Chapitre 2:
- Tss. Décidément, c'est presque une tradition chez vous, les Malfoy, remarqua sarcastiquement Severus Snape. La discrétion ne fait pas partie de votre vocabulaire.
Draco déglutit, le feu lui monta aux joues.
-Je ne pensais pas qu'il entendrait...
-Que tu t'en sortes avec un simple endoloris relève du miracle, Draco. Personne ne commente le manque d'appendice nasale du Seigneur des Ténèbres sans être suicidaire, c'est du bon sens, trancha le maître des Potions.
Draco se mordit la lèvre en entendant «simple» endoloris... Celui-ci avait duré dix bonnes minutes, certes, à différents degrés de douleur, mais Draco avait failli perdre l'esprit au bout de la cinquième. Il retint cependant sa langue. Le Maître avait été de bonne humeur, Draco était chanceux d'être toujours en vie.
-Je me demandais juste...
-Draco, avertit Severus.
Draco se tût.
-Tu ferais mieux de te concentrer sur tes Impardonnables.
Le blond soupira.
- L'Avada Kedavra est plus facile à incanter que l'endoloris.
Severus Snape arqua un sourcil.
- Même sur des rats, je trouve ça plutôt dérangeant, se justifia Draco.
Le visage de Severus resta impassible face à cette nouvelle information. Il jaugea l'héritier Malfoy du regard avant de hocher la tête.
- L'endoloris a été créé dans l'intention de faire souffrir. La première utilité du sortilège de mort était tout d'abord de soulager les personnes condamnées.
Les yeux de Draco s'écarquillèrent.
-Comme un remède...murmura-t-il.
Severus acquiesça.
- Imagine si les soigneurs de Saint-Mangouste décidaient d'utiliser leurs connaissances pour autre chose que le bien commun.
Sa gorge était en feu. Il eut la désagréable sensation qu'un million de petites aiguilles lui transperçaient la peau. Draco se réveilla en sursaut, gémissant et essayant d'échapper ces brûlures. Dans sa hâte, son dos percuta un vieil arbre et il se rendit compte que la douleur s'était apaisée, du moins sur son visage. Il leva les yeux au ciel. Une pluie torrentielle se déversait sur la clairière. Le feuillage épais de l'arbre le protégeait du plus gros de la chute. Là ou l'eau s'infiltrait et tombait, Draco ne retenait pas ses frissons de dégoût. Pourtant ce n'était pas la première fois qu'il entrait en contact avec cet élément depuis sa récente «condition».
Soudain, il se souvint d'un paragraphe qu'il n'avait pas pris au sérieux jusqu'alors dans Vampires: Une légende.
Fuyant comme si le diable était à ses trousses, elle se jeta à la rivière. Bien que ne sachant pas nager, elle tira en elle-même les forces nécessaires pour atteindre l'autre coté de la rive, bravant par la même, les dangereux courants. Elle se hissa sur le bord, épuisée, pensant expirer son dernier souffle lorsqu'elle se retourna. Il se tenait droit, au bord de l'autre rive, et bien que son regard froid lui glaçait le sang, il ne fit aucun geste pour la rejoindre. Il tourna les talons et disparut dans la nuit comme une ombre.
Draco se recroquevilla un peu plus sur lui-même. L'eau courante. Il n'avait aucune difficulté à prendre un bain, mais s'il avait essayé la douche, il aurait découvert cette faiblesse bien plus tôt. Il observa les alentours. Aucun autre abri. Les minutes et les heures passèrent. L'averse ne faiblissait que pour reprendre de plus belle. Il avait du mal à respirer. Sa langue était sèche.
Soudain, Draco sentit une odeur extrêmement plaisante. Pourtant infime parmi toutes les senteurs de la forêt, elle envahissait ses sens. Eau de Cologne. Transpiration. Chaleur humaine. Lorsqu'il inspira une bouffée, elle agit comme une gorgée d'eau fraîche pour son gosier meurtri. La silhouette approcha, prenant la forme d'un jeune homme d'une vingtaine d'année. Sa frange de cheveux noirs lui collait au front. Le nez un peu en trompette, et la mâchoire carrée, ses yeux bleus délavés fixaient Draco, surpris.
-Hey! Ça va?
Il se précipita pour s'agenouiller devant le blond au teint maladif. Lorsqu'il posa une main sur son épaule, Draco bascula en avant, enfouissant son visage dans le cou de l'inconnu, inhalant le doux parfum de vie qui s'en dégageait. Il sentit que ses crocs s'allongeaient.
-Euh, ça va bien? Je peux t'emmener chez un docteur si tu...
Ferme-la et dégage, pensa Draco. Il se mordit la lèvre inférieure, tentant de ne pas succomber à l'envie de vider cet idiot de son essence vitale. Des taches noires apparurent devant ses yeux. La voix de l'homme se fit plus lointaine. Soudain tout était noir.
Il sut avant d'ouvrir les yeux qu'il n'était plus dans la forêt. Installé confortablement sous de minces couvertures, quelqu'un lui avait ôté ses vêtements trempés. Ses yeux furent tout de suite attirés par le plateau repas déposé sur la table de chevet. Un steak bien saignant et des haricots verts. Son cœur manqua un battement. Il se jeta sans retenue sur la viande tendre et la déchira avec ses crocs en gémissant de plaisir. Jusqu'alors sa gorge était rêche et douloureuse. Le sang de la bête apaisait sa bouche et les complaintes de son estomac.
Il ressentait toujours un manque, mais au moins il pouvait réfléchir de manière plus humaine. Il essuya ses doigts sur la serviette posée près du plat. En parcourant la pièce des yeux, il grimaça. La chambre était exigue, et les tapisseries en fleur vieillies. Le plancher en bois avait dut connaître de meilleurs jours, tout comme la vieille armoire qui se tenait en face du lit. Draco interrompit ses réflexions lorsque la porte s'ouvrit.
-Oh t'es réveillé! S'exprima l'inconnu. Il se tourna vers la porte et commença à hurler. Tata! Il est réveillé!
Draco roula des yeux. Paysan. Le brun s'avança à grand pas vers lui et lui tendit la main.
-Jack Fox, enchanté.
Silence.
Draco fixa la main tendue comme si elle allait le mordre bien qu'il savait que de ce coté là, c'était plutôt lui qui risquait de mordre.
-Quelque chose ne va pas, demanda le dénommé Jack Fox, inquiet.
Et si les moldus avaient des germes? Ça expliquerait leur absence de magie. S'il touchait sa peau sans protection, il mourrait peut être d'une maladie atroce...
-Euh, fit Jack en rabaissant la main, et toi tu t'appelles comment?
Draco se frappa mentalement la tête. Il était déjà censé être mort! S'il voulait un abri, il valait mieux se la jouer poufsouffle.
-Drake Mallory.
La porte s'ouvrit en fracas. Une vieille femme rondouillette entra, les bras chargés de linges.
-Enchanté Drake! S'exclama-t-elle gaiement en déposant le linge sur la commode. Je vais te chercher une serviette, tu peux aller prendre une douche après. C'est dans le couloir à droite en sortant d'ici. Tu as encore faim? Déballa-t-elle à toute vitesse.
Draco resta quelques secondes interdit. La vieille dame s'avança soudain vers lui, et posa sa main sur son front. Draco sursauta, se plaquant rapidement contre le mur. Trop tard, il était touché.
-Tata, je crois que tu lui fais peur.
-Je n'ai pas peur! s'indigna Draco.
Ok, peut être un peu. Mais cette bonne femme fonçait sur tout le monde comme un train à vapeur! La vieille se retira tout de même en riant, laissant le blond respirer.
- Bien! Je suis rassurée, quand Jack t'a ramené tu étais blanc comme un cadavre! On va te laisser te reposer un peu. Tu veux finir tes haricots?
Draco secoua la tête. Aussi rapidement qu'elle était entrée, elle repartit avec le plateau repas. Jack haussa les épaules.
-Tu nous diras ce qui t'es arrivé après une bonne douche. A plus tard.
Enfin seul, Draco laissa échapper un soupir de soulagement. Premièrement, il devait savoir où il était. Deuxièmement, il fallait trouver un moyen de connaître ce qui se passait chez les sorciers et troisièmement...
-Parce que Maître Draco est un vampire, Maître Draco est en danger!
Diggy, pensa subitement Draco. Elle lui était peut être encore loyale.
-Diggy, chuchota-t-il.
«Plop». Avant qu'elle ne dise quoique ce soit, Draco lui fit signe de se taire.
-Ferme la porte et insonorise la pièce.
La petite elfe de maison hocha la tête et claqua des doigts.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé au Manoir?
-Les Aurors sont repartis pas contents, commença-t-elle d'une voix aigue. Maître Malfoy était inquiet mais Diggy a dit que Maître Draco n'avait pas le choix et qu'il était en danger.
-Tu lui as dit pourquoi?
Diggy secoua la tête.
-Madame pleurait, mais Diggy n'était pas sûre si quelqu'un écoutait.
Quoi?
-Diggy, comment ce vampire a pu entrer sur nos terres?
Les yeux globuleux de Diggy s'exorbitèrent encore plus.
- Les vampires existent mais n'existent pas, couina-t-elle. Les barrières magiques ne l'ont pas reconnu comme un intrus.
Draco déglutit. Les vampires étaient donc bel et bien morts. Ils n'obéissaient plus aux mêmes règles que les vivants.
-Est-ce qu'ils ont découvert quelque chose sur le meurtre d'Harry Potter ?
L'elfette secoua la tête.
-Diggy a pensé que Maître Draco voudrait savoir ce qui se passe. Diggy a apporté le journal.
Elle claqua de nouveau les doigts et le Daily Prophet apparut. Posant ses yeux sur la première page, Draco palît.
VampireS en Grande Bretagne?
Il tourna les pages pour lire l'article qui suivait l'enquête.
Retrouvée dans sa chambre un poignard dans le cœur... suicide inattendu dans cette famille de sang pur... des traces de morsures sur l'épaule... la victime n'était plus humaine...
-Daphné...
La jeune fille blonde lui fit un sourire éclatant. Elle tourbillonna dans sa nouvelle robe en lui lançant un clin d'oeil.
-Pas mal, hein?
-Hum, oui, la robe est sympa.
Elle le frappa à l'épaule, indignée.
-Un jour il y aura ma photo sur toutes les affiches, et tous les hommes seront à mes pieds, déclara-t-elle. Et toi, Draco Malfoy, souria-t-elle malicieusement, tu en resteras complètement médusé.
Draco se passa lentement l'éponge de bain sur le corps. Médusé? Oui, il était comme dans un état second. Il soupira, fatigué. Un ou plusieurs vampires? Pourquoi commencer par un meurtre, puis des transformations? Il avait l'impression d'être coincé dans un cauchemar. Une véritable course contre la montre. Si les Aurors ne résolvaient pas l'énigme rapidement, la communauté sorcière paniquera et les sangs purs risqueront de se retrouver au bas de l'échelle.
Tsss. Où était le Balafré quand on avait besoin de lui? Draco écarquilla les yeux. Ah!
Draco frappa rageusement le mur du poing.
Note de l'auteur:
A Adenoide (si tu es toujours là^^)et tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi les Malfoy sont en liberté:
J'ai remarqué que JK.R reprend beaucoup de faits réels ou littéraires. Dans ce cas-ci, j'ai simplement rapproché l'évênement de la fin de guerre 1945. Je ne me rapelle plus quel fic me l'a fait réalisé, mais quand je l'aurai, je vous le recommenderais, ceux qui maitrisent l'anglais seront ravis^^, c'est une fic très réaliste après DH. Le concept est assez simple en fait. Si on considère que Voldy est Hitler, les sangs pur-la race arrienne, les mangemorts-les SS, les nés-moldus-les juifs et autres minorités, on obtient la panique en Allemagne... et autres pays occupés-dans le monde sorcier qui n'a plus de gouvernement et doit décider rapidement de ce qu'il faut faire pour satisfaire la soif de vengeance des oppressés et ceux qui décident de faire vengeance eux-même.
Cependant, tout le monde est plus ou moins coupable, du SS, à celui qui a appuyé sur le bouton de la chambre à gaze, à celui qui a signé les documents, à celui qui a délivré le message d'autorisation. Même celui qui est passé près du centre, en regardant avec mépris le camp mais en ne faisant rien, est complice du système. Si l'on devait emprisonné tout le monde, il n'y aurait plus de place en prison! lol et même si c'était le cas, tout le monde s'en sortirait avec des durées de peines différentes, et à la fin, le sentiment de haine contre ceux qui sont en "paix" resterait. Peut être se déclencherait-il alors une autre guerre. Il faut donc faire le tri.
Le gouvernement a déclaré l'amnistie à tous ceux qui ne sont pas des participants majeurs à la guerre, qui ont commis "un acte contre l'humanité". Ainsi, ceux qui ont "appuyé sur le bouton" n'ont pas forcément été emprisonnés. Je ne considère pas Draco et Narcissa comme autre chose que des victimes de la circonstance. De plus, j'imagine qu'Harry aura dit un petit mot pour eux. Lucius par contre n'est pas blanc comme neige. Cependant, on ne peut accuser quelqu'un deux fois des mêmes fautes. Donc^^ si on ne prend pas en compte les éléments de la première guerre, Lucius n'a jamais rien accompli de majeur.
Au contraire, il était en disgrace, obligé d'héberger le Seigneur des Ténèbres s'il ne voulait pas mourir avec sa famille. A la fin, il n'avait même pas sa baguette. Si Lucius a tué "indirectement" des gens, il a tout aussi droit à l'amnistie que d'autres qui ont des circonstances atténuantes. Enfin, n'oublions pas que Lucius peut être "très" généreux si ca devait sauver sa vie, et que je ne doute pas qu'il a fait preuve par la suite d'actes très charitables^^. Dans ma fic, il est donc "libre" mais seulment sur son territoire, il doit demander autorisation à chaque sortie. Bref lol désolée pour la longue argumentation, je crois pas qu'on m'aurait comprise autrement.
Adenoide: je ne peux pas répondre à toutes tes interrogations sans gâcher la suite :/ jai trouvé par contre que ta remarque montrait que Jk aurait du expliqué un peu la fin des évênements de DH. On ne sait plus quoi penser, j'ai choisi la solution moldue.
Kaylee: contente que ca t'ai plut^^
Lyanna Erren: j'espère que la suite est plus clair X)
Fire666: lol oui mystère XD, on va jouer à Où est Harry? .
Jes Cullen-Malfoy: Et oui Draco est piégé, il n'est pas le seul :)
mikamic:le début est assez simple à écrire, maintenant le but est de rester réaliste :/ heureuse que tu ais apprécié le deuxième chapitre^^
Ecnerrolf: contente de te revoir :)
77Hildegard: Je lis beaucoup de fics qui font poser des questions XD je suppose que ça déteint un peu. Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas un twilight. Draco est en train d'apprendre que les vampires ont des cotés très amusants^^ savais-tu qu'ils existent depuis aussi longtemps que la littérature? (lol un indice pour te faire découvrir ma vision du vampire)
