres, Komui n'eut pas la force de mentir à Kanda.
« Si son corps est physiquement intègre...
- Continuez ! ordonna Yû d'un ton sec. »
Le Grand Intendant prit une profonde inspiration et sembla vieillir de dix ans sous le coup de l'annonce qu'il allait faire.
« Son esprit est parti. Lavi tel que nous le connaissons est mort, Kanda. »
Ah! J'adore cette fin! Une bonne fin bien chiante avec un bon gros suspens à la con! Je râle après les auteur qui font ça mais j'adore le faire X) Ce qui va d'ailleurs me valoir un nouveau chapelet des menaces de mort. Ça me paraît moins drôle tout à coup...
Dans le prochain chapitre, vous aurez: des révélations inédites, des scènes humoristiques à vous couper le souffle; mais aussi des scènes sensibles et *rocher* et je vais arrêter là avant d'avoir les chevilles trop enflées ^^
Prochain chapitre: BOOKMAN, or Lavi's black face.
